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Poésie libre
colibam : Dans la rue sombre du temps plié
 Publié le 29/10/09  -  20 commentaires  -  1829 caractères  -  405 lectures    Autres textes du même auteur

« Regarde, il gèle
là sous mes yeux
des stalactites de rêves... »
Aaron – Le Tunnel d'Or – 2006


Dans la rue sombre du temps plié




C'est un homme seul qui sent l'ennui et la poussière…

Je marche dans la nuit sous un berceau d'étoiles
Jusqu'à la rue tordue bordée de vitres sombres
Le carillon du soir dans sa course fatale
S'interroge un instant :

Que fait ce rêveur d'aube après le crépuscule ?

Dans la gueule des gargouilles au sourire plissé
Je discerne
Un futur de cendres dans le songe de ma vie.

Je sors la clef de sol de son boîtier de brume
Et la présente au front d'une serrure musicale

Blanche soupire, ronde et noire...

J'avance à reculons
Sous les sphères à musique
Dans la boutique de l'arrière-monde.

Sous les ogives gothiques,
Dans un désordre de silence,
Des cages d'ombres remplies de choses
Que nul ne peut comprendre.

Derrière les murs glacés fracassés de cauchemars
Je vois
Le gardien des portes, assis au bord du monde.

Avec quoi paye-t-on les marchands de sable ?
Avec de la poussière de songes.

Tout est déjà fini ou rien n'a commencé ?
Mieux vaut parfois ne pas savoir.

Les mots résonnent
Dans le silence du corps ;
Sous les eaux brunes
La cloche sonne.

L'homme seul qui sent l'ennui et la poussière

Retrouve le pavé ;
Palimpseste de pas sur un chemin d'éternité.

Dans son exil immobile,
Parmi les choses qui se sont tues,
Il fait un pas
Dans l'alphabet des solitudes.

Le regard noué à l'abîme,
Il s'envole très haut
Vers des espaces purs
Où bivouaquent les rêves.




* À un ami très cher, parti beaucoup trop vite…


 
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   Garance   
29/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime beaucoup, je ne serai donc pas bonne critique.
Des mots sombres et doux, je leur donnerai la couleur grise, mais un gris avec tant de nuances qu'une clarté semble sur le point de le transpercer.
Je note T.Bien+ car le poème se déploie en longueur, et il en a besoin (je garde l'exceptionnel pour les poèmes dont le contenu s'exprime avec moins de mots).

   bulle   
29/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pour l'émotion pleine, c'est gagné ! J'ai été prise dans le tourbillon des sens.. Je ressens encore de la fragilité dans les lignes, la bonne, celle qui transpire, qui fait trembler le coeur..

Mais, je vais aussi, au-delà de ce que l'hommage porte, oser dire le peu qui a ralenti ma chute..
"Il s'envole très haut, vers des espaces purs"..

J'ai trouvé la formule simpliste, elle a enlevé la force du final à mon écoute.. Peut-être était-ce volontaire ? Une légèreté désirée ?

Ce n'est qu'un petit détail personnel qui n'enlève rien, d'autant plus que le tout, dont, en particulier ceci "Je sors la clef de sol de son boîtier de brume Et la présente au front d'une serrure musicale" déplie les sensations fortement...

Merci..

   Lapsus   
29/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Dans la rue sombre du temps plié", je pressens un jeu de mots sur le titre qu'il faudrait tout aussi bien lire "Dans la rue sombre du Templier".
Est-ce un hasard s'il existe à Lyon, et probablement ailleurs, une rue des Templiers qui est "une rue tordue bordée de vitres sombres", marquée par un passé qui remonte au 13ème siècle ?

L'ambiance médiévale est d'ailleurs soutenue dans le texte par les mots du décor: "gargouilles", "ogives gothiques", "le pavé".

Le personnage en action est "un homme seul qui sent l'ennui et la poussière", ce qui trahit l'usure du temps et de l'envie et qui en vient à se poser des questions et, de fait, à errer dans un espace-temps qui n'est pas le sien.
"Que fait ce rêveur d'aube après le crépuscule ?"

Il va à sa quête comme on se rend en boutique d'alchimiste.
"Sous les ogives gothiques,
Dans un désordre de silence,
Des cages d'ombres remplies de choses
Que nul ne peut comprendre."

Le pourquoi de certaines vies peut parfois interroger la mort.
"Derrière les murs glacés fracassés de cauchemars
Je vois
Le gardien des portes, assis au bord du monde."
C'est Charon qu'il faut payer ou la Pythie rendant l'oracle sur les questions posées par les prêtres.
"Avec quoi paye-t-on les marchands de sable ?
Avec de la poussière de songes.

