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Poésie néo-classique
Cyan : Les réfugiés
 Publié le 13/10/21  -  8 commentaires  -  1311 caractères  -  168 lectures    Autres textes du même auteur

La lutte et la révolte sont portées par l'espoir.


Les réfugiés



Ils étaient plus de cent perdus entre deux rives,
Contre vents et marées ils avaient embarqué ;
Déracinés mais riches de leurs forces vives,
Ils avaient délaissé leur passé sur le quai.

Sur des barques en bois, des radeaux de fortune,
Ils s'étaient rassemblés comme fleurs en bouquets,
Figés dans l'air du soir frémissant sous la lune,
À décompter leurs jours, droits comme des piquets.

Rester debout sonnait comme une délivrance,
Ils ne savaient que trop quand retombe l'espoir ;
Dans le froid, c'est vivants qu'ils traçaient leur errance
Sur l'onde où leur reflet se jouait du miroir.

Pourtant, des flots grossis ils sentaient la menace,
Entre nuit et brouillard quand montent les clameurs,
La houle caressante avorte et se fracasse
En laissant éclater ses plus sombres humeurs.

Mais combien seront-ils au terme du voyage
À pouvoir faire escale en des terres d'accueil ?
Leurs maux serviront-ils, demain, de témoignage
À tous ceux qui, pour fuir, affrontent chaque écueil ?

À ceux qui, sans partir, refusent de se taire,
De suivre les diktats et de courber le dos ?
Les hommes sont ainsi, libres et volontaires,
Qu'ils cheminent à pied ou bien sur un radeau.


 
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   Cyrill   
5/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Des images délicates et sans pathos pour évoquer la migration, les risques que prennent ces gens pour leur vie. Je cite mes préférées :
"comme fleurs en bouquets"
"Rester debout sonnait comme une délivrance"
"La houle caressante avorte et se fracasse
En laissant éclater ses plus sombres humeurs."
et enfin ce vers plein d'espoir :
"Les hommes sont ainsi, libres et volontaires"

Je regrette juste le "ou bien" du dernier vers, un peu lourd par rapport à un simple "ou", mais ça ne ferait que 11 pieds. D'ailleurs, cheminer sur un radeau, ça fait un peu bizarre.

   bipol   
13/10/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour

Un poème qui me plait vraiment

par le fond tout d'abord je suis très sensible à cette horreur

et par les temps qui courent parler de ces malheureux

me semble très important et je vous en remercie

et puis aussi par la forme j'ai beaucoup apprécié la douceur de votre écriture malgré ce sujet si dur et poignant

   Provencao   
13/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cyan et bienvenue.

"Sur des barques en bois, des radeaux de fortune,
Ils s'étaient rassemblés comme fleurs en bouquets,
Figés dans l'air du soir frémissant sous la lune,
À décompter leurs jours, droits comme des piquets."

Merci pour cette poésie et ce passage où vous soulignez très justement que l'asile, l'accueil et le refuge ne sont ni artifice, ni aumône, ni conscience, ni intrigue, ni offrande....

Mais bien une prévention humaine contre cette décadence.

Merci.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   papipoete   
13/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
bonjour Cyan
Des hommes fuyant leur pays pour ne pas mourir, embarquent à bord de rafiots sur la mer qui offre son eau tranquille... avant de rencontrer des flots rugissants, qui se chargeront de sélectionner qui peut aller au bout de la traversée.
Pour cela, comme dans les wagons à bestiaux en partance pour Auchwitz, il faut rester debout, ne pas se laisser prendre par le sommeil, pour pouvoir dormir sur des terres pacifiques.
NB le sujet des gens fuyant les " vert de gris, les barbus d'Allah... " ne cessera jamais d'alimenter les chroniques, les chaînes d'info et les poètes comme ci-dessus.
Fasse le Ciel, que nous n'ayons à prendre la route de l'exil ( vers où ? ) ce thème tant vociféré par des tribuns avides de pouvoir... et de vie et de mort !
Votre texte ( récurent en poésie ) nous fait prendre place à côté de ces malheureux, et songer à tous ceux qui restent...espèrent-ils indulgence et considération ?
la 4e strophe est celle que je préfère, elle montre cruellement que la survie ne tient qu'à un si mince fil !
des dodécasyllabes " néo-classiques " sans faute

   Malitorne   
13/10/2021
 a aimé ce texte 
Pas
Encore une poésie qui se donne bonne conscience, peu servie par une expression plutôt prosaïque et proche de la mièvrerie : « Ils s'étaient rassemblés comme fleurs en bouquets ».
Parfois maladroite quand elle affirme « Les hommes sont ainsi, libres et volontaires », quand on sait que l’exil n’est pas choisi mais forcé.
Au moins vous n’accusez pas les pays hôtes d’ostracisme, ce qui est rare de nos jours !

