Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Forums 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie néo-classique
Curwwod : Testament
 Publié le 15/05/26  -  9 commentaires  -  689 caractères  -  137 lectures    Autres textes du même auteur

À Jacques C., un myosotis.


Testament



J'ai vécu vagabond et n'ai jamais été
Autrement qu'un oiseau souffleté par l'orage,
Accostant, çà puis là, sur un nouveau rivage,
Perdu entre deux mers et poursuivant l'été.

Inexorablement les matins répétés
Ont roulé dans l'abîme emportant au passage
Mes futiles amours et des noms sans visage,
Tous vestiges ternis de désirs avortés.

Les ans, au rythme sourd de leur pas invincible,
Me rejettent ainsi qu'une épave risible
Au bord de ce chemin où j'attends que l'on passe.

On passera peut-être et l'on reconnaîtra,
Attaché à mon aile, un fier lambeau d'espace
Que je donne à celui qui le cueillir voudra.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   BlaseSaintLuc   
29/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
c'est bien, belle effort.

"J'ai vécu vagabond et n'ai jamais été.
Autrement qu'un oiseau souffleté par l'orage,
Accostant, ça puis là, sur un nouveau rivage,
Perdu entre deux mers et poursuivants l'été."


Assez belle 1re strophe !


Quelques tentatives d'inversions, qui passent , ou pas.


Le tout est honnête et mérite le passage.


BSL(en EL:pur jus!)

   Passant75   
30/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Ce sonnet propose une méditation grave et mélancolique sur l’errance et le passage du temps, à travers la métaphore de l’oiseau-vagabond.

Dès le premier quatrain, le poète se présente comme une figure instable, ballotée par l’orage et privée d’ancrage, image prolongée par le motif maritime évoqué par « un nouveau rivage » et les « deux mers ».

Le second quatrain approfondit cette vision en inscrivant l’existence dans une temporalité inexorable, les « matins répétés » engloutissent souvenirs et amours, réduits à des « vestiges ternis ».

Les tercets marquent alors un basculement vers une forme de bilan et de transmission, rejeté comme une « épave », le poète attend un passant hypothétique à qui léguer un « lambeau d’espace », belle image d’un héritage poétique à la fois fragile et précieux.

Cependant, deux éléments peuvent affaiblir légèrement l’ensemble. D’une part, la répétition très proche de « où j’attends que l’on passe » et « On passera peut-être » introduit une redondance perceptible. D’autre part, l’inversion finale « qui le cueillir voudra » semble dictée par la rime plus que par une nécessité expressive, ce qui nuit à la fluidité du vers.

Au final, malgré ces réserves, le poème reste solide et bien construit, porté par des images cohérentes et une progression claire qui conduit à l’idée d’un don, voire à un passage de témoin.

   Luron   
3/5/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Je suis toujours étonné de voir des sonnets qui devraient être écrits avec la perfection ultime de la poésie présentés en néo-classique ce qui prouve que l'auteur était conscient d'une ou plusieurs imperfections. Un sonnet devrait être selon moi classique ou ne pas être. Ici il y aurait un hiatus à "Attaché à…", une répétition de trois "on" vers la fin et un dernier vers à la construction acrobatique. Dommage car la lecture par ailleurs est plutôt fluide et agréable.
L'idée de léguer en héritage avec fierté et sans regret "un lambeau d'espace" de liberté intérieure après une vie vagabonde parsemée d'échecs "vestiges de désirs avortés" apporte un certain panache final à ce parcours d'un poète qui pourtant se qualifie "d'épave risible". J'accepterais bien en passant sur son chemin un myosotis des souvenirs et de la fierté que nous offre ce poète vagabond.

   Polza   
8/5/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
J’ai personnellement trouvé dommage que vous ne vous soyez pas accordé plus de liberté puisque vous avez choisi la catégorie néoclassique.