Tout est déjà fini ou rien n'a commencé ?
Mieux vaut parfois ne pas savoir."
Et retourner à son ennui et sa poussière, reproduisant inlassablement les pas sur des pas plus anciens comme on gratte un manuscrit pour écrire par dessus.
"Palimpseste de pas sur un chemin d'éternité."
Qu'il est beau ce vers !

La vie reprend, solitaire.
"Dans son exil immobile,
Parmi les choses qui se sont tues,
Il fait un pas
Dans l'alphabet des solitudes."

Un trait entre deux mondes pour un nouvel envol :
"Le regard noué à l'abîme,
Il s'envole très haut
Vers des espaces purs
Où bivouaquent les rêves."

Un poème avec décidément beaucoup de correspondances.

   jaimme   
29/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Ce poème est empreint d'originalité. Le thème, les thèmes, ouvrent sur des espaces de cathédrales aériennes, portes sur le temps et l'espace des rêves.
Schuiten et Lovecraft sont allés se promener ensemble.
Il n'y a qu'un strophe que j'ai trouvée en-dessous du reste:
"Les mots résonnent
Dans le silence du corps ;
Sous les eaux brunes
La cloche sonne."
Le reste est réellement onirique. Et des fois splendides. J'ai retenu:
"Je sors la clef de sol de son boîtier de brume
Et la présente au front d'une serrure musicale
"J'avance à reculons
Sous les sphères à musique
Dans la boutique de l'arrière-monde."
"Palimpseste de pas sur un chemin d'éternité."(magnifique)
"bivouaquent les rêves": c'est le propre des rêves, il faut démonter la tente si souvent!
Bref, musique, images et ressenti étaient au rendez-vous.
Merci Colibam.

   Chene   
30/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Colibam

D'emblée mon ressenti : il parle au coeur et aux tripes ton poème !

Un long cheminement dans cette "rue sombre du temps plié" où
"Tout est déjà fini ou rien n'a commencé ?
Mieux vaut parfois ne pas savoir."

Tristesse et solitude de l'homme qui a perdu l'ami, de "L'homme seul qui sent l'ennui et la poussière"
"Il fait un pas
Dans l'alphabet des solitudes."

Très juste image palpable d'un sentiment qui se délite et reste en suspension.

Juste une remarque : peut-être aurais-tu pu t'arrêter sur cette dernière image et laisser flotter le "temps plié".

Je reviendrai le lire ce poème.

Chene

   Anonyme   
29/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Déjà rien que pour la citation d'Aaron^^

Ensuite, le titre est bon. Au d&part ça donne un peu une impression de jeu de mots étrange qui colle pas du tout à ton style tout ça... et puis la citation, la dédicace... et ce temps plié commence à prendre son sens.

Je suis pas fan du premier vers (isolé hein pas dans le contexte).

++ au "sous un berceau d'étoiles"
"Dans la gueule des gargouilles au sourire plissé"
"Je sors la clef de sol de son boîtier de brume"
"front d'une serrure musicale"
"Sous les sphères à musique"
"Dans la boutique de l'arrière-monde."=> et là, moi je pense à Bazaar... dommage collatéral de mon addiction à King...
"ogives gothiques,"
"Des cages d'ombres remplies de choses
Que nul ne peut comprendre."=> ça je kiffe trop, c'est sublime de noirceur, de peurs enfantines, de grouillements et de ... AAAAAAAAAAAAAAAAAA!

"Avec quoi paye-t-on les marchands de sable ?
Avec de la poussière de songes."
=> mais ça c'est top. ça me rappelle quelque chose que j'ai sous le bout de la langue (ou sur?), une réplique, un dialogue... jesé puuu!

"Palimpseste de pas sur un chemin d'éternité."=> y a rien à dire quand on arrive à coller un palimpseste dans une poésie... et qu'en plus c'est opportun... chapô! Et puis c'est très beau comme image, léger et puis...pouf!

"Dans l'alphabet des solitudes."=> les maux... les mots...

"Vers des espaces purs
Où bivouaquent les rêves."=> on peut y trouver une corne d'abondance, des oranges que l'on croque et des pommes que l'on presse... j'aime pour des raisons purement personnelles, je trouve que c'est très "militaire" comme image dans le bivouaquent... et emprunt d'une grande douceur.

J'aime beaucoup ta plume, mon ami, je trouve qu'il se dégage toujours tellement de sincérité, de franckhise... de tous les mots que tu associes pour en tirer une essence vierge (comme moi!*-*) d'une délicatesse et d'une beauté assez rare chez un homme...

