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| LeChevalier
15/2/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
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Tant je trouve la forme intéressante et innovante, avec cette alternance de quatrains et de sixains, tant je suis dérouté par les inconséquences au niveau du mètre : on commence avec des décasyllabes réguliers (4+6), combiné avec un hexasyllabe (6), ce qui est très bien, mais ensuite les décasyllabes se disloquent et il n'est plus très clair pourquoi ils sont « mariés » avec des hexasyllabes. Le dernier quatrain contient une rime orpheline (le mot « enfin ») qui casse un peu trop la ligne rimique, je trouve.
Au niveau du fond, je suis moins positif. Cela commence dans la nature, puis les images érotiques s'installent progressivement et à la fin... je n'ai rien compris. |
| papipoete
15/2/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
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bonjour Chlo
" c'est une pomme au fond de mon jardin " pourrait laisser croire à un début de jeu érotique, où Eve ferait succomber un Adam aventurier... La seconde strophe se préciser, quand une jupe semble tomber par terre, et ce sein blanc jaillir, à " empoigner d'une main " et puis Sainte Marie qui accosterait au Guanahani, tel Christophe Colomb découvrir un nouveau continent ? NB je perd pied et me noie aux tourbillons de cette odyssée, que nous suggère le poète ; je suis sûrement à mille lieues de l'idée originale, et accoste sur l'ile où Robinson m'accueille empli de compassion. je ne sais sous quelle forme fut proposé ce poème, mais entre métrique vagabonde et rimes aléatoires, je reste circonspect. |
| EtienneNorvins
15/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Un très joli texte, émouvant.
De la jeunesse, il a gardé la fraîcheur, et les maladresses attachantes ("C'est... C'est...") pour dire l'élan et l'angoisse. J'aime beaucoup la deuxième strophe, qui allie merveilleusement le prosaïque au miraculeux. Et le dernier vers, qui est d'une grande force de promesse. Merci d'avoir fureté dans vos archives ! |
| Passant75
15/2/2026
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Que dire ? La révolte d’un adolescent peut, en effet, passer par les beautés de la nature, les premiers émois sexuels, la découverte d’un nouveau monde et des images de la mythologie. Et tout cela pour « se lever bien droit », c’est-à-dire s’opposer et pouvoir l'exprimer sur le papier.
Les poèmes de jeunesse, qu’ils soient justes ou maladroits, ont ceci d’intéressant, c’est qu’ils sont empreints de pureté. Ajoutons que l'absence de ponctuation, qui paraît être un choix assumé de l'auteur, est peut-être déjà l'expression d'une révolte contre des règles établies. N'envoyons pas, pour autant, les Bescherelle au caniveau ! Au final, un texte qui a l’âge qu'avait qui le composa. Aussi, vu mes cheveux blancs, je me garderai bien de le juger. |
| Provencao
15/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Bonjour Chlo,
"C'est le rire des filles que la nuit Féconde et le silence d'une amie Sa pauvre jupe en soie C'est la blancheur et la gaîté d'un sein C'est empoigner sa courbe d'une main Et sa peau contre soi" Mon passage préféré Désir soufflé, à la fois très poétique et didactique. Un porte-bonheur et une promesse infirmant toute lumière, jolie vérité offrant la délicate jeunesse. Au plaisir de vous lire, Cordialement |
| David
15/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour Chlo,
Le premier quatrain m'a tout de suite plu, avec sa rime France/adolescence qui me donnait pour lui un air si "classique" au sens de "gentiment sage", et le "baptisé du vin de mon adolescence" venait même le relevait, il y avait un air et aussi un goût. Et surtout ça m'évoquait un récit de genèse : ça commence aux cimes avec une pomme... mais ça ne me semblait pas aller vers une déchéance, ni à l'air, ni au goût. Et la suite ouvre des vers sensuels... Je me suis arrêté sur la "pauvre jupe en soie", je me suis senti suspendu plutôt par le paradoxe apparent : "pauvre" et "soie", un pauvre vêtement de riche tissu ? Mais ce sont des notions relatives "riche/pauvre" comme "loin/proche" ou "jeune/âgé". J'ai pensé à Shein, la plateforme de vente de vêtements de masse, où "riche", ou "classe" ou "à la mode" signifient de plus en plus récent : un habit "riche" doit être "neuf". Revenant de là, la "pauvre jupe en soie" se révélait à moi comme une "vieille jupe" tout simplement, un air de princesse déchue. Je ne savais pas encore que le