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BlaseSaintLuc
26/6/2025
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
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Oui "sagesse" je n'ai pas de dents contre, rien de plus pour non plus, la poésie moraliste, n'est pas dans ma liste de course en tête, ce n'est pas si mal, juste un "si" bémol.
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Dimou
27/6/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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"La sagesse réside dans une demeure sans clés"
Ha !!! Voilà que je me cite !! Ça colle à votre poème non ? Un libre léger, traitant de cette fameuse sagesse, combien de femmes et d'hommes y sont arrivés ?? Très peu soyons sérieux. Il faut tuer l'égo et c'est dur. Votre poème se laisse lire, vous vous adressez à quelqu'un, je pense à vous-même. Viser le rire, arrêter avec les chimères ! Bon conseil, et puis jeter la clé !! Merci du partage |
ALDO
11/7/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Où est la danseuse qui s'accroche à une cravate, un chapeau jaune, la peluche Ours,
pendant que tout autour un monde s'écroule, finit ? Ne plus rêver, s'attacher à ce que l'on voit... Jeter la clé des absolus pour que le chausson retrouve la stabilité sage du sol. Oui, cela ressemble à de la sagesse... Mais pourquoi opposer le rêve à la matière ? Peut-être sont-ils le flux et le reflux d'une même terre. Le réel, « ce que tu vois », est-il aussi stable ? N'est-il pas, lui aussi, une projection de notre tristesse sur les choses ? Le sol de la maison aux portes abandonnées : chimère, un leurre, une autre divinité... Rien ne peut se passer d'absolu, de mensonge, de malice : Eskisse, gardez la clé ! ou alors, jetez-là ... elle sera, demain, de nouveau dans la serrure de votre lieu ! |
Provencao
11/7/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Bonjour Eskisse
"Qui n’ont que leur gaîté en pâmoison C’est là qu’il faut pencher ton regard Sur ce que tu vois Et non ailleurs dans tes rêves de linotte" C'est à mon sens cette clarté et beauté poétique qui nous le font comprendre. Au-delà de la clé qui ne chuchote rien, votre poésie nous enseigne la force et la clarté de la Sagesse des hommes. Au plaisir de vous lire, Cordialement |
papipoete
11/7/2025
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bonjour Eskisse
à quoi bon fermer les portes de ta maison à clé ? elle ne demande pas mieux de les laisser ouvertes ! NB pardon chère poétesse, mais vos lignes me semblent beaucoup moins compréhensibles, que la fameuse Vague du dernier concours. Vous viendrez à coup sûr nous en dire davantage, sur ces clés, dont la chimérique " qui ne chuchote rien " Est-ce un rempart que l'on veut ériger, face à quelque visiteur lorsque l'on n'a plus envie de voir personne, même un ami ? Je lis et relis... |
Mokhtar
11/7/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Apprends à te contenter des bonheurs du jour...Ne t'illusionne pas d'ambitions irréelles et irréalisables...
Ton simple bonheur est à portée de toi : prends-le tel qu'il est. Jette cette clé des ambitions illusoires qui n'ouvrira jamais rien pour toi. Hymne à la sagesse, à la modestie. On dirait des propos du Dalaï Lama. Si j'ai bien compris, bien sûr. J'apprécie ce propos philosophique poétiquement exprimé. |
EtienneNorvins
12/7/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Merci Eskisse pour les remerciements et éclaircissements déjà mis en ligne, mais cela rogne un peu les ailes du lecteur attardé… :)
Lequel aborda ce texte moins dans les échos de Michaux que dans les parages de Ponge (ce qui est flatteur) ou de Delerm (ce qui l’est sans doute moins) – avec une dimension très ironique. Quelle sagesse en effet, à première vue bien terre à terre ! Le hic et nunc comme alpha et omega du poème à venir – qui ne sera jamais qu’un bibelot d’inanité sonore… A s'arrêter là, on n'a en effet qu'une morale rebattue... Mais un cran au dessus – ou au dessous : le cœur du poème est cette clé « chimérique », « qui ne chuchote rien » - cette clé sans souffle, sans voix, sans âme – puisqu’il n’est pas de serrure aux ouvertures de « ta demeure » sans portes… Une clé comme une lampe d’Aladin sans génie - une clé qui ne "te" parle pas ou ne "te" dit que des platitudes... La clé à la mode, qui enfonce des portes ouvertes ? Alors – en effet : prendre soin de son champs : y travailler à sa façon, y prendre de la peine sans rien « à la clé » puisqu’il n’est pas de « clé des champs » ; et dans ce champs « de ce que tu sais faire » où est ancrée la demeure, accueillir le chant qui jaillit – cette « pâmoison » – chant qui n’est pas de linotte (dont les rêves écervelés peuvent égarer – on note qu’il ne sera possible de jeter la clé des songes creux que « demain », à l’aube, après la nuit…) mais pourquoi pas de rossignols ? Et cela rappelle un autre poème : Leur envol soufflera sur ta peau sur ta voix Peut-être verras-tu et l’espoir et ma joie. En te souhaitant de continuer longtemps à creuser ton sillon, loin des miroirs aux alouettes, pour notre plus grand plaisir de lecture… |
