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Poésie libre
Cyrill : Ombre portée
 Publié le 12/10/21  -  7 commentaires  -  1745 caractères  -  171 lectures    Autres textes du même auteur


Ombre portée



Il est ce passager minuscule et hâtif,
ce funambule errant à l’insu du danger sur le fil affolant d’une vie sans arpège
dont les lignes se désagrègent,
comme ce cerf-volant voit son vol qui s’abrège entre deux rangées d’ifs aux funestes ombrages.

Quand l’écume de rage abolit son image,
elle est l’âcre parfum de brume évaporée
et se grève à l’orée de multitudes d’yeux, brève comme un adieu sur un chœur de défunts.

Elle est ce marécage aux rives dévorées dont les nuées d’embruns vous hanteront le soir.

Il est cet encensoir où la cendre chancelle.

Vous raviverez l’étincelle aux pâles heures de l’aurore
en teintes bleutées indolores,
quand l’opale dorée de dizaines de corps se sera délavée.

Vous verrez de leur front s’évaporer une âme,
un dernier télégramme.

Perles rosées sur peau d’albâtre où les débris du drame endiguent l’horizon,
elle s’est esquivée,
une braise éteinte en son âtre et le regard figé vers de vaines saisons.

Il s’est arraisonné sur les berges du temps,
cueillant un coquillage à l’avarie d’une marée,
le souvenir flottant vers un autre voyage et le cœur effaré.

Ils sont cette aventure soudaine, avortée.
Hors notes de portée,
pauses contre-nature,
ils heurtent la mesure et troublent le silence en violents apartés.

Aveugles désormais sous les ardents pétales,
ils sont cette indécence aux rus suintant de sang,
ce non-sens abyssal.



Tu es sans sommation dans la ronde barbare,
comme une onde hyperbare.

Comme l’ombre portée de l’aube des nations.



11-2015


 
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   bipol   
12/10/2021
Bonjour

JE trouve que votre texte manque de spontanéité

le somme de travail nuit un peu pour moi à la vie d'un texte

et je le pense de beaucoup de textes publiés ici

je sait que le travail est important poor nous tous, mais bon

   papipoete   
12/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Cyrill
Tels grands et célèbres oniriens, on peut d'un seul coup d'oeil, identifier l'auteur, disant " c'est du Cyrill ! "
Alors je tente une interprétation toute " papipoètienne "
je vois, je vois... Un être qui ne voit plus désormais, ses paupières closes à tout jamais. Ce passager minuscule dans notre monde, où l'on ne vit pas " pareil " selon le méridien, selon la couleur de peau, selon son pouvoir ou au contraire n'être rien, mais qui devenu " couleur d'albâtre " sur un catafalque est égal face au grand voyage.
NB " il " est pour le héros, un être cher de chair, d'où la vie s'est enfuie, comme terrassé au sol par un vent mauvais, l'est l'intrépide cerf-volant.
Fermant les yeux, vous pourrez voir " de son front s'évaporer une âme "
J'ai, en vous lisant, veillé Maman des nuits et des nuits, sorti un instant fumer une énième clope, et revenu... la mort l'avait prise.
Que l'auteur me pardonne, si mon scénario est à des années-lumière du sien ; c'est mon ressenti !
" Perles rosées sur... " est mon passage préféré dans ce beau parchemin, que les connaisseurs savoureront à la lettre près !
Formidable travail s'il en est, je le regarde comme une toile abstraite, mais qui me dit " je te plais ? "

   Provencao   
12/10/2021
Que cache votre Ombre portée ? " Il, elle et tu" ne sortent pas en tous points prevalant de leur échec.

J'ai eu de longues hésitations, voire des incertitudes à la lecture de votre texte. Cette ombre portée est elle une vengeance où une exaltation en tous points assurés.?

J'ai hâte de lire et de comprendre votre explication.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Vincente   
13/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"ombre[s] portée[s]", "il est ce passager…" et "elle…ce marécage…", "il est cet encensoir…" et pour chacun"de leur front s'évapore[nt] une âme". Elle, "perle rosée" fragilisée, "s'est esquivée,", mais "il s'est arraisonné sur les berges du temps". Ainsi ils devinrent "cette aventure", où ils "heurtent la mesure et troublent le silence" ; "ils sont cette indécence… ce non-sens abyssal".

