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| AMitizix
29/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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J’aime beaucoup cette idée de « mots croisés » : pour moi, cela fonctionne parfaitement, surtout dans la première strophe : le deuxième vers est particulièrement retentissant, cette rupture dans le thème (et la rime très originale) donnant tout de suite un souffle et un cachet singulier au texte. Je n’arrive pas à les retrouver, mais cela m’a vaguement fait penser à des vers d’Aragon, sans doute dans "Les Yeux d’Elsa", où on retrouve cette rupture de thème entre deux vers qui se suivent, et qui sonne très bien à l’oreille – comme si la rupture de sens produisait un son particulier. Un bel effet.
En général, je trouve le thème bien tenu et servi par des alexandrins maîtrisés ; la forme contemporaine me semble appropriée, puisqu’il s’agit, dans chacun des vers pairs de ce « mot croisé » d’un instantané, d’une image qui doit se suffire à elle-même et être son propre développement. Je trouve appréciable de faire référence à des éléments précis dans les premières strophes (avec la présence de Kyiv et Beyrouth à la rime), ce qui permet d’incarner le texte ; fatalement, il perd un peu de sa puissance dans la troisième strophe, plus éthérée, quoique je comprenne que ce passage au général ne peut qu’être désirable pour une poésie qui ne peut résister à la tentation de tout dire – même au prix de l’abstraction. J’aime bien aussi l’idée de fondre finalement les deux séries de mots croisés dans le dernier vers (avec ce « Et » qui rattache le vers 16 au quinzième), qui leur donne leur conclusion tout en les réunissant sous le signe du poème. Bien sûr, on pourrait peut-être reprocher une certaine naïveté à l’ensemble, le côté litanie risque de déplaire, de paraître trop simple : pour moi, en tout cas, il n’en est rien. Cette approche me semble esthétiquement valable (même si elle est toujours perfectible). En revanche, il y a quelques vers qui me semblent très inférieurs aux autres, surtout les trois derniers d’ailleurs, ce qui est assez dommage. Je trouve l’hémistiche « Un martyr ici hurle » assez désagréable à l’oreille ; il y a la répétition des sons « i », et le passage « ici / hurle » qui est peu mélodieux. Pour le vers 15, c’est la césure qui me gêne ; ce décalage me semble plus une faiblesse qu’un effet de style. Enfin, je trouve que le « en soi » du dernier vers est un mot fort peu poétique pour finir ce texte, et qu’il donne un peu l’impression de faire du remplissage. Sans préjuger des intentions de l’auteur, j’ai l’impression qu’écrire par exemple : « Et je t’aime si fort que j’en pourrais mourir / Et l’écrire est déjà d’une folle indécence » serait plus élégant (on peut facilement éviter la répétition de « Et » si elle gêne ; moi, elle me plaît parce qu’elle accentue la réunion finale entre les deux fleuves entrecroisés, et que ce ton un peu naïf dans son affirmation brusque sied bien à l’ensemble). Finalement, une lecture sympathique ! AMItizix, en EL |
| Passant75
29/7/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
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Une ligne d’amour, une ligne de guerre, les lignes ainsi se croisent et justifient le titre. On pourrait même penser que, comme deux paquets de cartes que l’on bat, l’auteur bat deux poèmes, l’un d’amour, l’autre de guerre. Cela présente un côté exercice de style, voire procédé artificiel, qui ne m’a pas convaincu plus que cela. Opposer ainsi l’amour à la guerre contribue à donner au texte un caractère parfois naïf.
Et pourtant, les deux derniers vers introduisent plus qu’un doute à cette interprétation, l’amour peut mener à la mort, et oser croiser ces deux notions peut relever de l’indécence. Je trouve que la fin du poème vient lui conférer une densité qu’il n’avait guère auparavant. |
| Ornicar
6/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Un bon titre pour "croiser" les mots d'amour qui se disent ici avec les mots de la guerre qui sévissent là-bas et tenter de répondre à la question trouble de l'exergue : comment continuer à aimer quand d'autres que nous meurent sous le feu des bombes ? Comment continuer à faire semblant d'ignorer la guerre, ses échos et ses drames ? Le bonheur, individuel ou à deux, est-il encore possible quand le malheur l'assiège de partout ? Voilà les questions existentielles que se pose le narrateur et auxquelles ces vers nous renvoient.
Un bon titre, donc, et un bon poème. Le point fort de ce texte, c'est sa construction en parallèle : un vers pour la douceur de vivre, un vers pour la cruauté de la guerre ; un vers pour célébrer la vie, un vers pour la mort qui plane. Et ainsi de suite en alternant à chaque ligne. Comme deux humanités que tout sépare - les univers, les langues, les trajectoires - mais restant liées malgré tout, qu'elles le veuillent ou non, par une destinée commune. Parce que si nous ne vivons pas dans le même monde, nous vivons tous sur la même planète. Et que ce qui arrive à l'un aura des conséquences pour l'autre. Certain(e)s pourront juger le procédé un peu facile et systématique. Pour ma part, je n'ai pas ce sentiment. Je trouve au contraire que ça fonctionne et que la charge émotionnelle du texte en sort renforcée. Ce n'est pas l'amour et ses tourments qui nous est conté, mais l'amour dans un monde tourmenté. Et l'on sent que ces questions tourmentent le narrateur qui semble perdre pied puisu'il dit, dans la dernière strophe : "Je ne sais plus vraiment ce que c'est que souffrir" et peu après "Je t'aime si fort que je pourrais en mourir". Le monde est fou et nous avec. Ornicar |
| Cyrill
7/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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« Mon amour », « je t’aimerai », « j’aime » x2, « je t’aime » x2, « amoureux »… je ne compte plus les déclinaisons. Ça pourrait faire trop, pourtant c’est de cette réitération persuasive que naît l’émotion. La « folle indécence » de l’écrire est également un baume à ce cœur qui pleure vies et villes saccagées. Brillante idée que ces « Mots croisés », aveu d’impuissance aussi. Même dans la bénignité des sentiments amoureux, on ne peut ignorer le monde qui nous entoure, l’un nourrit l’autre par contraste.
Même si je trouve quelques rares vers un peu faibles, c’est l’ensemble qui fait de l’effet par imbrication. C’est vraiment très bien structuré et équilibré. La voix qui suit la guerre semble domptée, elle possède presque la neutralité d’un constat, tandis que l’autre s’époumone à vouloir vivre malgré tout. Les deux s’opposent tout en se répondant. Très beau : « J'aime ta lèvre rose à mordre et puis ton rire » Merci pour le partage. |