Louis
20/7/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Le poème s’adresse à soi-même et à chacun : « Tu cherches… »
Il vise à dégager une leçon de vie d’une pratique que toute une tradition désignerait : "folle" ou déraisonnable, tout à l’opposé de ce qu’elle appelle : « sagesse ». Cette folle pratique se résume dans une quête : « Tu cherches une clef qui n’existe pas » Une clef donc irréelle, une clef imaginaire. Cette clef, il convient de la considérer illusoire, et surtout : "utopique". En tant qu’elle est associée, en effet, à une autre quête qui, au fond, s’avère la même, celle d’un : « lieu qui n’a jamais eu lieu ». Or l’utopie désigne étymologiquement ce qui n’est d’aucun lieu, ou encore plus précisément : ce qui à la fois constitue un lieu bon et un lieu inexistant. La clef serait peut-être inexistante, parce qu’elle ouvrirait sur ce lieu inexistant, utopique, bel endroit, bon pour y vivre et donc désirable, et l’on sait, comme Freud l’a clairement montré, que toute croyance dérivée du désir, même celle de l’apparition du prince charmant "en chair et en os", qui satisferait, par le plus grand des hasards, le vœu d’une jeune fille, reste aussi une illusion, et ne constitue pas un savoir. La poursuite d’une "utopique" clef serait peu sage, mais pourquoi ? Ce qui n’a jamais existé pourtant ne prouve pas qu’il sera toujours inexistant. Sans quoi, il n’y aurait jamais de nouveauté. Ce qui n’existe pas aujourd’hui ne signifie pas qu’à jamais il sera inexistant. Ce ne serait donc pas tout à fait déraisonnable de désirer ce qui n’est pas encore, c’est-à-dire de l’espérer. Il peut paraître pourtant et même s’avérer irréalisable, inaccessible, ou d’une réalisation possible, mais très incertaine. Ce qui est inexistant aujourd’hui, comme il l’était dans le passé, risque de demeurer irréel, ou ne trouver que rarement et difficilement une réalisation dans l’avenir. La quête d’une telle chimère ne peut donc qu’être vaine, et n’aboutir qu’à la frustration et la tristesse, et laisser fuir le présent. Il serait en effet peu sage de désirer l’impossible, ou bien de poursuivre une illusion qui ne trouvera que difficilement, et sans aucune certitude, la voie du réel. C’est manquer de sagesse que de se condamner aux perpétuelles déceptions, à la tristesse, au malheur. Contre cette pratique peu sage, la suite du poème donne la conduite à tenir. Elle se condense dans un précepte éthique : « Prends soin de ta demeure » Celui-ci se ramène à cette autre maxime : « prends soin de toi ». Car « ta demeure », c’est ton "chez toi". Se manifeste ainsi un « souci de soi », pour reprendre la formulation célèbre de Michel Foucault. La sagesse consiste bien ici, conformément à son sens originel, dans une éthique. « Prends soin » sonne, en effet, comme un conseil, et non comme le commandement, l’obligation d’une morale du devoir. Nous sommes bien dans l’éthique comme art de l’existence ou art de vivre une "vie bonne", et non dans la morale. Prendre « soin de soi », c’est instaurer un rapport à soi thérapeutique dans lequel on prodigue des soins au corps, mais aussi et surtout à "l’âme". Le souci éthique de soi est un souci du "care’", comme disent les anglo-saxons. L’éthique ou la sagesse s’avère aussi une thérapie, qui s’appuie sur une clinique : S’il convient de prendre soin de soi au sens de prendre soin de sa « demeure », c’est que celle-ci, ainsi que l’expérience vécue le révèle : « a des dons pour l’abandon de toutes les portes » Soi, ou sa demeure, possède une aptitude, une facilité pour « l’abandon des portes ». Le renoncement à celles-ci est refus de l’ouverture aux autres et fermeture sur soi ( alors que les fenêtres consistent plutôt en des ouvertures et fermetures sur l’air, le jour, la lumière). L’abandon de toute porte qui ne laisserait subsister que murs et fenêtres aboutirait donc à une vie en vase clos non communicant ; à l’isolement, à la solitude. Une solitude douloureuse comme sentiment d’« abandon », qui rend compte de la répétition, de l’écho du « don » dans ce mot. Maladie de la solitude, dont se dégagent ici les symptômes. L’abandon des portes pourrait pourtant se comprendre encore au sens d’une demeure, d’un chez soi grand ouvert, toujours ouvert, où rien ne ferme, et dans lequel n’importe qui pourrait pénétrer. Mais ce sens ne s’accorde pas avec la quête d’une clef utopique qui ouvre sur un monde désirable pour le refermer sur lui-même, afin d’en éviter la fuite ou la dissolution. La conduite à tenir consiste ainsi dans un "détournement du regard" qui permet de prendre soin de soi, d’éviter la solitude et la tristesse "pathologique", car tout est dans le tour qu’implique la clef, tour et détour. Ce n’est pas un tour de vis, mais un tour de vie qu’il est nécessaire d’opérer. Il s’agit de donner à sa vie un autre tour. Les mots du poème ainsi tournent avec ce mot « tour », vers « d’autres tours malicieux » qui ne sont plus des tours de clef, mais les "bons tours" : plaisanteries, espiègleries, pour : « des détours de rire » C’est au tour du rire qu’il faut passer, et non s’arrêter au tour de clef. C’est à la « gaité » bien réelle, réellement produite dans la vie concrète, c’est là qu’il convient de ramener le "jeu de clefs". Et : « C’est là qu’il faut pencher ton regard » « non ailleurs dans tes rêves de linotte » Le détournement du regard se fait des rêves, songes de clefs, vers la réalité concrète, en une approbation joyeuse de cette réalité. Ce n’est pas faiblesse par incapacité de réaliser les rêves, ou les idéaux imaginés ; mais un nouveau "tour de force", par une puissance affirmative et non réactive faite de ressentiment à l’égard du réel duquel on se venge qu’il n’ait pu se hisser à la hauteur de nos idéaux ; une force de vivre, oui, proche de ce que Clément Rosset appelait : « force majeure ». Ce n’est pas non plus rire d’insouciance, mais rire simple et joyeux, qui aime et qui adhère, goûte et connaît. Seule une espérance insensée, car par avance déçue, conduit à préférer à la conscience lucide, clairvoyante et éclairée de ce qui est, l’illusion rassurante de ce qu’on rêverait qui soit. Joie, exprimée dans le rire, non simplement joie superficielle et éphémère, simple réjouissance circonstanciée, mais joie durable, force de joie. « rires (…) qui n’ont que leur gaîté en pâmoison » Une gaîté que n’ouvre pas la clef des songes, ou le sommeil de l’imaginaire, mais le bien-être d’une pâmoison, dans un état d’éveil. Joie-gaîté qui se suffit à elle-même, dans sa puissance affirmative accrue de la vie. Alors s’impose cette décision qui va dans le sens de la conduite à suivre : « Demain tu jetteras la chimérique La clef qui ne chuchote rien » La clef chimérique, inexistante, est à « jeter ». Bien qu’illusoire, la clef existe, elle existe comme objet d’une quête, comme objet imaginaire pareil au Graal qui n’existait que d’être recherché, objet fantasmé du désir. Il s’agit donc de rejeter cette clé hors de la vue de l’esprit par le détournement du regard, de l’attention ; par le passage de l’onirique au réel, de l’espérance du lendemain à la présence d’aujourd’hui. Mais, ah ! le rejet de la clef est envisagé pour « demain » ... La clef ne « chuchote » rien, elle ne parle pas, et pourtant, paradoxalement, il ne convient pas de lui laisser le « dernier mot » Comment comprendre ce mutisme de la clé chimérique, qui devrait "parler" pourtant des lendemains qui chantent, des bonheurs espérés. Mais elle fait « voir » plutôt que parler. Voir une situation meilleure, plus satisfaisante, plus idéale, mais ne dit rien sur la manière de mener sa vie, ne constitue pas un savoir-vivre, donc une sagesse. On ne fait que rêver sa vie au lieu de la vivre. Le poème laisse à la clef le dernier mot pour la désigner, mais pour la désigner comme n’étant pas le dernier, lui qui se trouve aussi bien dans le premier, le titre même du poème : sagesse. Non pas une sagesse superficielle, de pacotille, mais celle qui touche à une éthique de la joie, conçue par les plus grands penseurs dans la lignée d’Épicure, de Lucrèce, de Montaigne, et surtout de Spinoza, poursuivie à l’époque contemporaine par Deleuze ou Clément Rosset et quelques autres. Si le rêve et l’imaginaire doivent avoir leur part dans la vie bonne, il ne convient pourtant pas de leur laisser "le dernier mot" qui, lui, doit revenir à la sage raison. Meri Eskisse pour cette leçon poético-éthique. |