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Poésie libre
Donaldo75 : Demain sera un autre jour
 Publié le 09/01/21  -  14 commentaires  -  1081 caractères  -  196 lectures    Autres textes du même auteur

« Avant les balles
Avant les mouches
Avant que les autorités ne trucident mes yeux
Les seules à sourire, ce sont vous, les poupées que j'ai fabriquées
Mais vous êtes en plastique et vos méninges le sont aussi. »

(Marilyn Manson)


Demain sera un autre jour



Des beautés de plastique aguichent des passants au regard vide.
Les masques bleus étouffent leurs derniers mots.
Les rues se vident lentement, le macadam arrête de craquer.

Il est guide, il est frère,
Affligé,
Ses yeux crevés
Sur sa croix.

Des foies de canard dégueulent des assiettes pleines de sauce.
Un sapin mort perd ses aiguilles au milieu des guirlandes lumineuses.
Les paires de chaussures alignées attendent l’arrivée du messie.

Il est seul, il a froid,
Crucifié,
Ses bras engourdis
Sur sa croix.

Des enfants survoltés déchirent bruyamment des rubans de papier.
La télévision chante ses mélodies sous les vivats d’un public ordonné.
Une petite bille bleue crie dans le ciel et personne ne l’entend.

Il est triste, il a faim,
Oublié,
Son ventre décharné
Sur sa croix.

Les lutins ont mangé les rennes au milieu de la nuit lapone.
Un vieux monsieur habillé de rouge erre fou dans la forêt en feu.
Demain sera un autre jour.


 
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   socque   
21/12/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime bien cette vision sinistre de la Nativité défigurée par le consumérisme... Rien de neuf, bien sûr, mais c'est élégamment dit je trouve, percutant, et le dernier tercet halluciné ajoute un vrai plus à ma lecture ! Le poème décolle vers autre chose.

Mon vers préféré, en dehors du dernier tercet qui arrache :
Une petite bille bleue crie dans le ciel et personne ne l’entend.
où la perspective change, devient cosmique et renvoie notre planète en perdition à son insignifiance.

Trop d'insistance à mon goût sur le Christ trahi et oublié ; c'est mon goût.

   papipoete   
29/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
libre
étonné de ne pas voir ce sujet plus souvent évoqué ; l'abondance de chair, de confort, de loisir alors que sur la Terre d'autres ne mangent rien, vivent dans la fange, n'ont pas de quoi sourire... et puis il y a LUI sur la croix, se déssèchant comme au gibet de Montfaucon, qui regarde de ses yeux crevés...
NB bien sûr, ça fait tache de penser à cela, avec le gâchis des gourmands, des jamais contents, des jouets décevants sitôt revendus sur le " bon coin "
Mais s'ils ne sont plus sur la croix, ils regardent du Ciel, les Coluche, Abbé Pierre, Mère Théresa...
C'est triste vos lignes, mais beau en même temps ; les quatrains répétés en particulier !
mais demain sera un autre jour, et les infirmières revêtiront leur masque bleu...
papipoète

   Luz   
29/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai pas tout bien compris. Il y a la nuit de Noël, le repas, les cadeaux, Jésus et le père Noël.
Mais j'ai bien compris la poésie.
Merci.

Luz

   Robot   
9/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une vision décalée de la nativité observée sous l'angle consumériste. L'opposition entre tercet et quatrain souligne bien la contradiction entre le profane et le religieux.
Mais c'est comme pour tout, la généralisation peut paraître exagérée. Il y a encore des "fidèles" qui vont célébrer leur foi à la messe de minuit pendant que d'autres adeptes nourrissent leur foie au crémant et au boudin blanc.

J'ai remarqué l'allusion à la situation actuelle dans ce vers: "Les masques bleus étouffent leurs derniers mots." comme pour souligner l'incongruité.

   Corto   
9/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je crois que l'on peut lire ce poème de plusieurs manières.
Ne me sentant guère concerné par une philosophie déiste, j'ai replacé systématiquement l'expression "Sur sa croix" dans une signification humaine.

Ainsi les qualificatifs "Affligé", "Il est seul, il a froid", "Il est triste, il a faim" désignent des humains en détresse, matérielle ou affective, qui restent en dehors des festivités décrites. Cela montre l'énorme décalage entre ceux qui font la fête de façon insouciante ou égocentrée et ceux qui en sont exclus pour une raison ou une autre.

Dans ce sens ce poème prend toute sa force, et l'on n'a guère besoin d'un surnaturel pour le constater ou tenter même modestement d'y apporter un remède urgent ou de long terme.

Pour répondre à la question qui ne m'est pas posée je pense que
"Il est seul, il a froid,
Crucifié,
Ses bras engourdis
Sur sa croix."

peut s'entendre de façon figurée applicable aux solitaires, aux exclus (etc.) par exemple aux sdf ou aux déplacés de toute nature.

Par son sens et sa structure, j'ai bien aimé ce poème.
Merci à l'auteur.

   Dugenou   
9/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Don,

Avec toi, je ne sais jamais si l'exergue t'a inspiré le texte ou s'il en est une illustration conçue après coup...

Je trouve ce poème binaire : il y a le présent, la fête consumériste, et le passé, les origines...

"Les paires de chaussures alignées attendent l'arrivée du messie"

Le père noël serait devenu le messie ?! Ben oui, mais il est vieux, le perno ! Et fatigué de tout ce cirque.

