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Poésie néo-classique
Cyrill : La chose trémière
 Publié le 11/09/26  -  14 commentaires  -  616 caractères  -  320 lectures    Autres textes du même auteur

“Good evening peepers, prowlers, pederasts, panty-sniffers, punks and pimps.”
James Ellroy


La chose trémière



Sur le macadam, la chose trémière
Arbore un pétale où gît un remords.
Gemme spéculaire en mal de lumière,
Miroir oublié dans un angle mort,

Ce regard venu du fond de l’ornière
Où suinte un espoir qui susurre encor.
Cet œil bredouillant, jusqu’à la lisière,
Une cataracte aux crayeux accords,

Se fend d’un iris rongé de céruse.
Le sourire aveugle au jour qui s’éteint,
Clos dans le sursis de braises diffuses,

Joue sur un visage aux reflets d’étain ;
Il signe son fait d’un arc incertain,
Recueillant la nuit de sa lente excuse.


 
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   Donaldo75   
2/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Ouarf ouarf, dirait mon ancien voisin de palier, un afficionado des jeux de rôles et autres trucs où l'imaginaire nous ramène à l'enfance, par le Troll magique voici de la bonne poésie de derrière les fagots. Le sonnet tonne au canon de la prosodie, le mage Sorgel n'en rougirait pas tellement la métrique scande le fond, tellement la rime ne sent pas l'artefact d'une vieille sorcière en mal d'inspiration. Quant à la quête de sens, elle demande des efforts à la lecture de ce parchemin un tantinet cryptique. Mon voisin plongerait volontiers dans l'Egypte ancienne, invoquerait Champollion pour réconcilier de son cerveau droit les méandres de son hémisphère gauche. Moi, je dis simplement qu'il faut se laisser aller, trouver la voie sans la chercher, se coucher dans le champ lexical et profiter des brins de vers, des gerbes de mots. Là où mon voisin lancerait son dé à quinze faces, je répondrais avec des champignons au goût de chocolat, des lapins ornés de haut de forme, sans chercher à sortir de derrière le miroir.

Bravo !

   Provencao   
11/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Cyrill,

"Joue sur un visage aux reflets d’étain ;
Il signe son fait d’un arc incertain,
Recueillant la nuit de sa lente excuse"

J'ai bien aimé ces reflets du plaisir esthétique qui capte notre bienveillance, couvre le langage pour donner lieu à l’écho littéraire, l’accompagnant vers d'autres perspectives poétiques.

Est-ce que la pensée poétique imaginaire de la discipline renferme les rêves dans la morale de l’imaginaire où le corps de la chose trémière prend son envol ?

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Boutet   
11/9/2026
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aboutie
et
aime bien
Bonjour

On peut se demander pourquoi l'auteur a préféré le mot de chose au lieu de rose. Ce sonnet contemporain est une suite de belles images comme je les aime même si je ne comprends pas l'hémistiche " où git un remords" mais la suite est une belle succession de métaphores où l'on peut retrouver un coté mallarméen.
Mais pas plus que je n'ai compris le remords, je ne saisis pas le dernier vers et sa lente excuse.
La rose trémière pousse n'importe où, quelques fois jaillit d'un creux de goudron d'un trottoir.
Un bel ensemble malgré quelques incompréhensions que l'auteur nous expliquera.
Et l'exergue en anglais n'est pas fait pour nous éclairer même si je connais l'auteur.

Après relecture, l'auteur a-t-il voulu nous présenter une péripatéticienne ou autre peuple de l'ombre britannique ou américain comme une rose trémière, ce qui expliquerait ce changement de rose en chose du titre, mes incompréhensions et quelques autres vers comme " Ce regard venu de l'ornière" ?

