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Poésie libre
Davide : Voyage pour Neverland
 Publié le 22/01/20  -  10 commentaires  -  1227 caractères  -  284 lectures    Autres textes du même auteur

J’ai tout laissé de moi pour remonter à la source de l’amour, d’un amour nu, sans lois, sans croyances et sans définitions.


Voyage pour Neverland



sur le quai
j’ai depuis l’aurore
composté mes rêves
et les billets de complaisance

un aller simple

le train s’en va
fantôme desservant d’autres lieues
le paysage coule en amont de mes yeux

bientôt la cime des nuages
horaires neigeant sur la déroute
un passage à nouveau
puis un autre
le wagon-lit s’endort sur mes épaules nues

il n’est plus de printemps
et non plus de lilas en boutons dans mon cœur

mais à quoi bon vivre sans toi ?
sans le ronron des entrechats ?
sans les nuits insoumises et les jours en dérive ?

depuis avant le monde
depuis avant le ciel épousant mon enfance
j’ai tant voulu
que le train-train s’égare
au bal ardent d’une forêt de liesse

pour toi
j’ai largué les espoirs aux vents contraires
brûlé les souvenirs au feu d’un sémaphore

mes bagages sont vides et mes larmes arides

ai-je rêvé notre rencontre au quai des brumes ?
je ne sais rien de l’heure ni du jour
ni même de mon âge ou de tes lèvres prune

je ne sais rien
plus rien
si ce n’est que je t’aime

mais le sais-tu ?


 
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   eskisse   
7/1/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je trouve le début du poème ( le départ de l'être aimé ) très réussi avec ces très beaux vers : " J'ai depuis l'aurore / composté mes rêves" ou " le paysage coule en amont de mes yeux" ou encore " le wagon-lit s'endort sur mes épaules nues"

Mais je ne comprends pas ensuite " le ronron des entrechats" ni "au bal ardent d'une forêt de liesse" et certaines images de la seconde partie me séduisent moins peut-être parce qu'elles m'apparaissent hétéroclites : "brûlé les souvenirs au feu d'un sémaphore" , " jours en dérive" , " quai des brumes" ou "lèvres prune" qui ne me semble pas motivée.

Merci pour ce partage

   Corto   
10/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il est sensiblement douloureux cet amour. L'auteur prend le lecteur par le bras pour l'entraîner en "Voyage pour Neverland".

Ce poème décline une litanie de belles images originales: "j’ai depuis l’aurore composté mes rêves et les billets de complaisance";
"le paysage coule en amont de mes yeux";
"j’ai tant voulu que le train-train s’égare au bal ardent d’une forêt de liesse";
"un passage à nouveau puis un autre le wagon-lit s’endort sur mes épaules nues".

A vrai dire chaque ligne apporte sa trouvaille métaphorique.
Le poème pèse joliment en expressions d'amour perdu ou éloigné.
Mais cet amour est-il vraiment si loin ?

Malgré le douloureux "il n’est plus de printemps et non plus de lilas en boutons dans mon cœur",
le final: "je ne sais rien plus rien si ce n’est que je t’aime mais le sais-tu ?" résonne comme un fol espoir.

Grand merci à l'auteur pour la finesse du style comme pour cette leçon de rêve et de ténacité.

   Gabrielle   
13/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Comment définir l'amour ? Comment prend-il naissance ? D'où vient-il ?

Autant de questions auxquelles le texte essaie de répondre en décrivant ce sentiment si particulier.


Une jolie déclaration qui saura questionner sur ce sentiment étrange si universel et pourtant si particulier.



Bien à vous.



Gabrielle

   Anonyme   
22/1/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Davide,

Le titre, m'a interpellé. Neverland, c'est le nom d'un parc d'attraction... de celui que l'on appellait 'Le roi de la pop'...

Aussi, au vu de certaines des images, notamment les "lèvres prune" et le narrateur qui s'interroge sur son âge au moment de la rencontre, sans compter ce train fantôme, j'aurai tendance à voir dans ce poème l'évocation d'un amour pervers, pour ne pas dire un autre mot commençant par la même lettre, entre une victime, le narrateur, et un chanteur et danseur (j'ai bien aimé l'image du "ronron des entrechats") célèbre, aujourd'hui disparu...

J'ignore si mon interprétation est correcte... peut être vais-je un peu loin.

Joli poème en tout cas.

Dugenou.

Edit : remarquez, il pourrait aussi s'agir de Peter Pan... mais cela met à mal cette évocation d'un train fantôme... ou mes souvenirs sont confus.

   Hananke   
22/1/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour

Un poème d'amour avec des métaphores ferroviaires, pas banal.
L'avez-vous rencontré dans un train ? Ou sur le quai en attente ?
Par contre je ne vois pas bien le rapport du train avec la cime
des nuages et ce qui suit, à moins que ce ne soit au Pérou.
Mais on peut apprécier le jeu de mots du passage à nouveau.
Je n'aime pas trop ces 2 depuis qui débutent les vers.

