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Poésie néo-classique
calouet : La planète des huîtres
 Publié le 04/04/08  -  6 commentaires  -  2793 caractères  -  54 lectures    Autres textes du même auteur

Ma toute première "fable", écrite en 2004... Les prémices d'une assez longue série de textes marins...


La planète des huîtres



C’est suite au Déluge, le deuxième du nom
Que la mer recouvrit les terres et les monts
Des continents déchus, il ne resta plus rien
Pas même l’Everest, plus le moindre humain

En ces temps barbares, la lutte fut terrible
Le trône suprême devenant la cible
De tous les survivants, allant des crevettes
Aux énormes requins, fallait faire place nette

Des centaines d’années furent nécessaires
Pour fonder un monde, une nouvelle ère
D’où sortait la tête, surprenante c’est vrai
De ces choses molles, ces êtres négligés

Car il faut le croire, dénouement peu banal
Les huîtres accédèrent au noble piédestal
Et bien qu’improbable, cette issue cependant
Ne souffre nul doute, au grand dam des perdants

Les curieux bivalves, plutôt que de croiser
Un fer qu’elles ont souple, graine d’insuccès
Ont choisi la ruse, sortant de la norme
Il faut bien le dire, elles n’étaient pas connes

Tandis que sous les flots les autres s’étripaient
Les huîtres attendaient, copulant sans arrêt
Leur libidineuse tactique fit splendeur
En conflit il est vrai, le cul est un sauveur

En guère plus de deux coups de cuiller à pot
Les anciennes plaines et les fonds abyssaux
Furent tous tapissés de ces coquillages
Qui dictèrent leur loi, pouvoir sans partage

Mais bien vite sises sur leur trône crayeux
Les flasques monarques s’ennuyèrent un peu
Les autres bestioles, même les plus brimées
Étaient toutes plus belles, impossible à nier

La reine cette pimbêche, jalouse comme un pou
Demanda au roi, son flaccide époux
De réunir séant des huîtres bien pleines
Le conseil des sages, ça valait la peine

Elle avait ouï dire, par un vieil oursin
Que certains bivalves abritent en leur sein
De rutilantes perles du plus bel effet
Utiles étincelles pour qui veut briller

Les sages planchèrent comme des polonais
Pendant des semaines, des mois, des années
Sans qu’un résultat puisse être obtenu
La reine des huîtres l’avait eu dans le cul

Une impératrice ne peut pas tout savoir
Les sages non plus, enfin il faut croire
Puisque loin du palais, dans des mers lointaines
Des huîtres perlières, vivaient par centaines

Ces lamellibranches d’apparence banale
Menaient une vie tout ce qu’il y a de normale
Elles ne connaissaient pas mieux la perlologie
Que la souveraine et ses sages contrits

Simplement les perles, ne veulent bien germer
Que lorsqu’elles sentent autour d’elles la paix
Inutile de dire que les folles de guerre
N’ont aucune chance, d’être un jour perlières


 
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   nico84   
4/4/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je n'ai pas été surpris de ce titre, sachant que cela venait de ta part. J'ai vraiment apprecié l'idée, la mise en forme, l'humour sur le ton du passioné d'histoire.

J'ai aimé ce dénouement bien entendu même si j'aurais voulu en savoir davantage.

Petit bémol : Je trouve qu'il y a un vers en trop finissant par "cul".

Desole, c'est un détail mais ca m'a géné. Au dela de mon esprit tatillon, je tiens à te remercier de cet instant de plaisir.

   marogne   
4/4/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Même gène que Nico84 sur le ver en question, mais bon ce n'est pas très grave. J'ai bien aimé l'idée et le développement qui en est fait, les vainqueurs décrits ici, flasques et envieux, m'ont fait penser à la nouvellle de Widget que je viens de lire ("quelque chose de beau". Et la pureté est hors de portée de cette engeance. Une petite perle que ce poème.

   bernalot   
5/4/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Divertissante et morale cette parabole !
Le ton est d'un abord policé pimenté par quelques incartades en matière de vocabulaire.Ce qui surprend ! Soit tu en as fait trop, soit tu n'en a pas fait assez ?
C'est le seul reproche qui me vient à l'esprit, tant j'adhère à cette forme de poésie

   Anonyme   
6/4/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Allons, allons, mes très chers frères, pas de pudibonderie. Après tout, le « cul » n’est-il pas une création du Seigneur ? :-))

Merci Calouet pour ce beau récit. J’ai eu beaucoup de plaisir à le lire. Le rythme est excellent, le vocabulaire… en accord avec la Création :-)) et les vers sont ma foi bien tournés.

Je te dis un gros bravo !!!

   Anonyme   
7/4/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Pour ma part pas de gêne particulière pour le "cul".

Morale: Parfois on vous aime pour votre apparence, parfois

on vous tue pour votre intérieur...

Toujours ce style que j'aime bien, sincère et humble, précis

et réaliste. Une fois de plus, je vote pour.

   clementine   
7/4/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Style toujours très agréable, un zeste de morale, des phrases qui glissent.
Merci et bravo.


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