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Poésie contemporaine
Curwwod : Résignation
 Publié le 01/04/20  -  22 commentaires  -  1040 caractères  -  322 lectures    Autres textes du même auteur

Ecce homo.


Résignation



Le cours de notre vie est le rêve fugace,
Que suscite on ne sait quel hasardeux destin.
Dès le soir il défait ce qu'il fit le matin
Sans souci de laisser quelque durable trace.

Chaque aube est un présent qui nous laisse étonnés ;
On pense : « Un jour encor, que va-t-il contenir
Dont je puisse espérer garder un souvenir ? »
Et par-dessus l'épaule on compte ses années.

Tout ce qu'un jour il fut proclamé qu'on aimait,
La fugace beauté, la foi, la connaissance,
Jusqu'à l'enfant qui rit en sa prime innocence
Nous est sitôt repris, englouti à jamais.

Peut-on vivre serein quand cette absurdité
Chaque jour vient œuvrer à notre fin prochaine,
Quand on sait que la mort tient le bout de la chaîne,
Et que l'oubli de tout est déjà médité ?

Il n'est d'autre chemin que croire en l'avenir
Espérer, s'efforcer de tracer son sillon :
Un poème, un enfant, juste un trait de crayon,
Car à peine est-on né qu'on commence à mourir.


 
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   Lebarde   
12/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'homme n'est que de passage; " Car à peine est-on né qu'on commence à mourir".
La vie ne dépend que du hasard.
Rien n'est jamais acquis et immuable, tout est réversible.
Quel souvenir gardera-t'on de nous; quelles traces laissera-t'on ici bas;

Voilà bien quelques doctes phrases qui pourraient illustrer le sujet de ce poème:
"Le cours de notre vie, est le rêve fugace
Que suscite on ne sait quel hasardeux destin".

"Dès le soir il défait ce qu'il fit le matin".

"Quand on sait que la mort tient le bout de la chaîne."

Le thème est bien traité et abondamment approfondi et répété au fil des quatrains, souvent à l'excès mais avec de jolies formules, comme entre autres, celles citées précédemment.

Le lecteur ne peut que comprendre, mais rien de grave; le propos est simple, clairement exprimé dans une langue rigoureuse, élégante et coulée.
Bravo.

Ce texte aurait plus faire un très correct poème classique avec ses alexandrins bien équilibrés, sans les rimes étonnés/années ( toute petite faute si cela en est vraiment une) et les hiatus des vers 1 et 12.

Rien de sérieux en fait pour gâcher mon plaisir de lecteur.

Merci

En EL

Lebarde

   Gabrielle   
13/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une invitation à la méditation philosophique et au rapport existant à nos vies.

L'auteur(e), dans ce merveilleux texte, s'épanche et nous confie son sentiment face au côté absurde de l'existence, sentiment que l'on peut partager avec ce texte convaincant.

L'espérance semble être le seul recours afin de pouvoir "tracer son sillon".

Merci à l'auteur(e) pour ce partage qui est une invitation au questionnement sur des questions liées à la métaphysique.

Belle continuation.

   papipoete   
2/4/2020
bonjour Curwwod
Chaque jour est important, même si la fin de celui-ci vient ruiner les espoirs, habillant la nuit d'augures bien noirs...Serai-je encore là demain ? Tout ce que je fis ne deviendra-t-il pas néant ???
NB je ne partage que la fin de votre poème, quand vous dites " qu'à peine est-on né qu'on commence à mourir. "
Le développement de votre réflexion, semble un " précis " de résignation, auquel il ne faut déroger aucunement !
Moi, que la mort aurait dû prendre dans son rétiaire, dans mes années d'enfance comme Patricia, comme Alain à 17 ans... m'a donné un sursis empli de de cailloux parfois, mais le duvet qui en émergeait, était une telle chance d'en profiter, de vivre !
Je suis ( pas bien pressé il est vrai ) du côté où le Diable ( comme le huron du Dernier des Mohicans face à la fille prête à sauter dans le vide ) me fait signe de sa main crochue " viens, n'aie pas peur ! " on est si bien chez moi ! "
Non, je ne suis pas résigné devant la faucheuse qui ne me fait pas peur ; Ninon ( ma muse, mon ex-muse...) est triste dans son confinement de ne pas voir son Roméo ; mais la lettre que je lui écrivis hier, la fit pleurer...de tendresse.
Rien que pour cela, j'ai mes bagages pleins de ce bonheur, que j'aurai engrangé comme pour emmener dans ma pyramide quand on m'aura momifié ; je rigole, ça fait tant de bien face au MONSTRE confineur !
Je suis quelque peu surpris par vos vers si noirs, mais peut-être n'est-ce que pensée d'un autre, sous votre plume rapporté ?
j'aurais quelque peine à noter votre poème, sa lecture pour moi me paraissant désespérante, alors que nos " blouses blanches, féminines, masculines " nous montrent que vivre vaut le coup...
EDIT ; bien sûr que si la teneur du texte m'écarta de ce chemin de plume, l'écriture de l'auteur comme d'habitude est de " haute-couture ! "

