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Poésie contemporaine
Cyrill : Avis de recherche
 Publié le 09/12/25  -  13 commentaires  -  1002 caractères  -  242 lectures    Autres textes du même auteur

« Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu »
Charles Trenet


Avis de recherche



Qu’en est-il des poètes hâbleurs,
ont-ils fui, sont-ils las de leurs chaînes,
errent-ils aux frontières des haines
sans bâton ni béquille, en diseurs
de néant ? Ont-ils quelques humeurs
à confier en des lais et dondaines ?

Las des rus de leurs molles ardeurs,
désertant les vallées de rengaines
pour rôder de décombre en moraines ;
las du faste et blasés, vains seigneurs
excédés de leurs douces odeurs,
ils exhibent des hardes vilaines.

Ils poignent la vertu des douleurs,
débitant la rimaille en neuvaines.
Les brouillards sont autant de migraines
à leur front constellé de moiteurs.
Pérorant en iniques gabeurs,
ils se drapent de chastes aubaines.

Affublés d’émérites tumeurs,
roitelets dans leurs vagues domaines,
sauront-ils, sans violons ni fredaines,
conspuer les insignes honneurs,
fracasser le sceptre et ses lueurs,
saccager les lauriers et la traîne ?


 
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   ANIMAL   
15/11/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
J'ai bien aimé ce poème, comme un cri contre ce que sont devenus les "poètes", se vendant au nom du politiquement correct, des honneurs ou de l'argent. Du moins est-ce ainsi que j'ai compris ce texte.

Toute vérité n'est plus bonne à dire à une époque où une censure qui refuse de s'avouer règne en tous les domaines. Y aura-t-il d'audacieux, de courageux, d'inspirés rimeurs pour relever le défi :

"conspuer les insignes honneurs,
fracasser le sceptre et ses lueurs,
saccager les lauriers et la traîne ?"

Ca reste à voir.
Merci pour ce moment de saine révolte.

   Lebarde   
16/11/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Un poème sur deux rimes au pluriel dont les sonorités se prêtent bien je trouve au sujet tout en langueur, et regrets mélancoliques.
Le ton pesant impose le questionnement: où sont-ils? Que sont-ils devenus?

Une poésie dense, prégnante, une atmosphère puissante qui s’imposent à l’âme et au coeur.
J’aime bien ce poème dans son ensemble.

En EL

   Donaldo75   
23/11/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
La poésie est dense, le champ lexical riche. Sur la forme, c'est donc abouti. De là à dire que j'ai aimé il y a un parsec vu que j'ai trouvé l'ensemble fouillis même si fouillé. Cela me fait penser à un tableau de Jackson Pollock ou de Sam Francis mais avec trop de coups de balais au détriment de la vision globale, de ce qui pourrait sous-tendre mon impression de lecture.

Peut-être que mon commentaire est abscons mais vu que le poème ne l'est pas moins à mon goût cela fait un partout balle au centre.

Une autre fois.

   Ornicar   
24/11/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
Que peut bien cacher un titre comme une émission de Jacques Pradel ?
Il y a du rythme et un ton dans cette adresse aux "poètes" que le narrateur ne semble pas porter dans son coeur. Il le fait savoir haut et fort. C'est vrai, ça ! Où sont-ils les poètes, les vrais, les irrévencieux, les révoltés ? Pas ceux qui se vautrent dans les honneurs ("sauront-ils, sans violons ni fredaines / conspuer les insignes honneurs, / fracasser le sceptre et ses lueurs, / saccager les lauriers et la traîne ?"), ni ceux qui ont dénaturé un art en système et l'inspiration en savoir-faire ("débitant la rimaille en neuvaines"). Derrière le propos, je sens une ironie, non pas mordante, mais grinçante, plutôt du genre "poil à gratter".

Au plan formel, le narrateur, "poète" au moins pour la circonstance, présente son texte en catégorie "poésie contemporaine" mais ne fait pas moins le choix de se soumettre aux règles les plus exigeantes, celle de la prosodie classique à l'exception... du tout dernier vers : singulier rimant avec pluriel, excluant bien entendu ce texte de la catégorie. Comme un ultime pied de nez aux usages en vigueur, à la bienséance, alors qu'il était si facile d'éviter l'écueil. Difficile, alors, de ne pas penser que "l'erreur" est volontaire, car pour le reste, ça ressemble plutôt à un "sans faute" : vers de neuf pieds parfaitement réguliers et calibrés, et comme si cela ne suffisait pas et pour corser davantage la difficulté, deux rimes seulement, toutes, à l'exception de la dernière, au pluriel . Avis donc aux amateurs et aux "censeurs" qui voudraient s'y frotter ! Je sens que l'auteur est du genre farceur, mais farceur qui maîtrise parfaitement son sujet. C'est finalement un peu un exercice de style que ces vers, mais réussi. J'ai bien aimé le paradoxe, et cette mise en abyme.

