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Poésie classique
Vincendix : Le port de l’oubli
 Publié le 09/09/16  -  23 commentaires  -  1030 caractères  -  479 lectures    Autres textes du même auteur

Un port abandonné quelque part dans le monde.


Le port de l’oubli



Dans ce port oublié, pleure le temps qui passe,
En grignotant l’acier des cargos engourdis,
Le ponton délabré tout doucement trépasse,
Sous les coups de boutoir de rouleaux alourdis.

Les quais meurent d’ennui balafrés de crevasses,
Recouverts de guano laissé par les oiseaux,
Les portiques rouillés étirent leurs carcasses
Au-dessus des bassins où croupissent les eaux.

Des enfants égarés ne cherchent plus la route,
Fouillant dans les bateaux d’inutiles objets,
Beaucoup dorment le soir tout au fond d’une soute,
Vivant d’expédients, ils n’ont aucuns projets.

Sous un tas de gravats, la capitainerie
Implore le pardon des marins disparus,
Le grand portail en fer et sa machinerie
N’ont plus le souvenir des chemins parcourus.

Dans ce port délaissé à l’autre bout du monde,
Les hangars sont figés dans un profond sommeil,
Le jour traîne son leurre et la nuit vagabonde,
Dans un triste décor brûlé par le soleil.


 
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   Johannes   
24/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Il s'agit d'un poème soigné, bien écrit, d'où se dégage un sentiment de grande mélancolie.
Tout ici respire une ambiance de déclin, d'abandon, d'irrémédiable décadence. Seul un détail m'a semblé incongru : la capitainerie qui implorerait le pardon des marins disparus. Il me semble que nous quittons ici le réalisme glauque qui empreint le reste du poème.
Mais j'ai apprécié cette lecture et je vous en remercie.

   Robot   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une belle écriture pour un poème réaliste dans ses descriptions. Le 4ème quatrain est celui qui me plaît le plus, car il sort de la pure description et s'aventure dans la réflexion.

   PIZZICATO   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un port est l'endroit si vivant habituellement.
Celui-ci a sombré dans l'oubli et presque dans la désolation très bien rendus par des images adaptées.
" Les quais meurent d’ennui balafrés de crevasses,"
" Au-dessus des bassins où croupissent les eaux."
" Le jour traîne son leurre "

   Hananke   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

C'est un bon texte classique avec des alexandrins peut-être
un peu compassés et monotones : c'est ce de quoi je parlais
dans mon dernier post sur la monotonie roborative des alex...

Il me manque également une réflexion plus profonde après
cette belle description de ce port oublié.

Quelques remarques : j'aurais mis : des rouleaux alourdis
ce tout au fond ne me sied guère

Au final, un texte qui se lit avec plaisir mais que j'aurais aimé
plus approfondis.

   plumette   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Vincendix

une belle évocation,
tout respire l'abandon dans ce poème de la désolation.

ma strophe péférée est la seconde pour les quais balafrés de crevasses et la carcasse des portiques.

une lecture dépaysante,

merci de ce partage

Plumette

   Lulu   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Vincendix,

j'ai beaucoup aimé lire ce poème qui a le mérite de laisser une trace de ce "port de l'oubli". Je l'ai trouvé très visuel, avec des images joliment accentuées par le bercement des rimes que j'ai trouvé simple et beau.

Tous mes encouragements.

   Rain   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
rouleaux alourdis : dur à l'oreille. EX : flots, ressac en arrangeant le texte pour le pluriel "alourdis".
Sans aucunS projetS... EX réels projets
chemins parcourus : Risques (ou dangers) encourus ou bien les trafic accrus.

Bien décrit mais manque l'expression de l'âme du poète.
Rimes faciles, usées. : sommeil/soleil.
Dommage, un certain style.

   Annick   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une belle description qui donne véritablement à voir et à ressentir. Tout un champ lexical "industriel" : ce port, l’acier des cargos, le ponton, Les portiques... associés à des mots qui expriment l'abandon : oublié, le temps qui passe, délabré, trépasse, balafrés de crevasses, rouillés, carcasses, croupissent...
Bravo !

   MissNeko   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quelle belle description ! Vos vers sont si riches en détails que j ai imaginé très facilement la scène.
J ai beaucoup aimé votre poème. Un très agréable moment de lecture où on sent une plume inspirée et maîtrisée.