   Cristale   
1/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le titre annonce bien la teneur du texte, je n'ai pas osé écrire "la couleur du texte" mais c'est aussi un peu pareil.

Et bien, c'est gai ! en même temps ces pensées me sont propres bien des fois : ça sert à quoi tout ça ?

Ce qui me console de cette "absurdité", aujourd'hui, est que celle-ci me permets de lire de jolis vers et d'en goûter la fluidité, le verbe et la musique.

Merci Curwwod.

   Annick   
1/4/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce destin fatal est comme un fardeau que l'on doit porter toute notre vie.
C'est juste, c'est fort, c'est beau aussi. J'ai cru cependant que le dernier quatrain, même s'il est empreint de résignation, était d'une autre tonalité, comme un espoir, une autre manière plus positive de considérer la vie car avant de mourir, il faut bien "Espérer, s'efforcer de tracer son sillon".

J'imaginais le dernier vers, comme un ultime sursaut.
Bien que magnifique, celui-ci fait retomber cette énergie, cette dynamique, à peine ébauchée, certes :

"Il n'est d'autre chemin que croire en l'avenir
Espérer, s'efforcer de tracer son sillon :
Un poème, un enfant, juste un trait de crayon,
Car à peine est-on né qu'on commence à mourir."

Votre poème est très beau tant pour la forme que pour le fond, même si en ces temps de désespérance, j'aurais aimé, en toute fin, une résurgence.

Bravo et merci !

   Provencao   
1/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
" Tout ce qu'un jour il fut proclamé qu'on aimait,
La fugace beauté, la foi, la connaissance,
Jusqu'à l'enfant qui rit en sa prime innocence
Nous est sitôt repris, englouti à jamais."

Malgré ce, il me parait important de souligner l'acuité intense de cette réflexion philosophique qui prend pour présage l'affluence de la réalité du cours de la vie très pragmatique.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Corto   
1/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Sur le fond ce poème est une grande interrogation sur le sens de la vie.
Le destin semble manipulé par le Malin car "Dès le soir il défait ce qu'il fit le matin" et "Un jour encor, que va-t-il contenir Dont je puisse espérer garder un souvenir ?".
Voilà qui est définitif et baigné de nihilisme.
Même la "beauté, la foi, la connaissance" "Nous est sitôt repris, englouti à jamais".
Diable, que reste-t-il donc à vivre ?

Tout cette "absurdité" semble confirmée par la quatrième strophe avant que Oh surprise ! la cinquième strophe s'annonce comme mode de vie salutaire "Il n'est d'autre chemin que croire en l'avenir".

Ce 'conte philosophique' semble bien déséquilibré dans son raisonnement. D'où ma réticence, purement personnelle.

Je me demande s'il n'est pas un peu facile de proclamer ainsi le non-sens de la vie plutôt que d'en chercher la richesse et l'énergie.

Sur la forme je retiens une très belle maîtrise de la formulation.

La question restera pendante: quel sens retenir de ce message ? Certainement Nietzsche vers lequel nous dirige l'exergue avait-il une idée sur la question. Mais à ce qu'on dit il n'aimait guère les poètes.

   Hananke   
1/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

Un Curwwod en demi-teinte pour la réalisation de ce texte,
peut-être influencé par les éléments extérieurs.
Par-contre le message n'est pas, lui, en demi-mesure, noir c'est noir.
La mort tient le bout de la chaîne, et que l'oubli de tout est déjà médité.
Heureusement qu'un superbe dernier vers, même s'il est dans le ton
général, vient sauver la rédaction générale

   Melusine   
1/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L'auteur s'interroge dans ce poème, avec un certain dépit, sur l'utilité de la vie, une interrogation parmi les nombreuses questions existentielles.

Ce texte est vraiment bien écrit :

"Peut-on vivre serein quand cette absurdité
chaque jour vient œuvrer à notre fin prochaine"

"Dès le soir il défait ce qu'il fit le matin
Sans souci de laisser quelque durable trace."

