Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
Charivari : Le poème de nos corps
 Publié le 25/05/16  -  14 commentaires  -  2593 caractères  -  265 lectures    Autres textes du même auteur


Le poème de nos corps



Comment trouver les mots
Pour évoquer l’émoi
Pour raconter ta peau
Rédiger nos ébats ?
Que dire après « je t’aime »
Incipit éculé
Pour d’insidieux poèmes
En rime embarrassée ?

Avec les mots du corps
Tous deux nous conjuguions
Le verbe sans effort
Alors que je t’aimions
Toi tu m’aimais en toi
À nous deux nous étions
Trois, toi, l’amour et moi
Sur un seul diapason.

Les vers, vagues promesses,
Ne sont que monologues
Tandis que les caresses
Regorgent de dialogues
Sans couper nos paroles
Unis à l’unisson
Nos cœurs en hyperbole
Parlaient sans élisions.

Syllepses, anacoluthes
Au rythme de ta chair
Prosodie de nos luttes
Croquées à fleur de nerf
Ton cœur en apostrophe
Mes poings en suspension
Tu agrafais mes strophes
Pour y rimer mon nom.

Sur tes seins, sur tes cuisses
Je lisais tes secrets
Parcourant sans ellipse
Tes phrasés alignés
Et nos mots sans censures
Alternaient rime et prose
Césures et déchirures
Jusqu’à l’apothéose

Quand nos langues déliées
Savaient, dans le silence,
S’allier puis se briser
Sur l’écueil de nos sens
Nous tissions en un jour
Des recueils infinis
En versant dans l’amour
Nos versets à l’envi

Mais je suis seul ce soir
Je gratte et persévère
Mes mots sont sans mémoire
Soliloquant je perds
Ton essence ton parfum
Ton sourire et ton cri
La paume de ta main
Qui guidait mes envies

Amour, le mot est court
Je dois le définir
L’adjectiver toujours
Je me force à décrire
Ce laborieux « je t’aime »
Je rature et m’acharne
À écrire ce poème
Qui brise tous les charmes

Avec les mots du corps
Pas besoin d’attribut
L’amour est simple et fort
Il est limpide est nu
De la main je l’écris
Dans le creux de ton dos
Et toi tu me le cries
Au revers de ma peau

Comment trouver les mots ?
Pourquoi trouver les mots ?
Je préfère éluder
Déposer ce baiser
Sur tes lèvres, y glisser
Ce texte trop exsangue
Et du bout de la langue
Te laisser l’aviver

Et notre poésie
En rimes embrasées
Sera la mélodie
De nos corps enlacés
Une œuvre d’art à deux
Dans le secret des dieux
Non, je ne t’écrirai
Jamais plus de « je t’aime »
Autre part qu’au secret
De nos doux épidermes


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   papipoete   
14/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ne serait-ce que pour la somme de travail que votre plume produit ici, je plébiscite votre poème !
Je ne peux en prélever un vers en particulier, tant chaque ligne est riche de tournures, et d'un vocabulaire fameux !
Même si le brasier de vos deux corps semble tiédi, vous magnifiez ces élans qui ne font que du bien, et enflamment les coeurs !
" à nous-deux, nous étions trois, toi, l'amour et moi " !
Bravo pour cette maestria des mots-doux, des serments, des actes charnels au creux d'une couche ...Peace and love, même à Palmyre ...
papipoète

   Robot   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Un très beau texte. Entre les corps et l'écrit (les cris) une superbe synthèse de l'amour esthète et sa traduction en poésie.
Je regrette que la ponctuation ne soit pas aussi travaillée que la rédaction et le vocabulaire, j'ai eu de la difficulté à trouver un rythme et j'aurais aimé que l'auteur me donne le sien. Mais je le répète, un très beau texte.

   Cristale   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La poésie à fleur de peau chante les corps et résonne des cris.
Un très beau texte sur un rythme mélodieux.
Et quelques vers de choix, entre autres :

"En rime embarrassée " "En rimes embrasées"

"Nos cœurs en hyperbole
Parlaient sans élisions."