   Robot   
9/12/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Ou sont-ils ces poètes. C'est la question posée dés l'abord dans un texte rigoureux appuyé sur ses deux rimes.
Pour tenter une réponse, peut-être se cachent-ils derrière des textes savants masqués trop souvent sous l'incompréhensible d'un langage qui se croit réservé à une élite.
Peut-être ses poètes sont-ils encore parmi nous mais ce sont éloignés du commun des mortels dans l'abscons du propos.

   papipoete   
9/12/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
bonjour Cyrill
" eh les poètes, faudrait voir à se bouger ! ne pas laisser passer des injustices, des horreurs, le massacre de notre terre sans que vous ne vîntes y mettre votre grain de sel ! "
" prenez la plume, et laissez de côté les petits oiseaux sur leur branche ; ces fleurettes des champs mignonnettes ; des Dames endimanchées canotant sur la Seine...
NB voilà ce que m'inspirent vos lignes, dont le vocabulaire bien que " savant ", fait tilt dans ma mémoire sans dictionnaire. Je déclare pourtant que sortant de ces sujets souvent enfantins, il me faut chauffer des neurones pour y voir aussi clair que possible.
Le temps des pamphlétaires n'est plus, et l'on pérore écharpe rouge au cou, en lais et dondaines.
Si Coluche fut un poète, je le vis bien " conspuer les insignes honneurs "
Que l'auteur ne m'en veuille pas, si je me suis égaré ?
la dernière strophe est ma préférée.
des vers en ennéasyllabes, voici qui n'est pas courant ? ils me semblent sur leurs deux rimes ( aine et heur ) parfaitement néo-classiques !

   Pouet   
9/12/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Slt,

la poésie est un leurre.

L'écriture, un gouffre.
Le malheur n'existe pas, car il faut du temps pour y penser, le bonheur se pense. Le Temps c'est la " matière ". Le malheur se vit. Cette dichotomie c'est la vacuité. C'est l'existence, l'image que l'on s'en fait. La possibilité d'une bile, la conscience d'une flaque, l'acidité du beau. Un chien-boue.

Nos organes entre deux.
La vacuité définit le réel. Le réel s'abandonne aux passions. Les passions ne sont qu'adjuvants.
Ajouter du vide au vide.

Seule la réalité de nos crânes, la persuasion de nos esquilles, l'esquisse de nos fêlures et puis ce blanc friable où déposer l'instant.
Le grain de papier. Transformé en pixel, en froideur de confort, en persuasion commune Tout est beau tout est feu. Demeure ces reliques de cendre. Le stylo petce la feuille, le clavier bloqué le doigt.
Dont nous nous barbouillons.
Le dire est un combat, l'expression une défaite.
Découper le brouillard à l'encre de nos peines. Se faire mot.
Ce qui nous aide nous détruit, dans notre constitution même, c'est l'oxygène qui nous oxyde. Par définition, nous nexistons pas.
Respirer tue.
L'amour est un sursis. Une vitre sans frein.
C'est le quotidien qui nous habille de ses hardes d'ennui. Bête sauvage que le Temps, piètres dompteurs nous sommes.
L'ego se meurt, se comparer c'est s'admirer. Se voir, vouer un culte à la cécité.
Se croire vivant, choyer l'unicité improbable, la capacité à construire. La démolition en bandoulière.
Rouge est le sentiment du cœur, les caillots définissent le chemin.
Écrire ne sert à rien.
Ne pas écrire non plus.

Ainsi se retrouver pour ne pas se reconnaître.

   Albertus   
9/12/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
Votre texte est une satire incisive et un réquisitoire éloquent contre les poètes insuffisamment engagés. Quelque part j’ai cependant envie de me faire leur humble avocat.