Avant les trois vers finaux qui sonnent un épilogue ramenant l'évocation initiale à niveau personnel où chacun se sentira concerné, je dirais même convoqué, le "tu" y est à la fois familier, direct et général, chacun se présente, à de nombreuses variations près, en une sorte de rescapé ontologique de "la ronde barbare", celle qui ordonne les ombrageux tourments que les sociétés produisent, plus ou moins à contre-gré, plus ou moins cyniquement.

Si en préalable j'ai éprouvé le besoin de circonvenir la narration en la soulageant de ses arborescences imagées, c'est qu'elle s'agrège déjà à une inspiration au vaste dessein, largement fournie, mais à partir de l'appréciation d'une rencontre au contraire très ciblée, de fait très personnelle mais s'inscrivant dans un ensemble très obligeant. Le "il" et le "elle", êtres solitaires, écartelés, vont se croiser, se patienter, et puis se rapprocher tant qu'ils deviendront ce corps commun face à l'adversité.
Dans les premiers vers, si l'on aperçoit des incises mortifères, pour lui sous forme "d'ifs aux funestes ombrages" et pour elles sous forme "d'un adieu sur un chœur de défunts", il semble que ce soit pour affirmer la noirceur originelle de l'état mental des deux futurs "aventuriers amoureux" ; étonnante cette indication "ils sont cette aventure soudaine, avortée." comme pour dire l'improbable assemblage qu'ils constituent, "avorté" comme contre nature, ou comme contre toute attente.

J'ai trouvé beaucoup de liant et de rythme dans la construction stylistique. L'écriture est très convaincante, elle apporte un réel confort à la lecture. Ce pan du poème en fait un texte à mon sens très réussi, il participe utilement à la saisie du propos qui pourtant se rebiffe, restant d'un abord aux méandres complexes, on dirait qu'il montre une pudeur à se dévoiler, reprenant en cela la difficulté à se livrer du sujet féminin et la prise de risque incertaine du sujet masculin "dont les lignes" de vie "se désagrègent" avant de trouver l'accord avec l'âme sœur.
J'ai regretté que l'adoption du propos ne soit pas rendue un peu plus facilitée ; peut-être qu'une contextualisation un brin plus définie (de quel champ historique ces deux-là sont tirés, ou…) ? et qu'ensuite, en cours de développement, se confirme plus sensiblement la magie de la rencontre improbable et inouïe dans sa déclinaison ; le final déclarant l'emprise universel des sociétés sur les individus "minuscules" pris individuellement sous le dictat des "nations".
Mais l'histoire est belle, dramatique en ce qu'elle souffre d'une "indécence aux rus suintant de sang".

   Pouet   
13/10/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Salut,

Je trouve décidément beaucoup d'atomes crochus -c'est bien ça les atomes crochus, ça fait un peu molécules pour sorciers - bref, entre cette écriture et modestement la mienne.
En tout cas je trouve cela superbement écrit, voilà tout, d'une grande puissance d'évocation.
Je ne vais pas citer ni guère plus développer , empêtré que je suis à pianoter sur les minuscules remiges digitales d'un pigeon voyageur chinois aplati et rectangulaire, mais bravo.
Bravo pour la poésie, quoi. Merci pour elle.

   Eskisse   
13/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cyrill,

On se fait tout petit devant cette poésie magistrale dans laquelle semble flotter le parcours d'un couple qui se défait dans une sorte d'abstraction pleine d'images. Le balancement "il est" "elle est" donne de la douceur aux protagonistes . Les recherches d'échos sonores, d'allitérations sont légions et tissent un tissu de sons étonnant.
J'aime :
"Il est ce passager minuscule et hâtif,
ce funambule errant à l’insu du danger sur le fil affolant d’une vie sans arpège
dont les lignes se désagrègent," et
"Elle est ce marécage aux rives dévorées dont les nuées d’embruns vous hanteront le soir." entre autres.
Ce vers me touche.
La fin du poème me reste cependant hermétique...

Bravo ! ( moi, j'aimerais juste pouvoir écrire un de ces vers )

   Cyrill   
16/10/2021


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