Mais j'aime bien le final du texte :

j’ai largué les espoirs aux vents contraires
brûlé les souvenirs au feu d’un sémaphore
mes bagages sont vides et mes larmes arides
et le quai des brumes.

Heureusement que la fin d'un poème est ce que l'on retient, en principe.

   Cristale   
23/1/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je pense que l'avant-propos est la clé de ce poème.

J'ai failli renoncer à commenter pour dire que j'étais restée à quai jusqu'à ce soir où, relisant le poème, d'autres images sont venues derrière mes yeux aveuglés par une histoire d'amour garçon-fille. Mais non, ce n'est pas cela, pas si banal que cela.

"il n’est plus de printemps
et non plus de lilas en boutons dans mon cœur"

Ceux de l'enfance ?

"le train s’en va
fantôme desservant d’autres lieues
le paysage coule en amont de mes yeux"

Et ce dernier vers, qui m'est cher : "Mais le sais-tu ?"

Un retour vers la gare de départ : des mots adressés à la mère, sans doute partie trop jeune sur un chemin dont on ne revient jamais.

"depuis avant le monde
depuis avant le ciel épousant mon enfance
j’ai tant voulu
que le train-train s’égare
au bal ardent d’une forêt de liesse"

Trop de métaphores ont rendu mon approche difficile. J'ai failli renoncer et même là encore, je me fustige à l'idée d'être complètement à côté.

Et on dit que mes écrits sont compliqués à comprendre...^-^

Indécise, je prends un peu de recul et je reviendrai, plus tard ou demain pour ma notation.

Merci Davide.

Cristale

   STEPHANIE90   
22/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Coucou Davide,

Je suis venu lire une fois, puis deux fois et une troisième. Toujours un fond obscur.
Je n'ai pas voulu lire les autres commentaires pour ne pas diriger ma pensée mais dès que j'aurai posté ce com, j'y cours pour voir si je ne me fourvoie point.
Le titre déjà me questionne : "Voyage pour Neverland", Neverland parc de loisir privé de Mr M. Jackson, et le nom d'un film parlant d'un drame et du monde imaginaire avec "Peter Pan" et au pays des rêves... tout est possible.
De toute évidence, ce train ne se nomme pas désir.
Votre incise de présentation donne quelques clefs, il me semble. Sur un quai d'amour, amour qui est peut-être filial "depuis l'aurore" ou simplement depuis le départ, la rencontre, pour qui de toute évidence l'on a fait des choix "compostage des rêves" et "billets de complaisance".
Un adieux, la fin d'une relation qui rend aveugle au monde autour :
"un aller simple
le train s’en va
fantôme desservant d’autres lieues
le paysage coule en amont de mes yeux"

Non pas un passage à niveau mais "un passage à nouveau" comme sous entendu un nouveau passage dans le sens un de plus. "Puis un autre" quoi ? partenaire ??? "le wagon-lit s’endort sur mes épaules nues", une inversion sujet CCL pour moi vraiment parlante avec "ces épaules nues" qu'il faut relever pour être fort(e), seul.
L'enfance est finit, les beaux jours de l'insouciance car "plus de printemps et plus de lilas en boutons dans son cœur".
La suite dans les 4 vers suivant me font penser à la fin d'une relation difficile qui pourrait avoir diverses raisons selon les personnages principaux. Qui ne sont ici pas clairement définis.
"j’ai tant voulu que le train-train s’égare au bal ardent d’une forêt de liesse". Ah, ces rêves compostés !?!
"pour toi, j’ai largué les espoirs aux vents contraires, brûlé les souvenirs au feu d’un sémaphore ; mes bagages sont vides et mes larmes arides.
Image de la douleur, en tout cas il me semble que les bagages ne sont pas si vides mais plutôt trop lourd à porter et du coup, on les abandonne avant la destination comme toutes ces choses auxquels on a déjà renoncé pour cet amour.
Quand à la suite, avec ces lèvres pourpres, j'ai bien une vague idée mais laissons la survivre encore un peu à ce voyage dans un train d'enfer.

Vers final : mais le sais-tu ? (j'aurai plutôt lu : Toi mon amour qu'en sais-tu ?

Beaucoup de tristesse, de renoncements, d'amour et de maux d'amours. Merci à toi cher Davide pour le partage,

Rendez-vous amical avec toi un de ces quatre, dans une prochaine gare pour un exorcisme vaudou sur ce mauvais sort et pour que tu compostes à nouveau une petite part de bonheur...
Il faut bien compenser ces mauvais moments ! Tchou, tchou !!!

Stéphanie

   Pouet   
23/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut,

ce poème me ramène un peu au mien que j'ai publié ici, cette "fenêtre" des quais de gare:
Gare de l'ouest

Il y a dans ce présent texte de bien belles images, de la douceur, de la nostalgie.

