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Poésie libre
BrunoGaia : Île I
 Publié le 20/05/16  -  9 commentaires  -  1510 caractères  -  103 lectures    Autres textes du même auteur

Comme son nom l'indique, "Île I" est le premier texte de la série des "Îles" de la collection "Translucide".


Île I



Dans un coin de ton regard
J’ai vu une île

L’océan autour était fait de la même matière
Que le reste du monde : inhospitalier
Naturellement étrange, extérieur, indéchiffrable
Je n’y avais pas plus ma place que dans le cœur de ces êtres
Qui sont des morceaux de ténèbres tombés du fin fond des temps
Égorgeurs, pères fouettards, résidus des cavernes, hommes de boue
On se trompe, je crois ; à penser que c’est l’étrangeté qui est rare
L’étrangeté est la règle, l’aliénation le tissu qui nous entoure
On s’y habitue, c’est tout
Ni parents, ni complices,
Nous côtoyons les êtres et leurs décors
Comme les martins-pêcheurs traversent la surface de l’eau quand ils plongent
Le monde n’est le plus souvent qu’une brume épaisse qui rend toute forme inaccessible
Dans cette purée de pois, les danseurs et les comédiens, tout le bestiaire du carnaval
Apparaît, disparaît, se faufile
Pas de loups ou de velours à la lisière du familier
Toujours trop loin pour le devenir
Ce sont la proximité et la sympathie réelles qui sont rares
Le reste du temps il n’y a que des niveaux d’étrangeté
Des distances plus ou moins grandes entre l’étranger et nous

Sur cette île, je pense que je pourrais amarrer mon esquif
Nous serions deux entourés de pertes de vues d’océans infréquentables
De nuées de bêtes féroces tapies dans leurs abysses
Et nous
Ne serions pas étrangers l’un à l’autre.


 
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   Anonyme   
20/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'aime l'évocation de cette île, associée à la femme que je suppose aimée .

Mais je trouve ce texte un peu lourd: "on", des adverbes parfois, un manque global de rythme.
Ça ne le rend pas mauvais, mais un peu long à lire

Par contre, il y a une belle atmosphère, une ambiance très présente.

   Lulu   
20/5/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Bruno,

j'aime bien l'idée qui consiste à faire d'une relation à l'autre aimé une espèce de cocon, où il ferait bon vivre, mais je trouve que le monde hostile que vous décrivez est trop sombre. Tout n'est pas inhospitalier, je pense, dans la vie. Et heureusement. Je vous trouve trop pessimiste...

Ensuite, j'ai trouvé dommage que vous répétiez certains mots, comme "êtres", par exemple. On peut dire "hommes", aussi. De même, vous répétez "l'étrangeté"... "On se trompe, je crois ; à penser que c’est l’étrangeté qui est rare / L’étrangeté est la règle". J'aurais écrit : "Elle est la règle" pour faire moins lourd.

Enfin, je ne comprends pas la logique de vos strophes. Vous semblez écrire comme cela vous vient, sans réfléchir à l'organisation de ce que vous exprimez. Ainsi, je ne comprends pas pourquoi vous détachez "Dans un coin de ton regard / J'ai vu une île" du reste... Et là, même, dans les vers que je viens de citer, vous ne ponctuez pas, vous allez à la ligne. Pourquoi ne pas en faire autant tout au long du texte ? Certains vers sont bien trop longs, par ailleurs, au vu des premiers qui donnaient un certain rythme.

J'aurais écrit en un vers : "Et nous / Ne serions pas étrangers l’un à l’autre."

   Anonyme   
20/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Comme son nom ne l’indique pas, ce texte parle – il me semble – de l’isolement de chacun, de la difficulté de rencontrer vraiment quelqu’un.
L’île est là comme une métaphore de cette vraie rencontre, peut-être paradoxalement comme la possibilité d’échapper à la solitude, et la malédiction de la séparation d’avec les autres, tous les autres…mais sur l’île on se retrouve aussi seuls, car le monde est un tout, et si isolés (à deux) dans son petit nid, plus ou moins douillet, on est séparés du monde, ça ne collera pas, enfin pas toujours.
 