"De la main je l’écris
Dans le creux de ton dos
Et toi tu me le cries
Au revers de ma peau"

Des rimes sonores d'un bel effet : cuisses-élipse, m'acharne-charmes,...

Un poème qui ne s'essouffle pas malgré la longueur et que j'ai eu grand plaisir à lire et relire.

Bravo et merci Charivari.
Cristale

   Pouet   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Une bien belle écriture, je salue l'exercice. Assez admiratif pour ma part.

L'amour, thème éculé s'il en est, est traité ici avec délicatesse et originalité. De belles trouvailles sur la conjugaison, le corps et les mots, le vocabulaire des figures de style se mêlent et s'entremêlent, c'est franchement réussi.

La strophe 4 est ma préférée, mais tout est bon (et c'est même pas cochon...)

Je note "passionnément" car je ne vois pas trop quelle autre évaluation mettre tant cela me semble maîtrisé.

Bravo.

PS: 2593 caractères, exactement comme mon dernier texte publié ici... C'est pas beau ça? :)

   Anonyme   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J’ai deux reproches à faire à ce beau poème.
La longueur, en effet il me semble que quelque chose (la passion peut-être) se dilue au fur et à mesure que j’avance dans ma lecture.
Ensuite certains termes un peu savants me semblent déplacés dans cette ode…comme :
syllepses, anacoluthes, et dans une moindre mesure : soliloquant et hyperbole, pas très sensuels.
Peut-être est-ce voulu comme anacoluthes justement…

C’est dommage (pour moi), car au final j’ai un peu raté l’émotion.
Malgré cela j’ai trouvé l’écriture belle, et bien posée la question de savoir comment parler d’amour avec des mots.

À vous relire.

   jamesbebeart   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Très belle réussite que ce texte avec une musicalité touchée par la grâce. On y sent l'urgence de l'instant, ne rien perdre de ce que l'on vient de vivre et comment le dire avant que l'indicible et l'inouï ne se dissipent. J'ai bien aimé aussi les conjugaisons des verbes en -ions comme conjuguions, je t'aimions(très beau), tissions qui reviennent comme une litanie, comme pour se persuader que tout cela est bien vrai. Je pourrais citer aussi : "Toi tu m'aimais en toi ; avec les mots du corps pas besoin d'attribut". Merci pour cette lecture !

   Jano   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Un beau poème sur le sentiment amoureux, beaucoup d'images subtiles, de passion, quelques termes bien trouvés mais... il y a un je ne sais quoi de déjà-vu. L'amour a tellement été décliné sous toutes les formes, depuis tous les temps, qu'il est extrêmement difficile, voire impossible, de renouveler le genre. Tu me diras que ce n'est pas une raison pour éviter de le célébrer, certes, mais pour ma part l'ennui guette. Je ne parviens pas à m'intéresser à cette déclaration aussi bien formulée soit-elle. Elle t'évoque certainement beaucoup de choses, moi elle me laisse au bord du chemin mais je dois en être le premier responsable.

   Lulu   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Charivari,

pour ma part, je n'ai pas tellement accroché à ce texte que j'ai trouvé un peu trop long. J'aurais enlevé la première strophe qui n'apporte pas grand-chose et qui témoigne seulement de ce qui aurait dû se situer en amont du poème. J'attaquerais, effectivement, bien le texte à la deuxième strophe.

Dans la seconde strophe, je n'ai pas du tout aimé le vers "Toi tu m'aimais en toi". Je trouve que c'est lourd. J'aurais épuré pour simplement "Toi tu m'aimais".

Je vois bien que vous vous êtes amusé à écrire ce poème, et cela fait plaisir à lire, mais je ne suis guère touchée par le résultat que je trouve, par moments, un peu trop prosaïque.

