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Chansons et Slams
Charivari : Rouen
 Publié le 25/03/11  -  13 commentaires  -  2024 caractères  -  201 lectures    Autres textes du même auteur

Une chanson impressionniste sur la belle endormie (illustrée par l'auteur).


Rouen




À écouter ici.


Quand Rouen la toute en gris pleure en blanc son tourment
Les serments, les non-dits planent et s’accrochent aux brumes
Sur le pavé mouillé de souv'nirs miroitants
Nos adieux si fébriles font briller le bitume

On recueille en passant qui tombent des fenêtres
Diffus et volatiles les passions et les drames
Le brouillard est chargé de nos humeurs secrètes
Le ciel est oppressé de nos vieux vagues à l’âme

La pluie bat le carreau de nos maisons anciennes
On contemple la bruine du fond de nos mansardes
Quand le crachin chagrine la rengaine ou la peine
Nos maisons assombrissent et nos murs se lézardent

Et dans ta maison d’autrefois
Pleut-il encore aussi
De temps en temps ?
Est-ce que ta maison pense à moi
Ou est-ce que tu m’oublies
Depuis longtemps ?

Une lueur, un troquet, quelques artistes évoquent
Impressions et voyages, Flaubert, Londres ou le jazz
Un rêveur de comptoir alcoolique soliloque
Ses paroles évasives partent en fumée de phrases

Et ces mots-là naviguent sur la Seine immobile
Restent là, s’éternisent, en se mouillant d’adieux
Sur le pont des péniches amarrées à la ville
Qui se perd et divague et se noie dans les cieux

Mais le soleil renaît, dans le voile livide
Il se love aux contours des façades figées
Et la ville se délave et les vapeurs s’évident
Nos adieux s’évaporent... Et je suis oublié

Et dans ta maison d’autrefois
Pleut-il encore aussi
De temps en temps ?
Est-ce que ta maison pense à moi
Ou est-ce que tu m’oublies
Si loin de Rouen ?










 
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   Lunastrelle   
12/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
D'habitude, je me méfie lorsqu'on écrit un texte sur une ville en particulier. Il est rare que cela m'emballe. Ici, cela a été une belle surprise, d'autant plus que je n'ai jamais visité cette ville.
Mais j'ai cru m'y retrouver...
C'est très chantant, naturel, moi je dis oui, tout simplement...
Y a juste un passage un peu confus pour moi, je le cite :

"On recueille en passant qui tombent des fenêtres
Diffus et volatiles les passions et les drames"

Je pense que c'est l'inversion qui me fait cet effet...

   Lunar-K   
13/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un très beau texte au refrain gonflé de nostalgie. J'aime beaucoup cette confusion entre les sentiments et le paysage, ou comment ceux-ci influencent notre perception du second. Cela conduit à de nombreuses et belles images, notamment celle-ci qui m'a beaucoup plu :

"Quand le crachin chagrine la rengaine ou la peine / Nos maisons assombrissent et nos murs se lézardent"

C'est vraiment bien écrit, très poétique. Un texte tout de gris qui me touche.

   framato   
14/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime beaucoup ce texte, chanson poétique, qui joue bien des assonances et allitérations. Une facture très "chanson française classique" mais qui m'a bien parlé.
Chouette refrain, chouette chanson. Il manque un peu de ponctuation (surtout dans la seconde strophe) pour que la lecture soit fluide, mais à part ce détail, le texte coule comme la seine et les larmes. Joli.

   Pascal31   
27/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
De très belles paroles, très émouvantes... Je regrette de ne pas les entendre mises en musique !
Un ou deux détails, cependant : "Quand le crachin chagrine la rengaine", "alcoolique soliloque", voici des passages qui doivent un peu accrocher à l'oral...
Sinon, j'ai beaucoup aimé les "paroles évasives partent en fumée de phrases" (jolie rime avec "jazz" !) et le soleil qui "se love aux contours des façades figées".
Beaucoup de poésie et de nostalgie... C'est très beau ! Merci.

EDIT : Maintenant que j'ai entendu la version en musique, je me rends compte que "le crachin chagrine" et "l'alcoolique soliloque" passent très bien dans la chanson qui, d'ailleurs, se laisse agréablement écouter. Du coup, je réévalue mon appréciation. Et encore bravo, l'artiste !

   victhis0   
25/3/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
bref passage chez les poètes...Par curiosité pour une ville où j'ai passé ma jeunesse.
C'est une belle chanson sensible et émouvante, mais peu de personnalisation à la ville si ce n'est deux trois p'tis trucs. Rien sur l'architecture, les rues étroites, Jeanne (ok c'est un peu cliché).
Deux inconvénients audios :
- la crachin chagrine (très laid)
- alcoolique soliloque : alors là, vaut mieux etre à jeun pour le chanter. Ou raide bourré pour oublier l'atroce sonorité de cette phrase

   bulle   
25/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup cette évocation.

La ville n'est qu'un prétexte, en fait.

Sa couleur-douleur se prend dans les souvenirs, ou inversement. Les souvenirs se grisent de ce qui s'y est vécu.

Des traces de soi, collées aux murs, aux rues, tout ce qui renvoie à l'histoire.