Mystère.

   jf2   
11/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Le lapin blanc de Cyrill ne nous conduit pas au pays des merveilles mais plutôt aux portes de l’enfer de Dante.
J’ai interprété ce poème comme la descente aux enfers d’un être humain, probablement d’un SDF qui, à la suite d’un aléa de la vie (le remord), va progressivement disparaître de la société.
Seul le sourire de l’avant dernière strophe semble laisser une lueur d’espoir ou...l’acceptation de sa condition.
Brrr…

   BlaseSaintLuc   
11/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
La rose trémière n'a pas de parfum, mais un romantisme fou (surtout dans les jardins de curé).

Elle avait pour les anciens, surtout, l'avantage de capter l'humidité (ce pourquoi on la retrouve surtout le long des murs).

Mais ici, la rose trémière traîne sur le macadam et arbore un pétale, fille de trottoir ?

"Ce regard venu du fond de l’ornière, où suinte un espoir qui susurre encor." Évidemment.

Qu'importe au fond, les vers sont au poil.

   rendu   
11/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour

Toute la faune américaine d'après l'exergue, réunie sur un trottoir ou une route. Cette comparaison avec la rose trémière qui pousse également en forçant quelques fois le goudron est une jolie trouvaille.
L'auteur ne m'épargne pas dans ses commentaires sur mes poèmes mais par soucis d'honnêteté intellectuelle je suis obligé d'admettre que son poème est une réussite, tant par ses métaphores particulières que dans son ensemble.

   Pussicat   
11/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Lu en EL mais non commenté. Pourquoi ?
parce qu’il était évident que le texte serait ici,
dès le premier vers,
par sa maîtrise, les images, les allitérations,
par ses références,
par son élan poétique, son électricité,
« cet œil bredouillant... »
« Le sourire aveugle au jour qui s’éteint,
Clos dans le sursis de braises diffuses, »
qu’aurais-je pu en dire ?
Oh... pfou… ouche !
La rose se fait chose…
puis l’exergue signé James Ellroy : Bonsoir aux voyeurs, rôdeurs, pédérastes, fétichistes de la culotte, punks et maquereaux.
Je n’ai que deux mains

A bientôt de vous lire

   Passant75   
11/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Chose, a-t-elle vécu ce que vivent les roses ? Bien que gardant une sonorité assez proche, la fleur perd son nom pour devenir indéterminée, mais le texte tourne autour du regard qu’on lui porte. D’abord surpris par l’exergue de James Ellroy, d’une crudité triviale, j’ai vu ensuite la rose devenir une fleur du macadam, prostituée sous le regard des « peepers » et la protection des « pimps ».

Dès lors, les images du poème prennent une autre dimension, la fleur, réduite à une « chose », devient l’objet d’un regard qui la déshumanise. « La chose trémière » évoque moins une fleur qu’une femme offerte aux regards et n'étant plus qu'un objet sexuel. Cela donne au poème une tonalité sombre, presque dérangeante, où la beauté de la rose contraste avec la vulgarité du monde dans lequel elle est placée. Il ne s’agit évidemment que de mon interprétation, et je ne prétends pas qu’elle corresponde nécessairement à l’intention de Cyrill, mais c’est ainsi que j’ai perçu le texte.

   Curwwod   
11/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
Sans doute avec l'âge suis-je devenu un vieux tromblon ignare et sans imagination, car je n'ai strictement rien compris ni rien ressenti à la lecture de ce texte en décasyllabes ( pour moi le vers le moins harmonieux , je préfère 8 ou 12 syllabes). J'y vois une tentative pédante de faire savoir au lecteur (à moi en l’occurrence) qu'il n'est qu'un imbécile : pour moi la poésie doit d'abord toucher celui qui la lit et pour cela être compréhensible au premier venu (nb :qui ne possède pas de bagage universitaire requis pour y accéder.) On ne peut rien reprocher à votre technique poétique, ou si peu, que me paraît infiniment regrettable cette recherche élitiste de l'obscur dans l'expression alors qu'il est possible de produire une poésie riche d'images et capable d'émouvoir en termes simples (pas simplistes). J'ai l'impression de lire un texte volontairement fabriqué pour triompher dans un concours de style des amis de Mallarmé et ne ressens aucune émotion, si tant est que vous en ayez éprouvé une vous même en le construisant.

