Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
Cyrill : Didascalies pour dialogue amoureux
 Publié le 01/04/18  -  9 commentaires  -  1729 caractères  -  133 lectures    Autres textes du même auteur

L'envers du théâtre.


Didascalies pour dialogue amoureux



Elle est vêtue d’aubes infâmes
Repose telle une statue.

Rose qu’épine la vertu
Aubépine jouée en drame.
Dame hallucinée de silence,
Évaporée de lune et sertie de fétus comme paille importune.



Surgi d’un décor d’apparence il a la stature d’un rêve et de brèves déconfitures.
De bruyère en mauves mémoire,
Du nord aux sombres ignorés les corridors d’ombre dorée sont les corollaires du désespoir.



– Tu m’aimes ?
– J’ai froid.




Comme une aventure avortée les sourires se sont figés aux naissances des commissures.
Les yeux se vident de raison.

Déchirures
Petits bouts d’âme
Brisures dans le macadam
Trahisons, revers de l’enfance.
Ils ont le geste vague et des désirs d’errance.

(Une silhouette extravague et soliloque à l’infini.)



– Tu m’aimes ?
– Je crois.




Il erre démuni de l’allégorie jusqu’aux pôles
Comme un vertige délabré,
Loque jetée sur son épaule.

Comme venue d’un songe enténébré d’étoiles
Elle glisse de voile en tissu de mensonges
S’égare dans ses mouvements.



– Quoi ?
– Je t’aime.




Les rires sont déments.
Un regard étrange éteint des quinquets.
Les corps en mélange ont quelques hoquets.

Les corps se séparent

Cauchemar des anges.



– Je t’aime.
– Et toi ?




Dialogues en écholalie,

Révérence, applaudissements pour les pantins de mes didascalies.

Épilogue sans agrément.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Lulu   
18/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à lire ce texte à la fois poétique et théâtral. Je l'ai trouvé fluide, clair et beau, tant au niveau des didascalies que je trouve très fines, que le dialogue. L'ensemble m'a bel et bien touchée.

Les jeux sur les mots sont, à mon sens, très poétiques. Les deux premiers vers sont, à cet égard, touchants, en ce qui me concerne. Les "aubes infâmes" me sautent aux yeux, car je n'aurais pas collé cet adjectif dans la vraie vie... tant j'aime ces instants du jour, mais ici l'antinomie est relative ; elle annonce le poème dans ses contrastes et ses finesses d'observation, comme "un songe enténébré d'étoiles" ou le "cauchemar des anges", par exemple.

Je suis vraiment conquise par l'écriture de ce beau texte. Plus je le relis, et plus je me laisse portée par l'environnement de ces personnages qui ne sont pas nommés. Ils n'en existent pas moins au travers des didascalies et du si beau dialogue.

Les personnages deviennent "les pantins [des] didascalies", ce qui interroge sur le fait théâtral, indépendamment du texte présenté ici, mais je préfère croire à l'épaisseur des personnages que peuvent incarner de bons acteurs avec de bons metteurs en scène.

En attendant, le théâtre, c'est aussi la lecture et, ici, je me suis régalée.

Bonne continuation.

   Provencao   
20/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai trouvé assez insolite voire curieuse votre poésie contemporaine avec, pour moi, une énigme sur les dialogues, conjuguée au mérite du décor de l'envers du théâtre...

Aux révérences et applaudissements, ce n'est peut-être pas très net mais qu'est-ce que c'est déroutant!

   eskisse   
1/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé cette scène décéptive d'où émane une atmosphère délétère. L'apparition des personnages désincarnés et baignant dans l'irréalité m'a plu : " vêtue d'aubes infâmes", " dame hallucinée de silence" , " il a la stature d'un rêve", " comme venue d'un songe enténébré d'étoiles".
Vous mêlez ensuite le lexique de la parole "avortée": "silence","extravague" et "soliloque" ( clin d'oeil à Beckett?) de la vacuité : "se vident" , " démuni"et " petits bouts d'âme" et de la dégradation : "loque", " délabré" pour évoquer cette parodie ( tragique ) de déclaration amoureuse qui s'enraye dans ses mots.
Merci pour ce partage théâtral.

   Robot   
1/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Auteur ou metteur en scène précisant comment il voit les actes qui vont se jouer. Comment se projetteront les paroles.
La structure proposée est étrangement poétique. C'est curieux mais tout ceci prend vie à la lecture mais surtout à l'oralité.

   papipoete   
1/4/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
bonjour Cyrill
quand je vous dis qu'à lire les parutions oniriennes, je m'instruis ! " didascalie ", un mot de plus à ranger dans un tiroir de matière grise !
Il n'en reste pas moins que votre texte pour moi, est ardu et crois comprendre que des coulisses, un regard épie et commente le jeu, la posture des comédiens .
NB cela me fait penser à certains film d'amour ( Roméo et Juliette, Love Story ) où les héros s'aiment si fort, mais comme acteurs se haïssent ...
La seconde strophe et ses oxymores m'ouvre les yeux, quand vos autres vers m'apparaissent plus abscons .

   Donaldo75   
1/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cyrill,

J'ai lu ce poème comme s'il faisait partie d'un film de la Nouvelle Vague, celle de François Truffaut et Jean-Luc Godard. J'imagine bien la voix-off, celle de Jean-Pierre Léaud, déclamer la partie qui n'est pas en italique. J'imagine encore plus Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo égrener le dialogue, un peu comme dans "A bout de souffle".

Je sais, ma lecture est particulière, vu que j'ai imaginé un cadre qui n'est peut être pas à la source de ton inspiration. En plus, je suis né après ladite Nouvelle Vague dont je ne suis pas un fan absolu, mais qui représente pour moi une avancée majeure dans la manière d'appréhender le cinéma, les arts et les lettres.

Bref, je digresse.
Ce poème m'a beaucoup plu.

Bravo !

Donaldo

   PIZZICATO   
1/4/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Plus que des didascalies, j'ai trouvé ces interventions hors-dialogues inondées d'images tarabiscotées qui, à mon sens bien sûr, nuisent à ce texte plus qu'elles ne le favorisent.
Elles m'ont profondément gêné et ne m'ont pas incité à plusieurs lectures.

Seul, ce passage m'a intéressé vraiment :
" Déchirures
Petits bouts d’âme
Brisures dans le macadam
Trahisons, revers de l’enfance.
Ils ont le geste vague et des désirs d’errance."

   BRH_CORP   
2/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Le dialogue en écholalie reflète bien l'état des protagonistes dans ces "didascalies pour dialogue amoureux". Le ton théâtral est sublimé par l'esthétique d'une poésie délicate et sensuelle.

BRH_CORP

   Zoe-Pivers   
3/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cyrill,
Un dialogue sur deux rimes, aime oi, aime oi, aime oi...
Entre la fleur de lune et le mauve essor de l'autre, les corps ne pouvaient que finir sur un ok, pardon, des hoquets :)
Le décor est planté sur une scène ennuyeuse et banale qui se révèle terreau fertile.
J'aime beaucoup, merci
Zoé


Oniris Copyright © 2007-2018