Peut-être serait-il plus doux, finalement, de ne laisser aucune trace,
tenter de voyager léger, siffloter avec l'humilité sous le bras ...
comme dans une vie de poète !!!

Il faut souhaiter que ce beau texte soit le point de départ d'un plus long cheminement.

Merci pour ce partage.

   HERLINE   
2/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce que l'on vit actuellement, période très difficile avec le confinement et son cortège de personnes qui disparaissent est une tragédie, période aux pensées les plus noires...malheureusement...
L'homme sage sait que tous les jours il faut relancer la machine et tout cela en sachant qu'au bout....il y a quoi?
Restent les moments fugaces de bonheur...et l'espoir d'un monde meilleur demain pour nos enfants...
Merci Curwwod...

   Pouet   
2/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Le poème est certes"noir", peut-être "désespéré", tout du moins "résigné" comme l'indique le titre.
Un questionnement certes "classique", mais fort bien amené.

Oui, j'ai trouvé le ton convaincant, assez "chirurgical" dans l'expression, évitant selon moi un pathos pesant et superflu. Nous demeurons dans le "constat".

Mes strophes préférées sont la première (avec notamment ce "hasardeux destin" très bien senti) et surtout la dernière qui me semble contenir l'essence du texte, essence esquissée d'un superbe trait de crayon où fusionnent enfance et poésie...

   Robot   
2/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte qui pourrait s'attirer les foudres de ceux qui croient à une vie après la mort. Ici, le narrateur affirme que la mort est bien une fin définitive.
Un poème désespéré certes, mais pas désespérant puisqu'au final il nous invite à vivre, "à croire en l'avenir" bien qu'on en connaisse la fin.

Apprenons à vivre chaque instant tant que nous le pouvons semble être la proposition sous-jacente de ce texte superbement écrit.

   Vincente   
2/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Ce poème laisse son moral bas dessiner tous ses traits. De ce parti pris, il va trouver une réelle cohérence et, mené par une plume adroite et délicate, tenter de formuler la pesanteur d'un état d'esprit face à un certain point de vue existentiel. À la lecture, depuis le constat de ce qu'il s'y exprime, le lecteur va ou non remettre en question cette façon de voir la vie humaine ; l'approche est philosophique et appelle donc à la controverse, peut-être pour s'essayer à d'autres éventualités, ou au moins à envisager une alternative... L'auteur n'adressant pas son propos à la première personne, mais plutôt dans la position surplombante d'un penseur qui "apprécie" un mouvement de vie, le lecteur va devoir s'impliquer et ne pas se contenter de regarder les "conclusions" du narrateur omnipotent. Dans un texte qui se proposerait pour dévoiler un émoi ou une advenue ressentie, il n'y aurait pas lieu de remettre en cause la raison de l'état évoqué ; ici je vois la forme retenue comme une question, affirmative certes, mais en adresse à un partage ; la quatrième strophe en est l'expression directe, en particulier dans le côté un peu "provocateur" du vers final.

Les trois premiers vers sont beaux, simples, irréfutables. Dans le quatrième, la notion de "trace" est plus problématique car l'auteur semble ne parler que de la trace première en occultant celle induite, dépendante essentiellement de la précédente (la filiation par exemple, avec ses degrés se répliquant à l'infini).

La deuxième strophe "se contente" joliment de rappeler, grâce à la polysémie du mot "présent", le cadeau que nous offre l'instant plaisant vécu dans le quotidien, et que le présent est aussi une offrande au passé, dans une implacabilité ambivalente.

Dans la troisième, sur la durée d'une vie, ce que l'on a "acquis par amour" (amour au sens très large de ce que l'on aime), nous serait "repris, englouti à jamais[/i]" ? La vision est ici un peu spécieuse, car ce ne sont pas ces "amours" qui sont supprimés, ce sont nous-même par notre mort. Mais la réalité de ces advenues reste éternelle, indubitablement, elles appartiennent à jamais à un moment de vie, quand bien même celle-ci serait éteinte, elles "appartiennent" à un passé, elles ont passé donc elles ont eu lieu, c'est leur réalité. Cela nous replace dans la considération complexe de la notion de "trace" du vers 4.

