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Poésie contemporaine
Cox : Ode à la paresse
 Publié le 31/07/16  -  14 commentaires  -  6822 caractères  -  153 lectures    Autres textes du même auteur

Oh,
Paresser…


Ode à la paresse



Chant premier : L'appel


I-Le soleil

Baigné du ciel d'Afrique où les nuages fument,
Je suis l'œil éternel qui darde et qui consume
Les terres craquées.
Garde-toi de me voir en dictateur hurlant
Qui se plaît à ployer sur le sable brûlant
Ton corps épuisé.

Allonge-toi, ami, et ne me maudis pas,
Ne bouge plus un muscle, non, ne fais plus un pas,
Goûte mes caresses.
Apaise un peu ton souffle et repose ton âme.
Écoute. Entends ma voix ; murmure qui déclame
L'ode à la paresse.


II-La liqueur

Dans ta gorge piquée de mes cent mille aiguilles
Chargées du doux venin dont les gouttes scintillent
En chassant tes peines,
Je m'écoule en chantant, je descends ton gosier
Et m'enfle pour emplir ton être tout entier
De chaleur sereine.

Bois encor doux ami, bois et ris, bois et rêve
À ces mondes boiteux où s'écoule la sève
Lourde de l'ivresse.
Dans l'oubli du réel, prête l'oreille aux rimes
Du chant de l'océan où ton esprit s'abîme :
L'ode à la paresse.


III-L'amante

Uniquement vêtue de l'éclat de mes perles
De sueur, je savoure un moment d'agonie
Et ton cœur est mien.
Or si mes yeux sont clos dans ma douce agonie,
Il ne dort pourtant pas, mon corps lourd d'infini,
Et tu le sais bien.

Mon ventre se souvient en gonflant sous ton bras
Du feu qu'il a nourri avec toi. Et nos draps
Coulent sur mes fesses.
Reste et couche tes yeux sur ma peau qui fleurit
En beauté langoureuse où tu verras écrite
L'ode à la paresse.



IV-Le travailleur

Je noie mon front froissé dans les froides études.
Dans les travaux des champs, je brise mes doigts rudes.
Je peine sans trêve.
Moi je crois au Travail, ce dieu sévère et pâle ;
Ma sueur vaut l'encens, mes prières sont râles.
Et je prie sans trêve !

Et lorsqu'un chant perdu m'arrive du dehors
Je ne peux me plonger dans ses profonds accords,
Non car le temps presse !
Pourtant, mon dos rompu, mon pauvre teint éteint,
Chantent mieux que quiconque un petit air mutin :
L'ode à la paresse.



Chant deuxième : L'ode


Brûlez passions ! Amours : déchirez, tourmentez !
Ô gouffres ! Ô brasiers ! Tornades délirantes !
Mais ce soir, restez loin, furieuses déités ;
Je choisis cette fois une plus douce amante.
Car l'âme sait se plaire hors de vos ouragans
Lorsqu'elle s'étend nue, tout offerte à l'Ennui,
Sans aucun autre but que flâner en voguant
Sur des lacs indolents dont l'onde calme luit.

Oh,
Paresser…

Mais vous dites Monsieur ? Travailler forge l'âme ?
Oh, quelle belle image ! Et quelle âme bien sûr
Qui, battue au marteau, ploie. Oh la brave lame !
Mais pensez-vous que rien n'est bon sans être dur ?
Et ne savez-vous voir sourire la vertu
Qu'aux lèvres boursouflées des plaies de vos martyrs ?
Gardez votre mérite ! En m'allongeant, têtu,
Je vous dis "peinez donc, mais laissez-moi dormir".
Oui, souffrez bons soldats, puisque l'on vous a dit
Qu'un Homme se mesure à l'aune de sa peine.
Et quant à vos marteaux, vieux forgerons maudits,
Plus d'un s'est fracassé sur ma langueur sereine.

Oh
Paresser,
Et…
Penser.

Dans la douce langueur, loin de la dure étude,
Loin des forges de feu, au creux du songe frais,
Loin des chemins en rond creusés par l'habitude
Mais dans les sentiers clairs et sinueux du Vrai :
C'est là que mon esprit se peut épanouir.
L'infinie Liberté pensant sans but ni rime
Relie la terre aux cieux par un pont en soupirs
Et tantôt flotte aux nues, tantôt plonge en l'abîme.
Car c'est en paressant que l'Homme se connaît.
Il descend en lui-même, loin de la multitude ;
Les Heures sans collier, libres, désordonnées,
Le prenant par la main, guident sa solitude.
C'est alors qu'en sortant d'un chemin plein de brume
Que n'aurait jamais pris un promeneur sensé,
Il distingue au milieu d'un lourd brouillard qui fume
Un rayon éclatant, comme un éclair lancé
Du chaos primitif dont les univers naissent.
Ce qui flamboie ainsi, c'est une Idée Nouvelle,
Née dans ses profondeurs, trouvée dans sa paresse,
Miracle créateur qui ne doit rien au ciel !

