Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie néo-classique
Curwwod : Héloïse [Sélection GL]
 Publié le 08/09/16  -  19 commentaires  -  1487 caractères  -  298 lectures    Autres textes du même auteur

La légende affirme que lors de l'inhumation d'Héloïse au tombeau de son époux Abélard, le corps de ce dernier ouvrit les bras pour la recevoir…


Héloïse [Sélection GL]



De grâce, ouvre les bras, mon époux, mon amant !
Ouvre tout grand ces bras qui m'ont jadis étreinte !
Voilà que je franchis sans vergogne et sans crainte
Le seuil de ce tombeau où nous irons dormant !

Le voici, délivré du voile monastique,
Mon corps que tu aimas tant et tant chevaucher,
Que tu auras conduit vers le fleuve épanché
Du désir assouvi et du songe extatique.

Là, tu vins moissonner l'éclat de ma blondeur,
En mon courtil, tresser mes roses en couronne
Et de gestes lascifs – que le Ciel me pardonne –
Comme un flot insolent, contraindre ma pudeur.

Ce que tu m'auras pris, vois-tu, je te le donne :
Ma liberté d'aimer, de rire au jour naissant.
Le silence et l'oubli n'ont pas glacé le sang
Qui roule sous l'habit funèbre de la nonne.

Partout je t'ai cherché au gré de mon exil,
Aux branches de la croix, aux vitraux des églises,
Aux champs de fiers épis que l'ondée fertilise,
Sous l'hiver des frimas et les douceurs d'avril.

Ton souffle sur mon cou fut celui de la brise,
Qui le soir vient mêler les parfums au jardin,
Et tes mains sur ma peau, le rayon qui soudain
Sait consoler le cœur de la froide aube grise.

Voici venu le temps d'ouvrir tes bras aimants
Pour accueillir ce corps dont Dieu a reçu l'âme,
Puisqu'il sait que jamais ne s'éteindra la flamme
Qu'il inscrivit jadis au blason des amants…


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Anonyme   
27/8/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir,

Un poème d'amour éternel d'une grande beauté ! Héloïse devait être belle pour que son époux lui tende encore les bras par-delà la mort...

J'aime cette légende ou l'amour est plus fort que tout, jusqu'à s'affranchir de l'espace... et du temps.

Bien à vous,

Wall-E

   socque   
28/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je trouve le ton de ce poème très approprié au sujet médiéval : le langage soutenu, l'exaltation amoureuse solennelle, sont bien à leur place. J'apprécie aussi que la première et la dernière rime soit "amant(s)".

On est davantage dans l'amour romantique que courtois me semble-t-il, avec "moissonner ma blondeur", "flot insolent", "contraindre ma pudeur". "L'hiver des frimas et les douceurs d'avril", intemporels, me ramènent au Moyen Âge, ainsi que la religiosité qui sous-tend tout le texte.

Sur un sujet qui à la base ne me passionne pas, vous parvenez à me retenir par ce récit où se mêlent avec bonheur l'amour et la mort, comme dans les danses macabres au temps de la Grande peste.

   Johannes   
28/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une poésie classique sur un sujet classique.
A titre strictement personnel, ce n'est pas ma tasse de thé quand il s'agit de poésie contemporaine, ça me semble un peu du "réchauffé", comme les compositeur qui écrivent encore aujourd’hui de la musique selon les canons de l'époque romantique. Mais ceci est mon problème et non celui de l'auteur.
Je reconnais que c'est très bien écrit, et que le développement des idées est parfaitement cohérent.

   papipoete   
28/8/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
néo-classique
Après ta mort, je pris le voile de nonne pour le reste de mes jours sans toi . Je t'imaginais partout, là sur une croix, ici au milieu de champs de fiers épis . Et je me rappelle de toi, tes mains, ô mon cher amant qui me prit, qui m'apprit sous des gestes lascifs les plaisirs charnels .
Aujourd'hui, nos corps vont se rejoindre en ce tombeau pour l'éternité alors que Dieu en a pris l'âme ...
Magnifique ! Que j'aime le français lorsqu'il est écrit de la sorte ! Suranné diront certains, mais le beau n'a pas d'âge .
Je ne peux relever de vers particuliers, sinon je devrais recopier le texte entier ; mais " là, tu vins moissonner l'éclat de ma blondeur,
en mon courtil, tresser mes roses en couronne " en est un bel exemple ! Qui êtes-vous donc pour me transporter ainsi ?
NB les hiatus se font oublier au long d'un si/ardent poème ! Je mets la note maximum pour que votre oeuvre ne tombe point à la trappe !
papipoète

   Hananke   
8/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour.

