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Poésie contemporaine
Cyrill : L'énergie vient du sol
 Publié le 12/07/25  -  9 commentaires  -  798 caractères  -  205 lectures    Autres textes du même auteur

Le Sacre du Printemps


L'énergie vient du sol



Porté par les humeurs d’un insatiable Igor,
En bouquets d’agrégats, le Printemps joue son Sacre.
Dans le chahut rythmique et la douleur d’angor,
L’ostinato statique insinue son pensacre.

La saison, mise bas des mains d’un avorteur
Génial, de toute part déploie sa génétique
De sordides orants, d’anges supinateurs
Crachant leur libido de gerbes maléfiques.

Le ballet multiplie les costumes de nacre
En un culte païen qui prolifère encor.
Vaslav rentre les pieds, la meute hurle au pouacre
Quand un son rituel obsède le décor.

D’ancêtres tourmentés de postures cyniques,
Secoués jusqu’aux os par d’atroces lenteurs,
À l’offrande profane, une onde spasmodique
Traverse le public en rondo salvateur.


 
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   BlaseSaintLuc   
26/6/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
https://youtu.be/yrhGmXY_wpk

Rien à dire de plus, c'est de l'éplucher de ballerine , du porté de piano, on s'envole dans l'écoute du sacre,
En lisant, on est au théâtre des champs Élysée pour la première du "sacre" et Vaslav Nijinski glisse devant nos yeux.

Décors de carton-pâte pour opéra scandale

   Donaldo75   
8/7/2025
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aboutie
et
aime bien
Voici un poème qui m'a immédiatement illustré le thème, je veux dire par là qui est rentré dans ma lecture sans avoir à chercher le comment du pourquoi de la figure de style machin dans le contexte bidule. Ici, c'est à la fois visuel, littéraire, tout en restant poétique dans une forme qui ne choquera pas le lecteur habitué à l'orthodoxie. Igor Stravinsky ne se retournera pas dans sa tombe alors que lui-même - ainsi que le chorégraphe Vaslav Nijinski - avait du lors de la première du ballet affronter les sifflets voire des manifestations plus radicales.

Bien vu !

Merci pour le partage.

   Provencao   
12/7/2025
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Bonjour Cyrill,

J'ai beaucoup aimé cette poésie très initiée de cette pensée purement abstraite de l'art.. "le Printemps joue son Sacre" vivant de la pensée, du ressenti et de l'étrange émotion, et d'une aura critique appropriée.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

.

   papipoete   
12/7/2025
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bonjour Cyrill
On s'apprête à sacrifier une jeune fille, dans l'espoir que le Dieu du Printemps soit satisfait, et accorde au peuple les meilleurs augures...
Merci Internet pour l'inculte que je suis ( plutôt tourné vers The Wall de Pink Floyd ) alors que l'auteur évoque en mots savants ce ballet si célèbre.
Je ne sais si le lecteur lambda, vous suivra avec aisance dans cette " écriture cyrillique ", que des alexandrins cisèlent de belle façon ?
NB je ne peux que me prononcer sur la technique, dont la forme contemporaine me cache, ce qui l'exclut du " néo classique " ?
l'ultime quatrain, horrible à souhait, est mon passage préféré.

   Myndie   
13/7/2025
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Quel beau poème celui qui semble hurler ses couleurs, ses rythmiques, son univers orgiaque et transgressif ! Beau comme un rêve éveillé qui prendrait la forme d'un rite païen, d'une cacophonie mystique, déshumanisée.
La danse, le ballet m'ont toujours fascinée ; je m'y retrouve complètement dans tes vers dont le rythme, les sonorités s'accordent aux mouvements des danseurs. Plus remarquable encore, ils se veulent à l'image de l'oeuvre de Stavinsky dont la brutalité musicale, rompant avec la douceur, le charme et l'académisme musical avait en son temps été huée.
Je trouve que ta poésie a la même force suggestive, le même magnétisme tellurique que Le Sacre, sa musique et sa chorégraphie inédites.
S'il me fallait citer un seul vers, ce serait celui-ci :
« Crachant leur libido de gerbes maléfiques. »

Et en plus, je m'instruis ! (le pouacre, le pensacre et les orants).
La poésie, la musique, la danse, quel plus beau mariage ?
Bravo et merci !

   Dimou   
13/7/2025
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Bonjour Cyrill,

Du contemporain de très haute voltige, j’adore, plusieurs passages au dico qui n’entachent rien au plaisir de lecture ;

Du titre l’on imagine les danseuses tirer la force de la scène, face à cette foule broyée par le génie et même exsangue. Des litres déversés pour grand chose : une légende était née.

On avait parlé de ce compositeur lors de mon arrivée il y a deux ans toi et moi, "l'oiseau de feu" m'indiquais-tu alors ( de mémoire ), compositeur que tu citais déjà en commentaires donc peut-être bien ton compositeur fétiche ?

Ce poème très technique porte la griffe de son prolifique auteur, la captation de l’attention du lecteur est méthodique, mais aucun acharnement à le convaincre, le sens poétique y suffit.

Une réussite.

Bon dimanche.

   Ramana   
13/7/2025
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Oh, là là ! Quelques vers sont à lire dictionnaire en main, on ne peut pas dire que vous faites dans le populaire franchouillard ! Ce texte rappelle un monde (populaire, mais excluant la "libido maléfique") qui n'existe plus, et que quelques Igor ont le bon goût de nous rappeler même en le travestissant un peu. Depuis que "la bande au professeur Nimbus est arrivée qui s'est mise à frapper les cieux d'alignement" (Brassens), "le sacre du printemps sonne comme un massacre"( Nougaro).
Au bout de trois lecture, je suis entraîné dans la danse.

   Mokhtar   
14/7/2025
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On serait tenté de considérer que, par le choix de ses mots pontifiants et élitistes, l’auteur cherche à en mettre plein la vue au lecteur dépourvu de dictionnaire.

Mais bien vite, dès que l’on découvre l’œuvre évoquée, on perçoit la volonté de se référer à son accueil très controversé par le public parisien. L’auteur s’emploie, par un vocabulaire déconcertant, à désorienter le lecteur, comme pour reproduire les réactions des premiers spectateurs déroutés par la musique et la chorégraphie du Sacre. En quelque sorte, il participe par un troisième art à cette révolution artistique (tellurique dit Myndie).

Il fallait en avoir l’idée, et réussir à la mettre en œuvre : Bravo !

« De sordides orants, d’anges supinateurs » ??? J’épluche avec mon Larousse et, et, mais, mais oui, mais oui : ces mains tendues ouvertes face vers le ciel, je me souviens…les danseurs athlètes de Béjart…Après « crachant leur libido », cette dernière strophe : « postures cyniques, atroces lenteurs, onde spasmodique » : c’est exactement le souvenir que j’en ai. Et bien net !

Je pense que la qualité d’une poésie réside non seulement dans la façon dont elle transporte, mais aussi par le choix du lieu où elle nous emmène songer, rêver, divaguer...

Merci pour cette superbe évocation, qui ne peut qu’inciter à se replonger dans l’œuvre.

Nota : je cale sur « pensacre ». Néologisme ? Ou bien allusion à la toxicité invasive de la plante, un peu comme l’est l’ostinato.

   Cyrill   
24/7/2025


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