Oui... très beau, le reste je te l'ai mpis&...
je crois...
non?

Merci. Beaucoup.

   Lariviere   
30/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
De très belles atmosphères à la nue grisée de ce texte. Très belle écriture. Fusion des sons, des images et des émotions... Le romantisme revisité, avec talent...

"Jusqu'à la rue tordue bordée de vitres sombres"

"Dans la gueule des gargouilles au sourire plissé"

"Je sors la clef de sol de son boîtier de brume
Et la présente au front d'une serrure musicale"

"Dans la boutique de l'arrière-monde."

"Avec quoi paye-t-on les marchands de sable ?"...

J'aime beaucoup la singularité de ton écriture. Je le découvre vraiment avec ce poème. J'aime aussi (surtout pour le rythme) les deux trouvailles principales de la construction :

- les phrases flottantes entre les strophes : entre long rejet et vers libre :

..."Je marche dans la nuit sous un berceau d'étoiles
Jusqu'à la rue tordue bordée de vitres sombres
Le carillon du soir dans sa course fatale
S'interroge un instant :

Que fait ce rêveur d'aube après le crépuscule ?"...

- les passages sous forme d'intérrogations et de réponses énigmatiques (radoucit le rythme), entre paroles d'oracle et paroles de sphynx...

..."Avec quoi paye-t-on les marchands de sable ?
Avec de la poussière de songes."...

J'aime aussi, pour conclure, l'alternance de phrases longues et phrases très courtes :

"Derrière les murs glacés fracassés de cauchemars
Je vois
Le gardien des portes, assis au bord du monde."

Donc, très joli poème avec une véritable atmosphère et une musique bien singulière...

Merci Colibam...

Au plaisir de te lire !

   Lhirondelle   
30/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Colibam

Un de ces poèmes, qui vous laisse estourbi...
Il flotte dans l'air après la lecture des traînes imagées difficiles à quitter. Alors on relit.
C'est de la belle poésie, elle fait rêver au-delà de la mélancolie qui s'en dégage et sa musicalité est superbement menée.
J'ai pris plaisir à te lire.
Merci à toi
Amicalement

L'hirondelle

   Anonyme   
30/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voici un poème qui ne pouvait que me plaire.

Errance urbaine avec mélancolie et solitude en toile de fond.

Le vers d'amorce : " C'est un homme seul qui sent l'ennui et la poussière" résonne parfaitement.

"La rue tordue bordée de vitres sombres" comme autant de méandres de l'esprit reflétés par des miroirs obscurs. Simple et parlant. j'ai pensé à Lost highway de David Lynch, ou peut-être aussi Mulholland drive.

"Un futur de cendres dans le songe de ma vie" Superbe tournure qui renvoie plus tard au marchand de sable que l'on paye en poussière de songe. Mais que reste t-il alors ?

J'apprécie particulièrement le passage en rapport avec le solfège. "Je sors...serrure musicale" largement sublimé avec
"Blanche soupire, ronde et noire". contraste musical magnifique qui rentre parfaitement dans le cadre.

"les cages d'ombres remplies de choses/que nul ne peut comprendre" oui et peut-être aussi le narrateur.

Qui est ce gardien des portes, assis au bord du monde ?
Je refuse l'idée de dieu, ou d'un dieu mais préfère m'en tenir à une personnification de je ne sais trop quoi qui détiendrait les clés concernant le passage du conscient vers l'inconscient.

J'aime ce flou omniprésent, cette perte générale de repères dits finalement avec ces vers : "Tout est déjà fini où rien n'a commencé/Mieux vaut parfois ne pas savoir"

Les mots résonnent, la cloche aussi comme un glas. Le: "Blanche soupire, ronde et noires s'accorde en fin de compte au son de cette cloche. (Enfin pour moi)

La fin de ce poème me fait penser à une errance quasi spectrale, une âme morte et tourmentée qui cherche l'issue de ce tourment et qui finit par la trouver. Ce que laisse entendre la dernière strophe où les rêves tombés en poussières reprennent une forme, une texture.

Bravo.

   Automnale   
30/10/2009
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce texte est tout simplement magnifique. Il envahit le plus profond de notre coeur, de notre âme. Nous le lisons et oublions tout, n'osons plus bouger. La beauté, qui appelle le silence, est présente du début jusqu'à la fin. Ce moment de lecture est rare, incomparable. Exceptionnel.

