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Poésie classique
Davide : Soir de fête
 Publié le 29/06/19  -  25 commentaires  -  701 caractères  -  624 lectures    Autres textes du même auteur

Sonnet.


Soir de fête



Pendant que des Goya fredonnent l’air du soir,
Le jeune torero conclut la révérence,
Vertige d’apparat sur l’arène qui danse,
Tout un peuple fidèle est venu pour le voir.

Un soleil andalou ravive son œil noir,
Muleta sous la brise et la fête commence :
Le taureau déchaîné réagit à l’offense,
« Olé ! » Partout, les cris ne cessent de pleuvoir.

Aux plis de l’éventail, une rose coupée,
Dans mes rêves s’abat le tranchant de l’épée :
Quel beau rouge écarlate inonde les gradins !

Séville, sous ton ciel de feu qui me consume,
Je ne veux plus penser à tes jeux citadins,
Au sang de l’infamie entachant ton costume.


 
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   Hananke   
1/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour

Un magnifique sonnet classique que l'on croit tout d'abord
dédié à la corrida. Mais il n'en n'est rien et sa fin nous prouve
le contraire par son très beau dernier tercet et sublime ultime vers.

J'adore ce texte mené de mains d'orfèvres où les rimes riches
ne dictent pas leur loi mais où le vocabulaire est un éventail coloré.

Bravo. Tant qu'il existera des poèmes comme celui-là,
le classique perdurera.

   rosebud   
5/6/2019
 a aimé ce texte 
Pas
Le premier vers m'a agacé. Brel avait déjà assez bêtement fait à des chevaux fredonner Gauguin. Des Goya (sic) qui fredonnent l'air du soir, ça ne va plus du tout!
Ces poésies machinales qui débitent des images toutes faites sont bien embêtantes à la fin. La musique est assez belle, mais les paroles convenues sont très ennuyeuses.

   poldutor   
8/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,
Présentation d'abord du tueur sanguinaire, et de la bête victime de la cruauté des hommes...puis critique intelligeante de ce passe-temps sadique qui consiste à torturer une bête pour prouver son courage...
Sentiments exprimés d'une manière feutrée.

Poème dans la catégorie : classique
au premier quatrain,"révérence et danse sont-ils compatibles ?

répétition de la rime en "oir", après soir/voir au 1er, "noir/pleuvoir au 2eme
En conclusion, beau thème, mais maladresse sur les rimes.

   Anje   
29/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Classique.
Dans les huit premiers vers, on ne compte pas moins de six césures placées entre le sujet et le verbe. Si celà peut être acceptable une fois, la répétition de cette coupure casse le rythme de l'alexandrin. Le sujet, accentué, prend tout le soleil et ombrage le verbe en début du second hémistiche qui perd de son éclat, comme si l'action disparassait. La pause à la césure est bien plus naturelle et jolie lorsque "dans mes rêves s'abat... le tranchant de l'épée" ou "je ne veux plus penser...à tes jeux citadins". La césure du douzième vers me semble également décalée.
Un sonnet anti-corrida ma foi pas si vilain mais qui nécessiterait une reprise sur la forme pour gagner en fluidité.
L'alexandrin n'est pas un dodécasyllabe et le classique est pointilleux. Pour avoir souvent buté sur cette marche, je ne peux qu'encourager l'auteur à persévérer.
Anje en EL

J'édite rarement mes commentaires faits en aveugle mais ma relecture après publication me fait plussoyer. J'avais peut-être négligé la richesse des rimes, du vocabulaire et usé de sévérité par rapport au très bon travail de l'auteur.

