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Poésie libre
Donaldo75 : Pantin de papier
 Publié le 04/07/24  -  9 commentaires  -  1143 caractères  -  165 lectures    Autres textes du même auteur

Bet you thought you had it all worked out
Bet you thought you knew what I was about
Bet you thought you'd solved all your problems
But you are the problem

(Sex Pistols - Problems - 1977)


Pantin de papier



Je ne t’aime pas, pantin de papier,
tu parades tel un coq devant les caméras,
les chiffres te font paraître enfin grand.

Tu abreuves les anonymes de ton n’importe quoi vomi à l’arrachée, de la bouillie informe réduite à la plus simple expression du je ne veux pas partager mes jouets en bois avec les étrangers.

Je ne t’aime pas, tu te crois arrivé à présent,
les comptes d’apothicaires des sachants à gros yeux
te laissent trop rêver de gloire millénaire.

Tu siffles tes paroles de ta bouche pleine de dents au sourire brillant, avec des mots si faciles à comprendre pour les drogués au bleu, sans dévoiler le brun de ton passé et le vide en tes yeux.

Tu me hais, toi l’éternel frustré
bien au chaud derrière son bouclier
de citoyens lambdas aux envies d’oméga.

Tu ne peux plus te cacher désormais derrière les pauvres oubliés, les hordes de migrants en barquette, les riches surpuissants, le système élitiste, le monde décadent où tu te sens perdu.

Je te hais dans mes rêves
où des milliers de cochons
défèquent dans notre beau jardin.


 
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   jeanphi   
18/6/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Bonjour,

J'aime bien l'idée, mais j'y trouve difficilement de la poésie malgré quelques belles formules. Je pense au "tigre de papier" définissant les puissances nucléaires selon un ancien président chinois.
Il y a beaucoup de la haine, soit de l'administratif, de la gauche ou de la droite, difficile à dire, soit d'autre chose, dans cet écrit, et pas suffisamment de remise en cause à mon sens.
Une certaine élégance chafouine dans le 'je ne t'aime pas' autant attachant qu'insultant, puis un crescendo vers la description de la haine réciproque, amènent puis dissipent l'ambivalence et la modération quant aux idéaux défendus, mais quels sont-ils ? Peut-être une illustration de l'excessivité de la pensée sympathisante politique quelle qu'elle soit ?..
Cette expression sans compromis d'un désamour ou d'un amour n'ayant jamais existé, bien que très évocateur, me laisse pourtant avec l'envie de discerner davantage son destinataire...

   Polza   
4/7/2024
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Bonjour,

Je ne sais pas si j’ai trouvé ce récit poétique, mais en tout cas, ça, c’est une philippique en bonne et due forme, pour sûr que vous ne partirez pas en vacances avec JB !

En plus, vous le signez avec vaillance, enfin, l’exergue le signe pour vous, c’est malin cher mélomane, vous nous ressortez un bon vieux Sex Pistols de derrière les fagots !

« de ton n’importe quoi vomi à l’arrachée, » il me semble à l’arraché… (je rajoute ce que j'ai trouvé à ce sujet dans le dictionnaire de l'Académie française après publication) ✻ARRACHÉ nom masculin
Étymologie : xixe siècle. Participe passé substantivé d’arracher.

▪ Loc. fig. À l’arraché, au prix d’un effort brusque, violent, intense. Obtenir à l’arraché ce qu’on veut. Vaincre à l’arraché. Une victoire à l’arraché.

La colère me semble justifiée, mais elle prend le dessus sur l’aspect purement poétique, je pense. Peut-être justement un traitement avec des arguments touchant moins à l’affect et peut-être plus basés sur l’intellect aurait été plus percutant.

Le stratagème 8 de « L’art d’avoir toujours raison » de Schopenhauer dit : « Mettre l’adversaire en colère, car dans sa fureur il est hors d’état de porter un jugement correct et de percevoir son intérêt… ». Peut-être êtes-vous tombé dans cet écueil.

