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Poésie contemporaine
cherbiacuespe : Malhabile pêcheur et infidèle truite
 Publié le 26/10/19  -  8 commentaires  -  2228 caractères  -  145 lectures    Autres textes du même auteur

Leçon magistrale destinée aux pêcheurs qui aiment qu'un plan se déroule sans accroc !


Malhabile pêcheur et infidèle truite



Vous n'y croyez peut-être pas de vos yeux,
Mais tel est, pourtant, le tableau, le dessin.
Tapi dans l'ombre d'un saule spadassin,
Le bras tendu, l’œil torve devant l'Orbieu*,

J'assiège la vie d'une truite fario.
Insolente petite sauvageonne,
Hôte de tous les cours d'eau, la friponne
Qui nargue mon diabolique scénario.

« Ah ! Le galant petit animal d'onde,
L'effronté salmonidé, sotte bête,
Je te ferai la peau tant tu m'embêtes.
Tu blondiras dans mon four, vagabonde ! »

Mais la belle passe, et passe encore
Autour de ma traîtreuse convoitise,
Un appât qu'elle renifle, analyse.
« Mais que me fais-tu, toi, petit pécore ? »

Elle singe celle qui n'y connaît rien,
Elle prend de haut, elle snobe, débine.
J'enrage de la fierté féminine.
À petit feu, je décline en galérien.

« Mais quand vas-tu, petite dédaigneuse,
Te décider et te laisser séduire ? »
Maintenant ! L'hypocrite feint de s'enfuir
Quand, d'un virage aigu, l'élue heureuse

Repique vers l'insouciante victime :
Un misérable asticot gesticulant,
Qu'elle croque comme un menu succulent.
Mon orgueil déborde ma joie intime...

Énergique, d'un geste bref du poignet,
Je ferre l'animal surpris, paniqué.
« Ah ! Ah ! » Je ris de mon plan alambiqué.
Mon subtil stratagème me fait trépigner.

Le machiavel de la pêche moderne :
Voilà ma gloire ! J'ai bien choisi l'appât.
Cette fois, je tiens fermement mon repas,
Mon dîner pour bâfrer à la lanterne.

Cependant, la belle furie se défend.
Hargneuse, cette mauvaise perdante
Hasarde une parade déplaisante
Et d'un coup de queue, d'un seul coup triomphant,

Elle arrive enfin à rompre le filin !
La diablesse s'enfuit, se carapate.
Cet animal me sidère et m'épate.
Voilà, je me sens tout d'un coup moins malin,

Et je rentre au bercail, déçu, agité,
Avec pour seule gloire comme prises,
Une bouteille de vin, des cerises
Et d'elle envers moi, aucune affinité !


* L'Orbieu est une rivière dans l'Aude.


 
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   Gemini   
14/10/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Pour une leçon (magistrale ?), l'histoire est bien maigre : un pêcheur qui ferre et perd sa prise, c’est banal. J'imagine que ça arrive tous les jours, et que tout pêcheur a dû vivre ce cauchemar plusieurs fois dans sa carrière de non-votant.

Pour le titre, j’avoue que je n’y connais pas grand-chose dans la pêche, mais est-on malhabile quand c’est le fil qui casse ?
J'aurais mis "Le pêcheur malhabile" (il y a un article pour la truite), puis je trouve mauvais le choix de "infidèle" (comment croire qu’une proie puisse vous être fidèle ?) .
Ce mot ouvre par ailleurs une liste étourdissante de qualificatifs (insolente, sauvageonne, friponne, effrontée, sotte bête, vagabonde, pécore, snobinarde, fière, dédaigneuse, hypocrite, furie hargneuse, mauvaise perdante, diablesse) prouvant (peut-être) qu’on taquine la proie dans les deux sens du terme (mais dans ce cas, on pourrait dire que la truite s’adresse au pêcheur avec détachement).

Si le texte se lit sans déplaisir (on sent de l’aisance à narrer), je n’y ai pas trouvé de vertus poétiques, avec des rimes souvent forcées (qu’est-ce qu’un saule spadassin ?, que veut dire décliner en galérien ?)…
J’aurais mis un futur au v1 "Vous n’y croirez peut-être pas", j’aurais mis aussi "poisson" (ou "la belle meunière" ou "la pièce de Schubert") au lieu de trois fois "animal" v9, v30, v43.

Mais il faut avouer que l’auto apitoiement du bredouille prête à sourire. Si la truite est l’héroïne de l’histoire, le pêcheur est son antihéros qui ravale sa fierté. Comme10 pêcheurs font 10 menteurs, j’aurais aimé une strophe sur les explications qu’il aurait données à sa femme (de toute façon, je l’aurais relâchée !).
Et la fierté étant ce qu’elle est, rien ne m’interdit de croire qu’il n’y reviendra pas.

Où est la leçon dans tout ça ?
Peut-être qu’en quête de gloire, il faut toujours un plan B.

