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Poésie contemporaine
Claus : Alcatraz.3
 Publié le 11/05/12  -  8 commentaires  -  1053 caractères  -  213 lectures    Autres textes du même auteur

J'en ai besoin, un espace structuré.
Une boîte en carton, aux arrêts.
Un homme en prison pour femmes.


Alcatraz.3



Le blanc de ce couloir me ferait presque croire que je suis innocent.
Je me sens même léger.
Je souris à la bouche qui me hurle d'avancer.
Une verrue, presque mouche, orne sa lèvre pâle, diamant de pus séché aux bruns reflets de moelle.
Je redouble de joie : voir ma geôlière décorée de la sorte me la rend sympathique, familière, moins forte.

"Tu vas bouger ton cul ?" me glisse-t-elle à l'oreille, si bien que mon tympan éclate dans l'instant.
"J'arrive", dit ma bouche, mais mes pieds se font lourds.
J'ai l'air d'une biche, farouche, qui cherche du secours dans les yeux d'un chasseur.
Mais moi je n'ai pas peur.
Je joue la comédie, pour faire passer le temps, à défaut de le tuer, car derrière ces barreaux, dorénavant – hélas ! – plus question de tuer.

"T'es vraiment à la masse !"
Madame la matonne m'étonne de décibels : ses cordes vocales résonnent comme un quintet de pelles sur le crâne d'un chauve.
"Allez bouge-toi bordel !"

J'ai sûrement l'air d'un fauve.


 
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   Lunar-K   
28/4/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Voilà un texte bien étrange, tant par rapport au fond que par rapport à la forme. Texte décalé, et ce à plusieurs niveaux également, mais qui n'en est pas moins intéressant. Bien au contraire, ces divers décalages, ces bizarreries, ont quelque chose de tout à fait intriguant, et même de plutôt séduisant, je trouve.

Concernant la forme, d'abord... Autant le dire tout de suite, il est très difficile de déterminer si ce texte a effectivement bien sa place ici, en poésie... Une prose fondamentalement narrative, des dialogues, peu d'effets stylistiques ou sonores (si ce n'est ce "Madame la matonne m'étonne")... Ce qui ne signifie évidemment pas qu'on ne trouve ici aucun style ! Loin de là. Mais le style n'est pas du tout à l'avant-plan dans ce texte, comme c'est le plus souvent le cas en poésie. Ce que je regrette d'ailleurs énormément, cette réduction de l'énoncé à la seule énonciation poétique. Ce pourquoi je suis toujours très heureux de tomber sur ce genre de texte, même si lui-même tombe peut-être un peu dans l'excès inverse comme cela me semble ici le cas...

Il n'empêche que, comme je le disais, même si l'écriture en est visiblement plus prosaïque que poétique, ce texte reste globalement réussi dans son expression. Une écriture tout à fait vive et directe, assez crue même quelquefois, qui, me semble-t-il, tente de coller au plus près de son sujet, de son action. Et elle y réussit d'ailleurs très bien. En tout cas, ça me plaît vraiment.

En ce qui concerne plus le fond, maintenant... Là aussi, quelques décalages. Tout d'abord entre la situation d'enfermement du narrateur et la frivolité de ses pensées. Entre ses sentiments et ce qu'il en montre à la matonne. Mais encore, à l'intérieur même de cette situation d'enfermement : l'homme dans une prison pour femmes... Bref, tout cela (et quelques autres éléments encore peut-être) contribue à installer toute une atmosphère assez étrange, dont on ne sait si on doit en rire ou en frémir, tout à fait absurde. Je ne peux d'ailleurs m'empêcher de penser à l'un des maîtres du genre : Kafka. D'autant qu'on arrive ici au beau milieu de quelque chose dont on ne connait absolument rien de la situation, tenants ou aboutissants. Qu'un fragment isolé de tout contexte, ce qui, sans aucun doute, en renforce davantage encore l'absurdité.

Bref, un texte fondamentalement paradoxal, qui parvient parfaitement à traduire et, surtout, à communiquer cet aspect. En tout cas, ça m'a pris. J'ai beaucoup aimé, et peu m'importe de savoir si, oui ou non, il s'agit bien d'un poème !

Bonne continuation à vous !

   David   
30/4/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Je trouve un rythme reconnaissable, une musique bien connu, je ne veux pas dire une supercherie, mais je peux me lire le poème en tranche d'alexandrins, il suffit de jouer sur la diction. On ne peut pas le faire avec n'importe quelle texte.

J'aime bien comme c'est dissimulé, comme ça tente de s'échapper de ce métronome bien présent à mon avis, j'aime bien ce vers :

"Une verrue, presque mouche, orne sa lèvre pâle, diamant de pus séché aux bruns reflets de moelle."

Comme "faire du beau avec du moche", même s'il n'y a là que des avanies, c'est pas ignoble moralement, mais ça évoque des sécrétions, c'est morbide ou "malsain" mais au sens propre, pas moral donc. "Un homme en prison pour femmes" par contre, je peux comprendre soit "Prisons pour femmes" comme lieu de détention féminin, soit "femmes" comme motif de l'incarcération, un peu absurde en tant que tel mais bon, c'est un poème.

   Marite   
11/5/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Curieusement cette poésie contemporaine me plaît. Pourtant le " diamant de pus séché ..." me répugne et je n'aurais jamais pensé qu'une telle expression puisse avoir sa place en langage poétique, fut-il contemporain.
Idem pour les trois expressions suivantes /
"Tu vas bouger ton cul ?"
"T'es vraiment à la masse !"
"Allez bouge-toi bordel !"