Bizarre, on vient de me réponde sur mon texte : L'imagination
que la rime âme/flamme n'était pas admise même en néo ???

"En effet Hananke, Flamme et âme ont un son a différent selon le Littré."

Dans ce beau poème d'amour, le bon et le moins bon se côtoie :

Le premier quatrain est très beau et le deuxiéme vraiment convenu
avec ses hiatus et son second vers pas joli du tout.

La suite est de très bonne facture avec cette moisson de la blondeur, aux champs des fiers épis ou la brise du cou
pour ne citer que ces passages de vers.

   Vincendix   
8/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un légende éternelle et tragique évoquée avec justesse et une certaine élégance, mis à part le deuxième vers du deuxième quatrain. Mais beaucoup d’autres vers compensent cette faute vénielle et l’ensemble est plaisant à lire.
J’aime particulièrement l’avant-dernier quatrain qui résume les sentiments profonds de ces deux amants qui ont bravé les convenances de l’époque.

   PIZZICATO   
8/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Cette passion hors du commun est narrée ici avec finesse et élégance dans le langage.
" Voici venu le temps d'ouvrir tes bras aimants
Pour accueillir ce corps dont Dieu a reçu l'âme,
Puisqu'il sait que jamais ne s'éteindra la flamme
Qu'il inscrivit jadis au blason des amants… " Un beau quatrain final dicté par la légende.

   Anonyme   
8/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quel dommage d'avoir fait rimer chevaucher/épanché; églises/fertilise; âme/flamme. Trois hiatus gênent la lecture : tombeau/où... Tu/ aimas.... cherché/au
.....................Tu/auras

Que tu daignas conduire au fleuve s'épancher
............................. aux vitraux de l'église
............................ ce corps que Dieu réclame

Hormis ces détails, je le trouve superbe car j'ai "entendu" un cri d'amour et le soulagement lors de retrouvailles imminentes . Tout le discours s'enchaîne à merveille.
A.

   MissNeko   
8/9/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Je suis une grande fan de votre plume et là encore une fois je tombe en pâmoison pour vos vers.
Un sublime poème sur un amour légendaire et éternel.
Bravo

   plumette   
8/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
je suis entrée lentement dans ce poème et je me suis emballée dans les trois dernières strophes qui disent tellement bien la passion d'Héloïse pour Abélard.
Comment ne pas quitter l'absent et ressentir dans son corps sa présence, par delà la mort, à travers les émotions que procure l'art ou la nature.

un très beau poème ou la forme néo-classique convient bien à cet évocation d'un amour interdit et emblématique.

A vous relire sûrement

Plumette

   leni   
8/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
ce poème a la force de l'âme

ce quatrain que je n'attendais pas m'a surpris

e que tu m'auras pris, vois-tu, je te le donne :
Ma liberté d'aimer, de rire au jour naissant.
Le silence et l'oubli n'ont pas glacé le sang
Qui roule sous l'habit funèbre de la nonne.

ce second quatrain est également un collier de perles


Ton souffle sur mon cou fut celui de la brise,
Qui le soir vient mêler les parfums au jardin,
Et tes mains sur ma peau, le rayon qui soudain
Sait consoler le cœur de la froide aube grise.


jesuis admiratif devant ce texte qui m'épate il est lisse simple il a une unité rédactionnelle

merci pour m'avoir amené à flirter avec tant de beauté

mes respects et amitiés Leni

   Cristale   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Curwwod,

Le charme de votre écriture est toujours aussi puissant. J'en aime le romantisme, la douceur, l'onirisme, la musique. Tout semble flotter au-dessus de tout. Le discours est fluide, riche, prégnant.

Aujourd'hui, ma rigueur personnelle fait que je trouve dommage les petites poses oisives de votre plume laissant la porte ouverte à quelques défauts regrettables pourtant visibles et facilement réparables vu la qualité et le haut niveau de votre poésie.

Mais, j'aime trop votre encre pour vous en tenir rigueur, quoi que je trouve cela dommage. Il fallait que je vous le dise, avec tout mon respect, comme je vous dis que j'ai été touchée par cette "Héloïse", qui s'exprime joliment sous votre plume, et le tragique destin de ses amours dont Abélard fut puni de la pire et la plus cruelle des façons qui soit pour un homme.