Je veux dire par exemple :

« Accostant, çà puis là, sur un nouveau rivage, »

en sonorité, ça fait : Accostant s’appuie là »
alors qu’un hiatus « Accostant, çà et là… » ne m’aurait franchement pas gêné dans cette catégorie…

« Les ans, au rythme sourd de leur pas invincible »

j’ai un doute, s’il y a plusieurs pas, ne devraient-ils pas être invincibleS ?

mais ça ne vous arrangeait peut-être pas pour la rime !

« Au bord de ce chemin où j’attends que l’on passe.

On passera peut-être et l’on reconnaîtra, »

que l’on passe et passera aurait pu, aurait dû être évité à mon avis…

« Que je donne à celui qui le cueillir voudra. »

L’inversion est visible et faite pour la rime, cela se voit trop à mon avis…

L’ensemble est plaisant, mais je ne suis pas pour autant pleinement séduit…

   Boutet   
15/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Un sonnet néo qui fait une sorte de bilan. J'aime bien les 2 quatrains qui sont mes préférés du poème.
Et cet oiseau souffleté par l'orage. J'aurais mis les pas invincibles au pluriel.
Par contre je n'aime pas du tout l'inversion du dernier vers que je trouve trop rime.

   Corto   
15/5/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
J'aime bien ce regard en arrière sur une vie qui dure et qui mérite d'en tirer réflexion.
Les chagrins peuvent regretter quelques formules discutables. Mais l'essentiel pour moi reste une réflexion honnête, lucide, sur ce qu'est le fond de la vie.

Merci.

   Cyrill   
15/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Bjr Curwood.
J'apprécie le ton désenchanté de ce poème. Oiseau de passage à la Richepin, le locuteur cependant semble regretter la vanité inhérente à cette vie de liberté, corollaire de la solitude. Les « noms sans visage » m’ont particulièrement ému.
J’aime bien ce constat, d’autant plus que le second tercet prend le contre-pied de la proposition avec ce beau « fier lambeau d’espace ».
Le vieux « çà puis là » villonesque et l’inversion du dernier vers, « qui le cueillir voudra », donnent un cachet certain à l’ensemble.
Merci du partage.

   LeChevalier   
15/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Je n'ai pas été emballé par ce poème et je pense que la raison en est toute simple : ce n'était pas non plus l'objectif de l'auteur. Le ton est égal, respectueux mais sans atteindre une quelconque majesté ; à l'exception des « deux mers » du quatrième vers, qui recèlent sans doute un détail biographique d'importance, je ne vois que des termes abstraits, surtout à la fin du deuxième quatrain. Je trouve le premier tercet plutôt terne (surtout à cause du vers qui l'ouvre) et l'adjectif « risible » m'étonne par sa crudité. La reprise du verbe « passer » au début du deuxième tercet me semble irréprochable, puisqu'elle assure la continuité du propos : du désir, exprimé au subjonctif, on passe (désolé) à la prophétie, exprimée au futur. L'image du « fier lambeau d'espace » est très significative, plus même que celle des deux mers de tout à l'heure ; c'est dommage qu'elle n'ait pas été gardé pour la chute, cela aurait sans doute beaucoup plus plu (et les tercets auraient été marotiques, ccd eed).

Bilan : un hommage en grisaille à une personne sans doute étonnante et qui mériterait plus d'attention.

   Marite   
15/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Ce genre de sonnet, offrant au lecteur une histoire compréhensible se déroulant au rythme des vers qui se suivent, me séduit toujours et ceci, indépendamment des détails techniques de prosodie classique.
Particulièrement surprise par les trois premiers vers du second quatrain que j'ai lu d'un trait, sans respirer, la pause offerte par le dernier vers était la bienvenue.
Seul petit bémol : le tout dernier vers avec sa formulation moins spontanée, peut-être justifiée par l'exigence de la rime (comme précisé dans un commentaire précédent), c'est dommage car les deux vers le précédant m'ont particulièrement plu :
" On passera peut-être et l'on reconnaîtra,
Attaché à mon aile, un fier lambeau d'espace..."


Oniris Copyright © 2007-2025