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Poésie néo-classique
Curwwod : Lady Godiva
 Publié le 24/03/21  -  14 commentaires  -  815 caractères  -  240 lectures    Autres textes du même auteur

Trois triolets continus.
Un beau corps sans doute, une belle âme assurément.


Lady Godiva



Lady Godiva est passée,
Gardons la fenêtre bien close,
Plaignant sa pudeur offensée,
Lady Godiva est passée.
Sur sa monture bien houssée,
Nue elle va plaider sa cause
Lady Godiva est passée.
Gardons la fenêtre bien close !

Elle va nue, âme blessée
Dans le petit matin morose.
Par nos rues, à l'aube glacée,
Elle va nue, âme blessée.
Gardons la paupière baissée
Et que nul regard ne s'y pose :
Elle va nue, âme blessée
Dans le petit matin morose.

Regard fier et tête haussée,
Telle une fleur à peine éclose,
Elle va, natte détressée,
Regard fier et tête haussée.
Perdue au fond de sa pensée,
Elle chevauche blonde et rose,
Regard fier et tête haussée,
Telle une fleur à peine éclose.


 
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   socque   
11/3/2021
 a aimé ce texte 
Bien
J'avais déjà je crois entendu ce nom mais ne connaissais pas du tout la légende ! Merci de me l'avoir fait découvrir. J'apprécie le sujet original et trouve que vous le déclinez bien : rimes uniformément féminines, ce qui centre le propos sur l'héroïne, reprises obstinées de vers, ce qui illustre pour moi l'obsession supposée de Lady Godiva pour sa cause.
À mon avis, donc, un poème intéressant. Les octosyllabes coulent bien, leur rythme fluide accentue l'effet de ritournelle. Bémol selon moi : une mécanique peut-être trop bien huilée, justement, pour un sujet tout de même grinçant...

   Donaldo75   
13/3/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Je suis allé chercher sur Internet des informations sur cette lady Godiva et j’ai trouvé un site où le tableau de Jules Lefebvre et l’histoire de la dame sont exposés : https://mythologica.fr/medieval/godiva.htm. De ce fait, je comprends mieux le poème qui serait resté lointain sans connaitre cette histoire. Je le trouve bien composé dans ce cadre, même s’il ressemble quand même pas mal à un exercice de style, du genre proposé dans les ateliers d’écriture poétique. Peut-être ai-je tort mais c’est mon ressenti, au-delà du choix du sujet. Ceci dit, ce n'est pas une critique, juste un ressenti.

   myndie   
24/3/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Curwwod,

Evoquer poétiquement la légende de Lady Godiva, voilà une initiative qui me plaît bien. Votre joli poème en forme de triolets bien construits me renvoie évidemment au somptueux tableau de Jules Lefebvre que j’ai eu la chance d’admirer au musée d’Amiens. Sans doute ce dernier est-il aussi à l’origine de votre inspiration ? Dans ce cas, vous le savez, pour moi la poésie qui s’associe à la peinture est un vrai bonheur de lecture.

J’avoue cependant que la comparaison met un peu à mal le portrait que vos vers nous brossent de Lady Godiva.
Il m’est ainsi bien difficile de me figurer cette jeune femme chevauchant nue, « blonde et rose » alors que celle du tableau, d’une blancheur intense et néanmoins délicate, n’est que lumière, elle EST la seule lumière du tableau, qui tranche avec la noirceur des ruelles traversées. Elle n'est pas rose, elle est pure tout simplement, comme en témoigne s'il en était besoin, la présence de colombes auprès d'elle.

Par ailleurs, l’expression de son visage, telle que décrite par les v 17, 20 et 23, ne reflète en rien ce que je ressens : nulle fierté mais au contraire une douleur muette, inhérente à l’acte sacrificiel qu’elle accomplit et semblable au gémissement retenu d’une suppliciée.
Comme je l’ai dit plus haut, votre poème est réussi par le choix du thème et le soin mis à l'écriture, et je savais qu’en venant vous lire, je rencontrerais l’excellence.

Seulement voilà, quelque part, le bât blesse : je me rends compte que c’est le tableau plutôt que le texte, que je commente au final.
Certes, votre poème contient tout ce qui caractérise votre plume, votre style, vos vers qui se lisent avec une facilité indéniable, mais derrière cette poésie techniquement belle, il y a un manque d’émotion évident. J’aurais aimé y retrouver la formidable beauté poétique, la force lumineuse et toute la grâce qui explosent dans le tableau. Tout ce qui a pu m’emporter, me fasciner.
Pas de frissons pour moi cette fois-ci mais j’ai trouvé quand même du charme à l’ensemble.


myndie

   pieralun   
24/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Octosyllabes sur un fait ou une légende.
Elle a inspiré beaucoup de peintres et elle vous a inspiré Curwood.

Très très joli texte, très doux.
On y perçoit le pas lent du cheval, le sentiment de pudeur que la nudité offerte à tous les yeux doit induire.
On y perçoit la beauté plastique de Lady ainsi que la beauté dans l’attitude de la femme et de sa monture.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai pensé au texte de Rimbaud sur Ophelia...je crois au risque de me tromper.