Je n'ai pas retenu ma critique et j'espère que l'auteur affirmé que vous êtes la comprendra.

Bien sincèrement,
Cristale

   Vincente   
10/9/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Bonjour Curwood,

Ce genre de légende qui se joue de la morbidité situationnelle ne m'attire pas particulièrement, mais j'espérais que la souplesse de votre plume saurait en étirer le sens au point de faire saillir les sentiments de vos amants. Entre les deux bras qui sont début et fin de votre poème, une belle suite de délicatesses se sont inspirées des souvenirs de vos amants, originales et séduisantes. Pour tenter de limiter mes citations, voici mes préférées :

"Le voici, délivré du voile monastique,
Mon corps que tu aimas tant et tant chevaucher,
Que tu auras conduit vers le fleuve épanché
Du désir assouvi et du songe extatique." On y voit même un petit sourire qui est bien plaisant !
Et
"Le silence et l'oubli n'ont pas glacé le sang
Qui roule sous l'habit funèbre de la nonne." Et toujours ce petit sourire...
Et enfin :
"Ton souffle sur mon cou fut celui de la brise,
Qui le soir vient mêler les parfums au jardin,"
Quelle grâce !

Merci pour cette très plaisante facture.

   Alcirion   
10/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Curwwod,

Avec moi ça marche à tous les coups. J'ai senti dans ce texte une volonté épique, ça va vite, ça virevolte dans un style soutenu qui me fait penser au dix-neuvième siècle, à l'ultra-romantisme.

Techniquement parlant, c'est toujours très haut niveau, la phrase est limpide, claire, il y a un souci permanent de l'euphonie qui fait merveilleusement couler cette façon de faire d'un autre siècle.

   jfmoods   
10/9/2016
Ce poème est composé de sept quatrains en alexandrins, à rimes embrassées, suffisantes ou riches, égalitairement réparties entre masculines et féminines.

Le propos, pris en charge par la femme, est empreint d'une expressivité qui épouse agréablement le thème amoureux développé ici (impératif : "ouvre" x 2, présentatifs : "Voilà que je franchis", "Le voici... / Mon corps", "Voici venu le temps", complément de lieu : "là", adjectifs démonstratifs : "ces bras", "ce tombeau", "ce corps", marqueur d'intensité : "tant et tant", points d'exclamation, tirets, deux-points, points de suspension). Les champs lexicaux de l'eau ("fleuve", "flot", "ondée") et de la récolte abondante ("moissonner", "blondeur", "fiers épis", "fertilise") irriguent la lecture, appuyant sur la sensualité riche des amants. Au fil du poème, un certain nombre de figures de style s'invitent à la noce pour manifester la solidité indéfectible du lien amoureux (antithèse : "Du désir assouvi et du songe extatique", allégorie : "Le silence et l'oubli n'ont pas glacé le sang", énumération : "je t'ai cherché au gré de mon exil / Aux branches de la croix, aux vitraux des églises / Aux champs...", "Sous l'hiver des frimas et les douceurs d'avril", métaphores : "ton souffle... la brise", "tes mains... le rayon", personnifications : "Sait consoler le coeur de la froide aube grise", métonymie : "tes bras aimants"). Deux marqueurs spatiaux et temporels ("Partout", "jamais") avalisent la force d'une relation amoureuse qui aura marqué l'Histoire.

Merci pour ce partage !

   Curwwod   
10/9/2016

   Anonyme   
10/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Curwwod et merci pour ce très beau poème intemporel !
Comme d'habitude je regrette juste quelques hiatus évitables mais c'est votre choix et je le respecte...
C'est toujours un plaisir de vous lire...

   Anonyme   
14/9/2016
Bonjour Curwwood

J’arrive bien tard pour commenter votre plume éblouissante.
Un amour impossible, interdit mais éternel. Votre bouquet de poésie me fait penser à la saga « Les oiseaux se cachent pour mourir ». Il serait facile de le voir comme une suite logique au départ du Cardinal.
Je reste en extase face à votre talent.

   Ora   
6/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Votre poème est si parfait à mes yeux que je ne sais pas quoi en dire. Au niveau technique, rien, ça n'est pas mon domaine. C'est mon coeur qui m'indique s'il y a là une réussite. Et mon coeur est impressionné! :)
Vos mots évoquent une pièce de théâtre, de grands héros, de terribles tourments… et il y a ce voile de beauté qui donne au tout une saveur délicieuse. Merci et bravo :)


Oniris Copyright © 2007-2019