Le stratagème 27 dit quant à lui : « Si un argument met inopinément l’adversaire en colère, il faut s’efforcer de pousser cet argument encore plus loin : non seulement parce qu’il est bon de le mettre en colère, mais parce qu’on peut supposer que l’on a touché le point faible de son raisonnement et que l’on peut sans doute l’attaquer encore davantage sur ce point qu’on ne l’avait vu d’abord. »

Et enfin, l’ultime stratagème que vous avez utilisé à tort selon moi, à tort non pour défendre l’individu que vous n’aimez pas, mais parce qu’en tenant compte de ce dernier, vous auriez pu développer de meilleurs arguments et votre texte n’en aurait été que plus renforcé et convaincant je crois : « Si l’on s’aperçoit que l’adversaire est supérieur et que l’on ne va pas gagner, il faut tenir des propos désobligeants, cela consiste à quitter l’objet de la querelle (puisqu’on a perdu la partie) pour passer à l’adversaire, et à l’attaquer d’une manière ou d’un autre dans ce qu’il est… »

Après, je ne porte pas de jugement, comme je vous l’ai dit au début, je comprends cette colère. Simplement, je pense que vous auriez dû attendre qu’elle redescende un peu avant d’écrire à chaud. Le pamphlet aurait alors pris plus d’ampleur et d’élan poétique, je pense.

Pour la musique, Problems me va très bien, mais vous auriez tout aussi bien mettre Porcherie des Bérus que j’écourtais à fond dans mon Walkman quand j’étais jeune et impétueux : « L’…. de gros Lepen/La jeunesse emmerde le front national ! » Ah, toute une époque épique !

Polza en EL

   Marite   
4/7/2024
Indépendamment du thème que chacun est libre d'apprécier ou non et de la forme où je n'ai pas ressenti de poésie dans l'expression, cet écrit m'a permis de découvrir ce qu'était "une philippique" (merci à Polza), selon la définition Larousse c'est un discours violent et polémique.

   EtienneNorvins   
4/7/2024
Pardon Don : je pense aussi que seule la colère peut excuser ce texte... Il commence mal dès l'incipit - quand on voit ce qu'est devenu Johnny Rotten, thuriféraire de Farage et de Trump, on peut douter du sens politique du nihilisme punk...

"Enfin" me fait bizarre au vers 3 - cela sous entend qu'il peut l'être, "grand" ? De même au vers 11, je ne suis pas sûr non plus que les citoyens lambdas aient des envies d'oméga... Comme Senghor, je pense plutôt qu'ils se trompent tragiquement de colère.

Du coup, colère contre colère, user constamment de l'invective, qui est une pratique constante de l'adversaire, voire de son vocabulaire ('monde décadent' : est-ce 'fait' ou un 'fantasme' ?) me pose problème. Il y a là une course mimétique qui ne peut qu'accroître la violence. C'est 'girardien'.

Après, on pourra m'opposer mes pincettes d'intello, et je peux l'entendre... Je m'abstiens d'une appréciation - ayant bien sûr une grande sympathie pour le fond du texte. Notre désaccord n'est pas là...

   Lariviere   
4/7/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Salut Don,

Je cautionne entièrement ce texte que je trouve très fort dans la forme. D'ailleurs, l'exergue est bien trouvé tant on retrouve ici le ton nihiliste d'un johnny rotten inspiré. Minimaliste, ce texte possède l'impact nécessaire et la violence utile à certains combat. Les vers de fin, je les trouve excellent.

Merci encore pour avoir osé produire quelque chose qui sort des sentiers battus.

En lisant les autres commentaires, je me dis qu'Oniris est devenu bien frileux. Heureusement qu'il y a encore quelques poètes énervés pour nous sortir des bluettes devenu habituelle ici.

   Geigei   
4/7/2024
trouve l'écriture
perfectible
et
n'aime pas
Je partage totalement le fond.

J'ai même écrit sur ce thème aux 1e sondages pour les européennes.

La forme, elle, n'a comme métaphore que "vomi", "bouillie informe".

C'est direct. Puéril. Même en prose, je trouverais cela léger.

