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| Provencao
9/7/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
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Bonjour,
Une forte émotion, que je ressens, me surprend et me dépasse. .. La vibration, qui échappe a l'intention lorsqu’elle souhaite et cherche sa connexion parmi les mots, les accointances, qui viennent, la quitte radicalement à mon sens à la lecture de ces vers: "Je voulais seulement cueillir des coquelicots rouges" |
| Ornicar
14/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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J'ai trouvé ce poème très émouvant. Avec ses mots tout simples, il m'a remué.
Pas seulement à cause du thème abordé, la pédocriminalité, pas seulement à cause de sa proximité avec les développements récents de l'affaire Lyhanna, mais aussi par la façon dont l'auteur(e) a traité son sujet. Ceci me rappelle d'ailleurs un débat récent sur un fil de remerciements et qui avait mis en lumière une divergence de points de vue avec l'auteur d'un poème diversement apprécié - le poème bien sûr, pas l'auteur. Si ce texte est parvenu à me toucher, c'est en grande partie à cause de son écriture, autrement dit la forme, par opposition au fond. Plusieurs éléments concourent à sa réussite. C'est d'abord un texte incarné. Pas de démonstration ici, de thèse à défendre, de jugements de valeur (le bien / le mal). A la froideur et l'abstraction d'idées générales, le poème oppose ses éléments concrets : un tilleul, papa, maman, le ruban de la route, les vacances à Cassis, un chemin, des coquelicots rouges. Il reste dans le factuel. De plus, par le recours au "je", l'auteur(e) adopte le point de vue de sa narratrice, qui se trouve être aussi la victime, facilitant le processus d'identification et d'appropriation. Ensuite, il y a la construction en deux parties nettement repérables autour du point de bascule ("Avant le jour des vacances / le papa de ma copine / est venu à la sortie de mon école"). Avant. Après. A la lecture du titre ("Le dernier jour"), on se doute bien que l'issue sera fatale et malheureuse. Et puis, il y a les images qui sont récurrentes comme autant de motifs musicaux avec variation, passant subitement du mode majeur au mode mineur : - les "cernes" qui migrent du tilleul aux yeux de papa et maman, et qui, de la forme d'un sourire, prennent celle de larmes. - le "ruban de la route" qui d'interminable et plein de promesses d'avenir, et d'un avenir radieux ("s’étire / loin devant / jusqu’au bout du monde") s'arrête net ("depuis que le papa de ma copine / a déchiré le ruban / de ma route"). - les coquelicots, naturellement rouges ("cueillir des coquelicots rouges / dans les champs") puis rouges du sang versé ("Je voulais seulement / cueillir des coquelicots rouges"). La tonalité n'est plus du tout la même. Au final, on obtient un texte bouleversant. Parce que l'écriture fait preuve de retenue, de sobriété, rejette "les effets", "l'effet" produit sur le lecteur est à son maximum. La scène de viol et de crime obéit à cette volonté de l'auteur(e). Elle est réduite à sa plus simple expression, presque euphémisée : "Ses bisous me faisaient très mal / j’ai crié / le ciel c’est refermé / sur du noir". Point. Surtout, l'auteur(e) ne s'y attarde pas ; il ou elle passe tout de suite à autre chose, s'attache aux conséquences de l'acte et à ce que ça change pour les "cernes", le "ruban de la route", les "coquelicots". Avant / après. Pas d'étalage d'horreurs et de visions sanglantes suscitant un sentiment de voyeurisme chez le lecteur. L'horreur émerge à retardement, comme une bombe à fragmentation. Elle ne résulte pas tant de l'acte lui-même que de tout ce qui a changé et qui ne sera plus jamais comme avant. Ou plutôt, ce qui a changé nous fait ressentir rétrospectivement toute l’horreur de la scène à l’origine de ce changement. Dans un paradoxe assumé, les mots, en en disant le moins possible en disent au contraire beaucoup. Je n'ai qu'une infime réserve à l'égard de ce texte mais qui ne modifie en rien la haute appréciation que j'en ai. Le lien avec la thématique du concours me paraît bien ténu. Réside-t-il dans le fait que les pires horreurs font partie de la marche du monde ? Chacun jugera. Ornicar |
| LeChevalier
21/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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C'est un texte très dur, non pas en dépit mais bien à cause de son langage très simple et très poétique. Le monde nous est livré à travers le regard d'une petite fille où tout s'embellit. Au début, le tilleul en fleur (pusique c'est juin) ; il est associé à l'enfant mais l'image n'est pas purement décorative, n'est pas un caprice de poète (comme on en voit trop souvent, hélas). Cette image va revenir à la fin du poème pour former une boucle qui, par sa douceur, accentue la cruauté de la mort violente.
Rien n'est outré dans ce texte, qui réussit à nous livrer un véritable drame sans rhétorique de tribunal, sans dénonciations maladroites et tant d'autres procédés peu poétiques... J'ai beaucoup aimé la métaphore de la route comme un ruban qui se déroule. Cela m'a fait penser au fil des Parques. |
| Passant75
21/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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« Un ruban de route / c’est long », mais le papa de sa copine a déchiré le ruban de sa route ; pour une enfant, la vie est, en effet, une route potentiellement longue, mais qui peut être brutalement interrompue. C’est là une belle trouvaille, très chargée d’émotion, comme l’est d’ailleurs tout le poème.