“Qu’en est-il des poètes hâbleurs, ont-ils fui (...) ?”
Évidemment ils s’autocensurent, discrets pour ne pas être maudits. La gloire au prétoire, non merci ! Leur verbe est devenu un murmure. Certains écrits ou caricatures, ils ne les montrent qu’à leurs amis.

Jacques Brel ou Pierre Desproges n’étaient pas dérangés par une galaxie de politiquement correct. Je pense que l’un comme l’autre seraient susceptibles aujourd’hui de risquer des poursuites judiciaires. Une “bigote bourgeoise” d’origine flamande et habitante de Vesoul pourrait même arguer que le chanteur belge s'acharne sur elle.

En conclusion, j'ai apprécié votre texte, mais je pense que dans le contexte actuel, votre avis de recherche ne donnera pas de résultats très probants. Qui sait, ça changera peut-être de nouveau dans l’avenir.

   Ascar   
10/12/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Habituellement pas très fan d' un vocabulaire "vieilli", je trouve, ici, qu'il convient parfaitement au sujet traité en faisant un parallèle entre les troubadours d'avant et nos poètes d'aujourd'hui qu'ils soient écrivains, comiques ou autres.
C'est vrai que l'époque des Coluche, Le Luron o encore Desproges semble révolue. On se moque davantage des faits de société que du pouvoir sans doute parce que les médias ne sont plus indépendants. Pour exemple, il n'y a qu'a constater la disparition des guignols de l'info sur Canal + après l'arrivée de Bolloré.

C'est un constat malheureux bien rendu ici par la poésie où la prouesse technique est de se baser sur 2 sonorités pour bâtir les rimes. Mention spéciale pour le titre également. Bravo

   Bodelere   
10/12/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonsoir Cyrill
C'est un très beau poème qui exprime, je crois, le désenchantement face à la poésie comme métier ou gloire, et qui explore la quête d'une vérité amère dans la marge et la douleur
​Le poème s'interroge sur le sort des « poètes hâbleurs » (ceux qui fanfaronnent).
Il les dépeint dans un état de misère volontaire ou subie
Il me semble que la dernière strophe laisse entrevoir la destruction des symboles de la gloire littéraire et sociale
Un poème qui fait réfléchir...
Bravo

   Kirax   
10/12/2025
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
Je suis désolé, je n'ai pas réussi à entrer dedans.
Je reconnais le travail, en particulier sur le champs lexical, mais, à mon sens, cela a desservi le poème.
Il me manque ce filet de lumière, et je n'ai pas réussi à en apprécier les vers.
Mais ce n'est que l'avis de quelqu'un dont la sensibilité n'a pas été happée, et bien d'autres, à ce que je vois, on su l'apprécier à sa juste valeur.
Cordialement

   Myndie   
11/12/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Cyrill,

Tu nous offres ici un texte acerbe et puissant, une critique virulente de la poésie conformiste aux «molles ardeurs » et aux « vallées de rengaines ».
C'est aussi un questionnement désabusé sur le rôle et la défaillance du poète contemporain, qui continue d'être « domestiqué » quand son art devrait être sauvage, libre, contestataire, voire dangereux.
Où sont passés les poètes ? Aujourd'hui « diseurs de néant « , leur parole est vide, ne noie dans la tiédeur de la facilité, « débitant la rimaille en neuvaines ».
« Pérorant en iniques gabeurs,
ils se drapent de chastes aubaines. »
Il faudrait citer chaque vers pour estimer à sa juste valeur le quasi dégoût exprimé dans ce portait sans concession des poètes, plus hypocrites que sincères, confondants de vanité et surtout dépouillés de leur inspiration et de leurs « humeurs ».
Le vocabulaire est riche et l'imagerie très forte.
Quant à la dernière strophe en forme d'exhortation, c'est quasiment une mise en demeure, une dernière planche de salut pour que la poésie ne soit pas qu'un diplôme ou une œuvre figée, pour qu'elle demeure un acte vivant, pour qu'elle garde son âme.

Ce poème m'a tout naturellement évoqué le fameux « Poètes, vos papiers ! » de Ferré.
C'est brillant.

   Provencao   
11/12/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Cyrill,

Un tantinet triste cette exhibition des hardes vilaines!

Cette approximativité à mon sens, de toute chose permet de tout envisager d’un œil
fureteur même ce qu’il existe de plus croyable. Dire les poètes hâbleurs est une folle
visée, une fatalité compensée par une autre fatalité: des images poétiques accolées,
extravagantess, cyniques, inouïes.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement


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