   Corto   
29/6/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
L'utilisation du mode classique ravira cetains.
Pour moi je ne trouve ici qu'un poème utilisant un grand nom, Goya, dont les dessins de taureaux sont généralement reconnus comme superbes.
Le discours anti corrida bien connu aurait mérité plus de souffle.
L'auteur aurait ainsi pu se pencher sur l'oeuvre de Federico Garcia Lorca qui a écrit un superbe poème où il hurle son malheur devant son ami tué dans l'arène. Cela commence ainsi:

A mi querida amiga Encarnación López Júlvez

A las cinco de la tarde.
Eran las cinco en punto de la tarde.
Un niño trajo la blanca sábana
a las cinco de la tarde.
Una espuerta de cal ya prevenida
a las cinco de la tarde.
Lo demás era muerte y sólo muerte
a las cinco de la tarde.
(suivent de nombreux vers magnifiques).

Là donc se trouve le souffle violent de la douleur, de l'interrogation que l'on peut partager.
"Soir de fête" reste spectateur sans pénétrer ni le sens ni les passions, ni même les émotions.

On ne peut que rester sur sa faim.

Dommage.

   Palrider   
29/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce texte fait entièrement écho a ce monde fascinant de la corrida, à ce qu’il y a d’épique et majestueux, à ce qu’il y a de cruel et d’insupportable, belle évocation.

   Vincente   
29/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Davide,

Comme ce poème est large d'esprit. Il y a ce qui est apparent dont beaucoup d'apparat, il y a la conscience bien comprise à une appartenance et il y a l'arrière-plan, celui le plus large, mais il est en fond, il faut y voir le fondement de la réflexion.

Si ce sonnet adroit assume sa concision, c'est aussi parce que l'auteur a pu, a su, lui donner une ampleur (par la générosité du regard) et une chair. Oh pas celle du taureau, bien innocente dans ce jeu là, non celle du spectateur, lui en particulier qui, bien mal à l'aise de se constater emporté dans la fête coutumière, sent sa conscience "se consumer sous le ciel de feu" (celui de la pratique séculière et celui du jour d'été Andalou – superbe image en l'occurrence). Cette "sobriété" dans l'expression ne bride pas non plus sa réflexion, l'on devine l'extrapolation sous-jacente auquel invitent les deux derniers vers " Je ne veux plus penser à tes jeux citadins, / Au sang de l’infamie entachant ton costume." Je vois ces jeux et leurs dérives. Ceux, "amusements" (où l'argent est roi et l'individu un instrument, ou l'animal est un objet…), ou ceux plus sournois où l'être humain est le matériau de festivités coutumières, ou ceux plus cyniques où quelques dictateurs rassemblent une foule pour la fédérer.

De nombreuses associations viennent réjouir la lecture :
"…des Goya fredonnent l'air du soir"
"…l'arène qui danse"
" Un soleil andalou ravive son œil noir,"
oh l'œil noir au sens qui brûle notre regard et qui est sans pitié, sans atermoiement.

Quand ce vers "Dans mes rêves s’abat le tranchant de l’épée" se cloue au cœur du premier tercet, la douleur de l'instant jailli comme du sang de la chair même du narrateur. La vision du "beau rouge écarlate" qui "inonde les gradins" sera sans échappatoire, délétère. Pour lui, la fête est finie.

Assurément un ensemble plein de maîtrise, touchant, qui a su avec élégance et honnêteté dire le trouble de sa conscience malmenée.

   jfmoods   
29/6/2019
Ce sonnet en alexandrins est à rimes embrassées, suivies et croisées, suffisantes et riches, majoritairement féminines et consonantiques.

J'aurais plutôt mis un point-virgule en fin de vers 3.

Le cadre spatio-temporel ("Séville", "l’arène", "l’air du soir") présente le centre névralgique d'un rite qui se perpétue depuis des siècles : la corrida ("Le jeune torero", "Tout un peuple fidèle est venu pour le voir", "Muleta sous la brise", "Le taureau déchaîné réagit à l’offense", ""Olé !" / Partout, les cris ne cessent de pleuvoir").