   LeChevalier   
11/9/2026
S'il est certain qu'Oniris est le paradis du sonnet, je voudrais bien savoir si l'on y a déjà vu cette forme exécutée en décasyllabes 5 + 5. Si j'ai bien compté, c'est le cas de cinq des « Sept sonnets à Marie Mattéi » de Théophile Gautier. Je les ai souvent lus et à chaque fois je me suis demandé pourquoi ce grand poète s'est amusé à employé un vers aussi capricieux pour faire des sonnets, forme assez embarrassée en elle-même. Mais bon : on note la rareté et on continue.

Non, attendez, il faut que je dise quelque chose à propos des rimes triples dans les tercets. A la première lecture, j'ai eu l'impression que le dernier vers ne rimait avec rien ; je crois que j'en vois la raison : comme « diffuses » répond à « céruse », il est assez normal de ne plus attendre une rime en -use. Or, il y en a.

Encore un mot sur la technique : l'enjambement du v. 9 ne me paraît pas judicieux, surtout avec ce point après « céruse ». C'est assez... ostentatoire, dirais-je. Artificiel plus qu'artiste. Mais plusieurs maîtres du sonnet m'ont précédé dans les commentaires, leur opinion prévaut.

Quelques mots à propos de la syntaxe. Comme l'auteur s'est astreint à une description, les propositions relatives sont très nombreuses : « où gît un remords », « où suinte un espoir », « qui sussure encor », « qui s'éteint ». Autre conséquence de l'approche descriptive, les participes : « bredouillant », « recueillant » ; il y a aussi des participes passés, au moins trois, mais leur présence me paraît moins intéressante.

Sur le sens. C'est une description psychologisée d'une fleur. Ce qui me dérange, c'est l'intrusion du lexique clinique : « cataracte ». Ce seul mot colore, en deuxième lecture, le mot « mort », qui apparaît plus haut d'une teinte de cabinet de médecin légiste, tout en conférant un sens médical à « fend » et à « aveugle ». Comparer une fleur à un oeil est assez classique mais fallait-il pousser aussi loin l'effort ? Et puis, tout ce vocabulaire minéral -- « gemme », « céruse », « étain » -- on peut très facilement oublier qu'il s'agissait d'une plante vivante. D'ailleurs, pourquoi avoir mis « chose » à la place de « rose » ? Cela aussi, il me semble, supprime un peu de vie...

   Myndie   
12/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Cyrill,

J'ai senti les effluves de ton « Black dahlia » d'antan. J'y retrouve le même travail d'écriture, poétique et exigeant.
Déjà le détournement de l'expression «  rose trémière » est original et très évocateur ; on passe immédiatement d'une fleur haute et élégante à un corps gisant sur le bitume. Comme métaphore morbide, on ne fait pas mieux ; on entre de plain pied dans l'univers noir, sordide et poisseux de James Ellroy, dans les bas-fonds de la ville, manifestement sur une scène d'agression.
Comme toujours avec toi, la grande richesse du lexique apporte sa texture au texte. « gemme spéculaire », « crayeux », « céruse », étain », tous ces termes nous font ressentir aussi bien le minéral, sa dureté, ses teintes, que le végétal abîmé.
Les sonorités jouent aussi leur rôle : allitérations en s et en r qui suggèrent parfaitement le chuchotement évoqué par le vers 6.

J'aime ta facilité à utiliser un langage très sophistiqué, voire complexe pour faire plonger le lecteur dans une réalité glauque. : comme le contraste entre la belle rose trémière et ce qui évoque la quasi décomposition d'un corps, l'opposition est saisissante entre les images urbaines d'une grande brutalité et la préciosité poétique de ta plume. Bravo !

   Cyrill   
18/9/2026

   Lariviere   
18/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Salut Cyrill,

J'arrive un peu tard, mais je rattrape le retard après un assez long silence...