Un homme marche dans la nuit jusqu'à une rue tordue... Un carillon du soir s'interroge... Des gargouilles montrent un sourire plissé... Et voilà : une clef de sol pour un boîtier de brume, une boutique d'arrière-monde, des cages d'ombres remplies de choses que nul ne peut comprendre, un gardien de portes assis au bord du monde...

Avec quoi paye-t-on les marchands de sable ?
Avec de la poussière de songes

Tout est déjà fini ou rien n'a commencé ?
Mieux vaut parfois ne pas savoir

Sous les eaux brunes, la cloche sonne...

Oui, c'est très beau. Presque trop beau.

Merci, Colibam.

   Anonyme   
31/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Charmé du début à la fin.
Je me contente de cet avis limité mais sincère.

   Lylah   
31/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai lu, relu et plus je lis, plus j'aime le voyage de cet homme seul qui le mène au "bord du monde", puis "Vers des espaces purs/Où bivouaquent les rêves."


Une poésie originale, des images inédites, un pur bonheur de lecteur.
Déjà le titre, magnifique, que rien ne vient dénaturer ni affadir.
Je relève particulièrement ces passages, pour le plaisir :

"Je sors la clef de sol de son boîtier de brume
Et la présente au front d'une serrure musicale"
"Sous les ogives gothiques,/Dans un désordre de silence,/Des cages d'ombres remplies de choses/Que nul ne peut comprendre."

"Je vois
Le gardien des portes, assis au bord du monde."

"Avec quoi paye-t-on les marchands de sable ?
Avec de la poussière de songes."
"Palimpseste de pas sur un chemin d'éternité."

"Il fait un pas
Dans l'alphabet des solitudes."

"Le regard noué à l'abîme,
Il s'envole très haut
Vers des espaces purs
Où bivouaquent les rêves."

Oui, bon, j'aurais eu aussi vite fait de faire un copier-coller de l'ensemble...
Bravo, Colibam et merci pour ce voyage extra-ordinaire, grave et profond. Magnifique!

   Absolue   
2/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bon, que dire après tous ces commentaires...
Evidemment que j'ai aimé!
D'abord, le titre. L'image du "temps plié" a accroché mon attention.
Puis, le passage d'Aaron... Une chanson qui me prend les tripes...
Ensuite le poème, très beau, sombre et mystérieux mais aussi rempli d'espoir. Des images superbes, une lecture fluide, de l'émotion...En effet, peut-être que rien n'a commencé.

   pieralun   
2/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai vraiment beaucoup de mal avec la poésie libre....et il me faut donc beaucoup de lectures pour assimiler un texte.
C'est un beau texte: j'aime le carillon qui s'interroge,
Les mots résonnent
Dans le silence du corps ;
Sous les eaux brunes
La cloche sonne.

et j'adore les 8 derniers vers. Mais je m'interroge, tel le carillon, pour savoir où se trouve la poésie dans un texte ooù le rythme est saccadé, absent de rimes.....où finalement la musicalité ne se trouve que dans les mots. De plus, ces mots là sont simples....mais les images sont fortes. Si tu as une minute à m'accorder, dis-moi par MP comment commencer en poésie libre
Merci et bravo Colibam

   Anonyme   
3/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Je rejoints les avis précédent, un poème très original et beau...
J'y trouve quelques défauts dans le rythme, par moment (peu) un petit manque de fluidité, comme par exemple ici :

"Dans la boutique de l'arrière-monde." il manque un lien entre boutique et arrière-monde qui du coup accroche un peu...

Il y a aussi les italiques dont la logique m'échappe parfois.

Pourquoi si le je vois est en italique ne pas avoir mis le je discerne plus haut en italique ?

Pourquoi avoir changé la logique en isolant "L'homme seul qui sent l'ennui et la poussière" du reste de sa phrase... selon la logique des premières italiques, c'est "Palimpseste de pas sur un chemin d'éternité" qui aurait pu être mis en italique.

Le choix des italiques parfois me semble quasi aléatoire, pas assez muri... ;-)

Ce seront mes seuls bémols, mais une très agréable lecture...

   Marite   
3/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Colibam, je ne sais pas analyser dans le détail. Je pense seulement que beaucoup de choses sont dites dans ce poème, et de très belle façon. Je choisis de retenir : « Je marche dans la nuit sous un berceau d'étoiles » et « Il s'envole très haut - Vers des espaces purs - Où bivouaquent les rêves. » Bien bel hommage à cet ami. On en oublie l’ennui et la poussière.