Le ton, faussement badin (titre à lire en antiphrase : "Soir de fête", "fredonnent", "danse", "la fête commence", images qui déréalisent la violence à l'oeuvre : "Aux plis de l’éventail, une rose coupée") et admiratif ("conclut la révérence", "Vertige d’apparat"), est, pour le poète, un moyen de mettre en exergue une indignation qui couve (personnification : "Un soleil andalou ravive son œil noir", image de la colère qui monte : "ton ciel de feu qui me consume", métaphore : "Au sang de l’infamie entachant ton costume"), une condamnation sans appel du spectacle de la cruauté (image subliminale de la laideur : "Goya", modalisation : "Je ne veux plus penser à tes jeux citadins", antiphrase : "Quel beau rouge écarlate inonde les gradins !", inversion du sujet : "Dans mes rêves s’abat le tranchant de l’épée").

Merci pour ce partage !

   Luz   
29/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Davide,

Un poème comme un cri, une musique et en même temps une force du premier au dernier mot : un galop arrêté dans la mort.
Les 2 dernières strophes, en particulier, m'ont beaucoup touché.
Un sonnet classique (hors de portée pour moi...) qui porte haut la poésie et qui s'indigne.
Bravo !

Luz

   Castelmore   
29/6/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Davide

On sent parfaitement la maîtrise du classique dans ce sonnet. Vous nous avez dit dans un précédent forum votre aisance et votre plaisir dans cet exercice, et cela se perçoit aisément.

Le jeu des antiphrases dans le développement du sujet pour lequel vous souhaitez mettre en évidence votre aversion, et le paravent du rêve, lui donne aussi une élégance qui l'éloigne fort heureusement de la petitesse.

A l’inverse je regrette pour ma part l’emploi d’un vocabulaire qui m’interroge
« Vertige d’apparat », « le taureau déchaîné » , « offense » ?,? «les cris ne cessent de pleuvoir », « infamie » (qui signifie ... déshonneur bassesse). ?

Ces gènes, qui ne sont que les miennes, m’ont empêché de savourer pleinement ma lecture.

Castelmore

   senglar   
30/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Davide,


Poème anti-corrida dont la magie est soudainement désamorcée.

Plusieurs formulations malheureuses à mon sens :
- "Goya" peintre de l'horreur (A ce sujet je viens particulièrement de lire "La terre des morts" de J.-C. Grangé...) me semble assez mal choisi pour un air du soir 'fredonnant'.
- des cris qui 'pleuvent' sous un "ciel de feu" qui "consume" : apparentement pour le moins malheureux.

Je relève cependant un vers d'anthologie :
"Vertige d'apparat sur l'arène qui danse"
(C'est pour ce genre de choses qu'on écrit non ?)

Le reste, mis au service de la thèse, me paraît néanmoins majoritairement emprunté, oserais-je dire "scolaire" ? La tauromachie représentée sur une image d'Epinal en quelque sorte, trop colorée, à la grosse mine de plomb au contour trop lourdement délimité.
Sans doute l'ouvrage est-il trop sérieux, trop didactique au point que je ne peux que louer cette "rose coupée" "Aux plis de l'éventail", deuxième bon moment du poème en ce qui me concerne quand "l'infamie entachant" de la fin a des allures hyperboliques.

On est loin ici de la subtilité de "La tonnelle fleurie".

Désolé Davide
Bien entendu je vous hais


Senglar

   PIZZICATO   
29/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Une autre façon - nuancée - de dénoncer cette barbarie où la mort, en costume d'apparat se veut festive. Où l'orgueil se prend pour du courage.

J'ai apprécié les deux tercets aux images fortes.

   TheDreamer   
29/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Un sonnet Peletier (l'une des deux seules formes acceptées dans la poésie française classique). ABBA ABBA CCD EDE.

Le thème me plait, étant par nature farouchement opposé à toutes les souffrances affligées aux êtres vivants, qu'ils soient humains ou animaux. Je trouve la corrida, un spectacle navrant, archaïque, hérité d'un autre temps et qui sous couvert de respecter une tradition martyrise avec cruauté les taureaux. La corrida est un spectacle, mais, je ne peux m'extasier de son décorum devant l'extrême souffrance infligée.