Alors, si j'aime autant le style singulier et que je reconnais ta "patte" et la patine de ta poétique, je suis ici moins conquis que d'habitude. Je vais essayer de m'expliquer (!) pourquoi.

Déjà, je n'ai pas la réf. qui est donné en exergue mais finalement ca n'a guère d'importance.

Sur le poème, si j'aime comme toujours ce côté "rimbaldien" du rendu, la richesse du vocabulaire, l'originalité de l'association sémantique, l'incongruité assez saisissantes des images, je leur ai trouvé moins d'impact qu'à l'accoutumé. Ensuite, le rythme est plaisant et suffisamment particulier pour être intéressant, mais il ne m'a pas d'emblée séduit en terme de sensation de lecture instinctive.

Enfin, je trouve le tercet de fin assez différent en terme de registre, presque trop sage, dépourvu de cette fameuse singularité d'expression...

Voilà ce que je pouvais te dire de "subjectif" en terme de ressenti...

Merci quand même pour cette lecture qui m'a intéressé toutefois et que j'ai aimé, mais pas "adoré" comme souvent... Et surtout, bonne continuation !

   Polza   
18/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Salut mon copain. Je ne connais pas bien l’univers de James Ellroy. Je le connais de nom bien évidemment et je sais que c’est un écrivain à lire, mais ça s’arrête malheureusement là pour moi…

J’ai beaucoup apprécié le titre « La chose trémière ». Nul besoin d’être expert en botanique pour comprendre le jeu de mots avec « La rose trémière ».

Il y a des mots qui sont facilement définissables, qui tiennent en peu de mots, ce n’est pas le cas de la chose qui est assez complexe…