   Zeste   
24/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Monsieur le comte, la paupière ouverte , l’œil et l’âme fermés. Le peuple pudeur, n'ouvrit que son cœur, sauf un hardi voyeur ! Il devint sur le champ du nombre des aveugles…
Très belle poésie à la hauteur de la légende.
Bien sûr jusqu'à cet instant j'étais ignorant de cette belle histoire.
Merci!!!!

   PlumeD   
24/3/2021
Modéré : Commentaire hors-charte (remise en cause des choix du comité éditorial).

   Robot   
24/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Amateur de légendes, de contes ou de fables quand elles sont écrites de manière plaisante je ne peux qu'apprécier cette histoire. J'en goûte la rédaction agréable et fluide. Je trouve que ce récit qui rapporte une aventure médiévale rejoint l'actualité de la lutte des femmes pour le respect et l'égalité.

   papipoete   
24/3/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour Curwwod
Une légende que " Lady Godiva ", évoque lors de sa traversée, nue parmi les rues de ce village, gage tenu pour que son Seigneur de mari, exonére ses habitants de sa chape d'impôts ... vraie ou pas vraie, cette histoire narre un " fait d'arme " sans tuer, de la part de cette femme si pieuse et pudique. N'est-t-il pas heureux de croire aux légendes ; rêver alors que la réalité nous bouleverse chaque jour aux J.T ?
NB elle va nue, n'ayant pour habit que sa longue chevelure, et sur son passage aux fenêtres closes, les paupières ébahies devant un tel courage, toutes sans hésitation se closent ! Découvrant qui fut cette femme, et ce qu'elle accepta de faire, je ne sais si elle put montrer ce visage si fièrement ?... un détail
Ce tableau dont je ne connaissais pas la trame, est éblouissant et biens des vers lui rendent grâce ; je ne puis en choisir tant chacun rutile plus que le précédent, mais moins que le suivant !
Techniquement, je ne puis critiquer l'agencement des vers, n'en connaissant pas l'architecture !
D'emblée, le hiatus de " Godiva/est " condamne la forme classique, mais ce néo-classique est superbe ainsi, et fièrement les octosyllabes servent leur maître de si belle façon !

   Edgard   
25/3/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Magnifique ! Tout d’abord j’ai appris quelque chose. Ça rappelle les « Femen ». Femmes courageuses, qui ont choisi une forme de revendication peu commune et non sans risques…mais votre Lady c’était bien avant, dans un contexte autrement plus difficile. Toute légende a une signification…il faudrait s’y pencher. Et le thème est absolument moderne.
La forme, en même temps légère et profonde m’enchante... guillerets ces octosyllabes ! Brassens aurait pu chanter ce poème. C’est en effet très musical, tout en disant des choses qui peuvent amener une réflexion. En tout cas thème et traitement sont très réussis.
Vous avez sans doute hésité (elle va nue, âme blessée » …elle va nue l’âme blessée.) Ce n’est évidemment pas tout à fait la même chose, et vous avez choisi ce petit risque.
Bravo. Ça change et c’est bien bon !

   emilia   
25/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Légende ou réalité, cette histoire est plaisamment contée dans une forme appropriée qui sied à l’époque évoquée, d’un genre grâcieux et musical, qu’un trouvère ou troubadour eût pu chanter accompagné de son luth, avec son refrain ritournelle lancinant… ; la gageure est de bien cibler les vers essentiels qui structurent ce récit autour du défi à relever pour cette noble dame : oser se montrer « nue » malgré la « pudeur offensée », « l’âme blessée » pour une cause d’importance qui peut permettre à l’héroïne d’avoir le « regard fier et la tête haussée » avec la reconnaissance et le respect de la population… ; une belle introduction qui invite à se documenter sur le personnage et incite à faire le rapprochement avec ce phénomène plus contemporain dont la belle dame pourrait être l’égérie, ces « femen » en effet, qui, de leur propre volonté, se mettent seins nus pour défendre leurs causes et les droits de la femme, de même que l’éclat récent réalisé lors de la cérémonie des Césars pour protester et plaider la cause des artistes mais sujet à controverse car, la « beauté » n’étant pas au rendez-vous, le « spectacle » a pu être jugé « indécent et vulgaire » pour certains…

   Myo   
25/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un sujet très original traité de la même manière.
Même s'il n'est que légende, un acte courageux posé par cette Lady à une époque où les femmes avait bien peu à dire et devait faire preuve d'ingéniosité et d'audace pour se faire entendre.
Merci de nous avoir fait découvrir cette belle histoire.

Un texte comme une ritournelle, une balade d'une autre époque.
Le choix de rimes uniquement féminines est-elle voulu ?
Un exploit en soi d'arriver à tout écrire sur 2 rimes.

Merci du partage
Myo

   Vincendix   
25/3/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Curwwod,
Très agréable à lire, cela ressemble à une chanson de troubadour.
J'ai cru à cette histoire, ne serait-ce que pour alimenter mes fantasmes d'ado, je pense qu'elle était autrement plus jolie que la pseudo-policière de série (ringarde) qui s'est mise à nue sur scène.
Vincent

   Quidonc   
31/3/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Comme toujours, une écriture soignée et des images bien choisie.
Hommage à la beauté d'âme qui a sacrifié son image pour le bien des démunis.
Que l'on adhère ou pas au fond, que l'on aime ou que l'on aime pas le thème, reste la beauté de l'écrit. C'est toujours un plaisir de vous lire.

Merci pour ce partage

   Curwwod   
2/4/2021


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