Dugenou.

   inconnu1   
9/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonsoir, pas très gaie la nuit de noël mais c'est l'air du temps qui veut cela. Je ne suis pas un spécialiste de la poésie libre mais j'aime les ambiances impolitiquement correctes. Je n'ai pas compris ce qu'était la petite bille bleue dans le ciel

bien à vous

   wancyrs   
9/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Don !

Je ne vais pas te faire une analyse de ton texte : pour avoir travaillé avec toi, tu sais que j'en suis incapable. Je vais surtout laisser aller mes émotions, car tu touches ce qui fait le socle de mon équilibre...
C'est ton incipit qui d'abord me parle, bien choisi, selon moi. L'une de mes batailles actuelle c'est contre la théologie, cette chose qui essaie d'expliquer Dieu avec assurance et fermeté tout en oubliant que définir Dieu ne fait plus de lui cet être hors de la création ; comment peut-on, nous poupées de plastiques aux méninges plastiques, comprendre tout de notre créateur ?
Puis, j'aime bien comment est présenté le reste du texte, séparant bien l'action théâtrale de l'humain, et celle de celui qu'il prétend attendre cloué sur la croix ; j'aime d'ailleurs beaucoup l'image des souliers alignés qui attendent l'arrivée du Messie... cela me fait penser aux juifs qui continuent d'attendre un Messie qu'ils n'ont pas su voir.
Ensuite vient les enfants : les petits enfants, comme les grands enfants, pressés de découvrir l'objet de toutes ces mascarades. Et une fois les cadeaux ouverts, même le père noël ne sert plus à rien ; pas étonnant qu'il erre, comme fou, dans cette forêt en feu...
Ta sixième strophe est terrible ! Et ce crois que c'est ce mot "Oublié" qui sonne si juste qui la rend si terrible. je ne me suis pas empêché de penser à ce chapitre biblique du livre du prophète Ésaïe, le 53, les versets 3 à 5 :

3 Méprisé et abandonné des hommes, Homme de douleur et habitué à la souffrance, Semblable à celui dont on détourne le visage, Nous l'avons dédaigné, nous n'avons fait de lui aucun cas.

4 Cependant, ce sont nos souffrances qu'il a portées, C'est de nos douleurs qu'il s'est chargé; Et nous l'avons considéré comme puni, Frappé de Dieu, et humilié.

5 Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, Et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.

Merci pour le moment de lecture !

Wan

   hersen   
10/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Non, personne n'entend la petite bille bleue qui crie dans le ciel.
Il ne manquerait plus qu'elle aille se plaindre ailleurs de ses déboires quand elle s'autosuffit pour prendre n'importe quel prétexte pour s'engloutir un peu plus sous des gravats dorés ou pas.

"les paires de chaussures attendent l'arrivée du messie"

Ce vers dit tout, absolument tout du poème... et de ce Noël ravageur. , Ainsi les dieux changent de forme. Changent de mains, pourvu qu'elles soient pleines à ras bord. Puisque dûment masqués, on continue à lécher les vitrines. (top, l'image de la liberté de tant consommer avec un bâillon sanitaire qu'on veut ignorer le temps des "fêtes")

Il est toujours impressionnant de constater comment l'Humain est capable de déplacer le "sacré", pour qu'il s'adapte à sa volonté, quelle qu'elle soit.
les grandes idées, les idéaux, que valent-ils devant l'argent ?
merci de la lecture !

   Ombhre   
10/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Donaldo,

un poème cinglant écrit comme un pamphlet, sur cette fête qui bien souvent a perdu son âme, et plus encore quand des masques bleus étouffent les derniers mots.
J'ai aimé ce que j'ai ressenti comme de la dérision dans ce texte, avec quelques trouvailles comme "le macadam arrête de craquer", "un sapin mort perd ses aiguilles", "les paires de chaussures alignées..."

Le dernier tercet clôt à merveille cette satyre, et l'image d'un "Père Noël" qui erre fou au milieu des illuminations est particulièrement bien trouvée, sous le regard en refrain d'un Christ sur sa croix.

Un coup de gueule poétique qui a trouvé son écho en moi.

Merci pour le partage.
Ombhre

   Lirian   
10/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Donaldo,

En fait le titre ment effrontément; rien ne changera.
J'aime bien les coups de hachoirs séparant les strophes.
D'un coté ce qui s'est passé, d'un autre ce qui se passe.
L'oubli n'étant sûrement pas un cadeau, aussi enrobé soit-il.
Merci.

   Pouet   
11/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Slt,

bien aimé cette ambiance un peu décalée mais nous ramenant toutefois à la "réalité".
C'est un peu l'étrange Noel de Monsieur Jack Daniel's sur fond de Marilyn Manson.

   Atom   
15/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème à la "Beat" façon Ginsberg où l'on passe de Santa Claus à Satan Claus.
Un Noël glauque de "zombies" est quelque peu décrit ici sous fond de covid et de couvre-feu.
Tandis que Jésus au fond se laisse oublier...

   Castelmore   
19/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Don

Je me suis beaucoup absenté cet an ci... j’arrive donc en retard ...
Les fêtes... tu sais ce que c’est j’imagine !

Heureusement que je ne crois plus au père Noël, sinon j’aurais détesté ta dernière strophe... alors que je la trouve succulente, vraiment !
Après tout ce qui la précède qui grince, griffe, gratte là où ça dérange, un brin de légende nordique déjantée fait du bien.... une forme de Happy end pour un conte de Noël moderne en somme... on cancel tout ...

Bonne année
Bravo
Castelmore


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