Les migrants/réfugiés sont à la mode chez les poètes, qui aiment s’emparer de leur détresse pour de grandes envolées lyriques mais ne lèvent pas le petit doigt pour aller les aider dans la rue.
Mon métier me fait côtoyer un Centre d'Accueil de Demandeurs d'Asile (CADA), un de ses responsables m’évoquait désabusé l’arrivée massive d’Afghans en France : 90 % d’hommes, qui se déclarent tous persécutés dans leur pays évidemment ! Je vous le demande, où sont les femmes ? Ce sont bien elles pourtant qui souffrent le plus d’un régime discriminatoire. Pourquoi ces hommes ne sont-ils pas restés les protéger ou mieux les aider à fuir ? Ne soyez donc pas trop naïf.

   Miguel   
13/10/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
Grande vague de poésie larmoyante sur Oniris ; on en a à tous les étages. Ces migrants font l'amère expérience qu'on se trompe en croyant que l'herbe est toujours plus verte dans le pré du voisin. Eh oui, c'est comme ça, nous n'avons pas grand chose à leur offrir. Ce n'est pas notre faute. Ce qui sauve ce poème est la dernière strophe, qui évoque ceux qui restent pour se battre. Là est le vrai courage, et il méritait d'être souligné.

   inconnu1   
13/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour et Bienvenue Cyan. En abordant le thème des migrants vous aurez sans doute beaucoup de commentaires car vous ne laisserez pas indifférent. Certains vous encenserons en mettant en avant le rôle politique du poète (entre autre) qui se doit de dénoncer. D'autres rétorquerons qu'aborder un thème aussi actuel et émouvant présente deux inconvénients: d'être temporellement daté avec donc le risque de passer de mode. Or le propre d’un beau poème n’est-il pas d'être intemporel ? L’autre est que, ne vous connaissant pas, on pourrait vous suspecter de vouloir attirer la sympathie (et les plumes qui vont avec). Bref, ne voulant pas trancher, je ne baserai pas mon appréciation de votre poème sur le thème.
Reste deux choses à aborder, le style et la technique. En ce qui concerne la technique, vous avez choisi (volontairement ou non, je ne sais pas) le néoclassique. Il permet de se libérer de certains carcans trop rigides du classique, mais il faut en garder les côtés les plus respectables. Vous faites preuve de dextérité mais je suis interpelé par le manque de césure du 3ème vers qu’on peut interpréter comme une marque de laxisme coupable. Je laisserai de côté le e muet de marée qui ne me gêne pas du tout mais qui pourra irriter certains.
Enfin sur le style, vous le choisissez plutôt descriptif que métaphorique. Rien à dire, le lexique est riche, les images parlantes… Vu la récurrence du sujet, peut-être aurait-il fallu le présenter différemment, de manière plus originale. Je ne sais pas.
En tout cas, globalement, de la belle poésie rimée et rythmée et vous faites preuve d’un professionnalisme qui est de bon augure
Bien à vous

   Myo   
13/10/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Cyan,

Un sujet bien sûr qui ne laisse personne indifférent mais dont le traitement reste à mes yeux trop généralisé et rabattu.

Sans doute une analyse plus impliquée, plus personnalisée avec les états d'âme d'un protagoniste auquel j'aurais pu m'identifier m'aurait permis d'entrer davantage dans le récit.

Dommage pour le 3e vers du 1er quatrain qui dénigre un peu celui-ci.
Les images du 2e me parlent peu.
La fin me plait davantage même si ceux qui s'éloignent de leurs racines ne sont sans doute jamais vraiment libres et portent en eux la douleur de ceux qui restent.

Merci du partage


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