J'apprécie la peinture et connais celle espagnole, mais j'avoue ne pas saisir le sens du vers d'entame du poème : "Pendant que des Goya fredonnent l'air du soir". J'ai beau chercher je n'en trouve pas le sens, ni l'arcane.

L'ambiance de l'arène est bien rendue dans vos vers et la musicalité n'est pas en reste.

Merci.

   suzan   
29/6/2019
De belles phrases qui parlent d'une fête, je cherche cependant la violence qui préviendrait de la chute... De beaux vers qui ne donnent pas à mon goût le ressenti du spectacle... Les images me semblent un peu édulcorées, trop jolies à part les deux dernières strophes que j'ai préférées. Merci pour cette lecture

   INGOA   
29/6/2019
 a aimé ce texte 
Pas
Ce soir de fête est un peu trop procédurier pour moi. Qu'on l'aime ou pas, la tauromachie est profondément ancrée dans la culture hispanique et considérée comme un art avant un spectacle.
J'aime l'aisance de l'écriture mais je ne suis pas d'accord avec l'orientation donnée et certaines passes me semblent maladroites :
- quel beau rouge écarlate inonde les gradins ! Le sable de l'arène, je veux bien.
- au sang de l'infamie entachant ton costume. Quelle infamie ?

Où sont passés les nombreux autres acteurs de la corrida ?

   papipoete   
29/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Davide
Attention, sujet " casse-gueule " ! à lire les vers essentiels, on est prêt à hurler pour défendre la bête féroce, qui ne fera qu'une bouchée du flamboyant toréro, et puis nous sommes surpris par la conclusion, qui donne la nausée à l'auteur, devant ce sang infâme qui entache son costume !
On a beaucoup écrit sur la bassesse de ce spectacle, mais assez encore, car les gradins des arènes se remplissent toujours, avec la certitude de voir un combat... loyal alors que le picador est passé par là, avec sa lance...
Sinon, les couleurs enflamment les vers du poète, et nous avons là un superbe tableau sous le ciel de Séville !
Un sonnet au classique parfait !

   taha   
29/6/2019
Bonjour Davide,

La tenue classique est impeccable, ce n’est pas moi qui commenterais la versification de vos sonnets, dans ce domaine je ne suis pas celui qui dit mais celui qui écoute.

Autrement, j’aimerais vous faire part de certaines réflexions qui me viennent à la lecture de ces vers.

Goya, exprime la fascination de la puissance et de la violence conjuguées, rien dans ses gravures ne suggère cette ambiance insoucieuse qui fait que l’on fredonne, un Goya qui « fredonne » ?

Et puis, on fredonne une rengaine, un chant, un air… mais fredonner « l’air du soir » ???
Ah ! ce premier vers, c'est le fauteur originel de ce sonnet.

Ensuite des cris qui « pleuvent » sans cesse ?
Même s’ils surplombent l’arène, les cris « fusent » mais ne pleuvent pas.

Au passage les « olé ! » ne sont pas des cris mais des ovations.

Et puis c’est tout ? vous dites la fête commence et puis quoi ? Ben plus rien ! Comment, peut-on s’associer à la révolte de l’auteur ?

Ces petites réserves mises à part, laissez-moi vous dire toute l’admiration que j’ai pour l’art et la maîtrise de la versification classique dont vous faites montre dans ce sonnet.
Pour l’annotation, vous le comprendrez, je préfère m’abstenir.
En toute amitié.

   hersen   
29/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Il y a dans ce poème une vraie ambiance sévillane, le rouge du sang ( qui est aussi celui des fleurs dans les cheveux des flamencas) et l'or du soleil, qui s'assombrit dans un "Olé !".

C'est un poème qui prend parti, qui le fait bien.