Oh,
Paresser…

De quelque épée l'Histoire est toujours lacérée
Et de bataille en guerre, et de flèche en ogive,
Le long tapis de chair de l'Humain déchiré
Se donne en marque-page à nos sombres archives.
Mais il est un combat infiniment ancien
Qui déteste les cris et que la mort écœure :
La paresse affrontant le monstre Quotidien
Qui vomit, monotone, deux cents ordres à l'heure.
Tel Hercule insolent qui étrangle en bâillant
Deux serpents affolés dans ses doigts nonchalants,
Le flâneur emmêlé dans ses rêves conscients
Broie sous sa léthargie le dictateur hurlant.

Oh,
Paresser
Et…
Rêver.

On sent… un souffle vague enfler infiniment.
Lors, ne pouvant tenir tout l'infini du rêve
Qui l'emplit un peu plus à chaque bâillement,
Le corps lâche l'esprit qui doucement s'élève
Aux sommets rayonnants du firmament glacé,
Dans le séjour de tout ce qui est éternel.
Une blanche nuée de lumière tressée
Offre à l'âme un manteau de frissons irréels.
Et puis en s'étirant, vaste serpent des nues,
Et puis en s'envolant, il vous emmène voir
Lacs, volcans, pics, forêts, royaumes inconnus
Qu'il dépasse en glissant sur un rayon du soir.
Il s'arrête sans hâte et admire des cieux
Une banquise énorme et constellée des traces
Que laissent des renards dans leurs jeux facétieux.
Les observant de loin, un lion blanc se délasse ;
Seul, la tête perdue dans sa crinière immense,
Il pense. Et son repos, majestueux, auguste,
Est à peine troublé quand la glace en silence
Se découpe et libère un iceberg robuste.
Emporté sur ce bloc, le lion paisible bâille
Et voit sur son glacier tomber un rai de lune
Qui le sertit d'éclats, qui le sculpte et le taille.
Si bien que le grand fauve, hors des feux de la brune,
Émerge, trônant sur un Drakkar de cristal
Qui traverse les nues et que la brume enlève.
Pour capitaine un lion, l'aurore pour chenal
Et pour destination : les palais bleus du Rêve.

Oh…
Pa
res…
… ser…


 
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   LenineBosquet   
16/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour! C'est très long... Pour une ode à la paresse qui a dû en demander du boulot!
C'est néanmoins très bon, d'abord parce que je suis un vrai paresseux, donc j'adhère à votre propos, mais je salue aussi le travail, que dis-je, le labeur auquel vous vous êtes astreint pour aller au bout de ce poème.
La toute dernière longue strophe est très belle, ce voyage au pays des rêves, il y a juste la répétition de "brume" qui m'a un peu gêné.
Mais ce n'est que broutille.
Merci!

   Zoe-Pivers   
22/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Sacré travail pour une ode à la paresse !

Après 12h de boulot, je ne me sentais pas spécialement courageuse, et j'avoue m'être dit : Je ne vais pas arriver au bout... Mais si !
Et j'aime beaucoup.

Celui-ci je l'ai lu et relu, à voix haute tant il me plait de l'entendre :
" Sur des lacs indolents dont l'onde calme luit "

Ma préférence à moi est ici :
" Oh
Paresser,
Et…
Penser.
...
Oh,
Paresser…
...
le dictateur hurlant "

Mais j'aime le reste aussi, il y a partout des morceaux beaux à croquer :)

J'ai eu parfois quelques accrocs dans ma lecture, mais c'est parce que je ne mets pas le rythme ou la coupe au bon endroit. Ce n'est pas si facile que ça de lire juste en fait, j'ai des progrès à faire, aussi dans ce domaine.

Merci et bravo, c'est bien pensé, et bien servi, avec de belles images qui m'ont sortie des sentiers battus.

Zoé

   MissNeko   
31/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une ode à la paresse qui a demandé un sacré travail.
La lecture de votre poème est très agréable. J ai préféré la première partie,notamment l amante.
Un énorme travail que je salue.
Je vais de ce pas paresser. Vous m en avez donné l envie.

   Vincendix   
31/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Je ne suis pas adepte de la paresse, ne rien faire me fatigue et la lecture de ce texte m’a permis de m’occuper pendant quelques minutes, c’est un point positif.