Dictionnaire de l’Académie française

« CHOSE nom féminin
Étymologie :
ixe siècle. Du latin causa, proprement « cause », qui, à basse époque, avait pris dans la langue populaire le sens de res, « chose ».
■  Désigne, de la façon la plus générale, tout ce qui existe objectivement ou qui est concevable, au sens concret ou abstrait. Les emplois de ce terme sont innombrables et varient selon le contexte.
1.  Ce qui existe, ce qui est réel. Dieu a créé toutes choses. Les choses de ce monde. L’ordre des choses. Appeler les choses par leur nom. Les mots ne sauraient remplacer les choses. Un nom de chose. Le nom ne fait rien à la chose. L’idée est ingénieuse, mais la chose est irréalisable.
▪ 
MARQUE DE DOMAINE :
PHILOSOPHIE. Réalité considérée comme existence individuelle et concrète, composée de propriétés stables, indépendante de sa représentation dans l’esprit (on dit aussi Réalité objective). La chose est distincte de l’idée. Ce qui existe par soi-même et dont la nature est définie par un attribut principal (on dit aussi Substance). Pour Descartes, l’homme est composé de deux substances : l’âme ou chose pensante, le corps ou chose étendue qui occupe une portion de l’espace dans lequel il est situé. Spécialement. Dans la philosophie kantienne. Chose en soi, ou Noumène, par opposition à Chose telle qu’elle apparaît, ou Phénomène. La chose en soi est inconnaissable ; nos sens et notre entendement ne nous font connaître que les choses telles qu’elles sont données dans l’esprit.
▪ 
MARQUE DE DOMAINE :
MORALE. Être privé de raison et de volonté, par opposition à Personne. Selon Kant, les choses peuvent être utilisées comme moyens, les personnes doivent être considérées comme des fins.
2.  Objet matériel. Une quantité de choses. Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place. Ce bibelot est une bien jolie chose. La table était couverte de toutes sortes de bonnes choses. Leçon de choses, enseignement élémentaire des sciences naturelles. Fam. Ce dont on ignore le nom, que l’on ne peut ou que l’on ne veut pas nommer. Passez-moi cette chose qui est sur la table. Cette chose qu’il nous a fait manger. Ce monsieur Chose, comment va-t-il ?
 Titre célèbre : Le Petit Chose, d’Alphonse Daudet (1868).
3.  Ce qu’on possède, ce qu’on a ; ce qui appartient à quelqu’un.
MARQUE DE DOMAINE :
DROIT. Choses, objets sur lesquels peuvent exister des droits ; biens. Chose fongible, voir Fongible. Choses communes, à l’usage de tous et non susceptibles d’appropriation. L’air, l’eau sont des choses communes. Dans l’Antiquité, l’esclave était la chose de son maître. Fam. et péj. Être, devenir, se faire la chose de quelqu’un. Prov. Chose promise, chose due.
4.  Surtout au pluriel. Ce qui arrive ; fait, évènement ; éventualité, circonstance. La même chose m’est arrivée. Raconter les choses telles qu’elles se sont passées. Les choses en sont là. Les choses pouvaient mal tourner. En mettant les choses au mieux, au pis, par hypothèse favorable, défavorable. Dans l’état actuel des choses. Toutes choses égales d’ailleurs, en admettant par hypothèse que les autres aspects de la situation ne changent pas. Laisser faire les choses, laisser aller les choses, ne pas intervenir. Aller au fond des choses, ne pas se contenter d’un examen superficiel. Regarder, voir les choses en face. Prendre les choses comme elles viennent. Ce sont des choses qui arrivent. Le hasard fait bien les choses. Le cours naturel des choses. Les choses de la vie, de l’amour. Les choses ont beaucoup changé. De deux choses l’une, entre les deux termes d’une alternative, il faut choisir. Par la force des choses, à la suite de circonstances contraignantes.
5.  Situation, conjoncture ; l’affaire en question. Comment la chose se présente-t-elle ? Je voudrais tirer la chose au clair. Il a fort bien pris la chose. Inutile d’envenimer les choses. Mettons les choses au point. La chose est décidée. Au point où en sont les choses. Les choses étant ce qu’elles sont.
MARQUE DE DOMAINE :
DROIT. Chose jugée, acte de juridiction pouvant être exécuté et faisant obstacle à un nouveau jugement pour la même cause entre les mêmes parties. L’autorité de la chose jugée.
6.  Ce qu’on fait ; acte, activité. Faire bien les choses, agir de la façon qui convient. Ce sont des choses qui ne se font pas. C’est chose faite, se dit en parlant d’une action accomplie. Chaque chose en son temps. Ne pas faire les choses à demi. Remettre les choses à plus tard. La moindre des choses, le moins qu’on puisse faire. Promettre et tenir, ce n’est pas la même chose. Il a fait beaucoup de choses dans sa vie. Être appelé à faire de grandes choses. Il sait beaucoup de choses, il a beaucoup de connaissances.
▪ 
MARQUE DE DOMAINE :
POLITIQUE. La chose publique, les affaires publiques, l’État.
7.  Ce qu’on veut exprimer, les propos que l’on tient. Dites-lui bien des choses de ma part, faites-lui bien des compliments. Il lui a dit beaucoup de choses obligeantes. Ce ne sont pas des choses à dire. Il y a des choses intéressantes dans cet essai.
8.  Loc. Quelque chose (l’adjectif qui l’accompagne est toujours au masculin et précédé de la préposition de). Se dit d’une réalité indéterminée que le contexte précise plus ou moins. S’il vous manque quelque chose, dites-le-moi. J’ai rarement vu quelque chose d’aussi beau. Il y a là quelque chose de louche. Il y a quelque chose entre eux, il y a une intrigue, un lien, une brouille. Il faut faire quelque chose, il faut agir. C’est peu, mais c’est déjà quelque chose, c’est un début. Il a été pour quelque chose dans cette affaire, il y a joué un certain rôle. J’ai quelque chose à vous dire. Elle a sûrement quelque chose, elle est contrariée ou malade. J’ai peur qu’il ne lui soit arrivé quelque chose, un accident. J’ai pris quelque chose ou, subst., un petit quelque chose, j’ai bu, mangé légèrement. Adverbialement. Fam. Il y a quelque chose comme six mois de cela, il y a environ six mois. Prov. À quelque chose malheur est bon, un évènement fâcheux peut avoir une conséquence favorable. Fam. Cet enfant promet : on en fera quelque chose. Pop. Avoir quelque chose dans le ventre, avoir du courage.
▪  Autre chose (sans article, toujours au masculin), une réalité différente. J’ai autre chose à faire que de vous recevoir. Je n’ai pas écouté, je pensais à autre chose. Parlons d’autre chose. Autre chose est d’affirmer, autre chose de prouver. C’est autre chose que ce qu’on attendait. Pop. Voilà autre chose ! Par emphase. De mon temps, c’était autre chose.
▪  Grand-chose, surtout dans l’expression Pas grand-chose, peu de chose. Cet ouvrage ne vaut pas grand-chose, il n’est pas bon. Fam. C’est pas grand-chose, quelqu’un de peu estimable.
▪  Peu de chose, une chose peu importante. Ne me remerciez pas, c’est peu de chose.
▪ Loc. adv. Avant toute chose, d’abord, en premier lieu.
9.  Adj. Fam. Mal à l’aise d’une façon indéfinissable, souffrant. Se sentir un peu chose. Elle m’a paru toute chose. »