   Quidonc   
4/7/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Les Sex Pistols sont emblématiques de l'esprit punk, qui est souvent caractérisé par une attitude de défi, de rébellion contre l'autorité et les conventions sociales. Le poème capte cette essence en exprimant une révolte contre une figure d'autorité perçue comme hypocrite et trompeuse.
Le style direct et imagé du poème rappelle les paroles crues et percutantes des Sex Pistols. Les métaphores visuelles et les descriptions vives (« bouillie informe », « bouche pleine de dents ») correspondent bien à l'esthétique brute et sans fard du punk. L'une des caractéristiques du punk est de dénoncer l'hypocrisie et les faux-semblants. Le poème attaque directement le pantin de papier pour son hypocrisie, en contrastant son apparence publique avec sa réalité cachée et ses véritables intentions.

Ce poème dégage une forte charge émotionnelle et critique envers le RN probablement qui est perçu comme hypocrite et manipulateur. Bien sûr je peux me tromper.
Le poème attaque violemment la figure de Jordan Bardella décrite comme un "pantin de papier" et un "coq devant les caméras", soulignant l'inutilité et l'arrogance perçues de Jordan Bardella. L'utilisation de ces métaphores met en évidence la superficialité et la prétention du sujet.
L'auteur utilise des images fortes comme "bouillie informe" et "bouche pleine de dents au sourire brillant" pour décrire la vacuité et la fausseté de son discours du sujet. Ces images créent une impression de répulsion et de dégoût.
Le poème parle de "chiffres" et de "comptes d’apothicaires", ce qui peut faire référence à l'utilisation de statistiques ou de faits de manière trompeuse pour paraître compétent ou impressionnant (résultats des votes et ou des sondages politiques). L'idée que le sujet "ne veut pas partager mes jouets en bois avec les étrangers" suggère une xénophobie ou un égoïsme dissimulé sous des apparences respectables.
L'auteur met en lumière le contraste entre l'image publique ("paroles... faciles à comprendre pour les drogués au bleu") et la réalité cachée ("le brun de ton passé et le vide en tes yeux"). Cela souligne une hypocrisie et une duplicité. (Bleu de la France, brun du fascisme)
Le poème se termine sur une note de haine assumée, décrivant des "milliers de cochons [qui] défèquent dans notre beau jardin". Cette image grotesque et dérangeante traduit un profond sentiment de trahison et de désespoir quant à la situation actuelle, vue par l'auteur.

En résumé, le poème réussit à capturer l'esprit punk de rébellion et de critique sociale, tout en ajoutant une touche personnelle et contemporaine. La conclusion du poème, avec l'image des "milliers de cochons [qui] défèquent dans notre beau jardin", rappelle l'esprit nihiliste et souvent apocalyptique du punk, où la corruption et la dégradation sont omniprésentes.

   Chlo   
7/7/2024
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Il y a ici une démarche punk (que j'ai du mal à trouver transgressive pour autant tant l'eau a coulé sous les ponts depuis 1977) qui est plutôt louable, avec un registre de langue en rapport avec son sujet qui donne un peu de fraîcheur, malgré un certain manque de maîtrise formelle dans l'exercice poétique en lui-même qui m'empêche de d'immerger complètement dans l'univers de l'auteur. Peut-être le punk est-il bien mort ; ou à renouveller.

   BlaseSaintLuc   
17/7/2024
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Votre poème est puissant et émotionnel. Il exprime une profonde aversion envers une forme de politique qui se pavane devant les caméras, masquant ses véritables intentions. Les images que vous peignez, du sourire brillant aux yeux vides, sont saisissantes. Et la métaphore des cochons dans le jardin ajoute une touche de réalisme cru.
J'aime bien le côté punk rock, le bémol,je trouve que cela manque de poésie ( mais c'est le thème qui veut ça...)

La poésie a le pouvoir de capturer des émotions complexes et de les exprimer de manière concise et évocatrice. Vous avez réussi à créer une atmosphère intense et à susciter une réaction chez le lecteur. Bravo ! 🌟


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