   Anonyme   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé les images que vous proposez de votre port abandonné. Il y a énormément de nostalgie dans tout ça.
Ces bateaux rouillés, délaissés au gré des vagues et du temps, avec tout autour l'économie qui s'est arrêté avec eux, car plus rien pour alimenté la machine, avec ces fantômes qui errent à travers les carcasses d'acier, premières victimes ayant certainement perdues leur travail de marin.
Le rythme de vos vers sont harmonieux, et c'est un délice de les lire, car il n'y a aucun effort à faire, tant la simplicité de votre écriture sublime l'histoire qui en découle.
Je pense que c'est cela qui fait la force d'un écrit, la simplicité, et c'est plus compliqué à faire qu'il n'y paraît, en tous cas, vous avez su le faire de très belle manière.

   FABIO   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
j'entends d'ici la complainte de ces vieux cargos,
de cet endroit lugubre et chargé d'histoires de voyages, mortes au bout d'un port. Des fantômes marins.
magnifique vers, encore un texte ou le talent de l'auteur et sa justesse des images nous transporte.

de la très bonne poésie.

   Anonyme   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Vincent... Ce port à l'abandon est bien décrit au fil des quatrains. L'ambiance y est parfaitement rendue entre ces épaves livrées à la rouille, les quais balafrés, etc.
Ca m'a fait penser à quelque ancien port soviétique sur la Mer Noire, là où leurs sous-marins nucléaires finissent leur vie... sans trop que je sache pourquoi ! Peut-être un vieux reportage sur Odessa ?
Un bon poème qui pourrait sans doute bénéficier de quelques légères améliorations mais la perfection n'étant pas de ce monde...
Merci !

   jfmoods   
10/9/2016
Poème de cinq quatrains en alexandrins, à rimes croisées, suffisantes ou riches, égalitairement réparties entre masculines et féminines.

Je ne comprends pas la présence d'une virgule à l'hémistiche du vers 1 et à la fin des vers 3 et 19. J'aurais mis une virgule à l'hémistiche du vers 5 et deux points à celui du vers 12.

Je reste circonspect sur ce pluriel...

"aucuns projets"

Il ne me semble pas correspondre aux situations exposées sur cette page...

-> http://amourdelalanguefrancaise.blogspirit.com/archive/2011/02/15/aucun-aucune-aucuns-aucunes-d-aucuns.html

Assez disséminée sur l'ensemble du poème, l'assonance en "ou" (20 occurrences en comptant le titre) envahit littéralement le vers 4 ("Sous les coups de boutoir de rouleaux alourdis"), matérialisant une complainte obsédante. Au fil des trois premières strophes, le regard se resserre vers l'enjeu central du poème ("ce port", "les quais", "les portiques", "Au-dessus des bassins", "dans les bateaux", "au fond d'une soute"), avant de s'élargir à nouveau ("la capitainerie", "Le grand portail en fer et sa machinerie", "ce port", "les hangars"). Un jeu de personnifications jalonne le texte, avalisant l'image prégnante d'un mouroir à ciel ouvert ("engourdis", "trépasse", "meurent d’ennui balafrés de crevasses", "étirent leurs carcasses", "Implore le pardon", "n'ont plus le souvenir", "sont figés dans un profond sommeil").

Merci pour ce partage !

   Vincente   
11/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Vincent,

S'attaquer à ce thème est une généreuse intention et il faut une sensibilité éveillée pour en percevoir tout le chargé. Votre poème ne jette pas un regard touristique sur l'agonie du lieu, il entre en communion avec les âmes que la vie a placées là. Ce pourrait être une morne description, vous en faites une touchante évocation.
Sur la forme, j'ai été moins conquis, elle me paraît un peu terne, mais vu qu'elle engendre une impression de litanie, peut-être était-ce une volonté affirmée de cadrer l'émotion dans ce registre.
Au plaisir de vous lire.

   Anonyme   
11/9/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Pour certains écrits, il me faut du temps, un besoin de ne pas en dire plus qu'il ne faut, car les mots ici imposent comme un silence presque religieux devant ce spectacle désolant, très bien décrit, je me suis alors remémoré certain reportage, qui m'avait troublé.