Seulement je n’ai pas vibré d’un bout à l’autre, j’ai trouvé le début un peu ennuyeux et heureusement les trois dernières strophes compensent, rien qu’elles et j’aurais beaucoup apprécié ce texte.

   papipoete   
31/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Cox,
J'ai lu ce long propos et serais bien incapable d'en faire un résumé ; mais ne serait-ce que pour l'immense paresse qu'il vous fallut pour l'écrire, je vous salue bien bas pour la prouesse d'aligner des vers lumineux et si forts tels,
" or si mes yeux sont clos dans ma douce agonie,
il ne dort pourtant pas, mon corps lourd d'infini,
et tu le sais bien .
Qu'écrirez-vous le jour où vous tremperez votre plume au sujet de l'ardeur ?

   Sodome   
31/7/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Très beau, très bien construit.
Je ne sais pas réellement que dire de constructif, ce poème me semble complètement abouti.

   Anonyme   
1/8/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Bien écrit et amusant c’est certain…mais pour ma part ça m’a épuisé à lire…honnêtement j’ai pas tout lu..me suis senti m’endormir avant la fin…bon pour une ode à la paresse c’est un peu normal d’endormir…je ne sais pas…

Ce qui me semble ennuyeux dans votre poème, je l’avoue, c’est le ton suranné du style…bien que pas trop au fait de ce qui est actuel, et de ce qui ne l’est pas, et n’ayant pas vraiment d’à priori sur ces choses…ici je me suis dit…quel âge a le poète ? Au bas mot deux ou trois siècles…enfin il s’amuse toujours gaillardement, c’est plutôt à son crédit, pour le reste, désolé…désolé, et encore désolé, mais je n’accroche pas.

J’aurai pu ne pas vous commenter, d’ailleurs mon commentaire n’est pas très intéressant, j’avoue, mais la longueur de votre ode m’a interpellé.

A une autre fois, dans le futur peut-être, ou au moins le présent.

Cordialement

Corbivan

EDIT... on m'a fait remarqué que ce n'était pas si suranné que ça...alors j'ai relu...pris des notes, et j'en profites pour argumenter plus avant mon com.

Le texte est malin...ou intelligent si l'on préfère, profond même, mais voici un peu détaillé, sans compter les 'oh' et les Majuscules à certain noms communs...ce que je trouve vieillot dans le style, grosso modo :


"Chant premier"

"Allonge-toi, ami"

"Goûte mes caresses."

"qui déclame"

"Chargées du doux venin"

"En chassant tes peines,"

"Bois encor doux ami"

"À ces mondes boiteux"

"prête l'oreille aux rimes"

"ton esprit s'abîme"

"L'amante"

"Uniquement vêtue de l'éclat de mes perles
De sueur, je savoure un moment d'agonie
Et ton cœur est mien."

"dans ma douce agonie",

" mon corps lourd d'infini",

"couche tes yeux sur ma peau qui fleurit
En beauté langoureuse"

"mon front froissé dans les froides études".

"Je peine"

" au Travail, ce dieu sévère et pâle"

"ses profonds accords",

"mieux que quiconque un petit air mutin""

"Brûlez passions ! Amours : déchirez, tourmentez !
Ô gouffres ! Ô brasiers ! Tornades délirantes !
Mais ce soir, restez loin, furieuses déités"

"plus douce amante".

"Car l'âme sait se plaire hors de vos ouragans"

"tout offerte à l'Ennui",

"l'onde calme luit".

"Travailler forge l'âme ?
Oh, quelle belle image ! Et quelle âme bien sûr
Qui, battue au marteau, ploie. Oh la brave lame !"

"Mais pensez-vous que rien n'est bon sans être dur ?"

"Et ne savez-vous voir sourire la vertu"

"Qu'aux lèvres boursouflées des plaies de vos martyrs ?
Gardez votre mérite ! En m'allongeant, têtu,
Je vous dis "peinez donc, mais laissez-moi dormir".

"Oui, souffrez bons soldats, puisque l'on vous a dit
Qu'un Homme se mesure à l'aune de sa peine."

"vieux forgerons maudits",

"la douce langueur", "loin de la dure étude"

"des forges de feu, au creux du songe frais",

"es sentiers clairs et sinueux du Vrai ":

"mon esprit se peut épanouir".

