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| Myndie
11/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Ce texte, qui commence dans le gris du béton et de la routine pour finir dans le vert des « sentiers de travers » est à la fois une réflexion sensée sur la modernité et l'aberration urbaine et une invitation à l'évasion, le retour à une liberté sauvage. Il s'inscrit parfaitement dans le thème imposé « tant que le monde marche ».
Bien vue, la répétition du mont « cent » accentue l'impression de lourdeur et de « construction en série » qui dénature les villes. La contrainte afférente aux chaussures est également bien interprétée : « souliers d'acier »( rigidité industrielle, pas pesant de l'ouvrier), « souliers qui « baillent »de fatigue dès le matin, « pantoufles avachies », « pantoufles buissonnières » (qui refusent de rentrer dans le rang), « « je » « tu » nous « , chacun change de chaussures au fil du récit pour passer de l'aliénation à la liberté absolue. Les derniers paragraphes apportent un formidable souffle d'air frais. Par leur beauté suspendue, ils pansent la blessure de la modernité et réveillent la sensation oubliée de marcher pieds nus dans la rosée. «et nous voici pieds nus dans Babel abolie » «J’aime les saules aux branches souples qui, penchés sur le fleuve, apprennent du courant la patience de la caresse » . ces lignes sont magnifiques et offrent au texte une conclusion en apothéose. |
| Ornicar
13/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Encore un magnifique poème sur le thème imposé des souliers et/ou des pantoufles. Assez peu de participants à ce concours mais la qualité est au rendez-vous. Le choix au moment du vote risque d'être difficile...
Cette prose fourmille d'idées, d'images, de formules particulièrement poétiques, surtout dans sa deuxième partie, comme par exemple : "Les oiseaux se moquent des lignes sur nos cartes, les vents ne signent pas de bail, et jamais les flaques n’ont demandé de passeport aux nuages…" ou encore "J’aime les saules aux branches souples qui, penchés sur le fleuve, apprennent du courant la patience de la caresse". Car ce poème est en deux parties. Un versant sombre et sous emprise, celui des villes qui asphyxie nos vies, métro, boulot, dodo ("nos pas sans fin aux mêmes empreintes, des matins en souliers qui baillent aux soirées en pantoufles avachies") ; un versant lumineux, ouvert sur l'espace et tous ses possibles. Prisons "d'acier" et "de verre" d'un côté, "saules" et "perles de rosée" de l'autre. Ubac, adret. D'où le titre : "Versant libre". Toute la question est là : sur quel versant voulons nous cheminer nos vies ? Entre les deux, le narrateur marche sur un chemin de crête et exhorte le lecteur à renouer avec son enfance : "Chausseras-tu à nouveaux frais tes pantoufles d’enfant dans tes souliers à clous ?", comme un paradis perdu (de vue ?) qu'il serait urgent de retrouver en désertant l'univers concentrationnaire et productiviste des mégapoles ("Cent buildings de plus, alignés près de cent autres, tendant chacun leurs cent étages de progrès par cent fenêtres de rêve ! Et leurs câbles qui connectent, leurs tuyaux qui canalisent !"). Le retour vers l'enfance est envisagé ici comme un moyen de réenchanter le monde et nos vies. Là, la liberté reprend son envol, les "souliers d'acier" se font "ailés", les "pantoufles de verre" se font "buissonnières". Les sonorités se répondent et se font écho alors leurs univers respectifs sont à l'opposé l'un de l'autre. A cet instant, je me dis que j'ai bien de la chance d'avoir eu l'enfance que j'ai eue. Pour rien au monde , je ne voudrais l'échanger contre celle des enfants d'aujourd'hui... En ce qui me concerne, c'est un superbe texte au prolongements philosophiques et introspectifs insoupçonnés, servi par une écriture, non seulement fluide, mais aussi apaisante et comme apaisée. Même dans sa partie sombre, la première. Bravo ! Ornicar |
| LeChevalier
20/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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J'ai bien aimé ce texte, qui est presque tout entier traversé par un souffle souple (moi aussi, je fais une allitération). L'expression « mouvements dans voyage » m'a particulièrement plu, j'y vois les déplacements imposés par le travail dans les très grandes villes contemporaines. J'ai bien aimé le lien naturel entre les souliers d'acier et les pantoufles de verre, d'un côté, l'architecture contemporaine de l'autre.