L''homme laisse ainsi derrière lui comme d'énormes verrues monstrueuses, sans regret, ni remords, négligemment, obligeant la nature à composer avec.

Vous m'avez "embarqué" dans l'émotion et dans la réflexion, je me suis plus attaché au fond, votre phrasé par sa juste simplicité est très expressif, vous avez su souligné par votre ressenti, ce sentiment d'abandon "cruel", sans vergogne que l'homme est capable d'avoir, sans se soucier ni des tenants, ni des aboutissants.

Je retiendrai cette strophe :

" Des enfants égarés ne cherchent plus la route,
Fouillant dans les bateaux d’inutiles objets,
Beaucoup dorment le soir tout au fond d’une soute,
Vivant d’expédients, ils n’ont aucuns projets. "

Je crois que là vous avez tout dit ... de ce qu'il faut retenir à l'avenir.

   leni   
11/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Tristesse mélancolie exprimées dans une description exemplaire
Une écriture qui privilégie les images

ce quatrain est superbe d'équilibre et de sonorité


Les quais meurent d’ennui balafrés de crevasses,
Recouverts de guano laissé par les oiseaux,
Les portiques rouillés étirent leurs carcasses
Au-dessus des bassins où croupissent les eaux

j'ajoute ce deux vers qui me plaisent beaucoup

MERCI et GRAND BRAVO
MON SALUT très cordial Leni

   Vincendix   
11/9/2016

   Curwwod   
12/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai bien aimé cette façon de créer une ambiance, un climat d'abandon, de désolation avec comme une espèce de détachement. Avec justesse, rien ne vit dans ce poème en dépit des personnifications qui prêtent une pensée, des sensations à ces lieux et à ces objets abandonnés à leur ruine, hormis les ombres fantômatique des enfants "égarés". Est-ce une expérience vécue ou une évocation de situations qu'on pourrait rapprocher de celle des enfant des favelas? Au fond, leur présence prend elle le pas sur l'atmosphère de désolation qui baigne ces lieux ? Cette façon d'évoquer une forme lancinante de désespoir m'évoque Jules Laforgue.

   Proseuse   
12/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir !

Atmosphère "ferrailleuse" d' un présent qui grince et se plaint !J' aime beaucoup votre poème qui nous rend la mémoire d' un lieu qui imperceptiblement et irrémédiablement sombre dans .. l' oubli !
Merci du partage

   papipoete   
15/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Vincendix,
Dans ce port, cargos et paquebots se touchent, s'imbriquent outrageusement les uns dans les autres . La rouille a vaincu la cuirasse de l'un, et déshonoré la splendeur de l'autre .
Cependant, au creux de leurs entrailles, des enfants cherchent d'inutiles objets pour nous, trésors pour eux à vendre quelques roupies . Caverne d'Ali Baba qu'ils s'approprient jusqu'à la plus basse soute, protégeant ainsi leur gagne-pain ;
Comme au fond de l'Atlantique où gît le Titanic, le port s'est figé pour l'éternité ...
J'étais à vos côtés lors de cette visite et j'ai ressenti vos impressions, la tristesse de l'endroit .

   Anonyme   
16/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème très visuel évoquant ces ports abandonnés et désolés mais peut-être pas forcément dénués de charme. Je ne parle pas bien sûr de la misère qui peut hanter ces lieux et dont il est fait mention ici.
Il y a une grande justesse dans la description et la rime n'est jamais forcée.
On entendrait presque les clapotis, les grincements et les cris des oiseaux marins.

   Donaldo75   
5/10/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Vincendix,

Je viens de me rendre compte que je n'avais pas commenté ce poème que j'ai pourtant vraiment apprécié.

Tout est là, pourtant:
* Des alexandrins bien fermes sur leurs pieds;
* Du rythme;
* De la musicalité;
* Des images fortes, presque cinématographiques, un peu comme ces vieux films français des années trente, ceux de Marcel Carné, de Jean Renoir et de Julien Duvivier;
* Une vraie humanité.

Un régal !
Merci pour le moment de grâce.

Donald

   luciole   
11/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Vincent,

Un joli poème d'atmosphère. Le quatrième vers est très parlant.
Le tout est bien dessiné. Bravo.


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