Alors, pourquoi ai-je une réserve ? J’ai toujours eu un problème avec ceux qui font parler les morts. En prose comme en poésie ! C’est là ma seule réserve. J’ai pu craindre, alors que l’enfant allait avoir onze ans, qu’une plume d’adulte ait du mal à traduire le langage d’une petite fille, mais je trouve que l’auteur s’est très bien tiré de cette réelle difficulté. Cela étant, je ne me suis guère intéressé à savoir si ce poème avait un lien ou non avec le thème du concours. |
| Polza
21/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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C’est vraiment un récit qui remue les tripes.
C’est assez court, mais tout fonctionne très bien selon moi. Les comparaisons ou les images sont bien choisies : « Le tilleul du jardin a le même âge que moi » « un cerne de plus en forme de sourire » « Le soleil rit » « le ruban de la route s’étire » « Ses bisous me faisaient très mal » « le ciel s’est refermé sur du noir » « Papa et maman ont des cernes en formes de larmes » « Leurs pieds sont pleins d’épines » « Je voulais seulement cueillir des coquelicots rouges » L’absence de ponctuation va très bien avec ce genre de poème. Le viol, le meurtre, mais aussi l’immense chagrin des parents sont suggérés avec beaucoup de sobriété, sans jamais tomber dans des détails sordides… La dernière image est déchirante, « Je voulais seulement cueillir des coquelicots rouges » « Je le connais bien » Ce passage est laconique et pourtant il laisse au lecteur la possibilité d’imaginer ce qui a pu se passer, le papa de la copine qui a abusé de la confiance de la gamine, elle qui se sentait en sécurité, qui n’a pas vu l’horreur arriver, c’est dramatique et déchirant… En dehors du poème, j’ai aimé la façon dont vous avez traité le thème du concours. Jusqu’ici, tous les poèmes que j’ai lus évoquaient soit les pantoufles douillettes, soit les souliers à clous… Ici, tout est suggéré, j’imagine la marche du monde agréable avec le tilleul, papa, maman, les bougies d’anniversaire, le soleil qui rit, etc., en pantoufles douillettes et au contraire, le papa de ma copine, plein de bosses, bisous qui faisaient mal, crié, sur du noir, etc., en souliers à clous… D’ailleurs, les souliers à clous se sont peut-être transformés en pieds pleins d’épines, épines qui peuvent plus ou moins rappeler le chemin de croix du Christ, une « épreuve » si douloureuse à traverser, si insoutenable pour les parents… Cela me fait penser au livre d’Annick Ernoult, « Apprivoiser l’absence : adieu, mon enfant » « Lorsque l’on perd ses parents, on devient orphelin ou orpheline. Quand on perd son conjoint, on devient veuf ou veuve, mais curieusement il n’existe pas de mot dans la langue française pour désigner les parents qui perdent un enfant, et cela est très symptomatique de la chape de silence et de solitude qui s’abat sur eux lorsqu’ils font l’expérience de ce drame. » Je vais me répéter pour conclure, mais il y a tellement de force et d’innocence dans « Je voulais seulement cueillir des coquelicots rouges », j’en suis tout bouleversé… J'ai oublié d'ajouter : Comment continuer à marcher en ce monde pour les parents avec des épines plein les pieds... |
| Myndie
21/7/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
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Bonjour Concours,
je trouve votre poème vraiment poignant ; sa force émotionnelle tient autant à quelques métaphores (« des cernes en formes de larmes autour du cœur ») qu'à l'atmosphère douce et lumineuse de la narration, le récit de l'enfant, dans toute sa naïveté ; au final tout ce qui contraste et rend la chute plus violente et plus tragique. L'écriture est belle certes mais j'émets pour ma part la même réserve que Passant75 : le dialogue d'outre tombe me gêne un peu ; le sujet est lourd puisqu'il s'agit de l'agression et du meurtre d'un enfant ; le propos de ce fantôme enfantin, pour bouleversant qu'il soit, m'apparaît un peu comme un artifice d'écriture, appuyant trop visiblement sur l'innocence brisée et forçant l'émotion du lecteur. Mais surtout, je n'ai pas trouvé de rapport véritable avec le thème du concours. Tout au plus ce vers pourrait-il faire illusion : « Le monde ne marche plus avec eux il est parti loin devant » Mais dans l'ensemble, le poème ne fait que traiter d'un fait divers dramatique sans lien véritable avec la marche du monde et encore moins avec les « souliers à clous et pantoufles douillettes ». Donc je dis oui pour l'émotion mais ne suis pas trop convaincue par le choix du sujet dans le cadre particulier du concours. |
| BlaseSaintLuc
21/7/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
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Pour un autre thème, ce texte était sûrement destiné , il est hors sujet. Donc, même si ce qu'il raconte
est poignant et plein de vérité, de lucidité, peut-être un peu trop naïf. La dénonciation qu'il porte n'est pas dans le thème. La déroute du monde, la déroute des hommes, ce n'est pas la déviance de certains prédateurs ; la pédophilie n'est pas systémique, fort heureusement ! C'est quoi, la marche du monde ? Avant tout, il me semble, des choix politiques qui mènent le monde là où il va ! Les actes individuels pèsent peu dans l'ordre ou le désordre du monde, hélas ! Mais peut-être sont-ils plus faciles à circonscrire. |