Ce qui a terni mon plaisir de lecture, c'est le dernier paragraphe, surtout ces deux premières phrases auxquelles j'ai trouvé un côté affecté, comme si le texte voulait de montrer capable de bizarrerie. C'est une tentative de conclusion par la rupture, je pense, mais à mes yeux elle n'est pas réussie. |
| Passant75
20/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime un peu
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Opposer la ville à la nature, le progrès à l’enfance, les chaussures de labeur aux pieds nus ou la cacophonie de Babel au chant des oiseaux, peut être efficace émotionnellement, mais m’apparaît tout de même assez simpliste.
J’ai vraiment été séduit par la qualité de l’écriture, la richesse des images et la musicalité du texte. Si la première partie porte un regard juste et sans complaisance sur le monde contemporain, la seconde partie m’a laissé sur ma faim, il suffirait, à en croire l’auteur, de renouer avec l’enfance, la nature et les chemins de travers. Cette opposition entre un monde artificiel et une nature libératrice m’a paru presque enfantine. Si, comme je l’ai écrit, les images sont très belles, l’ensemble me paraît relever davantage de l’incantation poétique que d’une véritable réflexion. Pour conclure, je garde l’impression d’une écriture remarquable, mais d’un message superficiel et manichéen. |
| Mansoul
20/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Une dénonciation de l'obsession géométrique moderne, cartographique, qui d'un même geste rationalise les paysages, rigidifie le mouvement et segmente nos temporalités. L'écriture est intéressante, des images évocatrices ainsi que certaines tournures syntaxiques originales : "Jours et nuits vont sans nous leurs battements de paupières".
Un peu plus de réserve sur le dernier paragraphe, avec cette irruption d'un "je" aux "ô" lyrique dans un poème jusque-là globalement dépersonnalisé, ce qui lui allait en fait très bien, d'autant que ce "je" se fait discrètement moralisateur, par cet appel plus ou moins explicite au retour à l'état de nature (assimilé à l'enfance) qui ne me paraissait pas réellement nécessaire. Je pense que les constats poétiques des premiers paragraphes se suffisaient à eux-mêmes, que le lecteur n'avait pas forcément à se faire prendre la main pour se voir imposer une conclusion pratique (à la praticabilité selon moi douteuse de surcroît, du moins pas si évidente...). |
| BlaseSaintLuc
20/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Retrouver la poésie des espaces, dans un monde trop urbanisé, étouffant sous cent et cent vides de sens, de vies, barrant le vent.
Désillusion ou espoir ? La question est au cœur du texte. L’urbanisation massive, avec ses "cent buildings de plus, alignés près de cent autres", crée un univers étouffant, où les espaces vides (même végétalisés) ne suffisent pas à combler le manque de sens. Les "câbles qui connectent" et les "tuyaux qui canalisent" symbolisent une modernité qui enferme autant qu’elle relie. Pourtant… "Chausseras-tu à nouveaux frais tes pantoufles d’enfant dans tes souliers à clous ?" Cette interrogation introduit subtilement l’énoncé de la contrainte : et si la liberté consistait à réinventer notre rapport au monde, à superposer la légèreté de l’enfance (pantoufles) à la rigidité de l’âge adulte (souliers à clous) ? Et l’espoir ? Il réside peut-être dans les "saules aux branches souples, penchés sur le fleuve", qui "apprennent du courant la patience de la caresse". Espérons au moins qu’il reste un peu d’eau pour étancher notre soif de liberté. |