En dehors de ceci (très très subjectif, je sais) j'ai aimé l'écriture et le style du reste du texte. Aussi, je me demande : était-il nécessaire d'utiliser ces expressions pour faire " contemporain " ??? Que l'auteur m'excuse, ce genre poésie m'est très peu familière et j'ai conscience qu'un petit quelque chose échappe à ma perception.

   wancyrs   
11/5/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
On dirait un extrait de roman, un incipit. C'est tellement vrai que ça donne la frousse... qui a dit que le condamnés n'avaient pas droit à la parole ? L'écriture est simple, les mots des plus banals, mais le résultat est magnifique ! C'est un instant, juste un instant, mais qui dit tant de choses : sur la vie du condamné, sur la geôlière... Je pense que les mots et le style d'écriture sont appropriés pour ce type de sujet.

   brabant   
15/5/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Claus,


Inversion des rôles : le mec se fait gonzesse, les gonzesses se font mecs. Et comme on est en prison les matonnes se font matrones.

Un homme dans une prison pour femmes, cela fait partie d'un scénar ?

J'aime cet antihéros qui joue à faire semblant d'avoir peur, certainement pour s'occuper.

Et j'ai l'impression qu'inversement les matonnes jouent à faire semblant d'être des matons.

Oserais-je dire : "Beaucoup de décibels pour pas grand-chose ?"


De bonnes choses (blanc du couloir/innocence, verrue/faiblesse, biche qui cherche du secours dans les yeux de la chasseresse) et de moins bonnes (glisse ? tympan qui éclate, argot pâlot, "j'ai sûrement l'air d'un fauve" ?)


Globalement je pense à une atmosphère à la Bilal?

   toc-art   
15/5/2012
Bonjour,

je vais être très franc, j'ai été vraiment déçu par ce texte que je trouve raté (je vais expliquer en quoi), d'autant plus déçu que j'avais apprécié le précédent (que je commenterai, promis, parce que ça me paraît juste de ne pas vous faire part que de mon avis assez négatif sur ce texte-ci).

Il n'y a ici pour moi aucune originalité et, pire encore, aucune authenticité (attention, hein, ce n'est que mon impression, je ne remets pas en cause ce qui a pu vous fonder à écrire ce texte). L'écriture m'a semblé facile (dans le mauvais sens du terme) :
- avec des explications inutiles et maladroites : "voir ma geôlière décorée de la sorte me la rend sympathique, familière, moins forte." ou "je joue la comédie..." Ben non, désolé, vous auriez dû nous faire comprendre ce que le narrateur ressent sans qu'il soit besoin d'être aussi platement explicatif.
- avec des jeux de mots éculés : "pour faire passer le temps à défaut de le tuer" (au secours, on a lu ça des milliers, des millions de fois et je réfute d'emblée l'éloge de la banalité comme argumentaire défensif)
- avec des jeux sur les sonorités très moyens : "la matone m'étonne" (bof, quoi...)

J'ai eu le sentiment que le thème était trop fort pour ce que vous en avez fait, que vous vous êtes contenté d'images presque télévisuelles, très superficielles, sans aucune densité, qu'il y avait comme un effet "exercice de style" : et si je plaçais mon personnage dans le couloir de la mort ? Sauf que, à mon sens, à aucun moment on ne sent la vérité de votre personnage, pas une seconde on n'imagine que la situation puisse être réelle. En fait, sous vos mots, pas un instant, on n'éprouve l'effroi de la chair et de l'âme.

Il ne s'agit bien sûr que de mon opinion et votre précédent texte m'avait vraiment plu, parce que, justement, j'y avais trouvé une vérité qui fait cruellement défaut ici, selon moi.

bonne continuation.

   Anonyme   
24/5/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La présentation de ce poème est très étrange, attirant la curiosité. Le poème est de même.
Son rythme en hexasyllabes et en alexandrin néo-classiques est très musical à l'oreille.
Le décalage entre les niveaux de vocabulaire s'il peut heurter au départ donne un souffle à ce texte, qui alors entraîne le lecteur à une vision qui va bien au delà des mots dits.
S'il est assez irréaliste, il n'y a jamais, à ma connaissance, de matonne femme dans les prisons d'homme, tous les fantasmes évoqués ici le font oublier.

J'ai aimé.

   Anonyme   
11/10/2016
 a aimé ce texte 
Pas
Ce sera ma dernière lecture, vous concernant, je reconnais que vous savez écrire, mais c'est pour moi, loin d'être de la poésie, c"est davantage de la prose très directe, très parlante, que vous essayez de rendre cruellement réaliste, vous n'y allez jamais avec le dos de la cuillère, vous êtes un peu trop dans l'excès.

Là, encore je n'adhère pas, cela ne parle pas, vous essayez de vous mettre dans la peau d'un personnage avec ce "je", mais à mon avis, ce n'est pas réussi, vous n'avez pas le ton juste, comme dans ces phrases qui se font "littéraire" :

- "Je redouble de joie : voir ma geôlière décorée de la sorte me la rend sympathique, familière, moins forte."
- ""Tu vas bouger ton cul ?" me glisse-t-elle à l'oreille, si bien que mon tympan éclate dans l'instant."
-"J'ai l'air d'une biche, farouche, qui cherche du secours dans les yeux d'un chasseur."

C'est un peu trop "romancé", je dirai que vous jouez faux, vous n'êtes pas vraiment rentré dans la peau de votre personnage. C'est ce décalage qui rend l'écrit non crédible et sans réel intérêt.

Comme précédemment, dans vos écrits, l'idée est là mais mal exploitée.


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