   Meleagre   
4/11/2009
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce poème est beau, d'une beauté envoûtante et énigmatique, mystérieuse. J'ai dû le relire plusieurs fois, essayant de comprendre, mais sans doute n'est-ce pas là le but.
On cherche la clé de ce texte, et la clé que l'on trouve, c'est une "clé de sol" : comment mieux dire que ce qui compte n'est pas forcément le sens, mais la musicalité, la sonorité et l'harmonie des mots et des phrases ? D'ailleurs, la musique joue un rôle très important dans ce poème : "la clé de sol" et sa "serrure musicale", "Blanche soupire, ronde et noire" (très beau vers où tous les mots ont aussi un sens musical), "un désordre de silence" (savoureux paradoxe), "les mots résonnent" / "la cloche sonne". Le narrateur est ainsi attentif à l'harmonie sonore qui l'entoure, invitant le lecteur à être attentif à la musicalité, l'harmonie des mots.

Au début, on comprend qu'un homme se promène dans la rue, une "tordue bordée de vitres sombres", après le crépuscule, et qu'une sorte de dialogue intérieur se tisse entre lui et la rue, et chaque détail de cette rue. Mais dans l'ombre se cachent "des choses / Que nul ne peut comprendre". A partir de là, la compréhension rationnelle compte moins que l'évocation, par touches fulgurantes, d'une vision intérieure, onirique ou cauchemardesque.
L'important n'est plus le sens, mais c'est que "les mots résonnent" : comme s'il y avait de l'écho dans cette rue tordue et vide, ou comme s'ils entraient en résonnance les uns avec les autres, pour évoquer un sens caché, confus et mystérieux.

Et il y a quelques vers magnifiques, dont la formulation fulgurantes rehausse la puissance évocatrice :
"Je marche dans la nuit sous un berceau d'étoiles"
"Que fait ce rêveur d'aube après le crépuscule ?"
"Le gardien des portes, assis au bord du monde." (je renonce à chercher son identité)
"Avec quoi paye-t-on les marchands de sable ?
Avec de la poussière de songes.

Tout est déjà fini ou rien n'a commencé ?
Mieux vaut parfois ne pas savoir."

et surtout "Vers des espaces purs
Où bivouaquent les rêves."

J'admire aussi un réel travail de composition. En effet, on passe d'alexandrins très bien scandés (v. 2, 3, 4, 6, 10), ou de vers qui sont presque des alexandrins (v. 1, 7, 9), à des vers plus libres, alternant vers courts et longs, à des hexasyllabes, autrement dit des demi-alexandrins (surtout les trois derniers vers). Ce rythme très particulier donne de la vivacité au poème, et renforce l'harmonie puissante qui s'en dégage.

Pour finir, je note quelque chose de verlainien dans ce poème. Je ne pense pas seulement à "De la musique avant toute chose". Mais c'est une promenade urbaine comme dans certains poèmes de Verlaine, qui décrit la ville par petites touches suggestives, et qui débouche aussi vers une rêverie intérieure, composée de fulgurances, nées de l'observation déformante de certains détails. Mais, si le paysage urbain de Verlaine est résolument moderne, celui de Colibam est plus gothique, médiéval, ce qui renforce le charme du poème.

Seule petite interrogation : je comprends l'usage, savoureux, de l'italique dans certaines phrases, car il introduit un jeu de question / réponse entre le narrateur et ce qu'il regarde. Mais il me dérange dans "Je vois / Le gardien des portes, assis au bord du monde", et dans "L'homme seul qui sent l'ennui et la poussière / Retrouve le pavé" : pourquoi le début est-il en italique, et pas la fin ? Qui parle ?

C'est un de mes plus longs commentaires, et de mes plus élogieux... Merci Colibam, et bravo pour cette belle poésie si riche et mystérieuse.

   belaid63   
7/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
je ne sais pas pourquoi mais ce poème me parle. en le lisant j'ai senti comme une errance du sentiment pour parler à une absence. mais peut on parler à l'absence?
du beau travail en somme
à part le pas qui se répète à la fin
j'ai aimé
bravo

   thea   
7/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
tout a été dit et s'il m'est permis.. je dirai juste bravo merci pour cette ballade dans la brume..."boutique de l'arrière monde" ou cet homme "avance à reculons" si tu veux j'irai cueillir ses larmes absentes pour en faire un chapelet de cristal sur lequel je poserai mes lèvres en prières.....

merci à toi
Th.

   Anonyme   
15/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Les guenilles de poète vont ma foi fort bien à colibam. Un texte très inspiré. Je vais retenir, parmi d'autres, "l'alphabet des solitudes", qui m'a causé particulièrement. De la poésie comme je l'aime.

ps: Très bon titre.


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