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Poésie libre
Provencao : La mémoire lointaine
 Publié le 16/02/26  -  10 commentaires  -  721 caractères  -  122 lectures    Autres textes du même auteur

« Le souvenir, c'est la présence invisible. »
Victor Hugo


La mémoire lointaine



En ce brouillard assourdi
S'efface une épître.
Secrètement en frisson absolu
Se fredonne l'ample chuchotis
Doucement pâmé en mille souhaits.

De fleuron en fleuron
S'élude de nos passés l'esprit embrasé.
À la césure du silence où,
Se dérobant des paroles saugrenues,
Une lueur se métamorphose en
Âme éphémère.

De sourire en sourire
Les éternelles jeunesses nous remercient.
Les auréoles de l'autre berge,
Toute la confession de l'insensée fragrance
De délice et de firmament de nos vingt ans…
Nous laissant veufs sur cette discrétion du ciel
Aux prises avec l'inavouable
Brume, d'errements et de mémoire lointaine.


 
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   Donaldo75   
11/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Ambiance. Brume, rêve, flou. C’est mélancolique, mystique, à la limite de l’hermétique. L’abstraction l’emporte sur la quête de sens qu’un lecteur pourrait avoir. Beaucoup d’images et de métaphorique. C’est dense. Je retiens de ce poème son côté vaporeux, beau mais exigeant, comme une pièce pensée pour le lecteur aimant plonger dans le champ lexical plutôt que de chercher un sens ou une narration claire dans un texte poétique.

   Vincent   
16/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Provencao

Une lueur se métamorphose en une âme éphémère

Me donne l'impression de la vision du cliché en négatif

du souvenir du mirage de la mémoire

J'ai adoré votre texte Provencao

   Luron   
16/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Un puzzle de mots qui se croisent, s'entrelacent, s'harmonisent comme des couleurs d'une peinture abstraite. Il me fait penser à un tableau de Paul Klee, incendie sous la pleine lune (Fire at full moon).

   Passant75   
16/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Plus le temps passe et plus les souvenirs s’emmêlent dans un flou, un brouillard qui, de couleurs en couleurs qui s’estompent, mêle la vapeur fantasmée de la mort au réel qui subsiste.
D’une berge à l’autre du Styx, les sourires participent à la tristesse du deuil. Mais la brume recouvre le tout !
Les mots choisis se croisent et se fondent les uns dans les autres. S’installe un silence qu’aucun mot ne saurait dès lors décrire. Et pour cause !
Au final, le fond de ce texte m’a intéressé bien plus que la forme qui participe à la confusion née de ce brouillard. Mais peut-être est-ce un choix volontaire de l’auteur !

   Boutet   
16/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Un poème libre où je préfère la dernière strophe, la plus parlante à mes yeux.
Les éternelles jeunesse nous remercient.
De délice et de firmament de nos vingt ans ( le plus beau vers selon moi). Ils sont bien loin mes 20 ans
mais ils vivent en moi comme s'ils étaient toujours présents.
Un poème nostalgique qui ne nous épargne pas, hélas.

   papipoete   
16/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
bonjour Provençao
Un tableau que l'auteur peint à l'encre d'une plume bien inspirée...avec " les mots pour le dire ", puisés à la palette de notre artiste.
Comme fermer les yeux sur un sujet, un modèle posant nu, et laisser faire le talent.
NB bien sûr qu'en mode " papipoète ", je ne saurais écrire de telles lignes, mais cette "mémoire lointaine " est peut-être la même que la mienne, " éternelles jeunesses " clignant de l'oeil face aux " auréoles de l'autre berge "
Comme à son habitude, notre poétesse éblouit le lecteur, avec ses couleurs, sa musique divine devant laquelle je m'incline.
Redire à l'auteure la joie de la voir à nouveau publiée, après une longue traversée du désert !

   Robot   
16/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Dans le flou des souvenirs qui se mêlent la mémoire retient des moments plus précis qui demeurent.
Le texte est comme une ouate qui absorbe et recrée les souvenirs.

   Cristale   
16/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Une écriture extrêmement fine, dont chaque petite touche pastelle colore la notion du souvenir, qu'il soit doux passé, lointain, fugitif ou berceau de drames jamais oubliés.
L'évocation du souvenir ressemble à la vision d'un train passé à grande vitesse devant les yeux et dont on n'aperçoit plus, en quelques secondes, que le dernier wagon très loin au bout des rails. La narratrice est restée figée sur le quai, seul le vent provoqué fait encore flotter son foulard.
La dernière strophe est superbe !
Merci pour ce plaisir de lecture et tout ce que j'ai lu d'invisible entre les lignes.

   EtienneNorvins   
16/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
C’est à la fois dense et vaporeux

Un brouillard d’une subtile musicalité (avec ces sonorités en « -is », « -on », « -ance » qui s’étirent et se répondent, créant une mélodie à la fois douce et entêtante) enveloppe et trouble les contours de la mémoire. C’est un poème qui murmure plus qu’il ne dit, et c’est là sa force. Il invite à la rêverie, à la contemplation de ces instants qui glissent entre les doigts comme une brume, évoquant un univers à la fois éternel et disparu, où la jeunesse et la nostalgie se mêlent soudain en une danse éphémère.Le jeu entre présence et absence, rendue par l’ellipse et le silence, rappelle parfois Apollinaire…

   LeChevalier   
16/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
J'ai bien aimé cette image métapoétique : « à la césure du silence ».


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