J’apprécie ce que vous dites, car il m’apparaît que vous posez une question importante, et qui n’a pas de réponse vraiment valide, car séparés à deux ou immergés dans le monde des étrangers, c’est surtout de se croire 'unique' qui nous pose problème.
 
Au point de vue de la forme, c’est assez direct, sans fioritures, malheureusement avec trop de répétitions (surtout 'étrange'), qui pourraient être supprimées pour une plus grande richesse du poème.
 
À vous relire

   PIZZICATO   
20/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
D'accord ce monde est loin d'être un éden mais ici la vision est très sombre "ces êtres Qui sont des morceaux de ténèbres tombés du fin fond des temps
Égorgeurs, pères fouettards, résidus des cavernes, hommes de boue "
" Dans cette purée de pois, les danseurs et les comédiens, tout le bestiaire du carnaval
Apparaît, disparaît, se faufile "

"Cette île", métaphore de l'Idéal, est difficile à situer sur la planisphère...

   Anonyme   
20/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,
Ce texte se veut une vision du monde et de nos relations qui s'apparente à celle que j'ai.
Il y a des passages magnifiques: déjà l'introduction " Dans un coin de ton regard
J’ai vu une île"
et puis "des morceaux de ténèbres tombés du fin fond des temps ", "l’aliénation le tissu qui nous entoure", "les martins-pêcheurs traversent la surface de l’eau quand ils plongent ", " Pas de loups ou de velours à la lisière du familier".
Pour que ce poème en devienne vraiment un, il faudrait peut-être élaguer, épurer, rythmer, donner un peu de musique aux vers, associer étrangement les mots pour amplifier leur sens...
Ce texte a beaucoup de force, une puissance un peu étouffée par une forme trop dense, une friche, une nature sauvage à revoir...
Dommage.
Avec un peu de travail, vous devriez pouvoir offrir une très belle poésie, surtout que l'idée de l'île, bien que pas trop nouvelle, est forte.
A vous relire donc.

   Robot   
20/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte qui donne à réfléchir, rédigé dans une écriture abordable. de belles images. j''aime celle du Martin pêcheur entre autres.

"Nous côtoyons les êtres et leurs décors
Comme les martins-pêcheurs traversent la surface de l’eau quand ils plongent."

Qu'on partage ou pas le point de vue pessimiste il est exposé dans un texte travaillé. Une fin égoïste assumée.
J'apprécie.

   Anonyme   
20/5/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
"Et nous
Ne serions pas étrangers l’un à l’autre."

Ce simple vers est une pure merveille de par la beauté qu'il véhicule...

Une réflexion sur notre condition, à travers les âges, d'une profondeur poétique indéniable...

Bravo !

Wall-E

   Anonyme   
21/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un réquisitoire contre la multitude (empêchant peut-être la solitude choisie), contre la multiplicité de l'anodin, du commun et du 'bateau'.
Et quoi de mieux qu'une île pour échapper à ce courant?
Une ode par contre-coups au sanctuaire, au secret, à la simplicité, à la discrétion (loin des 'comédiens' et de leurs grands moulinets).
Discrets, les vrais poètes, les rêveurs, ne le sont-ils pas?
Merci à vous.

   Anonyme   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
L'idée d'évoquer l'autre comme une terre hostile inhospitalière, une ile isolée, donne une sensation de cocon ou n'existeraient que les deux êtres c'est vraiment beau, son étrangeté et sa distance par un bestiaire et les ténèbres, les émotions décrites permettent d'être ancré, on sent la solitude du personnage qui est d'ailleurs prenante.
Mais la comparaison avec le martin-pêcheur casse un peu l'univers et le cette sensation, il est haut en couleur et l'eau dans laquelle il plonge est claire, il visualise sa proie, elle lui est accessible, il en est le prédateur, contrairement au personnage et la brume...
Cependant, la phrase de fin est magnifique:
" Et nous
Ne serions pas étrangers l’un à l’autre."
Au plaisir de lire les prochaines œuvres de la série!


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