poème avait voyagé. La prochaine strophe se découvre facilement en ouvrant quelques pages wikipedia : Sainte-Marie serait de Martinique, et Guanahani/Salvador des Bahamas. j'allais surlire "finit par mouiller", je sentais un double sens et toujours la sensualité amenée par la nature marine. C'est aussi une seconde genèse, après Eve à la Pomme, la découverte de l’Amérique sauvage s'installait. C'est, c'est, c'est... ces débuts de vers qui se répètent, ça me semblait le récit d'une sorte de rite initiatique. Les dernières strophes s'envolent, mais toujours en tombant, Prométhée, ogives, orage... bavées... comme si les cieux étaient à fuir et la terre à embrasser, mais tout en finissant en se levant bien droit, une érection, je ne veux pas éviter le mot qui me semble aller de soi, et ce n'est pas pour une nouvelle genèse, une gestation, mais bien le fin mot, une "prends garde à toi" de Carmen, ce qu'il ne faut pas oublier : un amour propre ouvrant à tous les autres. J'ai lu le poème comme une célébration de la liberté, d'une liberté fertile comme me l'évoque le titre, "C'est" une très belle énergie qui ressort à ma lecture. |
| Eskisse
15/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour,
Oui un poème qui célèbre la vie. De la pomme ( d'Adam et Eve dans le jardin ?) ( très joli premier vers) à Prométhée, les mythes sont convoqués pour célébrer la vie : le lait, la sève. L'anaphore donne de l'ampleur au propos et est très bien résolue par le vers final. Bravo ! |
| Polza
16/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Beaucoup de références poétiques me sont passées par la tête en lisant ce poème.
L’exergue est peut-être là pour tromper le lecteur, lui faire croire que l’auteur se confie alors qu’il n’en est rien, que c’est le carnet retrouvé d’un personnage fictif. Je ne souhaite pas le savoir, je réfléchis seulement à voix haute ! J’ai pensé dans le désordre à « Enivrez-vous » de Baudelaire. Peut-être est-ce le vin qui m’a influencé, mais pas seulement. j’ai aussi pensé à « La mort des pauvres » dans la construction : « C’est la gloire des Dieux, c’est le grenier mystique, C’est la bourse du pauvre et sa patrie antique, C’est le portique ouvert sur les Cieux inconnus ! » J’ai ressenti comme une sorte d’urgence à vivre dans ce récit qui aurait pu s’intituler « Carpe diem. » (cueille le jour, cueille le fruit) C’est ma seconde référence, j’ai pensé à ces vers d’Horace : « la vie est brève, et vain Tout projet. Tandis que nous parlons, fuit jaloux Le temps. Cueille le jour, sans croire au lendemain. » Si comme je l’ai dit l’urgence de croquer la vie (le fruit) à pleines dents est bien restituée, j’ai néanmoins trouvé que ça partait un peu trop dans tous les sens, je me suis un peu perdu parfois, ça passe du coq à l’âne, les transitions m’ont semblé brutales. « C’est une pomme au fond de mon jardin » je pense que je ne serai sûrement pas le seul à penser jardin d’Eden, fruit de la tentation, péché originel ! « Et la montagne aux cimes de la France » je ne sais pas si c’est ce que le narrateur ou la narratrice veut exprimer, mais j’ai senti comme une opposition dans les deux premiers vers. C’est à la fois très accessible, une pomme au fond de mon jardin, et à la fois quasi inaccessible, la montagne aux cimes de la France… « C’est l’herbe sèche et baptisée du vin/De mon adolescence » désolé si je n’ai pas compris ce passage, mais si je l’ai bien compris, il indique que j’ai affaire à une narratrice. Si tel est le cas, je trouve que c’est une façon très poétique de parler du passage de l’enfance au passage « adulte »… En partant du postulat qu’il s’agit d’une narratrice, la deuxième strophe peut laisser penser qu’elle est plutôt attirée par les femmes (c’est une supposition qui ne me pose absolument aucun problème !). C’est à la troisième strophe que je me suis dit que ça partait dans tous les sens (avec des images que j’ai plus ou moins appréciées), mais c’est peut-être voulu, afin de souligner l’urgence, la nécessité, le désir absolu de cueillir ce fruit, de profiter de chaque instant, de hurler, de (comme l’écrivait Hessel) s’indigner, ou de vivre tout simplement… « Et c’est l’écrire enfin » j’ai cette fois-ci pensé à « Liberté » de Paul Éluard, son ode à la liberté. Ici, il s’agit d’une ode à la vie, à la jeunesse. Le titre aurait pu être « Carpe diem » comme je l’ai dit plus haut, mais ça aurait également pu s’intituler : « Je veux vivre… » J’ai bien aimé cette grande énergie qui se dégage de ce poème, et ce, bien que tout ne m’ait pas entièrement plu… |