Quant à la quatrième strophe. Oui, c'est intéressant cette question : "Peut-on vivre serein quand cette absurdité… ?". Mais je pourrais provoquer à mon tour en répliquant : " Qu'est-ce-qui permet de supposer qu'il y a une "absurdité" dans notre finitude, qu'elle soit "au jour le jour" où sur la période de notre vie ?". Rien ne nous permet de l'affirmer ni de le démentir (il y a une question d'échelle non respectueuse d'ordre de perceptions différents ; j'y reviendrai à la fin).
Ainsi que d'ailleurs le proposent les trois avant-derniers vers :
" Il n'est d'autre chemin que croire en l'avenir
Espérer, s'efforcer de tracer son sillon :
Un poème, un enfant, juste un trait de crayon,
".
Très belle expression positivant le propos, d'autant qu'elle sous-tend celle que je partagerais aussi, qui est la seule ambitieuse, le fait de faire vivre le présent "au mieux" ; notion déjà bien difficile à maîtriser, puisque enracinant le passé et s'étirant vers le futur.

Ce qui nous amène à l'aphorisme final, et sa raison d'être dont son pendant véridique, ce côté implacable de l'assertion vitale : chaque jour vécu nous rapproche de notre instant final.

Autour de la sensation "résignée" du narrateur, se sont mis en interrogations le désabusement et la désespérance ultime de cette chute, comme si la mort était une perdition totale, comme si notre existence n'avait aucun but, aucune nécessité, comme si, l'on en est presque à cette démonstration dans ce poème, comme si le fait que l'on ne sache pas le pourquoi de notre vie devait nous annihiler l'évidence de ce que l'on y ressentait.
Ce qui me gêne dans l'angle de ce point de vue, c'est le "mélange", qui crée une confusion (je le comprends nécessaire pour la configuration narrative), entre les échelles de temps de vie : celle de l'individu singulier et celle des êtres dans l'univers absolu. Car "l'absurdité" invoquée est bien celle de la place de l'homme dans l'immense où il est contenu "infimement", or ce qui le justifie à l'intérieur de son existence même, les ressorts de son quotidien, sont d'un ordre tellement plus accessible et appréciable, que tenter de minimiser leur impériosité est dommageable à mes yeux.

J'ai beaucoup aimé le côté impliquant du regard du poète, armé d'une écriture claire et agréable dans sa facture harmonieuse, il pose une interrogation essentielle pour justement aider à ne pas négliger l'important, surtout sachant comme il le montre en creux, qu'il ne faut pas attendre et qu'il y a lieu de "profiter" de l'instant présent.

   Francois   
2/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voici un poème "philosophique" bien plaisant à lire...
Le ton est volontairement pessimiste... Quel sens trouver à notre vie ? La mort nous attend, de toute façon...

Quelques très beaux vers :
"Dès le soir il défait ce qu'il fit le matin"
"Chaque aube est un présent qui nous laisse étonnés"
"Quand on sait que la mort tient le bout de la chaîne,"
et, surtout :
"Car à peine est-on né qu'on commence à mourir."

Petite suggestion : je trouve que le mot "médité" du vers 16 n'est pas le plus approprié...
Pourquoi ne pas mettre :
"Et que l'oubli de tout est déjà décidé ?"

   Hiraeth   
2/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un bon poème, au rythme top et au vocabulaire simple, dépouillé, comme la mort dont il chante l'arrivée inéluctable. J'aime particulièrement la dernière strophe et le dernier vers, efficace et épuré : donner la vie, c'est donner la mort en même temps.

On vous lit donc avec plaisir, quoique le manque d'originalité tant au niveau du thème (pas bien grave) qu'au niveau du style (un peu plus grave) m'empêche de donner à ce texte une meilleure note. Je ne suis pas fan des poèmes où la voix poétique prend des allures de sage, de maître à penser (même si je suis le premier à en écrire), ce qui est assez sensible dans la dernière strophe (que j'ai dit beaucoup aimer, certes, d'un point de vue purement rhétorique).

Voilà pour mes réserves, qui n'enlèvent rien au talent de l'auteur, mais j'aurais aimé voir le thème traité d'une autre façon, de manière plus indirecte et moins discursive : ce poème dit beaucoup, mais il montre finalement peu et n'est pas sans clichés, même si ces derniers sont durs à éviter quand on veut parler honnêtement (donc universellement).

   Mokhtar   
3/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très « camusien » ce texte sur la condition de l’homme, absurde parce qu’elle ne mène qu’à la mort. Et c’est bien Sisyphe que je reconnais dans ce « Dès le soir il défait ce qu'il fit le matin ».

