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Poésie classique
David : Chemins de ronde
 Publié le 01/08/11  -  7 commentaires  -  728 caractères  -  185 lectures    Autres textes du même auteur

Rien à signaler.


Chemins de ronde



La route est comme un mur où passe, automobile,
Un convoi de feu rouge ou blanc quand vient la nuit,
Dans un bruit d'ascenseur et de gomme qui fuit,
D'invisibles relents de cendre volatile.

Déjà que la pénombre a rendu bien nubile
Un décor aux contours noyés de son enduit,
Ce bitume aussi noir a bel et bien détruit
Le chemin de traverse, à l'aurore inutile.

Elle est libre, araignée ou bien cartes du front
Mais plus de territoire où les champs attendront
Leurs batailles, vaincus, cernés des sentinelles.

En guise d'abreuver, voilà ces aqueducs
Les fourches à l'envers, caudines, tons caducs
D'une herse piétonne entre deux citadelles.


 
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   Anonyme   
17/7/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour. Je ne vois rien à reprocher à ce texte en ce qui concerne le respect de la prosodie. Il me semble pourtant, bien que ça ne soit pas hors sujet, que l'automobile du premier vers est surtout là en guise de cheville. Je me suis aussi interrogé sur ces cartes du front que l'on trouve dans le premier tercet. Sans doute les cartes routières... Si j'ai bien compris il s'agit d'un petit réquisitoire contre nos modernes voies de transhumance... Pourquoi pas quand bien même ce sonnet me laisse un peu perplexe en ce qui concerne le tercet de chûte, un peu trop torturé pour ce qui est de l'écriture... Bonne continuation

   socque   
18/7/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
La forme me paraît bien maîtrisée, mais je déplore quelques torsions de l'expression qui selon moi nuisent au sens. Ainsi, pourquoi le chemin de raverse est-il inutile à l'aurore ? Est-ce que l'aurore n'en a pas l'usage, ou l'inutilité se manifeste-t-elle au moment de l'aurore ? L'expression me paraît ambiguë, et les deux sens que je perçois me restent aussi hermétiques l'un que l'autre.
Pourquoi ce rappel des champs de bataille ? Je ne vois pas ce qu'il apporte au poème. La formule "En guise d'abreuver" me paraît inutilement alambiquée, j'ai l'impression de quelque chose de forcé pour remplir les douze syllabes fatidiques.
Dommage, le sujet est intéressant, mais à mon avis il n'a pas été assez travaillé pour se fondre harmonieusement dans la forme choisie.

   Leo   
22/7/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Rien à dire sur la prosodie, mais quelques expressions que je juge plus faibles, dans un registre moins soutenu, et qui gâchent le plaisir de la lecture : le "déjà que" qui ouvre le deuxième quatrain est très, très lourd, les deux derniers vers du premier tercet et les deux premiers du second, mal fagotés.

Sur le fond, le thème est clair, mais j'ai du mal à situer le message de l'auteur. J'ai l'impression qu'il assiste, impuissant, à une évolution sans pour autant trancher dans un sens ou dans l'autre.

En résumé, un poème original, mais à mon avis pas complètement fini, qui demande encore quelques petits réglages.

   Anonyme   
1/8/2011
Bonjour David

Voilà une belle description de l'autoroute des vacances et pas bien loin de ce que je ressens quand je roule sur l'asphalte.
C'est à la fois triste et très visuellement parlant.

J'aime particulièrement ceci :
Ce bitume aussi noir a bel et bien détruit
Le chemin de traverse, à l'aurore inutile.

Qui traduit bien le fait que nous préférons les grands axes à ces petites routes ou nationales qui serpentent et dont on ne comprend l'utilité que lorsque les autoroutes sont à touche-touche

Et ceci :

Mais plus de territoire où les champs attendront
Leurs batailles, vaincus, cernés des sentinelles.

Qui me fait penser à ces vieilles fermes ou à ces châteaux cernés par nous les assaillants en armure de fer et de caoutchouc.

Une très jolie vision à laquelle j'adhère de mes quatre pneus.
Merci

   Gerwal   
1/8/2011
Surprenant...
Surprenant, cette "poésie classique" (bien maitrisée) pour évoquer (au choix) une journée noire selon "Bison Futé" ou (mieux) la déshumanisation de nos transhumances quotidiennes, dominicales ou estivales... avec leur impact sur notre environnement et/ou notre patrimoine...
Mais beaucoup trop d'images me semblent relativement obscures:
"La route est comme un mur..."
"la pénombre a rendu bien nubile (?) un décor aux contours noyés de son enduit..."
"Elle est libre, araignée ou bien cartes du front..."...
qui sont certainement étrangères à ma propre sensibilité.

   David   
2/8/2011
Quelques mots par ici

   Lunar-K   
5/8/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je suis toujours fasciné par vos poèmes. Vraiment. Et celui-ci me semble contenir tout ce qui me plaît chez vous. D'abord, bien sûr, par cette façon que vous avez de remettre le classique au goût du jour en reprenant des thèmes vieux comme le monde (ici un thème assez romantique il me semble) mais présentés dans un contexte résolument contemporain (ici la ville et son trafic). Ensuite, et surtout, par votre art du symbolisme.