"L'infinie Liberté" " un pont en soupirs"

"flotte aux nues, tantôt plonge en l'abîme"
.
" un promeneur sensé",

"une Idée Nouvelle",

"De quelque épée l'Histoire"

" le monstre Quotidien"

"Tel Hercule "

"Lors, ne pouvant tenir tout l'infini du rêve
Qui l'emplit un peu plus à chaque bâillement,
Le corps lâche l'esprit qui doucement s'élève
Aux sommets rayonnants du firmament glacé,"

"Dans le séjour"

"Une blanche nuée"

"manteau de frissons irréels."

" royaumes inconnus"

"Et son repos, majestueux, auguste",

"un rai de lune"

"Qui traverse les nues"

" du Rêve ".

En gros donc, si un mec me parle comme ça, je me dis soit qu'il est ouf, soit que c'est un académicien du temps jadis...sorti de sa boîte ressuscité...et je ne saurais point arguer par quel sortilège, ou quel miracle, ceci fut rendu possible, humble Mortel que je suis, mais pour moi ça sent un peu la Naphtaline, ce genre de Poème.

Toujours cordialement.

C.

   PIZZICATO   
31/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cette " ode à la paresse " vous permet l'analyse d'une multitude de situations et l'étendue de ce texte n'ôte en rien le plaisir de goûter à sa subtilité.

J'ai un faible pour le volet '' L'amante " et le sixième " Mais vous dites Monsieur ? Travailler forge l'âme ? ".... qui illustre le mieux, à mon avis, cette invitation à la paresse.

   Vincente   
1/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Cox,

Étonnant cette ode à la paresse !
J'ai longtemps été un faux paresseux, mais après un gros travail sur moi-même, je crois commencer à réussir à rendre vrai ce faux… Ceci pour vous dire que ce thème me touche particulièrement. Si bien que votre titre m'a, à la fois, attiré et effrayé, je craignais dans ce dernier cas tout au plus un énième exercice (de style, peu travaillé évidement...), au mieux l'énoncé de vérités risquant de perturber le travail sur moi-même en cours.

Vous auriez postulé dans la rubrique Nouvelles, la longueur apparente du texte ne m'aurait pas choqué de cette manière, mais dans le registre Poésie, pour ce thème, cette quantité de vers ne pouvait que m'intriguer. Premier étonnement !

Le fait de présenter cet essai en 2 chapitres était une très bonne idée. Chaque gorgée (chaque vers !) coulant de façon agréable par ses images recherchées, regroupée en 2 strophes de 6 vers par sous-chapitre, chacun agrémenté d'un titre explicite pour bien nous mâcher le travail de compréhension. Vous avez à l'évidence fait un bel effort pour emmener votre lecteur, que l'on pourrait presque qualifier d'auditeur tant l'ensemble se lit (se lie) tout seul. Deuxième étonnement !

J'ai beaucoup apprécié les multiples trouvailles de vos formulations. Le soleil parlant : "Je suis l’œil éternel qui darde et qui consume" ou "Uniquement vêtue de l'éclat de mes perles / De sueur, je savoure un moment d'agonie / Et ton cœur est mien." et encore "Moi je crois au Travail, ce dieu sévère et pâle / Ma sueur vaut de l'encens, mes prières sont râles." pour le premier chapitre. Mais le second recèle aussi quelques perles : "Sur des lacs indolents dont l'onde calme luit." ou "Et ne savez-vous ne voir sourire la vertu / Qu'aux lèvres boursouflées des plaies de vos martyrs" et puis ce clair "Oh / Paresser, / Et... / Penser" et enfin ce "Oh / Paresser, / Et... / Rêver.". Troisième étonnement !

Tout ceci ne serait rien sans la proposition énoncée dans et entre les lignes, où d'une relative lancinance du déroulement jaillissent les prises de conscience des chemins néfastes que nous empruntons à l'insu de nous-même, portés par des valeurs qui bien souvent nous dépassent. Quitte à prôner le dépassement, pourquoi ne pas l'exprimer dans le rêve comme vous le suggérez dans votre final, ou dans l'attention à d'autres valeurs essentielles ?. Je ne pensais pas trouver cette dimension dans votre poème, pas si long que ça en fait, la paresse sans l'ennui ! Quatrième étonnement !

   Pouet   
1/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bjr,

Un très bon texte.

Je ne vais relever que deux vers parmi mes préférés, les voici, très bien vu:

"Le long tapis de chair de l'Humain déchiré
Se donne en marque-page à nos sombres archives."

Sinon "la liqueur" est très bien aussi mais pas que, loin de là.

Le fond, oui bien sûr, la paresse méritait bien une ode.

Rien à dire de particulier, c'est bien écrit. Une répétition un peu rapprochée, "agonie" dans "l'amante" m'a un peu dérangé mais bon. Il y en a d'autres mais celle-ci m'a plus marqué.