Avec gravité, mais surtout avec lucidité, l’auteur montre qu’il ne se fait aucune illusion sur la pérennité de nos agitations et évènements personnels. La beauté, la jeunesse, la foi, la connaissance…tout ce qui nous exalte n’est que feu de paille, tout finira par disparaitre…avec nous.

Sauf, peut-être, ce qui est exprimé dans l’avant dernier vers. Le poème ou le trait de crayon, l’œuvre d’art en général, qui subsiste, et préserve de l’oubli. De même l’enfant, la plus belle des transmissions, qui conserve les gênes et peut-être un peu de l’âme.

D’accord avec François sur le vers 16, important par son sens, mais dont la formulation pourrait être affinée (médité : pas optimal).

Très beau poème philosophique, pause de réflexion, qui ne manque pas de profondeur.

Merci

Nota : La qualité d’une texte s’estime aussi par les réflexions qu’il procure ; cf le très brillant commentaire (très anti sartrien) de Vincente.

   Castelmore   
3/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Curwood,

Ai-je bien saisi le narrateur ?

Je résume :
La vie n’est qu’un rêve qui s’efface.
Année après année chaque matin est comme un emballage cadeau ... vide.
L’amour même n’a aucune force, tout nous est repris.
L’absurdité de cette condition rend tout bonheur impossible
... la mort tient le bout de la chaîne.

Seul chemin de vie possible laisser une trace de son passage
... et vite ! ai-je envie d’ajouter.
« Car à peine est-on né qu'on commence à mourir. »


« C'est la règle commune tout ce qui vit doit mourir, emporté par la nature dans l’éternité » comme le rappelle la Reine à Hamlet.

Est-ce si absurde? Est-ce de nature à empêcher toute sérénité?
Le vie éternelle serait-elle préférable ?

Que de questions...

Laisser une trace dans l’avenir... une solution ?

Je ne.rentre pas dans le débat, mais

je donne volontiers mon accord au narrateur sur le point suivant :
Rien n’est plus simple que de mourir... il n’y a rien à faire sinon attendre.
A l’inverse vivre est beaucoup plus compliqué !

je savoure toujours la lecture de vos poèmes qui, quel que soit le sujet, possèdent comme un charme, au sens magique du mot, qui m’envoûte.

Et celui-ci ne fait pas exception

Merci pour le partage.

   emilia   
4/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quand la vie ressemble à une tapisserie de Pénélope qui, « Dès le soir défait ce (qu’elle) fit le matin… », quand « tout ce qu’on aimait… nous est sitôt repris… », avec les années qui passent et « la mort au bout de la chaîne… », pour mieux prendre conscience du nécessaire « Carpe diem », à savoir profiter de l’instant et « tracer son sillon… », il n’est d’autre chemin que de garder « l’espérance », même avec une forme de résignation. ( j’ai en mémoire un petit conte envoyé par une amie, l’histoire de 4 petites bougies allumées : la 1ere représente la Paix, la seconde, la Foi, la 3eme l’Amour… ; chacune d’elles faiblit puis s’éteint devant la guerre, l’absence d’idéal et d’humanité, l’égoïsme et le manque d’attention à l’autre…, puis, arrive un enfant triste qui confie son chagrin à la dernière petite bougie, celle-ci lui dit alors : Ne t’inquiète pas, tant que je garde ma flamme, je peux toujours rallumer les trois autres car je suis l’Espérance !), de quoi sans doute méditer…

   assagui   
6/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour,
il faut beaucoup de courage pour poser un tel noir sur une page blanche.
Il faut beaucoup de talent pour tenir le lecteur, du 1er au dernier vers sur ce même élan.

la tortue marche
le lièvre court
l'oiseau vole.
Quant au poète,
il s'arrête,
pose un instant son regard...et nous le prête!

   Michel64   
6/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Car à peine est-on né qu'on commence à mourir."

C'est tellement vrai.

L'ensemble de ce poème, avec ces vers impeccables comme à votre habitude, à trouvé grâce à mes yeux sur le choix du sujet et sur la technique. Pourtant il ne m'a pas donné ce frisson que j'ai eu dans certains de vos poèmes précédents comme "Requiescat" ou "Le poudrier" par exemple. Je ne sais exprimer pourquoi. Peut-être n'y ais-je pas trouvé cette nostalgie, cette exquise tristesse, que vous savez souvent si bien exprimer ?

Néanmoins ça reste un très beau poème.

Merci pour le partage

   Curwwod   
6/4/2020

   Apolluc   
12/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quelle belle résignation où la poésie sait se faire amie de la réalité biologique de notre éphémère condition !

Bravo l'artiste !


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