PS : Merci pour la découverte de l’Orbieu et de la truite fario.

   poldutor   
15/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Amusante petite poésie , contant le combat épique d'un homo sapiens essayant de jouer au plus fin ,et d'une truite malicieuse...
Le combat semble déséquilibré, tant l'homme parait bien équipé, mais la truite par une manœuvre subtile et désespérée, parvient à s'échapper.
Dépité, le pêcheur s'en retourne se "sen(tant) tout à coup moins malin"
La "raison du plus fort", n'a pas "été la meilleure"
Cordialement.
poldutor en E.L

   papipoete   
26/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour cherbiacuespe
D'emblée le nombre de strophes pourrait faire bifurquer le lecteur, mais appâté par la scène, on se laisse prendre à votre poème, on se pique de vos tournures, et ne regrette point d'avoir guetté l'aplomb de votre ligne !
Mais la belle fario a déjà dû goûter par le passé, à l'ardillon d'un hameçon, et accrochée mais pas trop, d'un coup de rein se libère !
NB un texte long, mais attraper une truite prend du temps, et bien souvent la croyant déjà sur le pré, l'effrontée ridiculise le fier pêcheur, qui se voyait déjà raconter sa bataille aux oreilles naïves !
Malgré la pêche bredouille, notre " tartarin " n'est pas trop fâché, et la truite libérée donne au texte ce " happy-end ", et chacun est content !
techniquement, dès le second vers, je vois 11 pieds puis un peu plus loin 10 ? je pense que vous avez opté pour ne pas compter vos pieds ?

   Lebarde   
26/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Malhabile pêcheur truite infidèle.

Que le pêcheur/ narrateur soit malhabile certes, mais que la truite soit infidèle pour quelle raison, et est ce bien l’adjectif qui convient ? Pourquoi cet admirable poisson devrait il être fidèle ? En tous cas le pêcheur est admiratif et beau joueur et le narrateur a parfaitement su trouvé les mots pour décrire la vivacité et le comportement de ce poisson roi de nos ruisseaux et torrents aux eaux vives.

Le texte est fluide comme l’eau qui court, brillant comme l’éclair des écailles, délicatement écrit.
Sur la forme, je laisse le soin aux spécialistes de juger; pour moi rien ne m’a choqué en dehors de quelques vers bancales et j’ai bien apprécié la lecture de ce poème naturaliste très plaisant.
Bravo
Lebarde

   Luz   
26/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
C'est pas mal, mais je pense que ce n'est pas très réaliste.
Une truite, surtout une fario, est un poisson extrêmement méfiant. Alors elle ne va pas se déplacer plusieurs fois devant l'asticot.
Sinon, de mon temps l'asticot était interdit en 1ère catégorie et puis on pêche avec un fil (le plus fin possible), pas avec un filin (c'est pour les requins, peut-être, le filin...)
En tout cas, merci de m'avoir fait découvrir l'Orbieu qui m'a l'air d'être une très belle rivière.
Mais le poème est plaisant et bien écrit.
Et vive la pêche à la truite (fario, bien sûr...)

   plumette   
26/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien
C'est le pêcheur qui m'a attirée côté poésie où je ne viens plus beaucoup ces temps-ci.

un récit vif , un jeu entre le pêcheur et sa proie "féminisée" avec tous ces qualificatifs : sauvageonne, friponne, vagabonde, dédaigneuse, furie hargneuse, mauvaise perdante.
Des tournures un un peu désuètes parfois mais qui donnent une connotation amusante à ce combat dont l'issue me réjouit.

Et pourtant, j'apprécie la chair fine et subtile de la truite fario !

Je ne suis pas emballée par le titre, pourquoi pas tout simplement " pauvre pêcheur" ? pour le pêcheur qui rentre bredouille et dépité !

Plumette

   Malitorne   
12/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Sympatoche cette histoire d’épinoche bien qu’un peu superficielle. Si on n’est pas passionné par la pêche l’intérêt faiblit à mesure des coups de canne. Ce n’est pas le genre de poème qui reste dans la tête une fois la lecture terminée. Mais ça reste amusant, plutôt joliment troussé, et vous me rétorquerez pourquoi toujours faire du tragique ? C’est vrai que les poètes maudits, torturés, sont parfois lassants et qu’il est bon aussi de juste se divertir. Merci donc pour ce passage versifié au bord de l’eau.

   Anonyme   
29/2/2020
je tombe sur votre poème au hasard de mes pérégrinations onirisiennes et m'en vais le commenter. Commentaire qui ne tient qu'à moi car je ne suis pas spécialiste de Dame Poésie ni de la métrique poétique mathématique ... Avez vous une passion pour le moyen-âge : cela transpire: spadassin, Orbieu (donne un ton médiéval par la sonorité), le verbe assièger, sauvageonne, fripponne etc On se croirait dans un poème de Francois de Villon ou de Ronsard.

La question pour moi est de savoir: est- ce que cette ambiance médiévale, ce combat chevaleresque à peine leurré avec une truite...enfin si le tout convainc le lecteur? Est ce que ce poème se veut contemporain? ou bien le mélange des époques est-il voulu? Et dans ce cas cela fonctionne-t-il? ne faut-il pas pour l'apprécier être dans un certain état d'esprit bucolique? ...passionné de chasse de pêche de nature etc... et donc avec ce type de lecteur, lectrice, oui ils apprécieront l'ambiance car oui il y a un charme champêtre mélange de Pagnol et Michel DELPECH (tiens! jeu de mots involontaire)

Pour moi malheureusement, le côté suranné, vieillot, me dérange car il serait bienvenu dans une anthologie composée à dessein, je préfère des thèmes ou des tournures plus modernes. Mais cela n'engage que moi.


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