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Poésie contemporaine
TITEFEE : La mendiante
 Publié le 30/10/09  -  14 commentaires  -  830 caractères  -  324 lectures    Autres textes du même auteur

Plongeon vertigineux d'une vie de galère.


La mendiante



La silhouette maigre
Se tordait dans le froid
D’effroi
Sentait la sueur aigre
Et des relents d’urines
Purines

Raide tel l’est un cierge
Elle battait le pavé
Lavé
Devant la sainte vierge
Et le tronc du curé
Carré

Un isoloir–alcôve
L’abritait dès le soir
Pour boire
Cette mixture fauve
Qui lui chauffait les reins
Trop bien

Elle longtemps agile
Elle descend les degrés
Au gré
De sa santé fragile
Et teint couperosé
Rosé

Elle s’était enfuie
D’un travail ordinaire
Calvaire
Et traînait un ennui
En sachant solitaire
Le taire

Elle apprit à mendier
Et à tendre la main
Très bien
En sachant stipendier
La pitié d'un regard
Hagard


 
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   Marquisard   
30/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Il est sympa ce petit rythme à chute circulaire, c'est intéressant. ça donne un petit suspens/surprise constant, marant.

En revanche le dernier quatrain m'a laissé un peu sur ma faim, je m'attendais à un petit retournement, un trait d'humour ou quelque chose du genre. En fait à partir de "Trop bien" (expression que les d'jeuns utilisent actuellement beaucoup sur un ton srcastique, humoristique) je me suis attendu à un petit crescendo.

Ceci dit une lecture bien agréable au petit matin, les quatres premieres strophes m'ont beacoup plu.

   jaimme   
30/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai imaginé ces retours à la ligne ponctué d'un arrêt de la musique puis d'un retour de poignet sur la guitare sèche.
Un peu à la Brassens.
"Carré": le tronc ou le curé?? :)
Peu de mots et un portrait qui prend aux tripes. Un faux humour très grinçant. "Très bien" qui renvoie à "trop bien".
Rien à enlever. Sauf la misère humaine.
Merci Titefee!

   LeopoldPartisan   
30/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Simple et incisif. Réellement d'une efficacité redoutable en ce qui concerne le résumé d'une vie d'anonyme et de batons de chaises. Ce sont justements ces petits riens qui sans en avoir l'air sont aussi effrayant, oserai-je même un "terrifiant". Terrifiant parce que tellement communs et dans l'emploi des mots de Titefee, tellement hors du temps.
La langue qu'emploie l'auteur, son style me rappelle cet ancien temps de mon enfance chez ma grand mère et chez ses deux soeurs célibataires. C'était l'époque (1964-1972) où pour elles toutes, par exemple : le téléphone n'existait que chez les voisins. Elles n'avaient pas la télévision et écoutaient leur vieux poste radiophonique à galène branché en permanence sur Radio Namur qui diffusait principalement des pièces en dialecte wallon ou des chansons du style Frehel, Damia, Piaf etc... Pour ceux que cela intéresse voici un site consacré à cette chanson française : http://www.chanson.udenap.org/
En fait tout cela pour dire toute mon admiration pour ce style qui doit être à peu de choses prêt à l'opposé complet du mien, mais qui me donne tout à la fois émotionS et frissonS.

   Chene   
1/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir TITFEE

Ce qui frappe dans ton poème c'est son rythme claudiquant, un peu comme cette mendiante dont tes vers nous tracent le portrait.

Je serais caricaturiste je pourrais, grâce à tes mots en tracer le croquis.

La métrique est impeccable et les rimes fort bien achalandées. Pourquoi ce choix de la catégorie "poésie libre" ?

Un regret cependant, TITEFEE, la mendiante dont tu brosses le portrait ne m'apparaît pas assez misérable. Elle est presque "trop sympathique" ce qui à mon sens limite un peu la crédibilité de tes vers et ton accroche "plongeon vertigineux d'une vie de galère"

Chene

Edit : pour m'expliquer un peu mieux : je sens l'empathie des vers de ce poème, et c'est justement ce côté "la pauvre malheureuse" ou "misérabiliste de bon ton" qui me semble ne pas coller avec l'idée que je me fais de la misère humaine et celle annoncée en terme de "plongeon vertigineux".

   Anonyme   
30/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Sympathique poème qui suit son rythme particulier de façon régulière, toujours rimé et souvent fort bien. On suppose qu'il faille élider en prononçant les vers beaucoup des e de "Elle etc".
Et dès lors je me demande pourquoi ne pas l'avoir publié en catégorie "néo-classique" ?

Je trouve la strophe 4 bien plus faible que les autres.

Cette mendiante, cette anonyme qu'un incident de vie a fait naufragée est (avec la présence d'un lexique religieux) presque sanctifiée dans ce texte... jusqu'à la dernière strophe.
(Pourquoi un miséreux serait-il forcément quelqu'un d'antipathique, Chêne ???)