Pour autant, j'ai l'impression de rester un peu au bord des gradins. Parce que le problème n'est pas si simple, culturellement, pour les Espagnols. En quelque sorte, je ne me sens pas légitime pour trancher dans leurs traditions, ce qui ne veut pas dire de ma part q'une tradition doit être figée.
Pour tout dire, je ne sais tout ce que met un Espagnol dans la tauromachie, au fond de lui.
Et je regrette que souvent, de plus en plus, le débat tourne autour de l'antispécisme. c'est de mon point de vue beaucoup plus de choses qu'il faudrait comprendre, appréhender.

Mais je m'éloigne, en fait, du poème : ce texte campe parfaitement un point de vue d'une pratique jugée délétère. L'auteur atteint son objectif.

merci pour cette lecture, Davide, qui me replonge dans Séville que je viens de quitter ! :)

   Anonyme   
30/6/2019
Vraiment très déçu, Davide. Vous avez manifestement passé trop de temps à ne pas faire rimer ensemble des verbes, des adjectifs ou des noms, jusqu’à en oublier la poésie et la substance de votre texte. Je vais être très dur mais je n’aime rien de ce poème, ni la forme ni le fond.

Dès l’entame je ne comprends pas l’allusion aux Goya. Si les Goya sont les spectateurs, considérés aussi fanatiques de corrida que Goya pouvait l’être, je trouve la correspondance particulièrement maladroite et alambiquée. Si c’est pour dire que les spectateurs de corridas ont tous la tronche des modèles de Goya, laids et tourmentés, ça se passe de commentaire.

Si j’ai bien compris le premier tercet, vous rêvez (vous ou le narrateur si vous préférez) d’imposer aux spectateurs la loi du talion : « qu’est-ce que vous diriez de vous prendre une lame en pleine poire, au milieu de votre éventail ? Quel plaisir ce serait de voir votre beau sang écarlate dévaler les gradins ! » Shining c’est du pipi de chat. Je n’aime pas la corrida mais je n’aime pas cette façon de régler son compte à l’un des rites ancestraux de Séville, qui sont le Flamenco, la corrida et les processions. Car ici la charge est celle de tous les clichés prosaïques, comme : « Tout un peuple fidèle est venu pour te voir ». Non Davide, le peuple est indivisible et ne souffre pas ce genre de catégorisation. Non Davide, le peuple andalou ne va pas à la corrida, encore moins le peuple espagnol, juste les aficionados. Je n’aime pas trop les attaques au bulldozer.

Et puis quoi, la corrida un jeu citadin ? C’est faire fi de tous les symboles des rites andalous qui expriment tous le destin tragique de l’homme. Il est bon de défendre la cause animale, il est bon de combattre ce qu’on peut considérer comme une barbarie, mais certainement pas de mettre tout un peuple dans le même panier ni de réduire le symbole à un caprice d’enfant.

« Au sang de l’infamie entachant ton costume »
C’est une blague ou bien vos mots dépassent votre pensée ? Séville ville infâme parce qu’il s’y déroule des corridas ? Je serais sévillan je me sentirais insulté. Jamais Racine n’aurait osé un vers aussi outrancier, aussi grand-guignolesque. Si vous voulez dénoncer une pratique, pourquoi ne pas écrire un mot au maire de Nîmes, ça vous fera des économies de timbres ?

Désolé mais je ne reconnais pas l’auteur de ce poème.

FrenchKiss

   sympa   
29/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir,

Même si le fond de votre sonnet ne m'emballe pas plus que ça, ici c'est la forme que j'évalue.
Je salue votre maîtrise de la prosodie classique et surtout le travail que vous avez dû fournir .
J'ai relu vos premières poésies, et je note les progrès flagrants de votre écriture.

Bravo Davide .

   Annick   
29/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème bien enlevé ou le beau, l'élégant, l'apparat donne à cette description un réel air de fête.
Et la lectrice que je suis s'est laissée prendre au jeu.

J'ai compris que le vers "Quel beau rouge écarlate inonde les gradins !" était ironique, seulement après avoir lu le dernier tercet.
J'ai même cru avant d'aborder la chute que le narrateur s'impliquait en prenant fait et cause pour l'événement cruel.