Vous dites, en forum, que vous ne cherchez pas à "intellectualiser" mais bien plutôt à "spiritualiser". Oui... sauf que les deux vont de pair me semble-t-il. Cette méticulosité, ce travail d'orfèvre, me parait découler d'une logique toute intellectuelle, rationnelle, en dépit des apparences. Je vous avoue que je prend toujours au moins autant de plaisir à lire vos explications que vos poèmes eux-mêmes. Voir votre manière de penser et de construire vos textes est véritablement passionnant. Aussi, si vous parvenez effectivement au spirituel, c'est par la voie de l'intellect, au travers de l'usage que vous faites du langage.

En cela, vous me faites beaucoup penser à Mallarmé (oui, la comparaison est de taille, je sais, mais elle se justifie pleinement, j'en suis convaincu). Et cela tout particulièrement dans ce texte. Il est vrai que vous ne tenez pas un discours totalement abscons. Que vos textes ne sont pas aussi hermétiques qu'ils le paraissent de prime abord. Les poèmes de Mallarmé non plus. Et, si vos poèmes (comme les siens), sont difficilement compréhensibles malgré tout, c'est, je crois, pour la même raison.

Outre votre syntaxe bien souvent alambiquée (peut-être un peu trop parfois, notamment dans le dernier tercet) c'est votre langage "désincarné" qui est à l'origine de cette mécompréhension. J'entends par là, et c'est au fond le principe de tout symbolisme, que les mots que vous employez ne renvoient pas à des objets mais bien plutôt à des idées. La route, le mur, l'automobile, etc. ne sont pas pris pour eux-mêmes mais pour ce qu'ils représentent "culturellement" (ou "spirituellement", bien qu'aucun des deux termes ne me semble tout à fait adéquat).

Vous prenez une scène du quotidien, pour ainsi dire indifférente, et vous la transfigurez sur un registre différent que le quotidien. Je disais un peu plus haut que vous repreniez des thèmes vieux comme le monde par le biais de circonstances tout à fait contemporaines. C'est exactement de cela qu'il s'agit. "Transfigurer l'éphémère". Outre Mallarmé, on rejoint évidemment Baudelaire bien que votre symbolisme ne soit pas un symbolisme-correspondance, sensuel, mais un symbolisme-idéal, intellectuel.

Certes, la comparaison mallarméenne a un terme, celui de la thématique. Contrairement aux poèmes du "Prince des symbolistes", les vôtres ne sont pas repliés sur eux-mêmes, résignés à ne rien dire qu'eux-mêmes ou l'impossibilité de la référence. Je l'ai dit, vos textes ne renvoient pas à des objets mais à des idées. Or ces idées ne sont pas celles du vides ni de l'impossibilité (même si, comme vous le dites en forum ce poème est construit sur "l'absence"). Non, vous assumez la référentialité et nous parlez du monde, dans ce qu'il a de formel, de logique même.

Ainsi, ce texte parle de liberté. Oui, mais pas seulement. Il parle également d'absence de liberté. Cela n'est pas anecdotique que, pour parler de liberté, vous vous sentiez "obligé" de ne pas en utiliser le terme. Ainsi s'installe une sorte de dialectique entre ces deux extrêmes : liberté et absence de liberté, la premier semblant reposer sur la seconde, en découler. Les contraires se fondent... Le vertical jaillit de l'horizontal... D'où ma qualification de "logique" ou de "formelle" pour votre poésie.

Bon... Je n'approfondirai pas davantage car je me rend compte que je parle plus de votre style en général que de votre texte ici présent. Néanmoins, comme je l'ai dit plus tôt, ce texte me semble particulièrement représentatif. Et puis, ça fait un moment que je m'intéresse à vos poèmes alors... J'avais envie de vous donner le résultat de mes investigations ^^.

Pour en revenir plus précisément à ce texte. J'ai déjà parlé du thème et de ce mouvement dialectique entre liberté et absence que je trouve particulièrement génial et intelligent. En ce qui concerne la forme, elle est, c'est vrai, parfois un peu trop alambiquée. Ainsi le dernier tercet qui me semble peut-être aller trop loin. Toutefois c'est un mal nécessaire. Ce décalage avec l'usage quotidien du langage est exactement ce que j'appelle "poésie" et permet au lecteur de voir que, lui aussi, doit se défaire de ses préjugés linguistiques, doit lui aussi se décaler par rapport à eux s'il veut vous comprendre. Dès lors, assez paradoxalement, ce qui, à première vue, rend ce poème difficilement compréhensible est, au contraire, là pour aider le lecteur et non pour l'embrouiller. L'aider en lui signalant l'état d'esprit et les dispositions qu'il doit prendre pour vous suivre tout au long de ce sonnet.

Et puis, il faut bien le dire, bien qu'intellectuelle votre poésie n'en est pas moins dépourvue de lyrisme. J'en veux pour preuve ce premier tercet particulièrement jouissif. Je parlais de structure trop alambiquée pour le tercet suivant mais, dans celui-ci, la déconstruction est parfaitement dosée et illustre exactement tout mon propos. Dialectique, décalage, idéalisme référentiel,... Tout y est !

Bref, pour conclure (il est temps je pense...), un texte incroyable d'intelligence et de construction. Vous en faites peut-être parfois un peu trop mais l'ensemble reste véritablement jouissif (un peu comme un jeu de piste où il faudrait relier les mots, la syntaxe et les symbolismes afin d'en décoder le sens global ; ce qui n'est pas toujours évident). J'aime beaucoup cet esprit !

PS : Je suis désolé d'avoir fait aussi long. D'autant que je crains fort de ne pas toujours avoir été clair. Mais bon... Je tenais vraiment à vous dire tout le bien que je pense de votre travail. C'est chose (enfin) faite.


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