J'apprécie également le ton détaché qui provoque de l'émotion sans insistance.

   brabant   
31/10/2009
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Titefée,

Que de références me viennent à l'esprit! Que d'images me sautent aux yeux! Que de sons me bercent l'oreille! C'est un défilement alors que je relis et relis ton poème comme on met une chanson qui reste branchée sur replay.
Quelle bouffée de poésie! Que d'émotion m'étreint le coeur! me submerge...
C'est Jules Laforgue avec la "Complainte de la Lune":
"Ah! La belle pleine lune
Grosse comme une fortune!"
C'est Xavier Forneret avec un "pauvre honteux":
"Il l'a tirée
De sa poche usée
L'a mise sous ses yeux;
Et l'a bien regardée
En disant: "Malheureux!" "
Ce sont les chansonniers du Chat Noir parmi lesquels Charles Cros avait peut-être fait se balancer son "hareng saur" au bout d'une corde:
"Longue
Longue
Longue"
Plus récemment, c'est la Complainte de la Butte écrite par Jean Renoir et créée par Cora Vaucaire dans "French Cancan":
"Petite mendigote
Je sens ta quenotte
Qui cherche ma main"
Tout cela me saute aux yeux, aux oreilles, à l'âme...
Ton texte est de cette veine-là:
"Se tordait dans le froid
D'effroi"... Le froid et la peur... roides!
"Sentait la sueur aigre
Et des relents d'urine
Purines"... relents de vinaigre et d'égoût, ammoniac et purin. L'odeur et la misère. L'odeur de la misère!
"Elle battait le pavé
Lavé"... battre non pas le linge mais le pavé; le pavé lavé, la pluie.
Et la sainte vierge et le tronc du curé!
"Un isoloir-alcôve"... solitude et obscurité torve.
"Cette mixture fauve
Qui lui chauffait les reins
Trop bien"... le combustible-alcool, charbon du dedans, consume le corps et les souvenirs, bon et mauvais.
"...les degrés
Au gré"... descente d'escalier/degrés d'alcool. Parcours de celui qui meurt.
"Un ordinaire
Calvaire"
"... solitaire
Taire"... les mots s'entrechoquent et se répondent et se contredisent avec la même sonorité "aire" qui est un étouffement comme si on cherchait désespérément de l'air.
"Elle apprit à mendier
Et à tendre la main
Très bien" ... "Très bien" a le sens de "Mal", la main qui reçoit ne donne-t-elle pas à sa façon ? la justification va dans les deux sens, l'un dépend de l'autre.
"En sachant stipendier
La pitié d'un regard
Hagard"... "stipendier" va de celui qui reçoit à celui qui donne. Qui est le plus grand ? Jeu sur "Hagard": le regard hagard, la mendiante hagard. N'y a-t-il pas un jeu sur l'ambiguïté des rapports dans cette dernière strophe, voire de l'ambiguïté sur soi, de l'ambiguïté tout court.

Cette histoire renvoie à l'histoire de mon père (Renoir/Van Paris), de mon grand-père (Belle Epoque/French Cancan) et de mon arrière-grand-père (Cabaret du Chat Noir) ainsi que de mon enfance alors que se mouraient Patachou et Mouloudji, et se poursuit alors que perdurent Juliette Gréco et Colette renard. Elle recouvre trois générations et se prolonge avec la mienne, elle porte la marque d'une intemporalité au niveau de ma propre mémoire vivante avec des relents mythiques d'absinthe et de mauvais rhum.
Oui! Ce portrait d'une vie est un morceau de mémoire né quelque part aux deux tiers du XIXème siècle et qui se prolonge.
Par là il me touche au coeur et aux larmes.
Quel beau cadeau!

PS: Ce poème me procure le même ressenti nostalgique que LeopoldPartisan.

Merci TITEFEE

   xuanvincent   
31/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Merci à l'auteur pour ce beau - assez dur aussi - portrait de femme, de vieille mendiante.

Les images, assez dures mais justes j'ai trouvé, m'ont plu. L'atmosphère qui se dégage du poème, à partir de ces vers souvent courts, m'a semblé elle aussi réussie.

Bonne continuation.

   FIACRE   
31/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai toujours du mal à commenter un texte sur la misère, et davantage à y répondre. Je lis et je conserve des mots.

   pieralun   
31/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un rythme très particulier qui apporte à lui seul une certaine poésie.......un peu comme celle que l'on retrouve dans les premières chansons de Brassens : " J'avais l'plus bel amandier
Du quartier........"
Le thème, grave, le texte lourd de sens et lourd des mots qu'il contient s'en trouve allégé.
Un joli poème

   Anonyme   
1/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Une bien jolie poésie en rime et dont le rythme est super bien balancé. Dommage les quelques rimes pauvres, mais pour le reste ça chante bien...

La métrique est bien respectée... Voici du libre bien construit...

Une belle métrique et des rimes, ça nous change un peu...

   Lapsus   
1/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un rythme construit et régulier pour une évocation du quotidien d'une descente aux enfers,
"Elle longtemps agile
Elle descend les degrés"
c'est une déchéance attendue et au bas de l'escalier se profile la mort. L'espérance de vie d'un SDF est de 45 ans.

   Anonyme   
1/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'aime beaucoup le rythme en spirale infernale de ce poème.

Certaines rimes me gênent un peu: "reins/trop bien" parce que je les trouve un peu simples, un peu faciles.

Mais la descente aux enfers est bien amenées, j'apprécie, vraiment.

   emi   
21/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Titefée s'est imposé des contraintes de mètre et de rime, elle les utilise avec une grande maîtrise qui n'est pas gratuite car elle sert le sujet de son poème.
Une remarque pinailleuse : la rime couperosé/rosé

   Anonyme   
18/1/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai beaucoup aimé cette forme en vers couts, bien rythmés, qui semblent légers, voire sautillant, alors que le sujet est sombre et triste.
J'ai vu une misère ordinaire décrite avec un bel à propos, et une musicalité certaine.
Très bonne pêche pour moi !

joceline


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