Oui je sais, c’est assez long, mais j’aime les commentaires quand ils occupent l’espace !


Ton poème commence par « Sur le macadam » et comme je l’évoquais récemment, quand je pense macadam, je pense cow-boy, Dustin Hoffman et Jon Voight…

Ce qui est curieux, c’est qu’ayant pris connaissance de ton poème, complètement par hasard, deux jours après, j’ai vu que ce film était en replay sur la plateforme de France TV. J’avoue avoir été un peu déçu par rapport à la première fois où j’ai vu ce film, je trouve qu’il a mal vieilli…

Avant d’aller plus loin dans mon « analyse » vers par vers, si je dois considérer le tout objectivement, je trouve que la recherche du mot parfait, de la formule qui fait mouche (morte ou vivante) nuit à la lisibilité de ton poème, j’ai comme un sentiment de… j’ai envie de dire académique, mais ce n’est pas cela, je ne trouve pas le mot que je cherche…

Pour exprimer ma pensée plus simplement (pour ne pas dire bêtement), je trouve que sur ce poème, ta recherche poétique nuit à ta poésie, elle prend beaucoup trop le dessus selon moi…

« Gemme spéculaire en mal de lumière,
Miroir oublié dans un angle mort, »

spéculaire et Miroir sont légèrement redondants, mais peut-être est-ce voulu…

« Miroir oublié dans un angle mort,

Ce regard venu du fond de l’ornière »

J’ai bien aimé « Miroir/regard », non seulement pour la proximité phonétique, mais en plus, pour le sens cher à Cocteau, se regarder dans un miroir… (se regarder dans un mouroir pourraient dire certaines personnes âgées)

« Où suinte un espoir qui susurre encor. »

J’ai vraiment apprécié ce vers, je le trouve très imagé et poétique…

L’acrostiche COCU voulu ou non du second quatrain m’a bien fait sourire, ma grivoiserie me perdra !

« Ce regard venu du fond de l’ornière
Où suinte un espoir qui susurre encor.
Cet œil bredouillant, jusqu’à la lisière,
Une cataracte aux crayeux accords, »

En dehors du sens, je me demande si la forte allitération en R est voulue. Elle est d’ailleurs assez omniprésente dans tout ton poème en relisant bien…

J’avoue avoir du mal à pousser ma réflexion plus loin qu’ici.
Je n’ai pas été sensible à ton poème et j’en suis désolé. Peut-être me manque-t-il des références, peut-être n’ai-je pas tout compris, peut-être aurait-il fallu que je connaisse mieux l’univers de James Ellroy pour appréhender le tout ?

Sur le papier c’est joli, mais dans ma petite tête de moineau, c’est assez abscons. Je sais que tu ne m’en voudras pas et que tu préféreras un commentaire sincère plutôt qu’un commentaire faussement complaisant…


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