Un texte de qualité.

Merci à vous.

   archibald   
1/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un aussi long labeur pour chanter la paresse, cela relève d'un paradoxe qui en a amusé plus d'un. A juste titre, et c'était une bonne idée. Ce texte prolixe possède des accents hugoliens. Pour cela, j'aurais pour ma part préféré davantage de naphtaline : la première partie en 12/12/5 m'a perturbé : j'aurais préféré un 12/12/6 plus classique. Même chose pour certaines rimes, élisions de "e" muets ou répétitions. Mais le fond du texte correspond "à mes valeurs", comme on dit.
A ce propos, on ne peut que penser au "Droit à la paresse" de Paul Lafargue, un ouvrage qui m'a beaucoup impressionné, en mon adolescence. Côté chanson, "La paresse" de Juliette (texte de Bernard Joyet), vaut le détour.

   JulieM   
3/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voici un thème souvent traité, en philosophie, en sociologie en..., et ici même en poésie ! Mais quel plaisir de la lire sous votre plume ! La paresse n'est pas l'ennui, le néant, au contraire. Votre ode rend compte splendidement de la complexité de la chose. Un vrai régal de sens (dans toutes les acceptions du termes), un voyage qui n'est absolument pas gratuit ni innocent.
Dommage cette répétition d'agonie, je m'y suis accrochée.

Merci de ce partage.

   Methos   
7/8/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce long poème traduit magnifiquement la libération intérieure, l'invitation au voyage et à l'imagination que seule la paresse peut donner !

Loin de nous abrutir dans une profonde lassitude, c'est la paresse qui élève notre âme vers les choses essentielles. Loin de la soumission au travail qui amène la fatigue morale et l'amertume, elle permet de développer notre joie de vivre, le fait de voir le monde avec le coeur.

Comme disait Robert Louis Stevenson dans "une apologie des oisifs", et comme vous le chantez si bien dans votre troisième paragraphe de la seconde partie, nous sortons par cette démarche de la lourdeur et du brouillard d'une vie fade. Nous sommes alors bercés par la contemplation de l'infinie beauté du monde, nous redécouvrant, renaissant à nous-mêmes !

Avide de créer toujours plus de richesses, on vante la valeur du travail comme unique source d'épanouissement. Dans notre société le travailleur n'est qu'un rouage auquel on offre du divertissement payant en compensation de ses efforts. Il faut travailler et consommer ensuite pour en oublier la douleur, l'argent réputé si indispensable ne servant qu'à combler la peine de cette torture quotidienne ! Voilà bien la gigantesque entourloupe du monde moderne ! Autant paresser et profiter des choses qui ne coûtent rien, comme les promenades dans la nature, ou converser avec ses amis. Et c'est tellement plus sain, plus enrichissant que l'amusement débilitant des plaisirs sophistiqués, solitaires, promis à l'esclave pour qu'il puisse décompresser suite à ses journées de labeur !

La paresse mérite ô combien l'éloge que vous lui faites, merci pour ce grand voyage ! Je m'en vais de ce pas le poursuivre grâce au terreau fertile de l'inactivité rédemptrice !

   hersen   
10/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Comme il fait très chaud, je me suis dit que lire "Ode à la paresse" tombait à pic !

Bien installée sur la terrasse, boisson fraîche à droite petite soucoupe pleine de framboises à gauche, je me lance donc dans ma lecture, projetant déjà ce qu'elle m'apportera de justification à ce moment oisif.

Las ! le texte est long et évoque quelquefois le travail, ça me donne mauvaise conscience...je balaie tout cela d'un geste de l'esprit...

Le texte est beau, juste, il me fait bien un peu travailler le cerveau mais je ne lui en veux pas pour autant, je ne le lis pas vite, pour ne pas me fatiguer inutilement, et c'est alors un contentement de ce moment paresseux.

la dernière strophe est absolument magnifique ! Elle m'emmène dans des contrées fabuleuses sans que j'aie le souci de lever le petit doigt, sans me soucier de passeport et de bagages. La poésie s'installe sur ma terrasse, sans effort aucun, tandis que moi, je n'y suis déjà plus, je suis avec un lion blanc magnifique qui m'ouvre la voie.

j'ai remis le commentaire au lendemain, bien sûr, je ne voulais pas casser l'effet. Et puis j'avais mangé toutes les framboises. Il fallait bien que j'aille en cueillir d'autres si j'en voulais encore puisqu'elles ne tombent pas toutes seules dans la soucoupe...Gros soupir...

merci de cette lecture.


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