L'analogie du "train-train", de la routine, en regard de l'aventure et de l'inconnu, du voyage et de l'espoir.

On ne sait pas trop si c'est un amour éphémère ou une longue relation, un souvenir d'enfance ou une rupture récente. Ni même si cet amour fut, ou bien juste un regard, un croisement, un effleurement à quai des sentiments. Peut-être tout à la fois, rien en particulier. Qu'importe si je n'en perce pas réellement le mystère.

J'ai aimé lire.

   Vincente   
23/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le lieu improbable et le don absolu de soi. Poème à la destination sublimée vers l'espérance d'un amour subliminal, aux frontières de la conscience, incommensurable mais incertain, car l'on comprendra dans les derniers mots que le dernier mot n'a rien d'une certitude.

L'incipit annonce un abandon et un don. Abandon des certitudes que confère la vie tracée par notre lignée, don de ce que l'on a de plus "chair", celle qui nous donne vie, celle qui peut également être source de transcendance. La narration prend place dans la progression dévoilant ce changement de paradigme, l'amour source comme source de la vie, "l'amour nu", entendons pur, extatiquement pur.

L'être éperdument aimé devient à l'origine et à la fin, extrémités raccordées par un fil ténu mais d'une force à la résistance insoupçonnée. J'emploie "éperdument" à dessein car le narrateur, s'il est entièrement convaincu de sa passion, s'inquiète que son âme sœur ne la perçoive, ne la vive à la même hauteur. On penserait que l'amour en retour peut être perdu, éperdu ou vécu, mais cela n'est pas l'important car le sentiment du narrateur est désormais sans appel, même s'il questionne en toute dernière instance son amour, une personne certes mais d'abord un sentiment, un flux personnifié. L'être sublimé devenant alors l'être réel de son sentiment parallèle, monde en marge mais au cœur de sa pensée, de ses pensées.

Dans ce "Voyage pour Neverland", le monde est effectivement parallèle. Pour s'y engager l'on doit "composter ses rêves / et ses billets de complaisance", entendons faire vœux d'authenticité ; le lieu est parcouru "d'autres lieues", une autre façon, tellement plus généreuse, "d'apprécier l'espace" ; les passages à niveau gagent à être des "passage à nouveau", par leurs inépuisables effets de recommencement ; etc…

J'ai beaucoup aimé ces "larmes arides", dont l'humidité ne n'offrirait plus l'amendement entretenant l'attachement.

Ensuite, par ces trois strophes au milieu de la poésie :

" depuis avant le monde
depuis avant le ciel épousant mon enfance
j’ai tant voulu
que le train-train s’égare
au bal ardent d’une forêt de liesse

pour toi
j’ai largué les espoirs aux vents contraires
brûlé les souvenirs au feu d’un sémaphore

mes bagages sont vides et mes larmes arides
"

L'on voit le passé et les espérances se rappeler à l'esprit narrateur et l'on se sent réassocier à l'aventure, car nous avons tous espérés une ambitieuse réalisation de notre vie.

Le " Quai des brumes", emblème d'une rencontre improbable qui va se vivre en marge de la société, redonne une correspondance avec la réalité dans ce qu'elle a de singulier et de passion, à la marge justement.

Cette chute très forte donne une modestie à la passion et au choix immense, et creuse dans un doute qui paradoxalement grandi pleinement l'amour chanté. Comme pour redire : "je t'aime envers et contre tout !"

J'ai beaucoup aimé l'entièreté de la quête d'absolu que dégage ce poème.

   Hiraeth   
23/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est un beau poème, fort de plusieurs vers très évocateurs, mes préférés étant :

"le paysage coule en amont de mes yeux"
"les nuits insoumises et les jours en dérive"
"que le train-train s'égare
au bal ardent d'une forêt de liesse"
"j'ai largué les espoirs aux vents contraires
brûlé les souvenirs au feu d'un sémaphore"

et les derniers vers.

Je me rends compte en écrivant que beaucoup sont des alexandrins (non-rimés, mais la musique est là), cachés dans un poème dit libre. Un train peut en cacher un autre ! C'est ce qui fait pour moi tout le plaisir et l'intérêt de la forme libérée.

D'autres vers m'ont paru plus maladroits. Le "fantôme desservant d'autres lieues" par exemple, je ne vois pas d'où sort ce "lieues" plutôt que "lieux". On dessert des endroits, non des distances... Mais c'est peut-être une façon d'insister sur le voyage plus que sur la destination. Ouais, finalement ça passe.

On ne comprend pas tout du texte, mais on prend plaisir à s'y égarer comme ce train fantôme (qu'il soit réel ou métaphorique, ou les deux), à se laisser bercer par sa fuite implacable sur fond d'amour désespéré.

Je reprocherais juste au poème d'être un peu surchargé en métaphores par moments. Il faut voyager plus léger ! C'est pourquoi j'ai accueilli avec plaisir ses derniers vers, sobres et simples, qui nous ramènent à l'essentiel.


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