J'ai apprécié ce moment.

   toc-art   
25/3/2011
bonjour,

j'ai beaucoup aimé cette chanson, le texte est inventif et "balancé" je trouve, très agréable à dire (et à entendre aussi sans doute.

contrairement à d'autres, l'alcoolique soliloque et le crachin chagrine me paraissent offrir un vrai plaisir à leur élocution, quelque chose qui tient du clin d'oeil et de la gourmandise que j'aime bien.

Rouen n'est effectivement qu'un prétexte mais quelle importance ?

Juste une réticence sur la fin de la dernière strophe, le "et je suis oublié" me parait un peu faible et, de plus, il rend le refrain un peu inutile dans son interrogation, c'est dommage.

Mais vraiment, j'ai bien aimé.
Bonne continuation

   Charivari   
27/3/2011
Pour écouter une version sonore (brouillon) et puis causer un peu...

http://www.oniris.be/forum/a-propos-de-rouen-t13592s0.html#forumpost170023

   Perle-Hingaud   
27/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je suis séduite par le refrain.
Mais pas seulement: la nostalgie est bien amenée: couleurs, matières, sons, tu sais susciter la mélancolie par une palette technique maitrisée. Elle "sent" le pavé mouillé, ta chanson, les maisons un peu anciennes et les souvenirs tendres et délavés. Bravo, et merci.

   Lhirondelle   
28/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Charivari

J'avais apprécié ce texte dont je ne doutais guère qu'il serait facilement adaptable sur une mélodie. Donc je suis ravie d'avoir pu écouter la portée musicale sur lequel il s'inscrit. Quant aux illustrations, elles "s'encrent" superbement dans ce p'tit coin de Normandie. Non rien n'est prétexte à... c'est bien l'authentique regard d'un poète qui sait, de sa fenêtre ou en parcourant les ruelles, nous transmettre une atmosphère, empreinte de douce nostalgie au travers de ses refrains.

Une chanson à inviter lors d'une veillée entre amis quand le crachin a chagriné la journée.

S'il me faut avouer un p'tit bémol sur cette portée musicale, je dirais la ponctuation, elle est rarement "finalisée". Seules les interrogations le sont... et en soi, cela est peut-être le but recherché.

Au plaisir d'une prochaine lecture

   thea   
31/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
une agréable lecture surprenante en effet
et mise à part la deuxième strophe que je trouve un peu bancale
le reste dénote d'une belle écriture.

un mélange astucieux entre rimes et vers libre

on marche derrière l'auteur et on se prend à aimer la ville et le texte

bonne continuation

   David   
3/4/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Charivari,

Je ne voudrais pas encourager les textes sans point aux bout des phrases, aux virgules facultatives aux bouts des vers, avec une apostrophe posée sur une élision et pas de nombreuses autres, la plupart des liaisons avec des pluriels notamment. Je trouve ça dommage.

En écoutant, j'ai eu des surprises, le vers final est-il "Si loin de Rouen ?", chantée, ou bien "depuis longtemps ?", écrit ? - Mince, c'est la chute du texte ! les derniers mots dans l'oreille de l'auditeur et vous arrivez à inverser les différences du refrain ! - les autres écarts sont anecdotiques, mais je note quand même ce que j'ai entendu :

"De tous nos vagues à l'âme"
Au lieu de "de nos vieux vagues à l’âme"

"Rimbaud, Londres ou le jazz"
Au lieu de "Flaubert, Londres ou le jazz"

"De la dame figée"
Au lieu de "des façades figées"

J'aime bien la triple expression dessins, texte et chanson. Je trouve la voix pas assez haute, c'est pas un manque de clarté, d'élocution, "timidité" est un peu passe-partout mais c'est un peu ça, c'est pas une voix qui me donne l'impression d'être face à un public, mais c'est sans doute pas facile à reproduire. J'aime bien les dessins, la silhouette qui se reflète, ou bien vue en transparence, du deuxième, avec les hanches du chat digne des folies bergères, enfin, c'est les mots qui me viennent.

Pour le texte, je ne sais pas quoi faire, ça change tout le vers de fin, finir sur "Rouen" boucle la boucle et soutient le titre, finir sur "longtemps" mettrait plutôt en avant la mélancolie. Je préfère l'idée des sensations, de la ville qui sert d'étiquette dans les tiroirs de la mémoire et contient divers impressions par rapport à une histoire plus intime qui n'apparait pas directement, plutôt que le vers final de la chanson, plus direct sur le sentiment justement, à mon goût.

   Anonyme   
2/8/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Connaissant bien Rouen, je pense qu'il faudrait aussi parler de l'aspect "sinistre" de la ville, à moins que l'auteur ne le ressente pas lorsqu'il se promène dans quelques boulevards ou autres rues piétonnes. L'image du brouillard est peut-être un peu dépassée, il aurait peut-être (encore) été préférable de parler du visage (un peu oublié) de la ville en tant que tel: une ville à la fois pleine de fêtes et de rires, et les "humeurs secrètes" seraient décrites par une forêt de symboles propres au poète.

L'illustration est de très bonne facture (sans rechercher le réalisme, j'ai envie de dire: quel talent!). Le leitmotive est très touchant, et traduit aussi bien un regret et un ennui (au sens premier) qui s'accroche aussi bien aux "maisons anciennes" qu'à mes propres impressions. Je ne connais pas le verbe "se lover", mais j'apprécie: enfin quelques traces d'originalité en poésie (cela est si rare de nos jours).


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