Le dernier tercet est porté par le mot "infamie", hyperbolique voire emphatique, et qui montre bien que le narrateur s'oppose de manière très marquée à la tauromachie, celle qui met à mort l'animal.

Le premier vers doit faire référence au peintre Goya qui entre parenthèses était féru de tauromachie.
C'est un vers qui m'a paru un peu hermétique. Mais des peintures qui donnent à entendre ! Pourquoi pas ?
C'est une technique en poésie. La synesthésie est une figure de style qui repose sur l'alliance de deux ou plusieurs perceptions sensorielles.
En tout cas ce vers participe à l'ambiance de fête alors qu'en fait se joue un drame.

je ne commenterai pas la prosodie qui me semble friser la perfection. D'autres commentateurs plus avertis le font mieux que moi.

Un poème puissant qui allie adroitement, et de manière sous-jacente, le beau et le cruel. Pas facile en si peu de vers de toucher le lecteur. La densité, l'intensité doivent être au rendez-vous. Je trouve que vous avez plutôt bien réussi ce pari difficile. Et quel sujet !

   Davide   
30/6/2019

   STEPHANIE90   
1/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Davide,

Un soir de fête sanguinaire ou il me faut lire entre les lignes avant de poser mon appréciation. Heureusement, je prends toujours le temps de la réflexion et de la relecture avant de donner mon avis sinon... Olé ! Tu aurais eu droit au tranchant de l'épée.

L'ensemble est vraiment harmonieux au niveau de la syntaxe, j'aime tout particulièrement la façon dont tu agences tes phrases.
Avec quelques maladresses, tu présentes toutes les nuances du ciel de Séville. Au niveau de la prosodie, je n'ai rien à redire d'autant plus que tu es bien plus doué que moi en classique, lol !
Mais, car il y a un mais, dans ces vers quelques mots m'ont interpellé :
"des Goya fredonnent l’air du soir", fredonne ? en faisant référence à un peintre me parait un peu licencieux, pimentent par exemple m'aurait paru plus adapté.
"Tout un peuple fidèle est venu pour le voir", peuple !?! Oup's... mettre tous le peuple dans le même panier avec tradition, culture et tout le tintouin me semble disproportionner. Public serait plus judicieux, non ?
Infamie... trop jugeant pour moi ce terme, pourquoi pas simplement au sang de ce taureau entachant ton costume ?
Je lis néanmoins derrière ces vers toute une sensibilité désabusée qui voit "quel beau rouge écarlate inonde les gradins", je retiens donc cette touche positive qui pour moi rattrape tout le reste. J'ai été touchée, alors juste merci,

StéphaNIe

   Eccar   
9/7/2019
Bonjour Davide,

La corrida est l'exemple même de la barbarie humaine, l'animal a été élevé dans le but d'être massacré devant les applaudissements de dégénérés.
En faire un poème, même très bien écrit, n'est sans doute pas la meilleure façon de lutter contre cette misère des comportements humains, et surtout quand le sens du poème est si ambigu que l'on ne sait de quel côté il penche.
Le taureau ne nous a rien demandé, ni d'être élevé, encore moins d'être tué. Il n'y en cela aucune noblesse, aucun courage, aucun art, juste le goût de tuer pour le plaisir. Il suffit pour comprendre cela de retirer l'épée des mains du lâche tueur et de remplacer le taureau, animal peu agressif dans des conditions de vie normales, par un tigre bien affamé. On verra qui sera à la fête alors, qui sera le véritable vainqueur.

   ClaireDePlume   
25/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Votre poème me fait penser à la chanson de Francis CABREL, "La corrida" qui dénonce ce qu'il est bien convenu d'appeler une barbarie.

Je le trouve bien construit, précis, et chaque vers nous emporte vers la conclusion qui tranche allègrement avec le titre "Soir de fête".


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