En revanche, j'ai bien aimé les trois derniers vers parce qu'ils sont plus épurés et précise de manière plus délicate votre pensée.

   Ananas   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonsoir,

Sorti des deux premières strophes que je trouve en-deça, le sujet est planplan, mais bien amené, et les vers sont parfois vraiment jolis.

Ce que j'ai surtout apprécié en fait, à vous lire, c'est le rythme. A partir de la strophe 3 c'est excessivement musical, et donc très agréable à lire.

Merci donc.

Au plaisir !

   Charivari   
26/5/2016

   Vincente   
26/5/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Bonsoir Charivari,
Quelle belle manière de parler d'amour !
L'idée d'établir une relation entre l'acte d'amour et l'acte d'écrire, en deux lignes parallèles qui mènent à l'infini de leur convergence, était audacieuse. J'ai vraiment été heureux d'y tenir la chandelle ! Je vous y ai vu non seulement éviter de tomber dans les facilités des lieux communs de ce genre de thème ("éculé", dites-vous !) mais surtout déployer avec talent d'inépuisables ressources narratives faites d'acrobaties stylistiques et autres gestes métaphoriques coquins.
Dès la deuxième strophe, vous entrez dans le vif du sujet... l'accord à votre muse est de suite une sympathie d'où l'on ne sait encore la symphonie qui s'annonce avec la troisième strophe : "Les vers, vagues promesses ne sont que monologues, tandis que les caresses regorgent de dialogues, etc...sans élisions". L'on comprend alors que l'inquiétude de la première strophe sera maintenant dissipée.
Je ne suis pas sûr que la quatrième strophe soit bien utile, elle me semble un peu comme un temps mou.
Ensuite jusqu'à la fin, tout me paraît très bien (sauf l'accolement de "sans" et "censure" qui fait bégayer), très bon à déguster avec ses nombreuses associations lumineuses :
"Quand nos langues déliées savaient, dans le silence, s'allier puis se briser..."
ou "Avec les mots du corps, pas besoin d'attribut, l'amour et simple et fort, il est limpide et nu. De la main je l'écris, dans le creux de ton dos, et toi tu me le cries au revers de ma peau"
Jusqu'à la dernière strophe, qui après l'extase explosive puis le doute implosif, propose aux "trois amants" la béatitude dans l'humilité et la simplicité de leur complicité.
Vraiment très agréable à lire, les évocations sont fortes, le rythme est bien cadencé, pour chaque vers autant que pour le déroulement du propos, je n'ai pas senti de longueur, la ponctuation "allégée" m'a bien plu et la réflexion philosophique était très intéressante.
Merci pour ce fort bon moment.

   Anonyme   
29/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Charivari,

Il y a de bonnes choses - excellentes mêmes - telles que :

"Syllepses, anacoluthes
Au rythme de ta chair
Prosodie de nos luttes
Croquées à fleur de nerf"

et de moins bonnes, comme ceci :

"Avec les mots du corps
Pas besoin d’attribut
L’amour est simple et fort
Il est limpide est nu"

que je n'ai pas particulièrement apprécié.

L'ensemble est quand même de bonne facture.

Bien à vous,

Wall-E

   Anonyme   
17/6/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Une bien belle évocation de la volupté et du sentiment amoureux. Un peu longue sans doute et intellectuelle peut-être, car je me demande si en ces moments là le cerveau fonctionne ainsi ! Je pense qu'il fallait se laisser emporter par le thème et y perdre un peu la raison. J'aime particulièrement deux strophes qui ont un beau rythme : "Sur tes seins, sur tes cuisses ..." et "Quand nos langues déliées ...". Enfin c'est agréable à lire, mais un peu plus de folie serait la bienvenue.

   MissNeko   
12/8/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Sublime ! Je lis à travers ce poème tout l'amour que l'on peut porter à un être. Quand les mots son désuets pour décrire ce qu on ressent
J'adore.
Merci


Oniris Copyright © 2007-2018