Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
Donaldo75 : Rolex blues
 Publié le 18/04/20  -  14 commentaires  -  1637 caractères  -  216 lectures    Autres textes du même auteur

Si à cinquante ans on n'a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie !
(Jacques Séguéla – 2009)


Rolex blues



Sans le bac on est mort, serinait la mater,
Entre deux hochements, trois Ave un Pater.
Je la trouvais alors un tantinet pénible,
À me vendre son bac, sésame du possible.

Rien ne sert de courir, me soufflait Usain Bolt,
Un grand consommateur de watts mais sans le volt.
J'écoutais son conseil en arrêtant ma course
Un mois avant le bac, du côté de la bourse.

Il faut partir à point, comme pensait Kerviel,
Un innocent banquier depuis banni du ciel.
Je ne me voyais pas en Français au chômage,
Avec comme seul choix ou dessert ou fromage.

Un fameux nain disait un truc sur la Rolex,
Où quarante ans passés on était chez les ex.
Je profitais alors de mémères crédules
Et fourguais aux pépés des valeurs ridicules.

Mieux vaut tard que jamais, répétait le maton,
Un bachelier d'état, plus Tyson que Platon.
J'avais tiré cent ans, comme un gros débile,
Bien marqués dans ma fiche à l'encre indélébile.

Accueillez-le mon Dieu, demande enfin la sœur,
Surprise de ma foi, dixit mon confesseur.
C'est le prix à payer, deux Ave plus un psaume,
Pour retrouver un jour les clés de mon royaume.

Dieu ne joue pas aux dés, me siffle le Malin,
Un avocat rusé, le prince du câlin.
Il ne me reste rien, devant le Purgatoire,
Que mes yeux pour pleurer, et conter mon histoire.

J'ai le bac je suis mort, sans choix sans option,
Un postulat cruel pour ma rédemption.
Jamais plus ne parlez de Kant ou de Voltaire,
Tout aussi garantis qu'un taux obligataire.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Luz   
18/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Donaldo75,

J'ai beaucoup aimé ce poème, je me dis que ça pourrait faire une chanson. Je pensais à "Je suis né dans un p'tit village" de François Béranger.
J'adore l'humour, en particulier : "Usain Bolt, un grand consommateur de watts mais sans le volt."
Une astuce pour la Rolex : un copain en a acheté une pour 30 € sur un site à l'Est...

Bravo !

Luz

   Lebarde   
18/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Donald75

Tout se discute, y compris votre sujet surtout si on y met un peu d'humour et de dérision.

Entre nous mais vous ne le répéterez pas, le Bac, si ça ne suffit pas, il vaut quand même mieux l'avoir et ça peut aider dans la vie, même si on n'ambitionne pas la Rolex du frimeur qui peut effectivement faire sourire, surtout si elle a été acquise au poids, à la sauvette sur un trottoir!

Après chacun mène sa vie, cherche et trouve (ou pas) son chemin; la finance peut en être un à condition de ne pas sortir des clous.
Les sorties de route existent dans tous les domaines et tous les milieux, alors....c'est dans les têtes que cela se passe!!

Et la Mater n'avait peut être pas tort:
"Sans le bac on est mort, serinait la mater
Entre deux hochements, trois Ave un Pater."

On est en contemporain, il doit bien y avoir de bonnes raisons que je ne recherche pas, mais j'ai trouvé l'écriture fluide, l'expression plaisante et la lecture agréable.

Je ne m'enthousiasme pas mais j'apprécie plutôt!

Merci

Lebarde

   chVlu   
18/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème contemporain s'il en est dans le thème. Je me suis régalé à lire ce déroulé du bac au coffre en bois ! La lecture est fluide coule de source naturellement.
Les rimes ponctuent l'air de rien les vers et chaque strophe contient une la critique ironique d'une époque.
J'ai eu du mal à recoudre le perdu le fil de l'histoire entre l'encre indélébile et l'incantation à Dieu...
Mais de la belle ouvrage où j'ai voulu voir un regard ironique sur une société des conventions qui font paravent et des apparences souvent fausses!
En grattant les vers j'ai trouvé parfois un deuxième message sous la peinture des mots.

merci pour ce bon petit moment de lecture.

   papipoete   
18/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Donaldo
un sujet sérieux que celui de la " réussite sociale ", qui trouve sa médaille d'or sous forme d'une Ferrari, ou moins encombrant une montre au poignet venant de Suisse, la fameuse Rolex qui situe tout-de-suite l'individu que l'on a en face de soi et montre ostensiblement son avant-bras !
NB il fallait à tout prix que le héros réussisse sa vie, à l'image d'un nain opinant du bonnet jusque dans les salons de l'Elysée !
Et pour cela, user de maints stratagèmes, comme jouer les Kerviel ou vendre au riche naïf de la poudre de perlinpinpin, à prix d'or et finir aux portes de l'enfer...
Si l'on pouvait rouler le Covid dans la farine, de cette manière en voilà qui rapporterait de quoi changer régulièrement de montre du Léman !
L'auteur me fait bien rire avec ses pointes d'humour tous les 2 mots, et ce florilège n'en finit pas de rebondir, alors que l'on croyait en avoir fini !
" accueillez-le mon Dieu... " est ma strophe préférée, mais les autres ne nous laissent guère souffler !
je salue la performance de faire rire en poésie, une gageure ici réussie !
techniquement, comme dirait Luchini " c'est du lourd " alors attention à ce que je vais dire !
au 2e vers si on lit " Ave " ... a/vé, on se retrouve bien avec 12 pieds, mais si on élide le " e " ( a/vun ) ? je ne sais que penser ?
au 19e vers, je compte 11 pieds
tout le texte est parfaitement bâti, au moins façon " néo-classique " ; quel dommage que cette étourderie !

   Anonyme   
12/5/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Ici le coté corrosif est mise en avant...Notre société et le coté financier carnassier à outrance, le nain et sa rolex...Une satire de notre époque qui m'a bien fait rire jaune. Non sans une rolex, nous n'avons pas raté notre vie, Chacun a un but différent dans la vie...et une façon de réussir.

   Anonyme   
19/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Donaldo,

Oh combien de fois j'ai entendu "sans le bac tu n'as rien" !
Bon ...je l'ai eu ...
Combien de fois on m'a moquée car je n'avais pas de vêtements de marque !
J'ai eu l'occasion d'en avoir...et rien n'a changé dans ma vie...
Non, les richesses et le luxe ne font pas le bonheur, c'est certain...ce n'est que mon point de vue, biensûr...

Dommage pour ce vers de 11 pieds, et je m'interroge concernant "ave un pater"
Y a t'il hiatus???( ave en latin se prononçant avé)

J'ai beaucoup aimé votre poésie teintée d'un humour bienvenu.
Une agréable lecture.

   hersen   
18/4/2020
Le fond, je suis très fan, la forme, c'est rythmé, ça n'attend personne, faut suivre ou rester en rade.
Donc, le fond est bien vu, la vie offre bien plus qu'un bac dont on ne saura pas toujours quoi faire, à moins de rempiler pour au moins cinq ans dans le supérieur.
Il y a des moyens plus juteux, plus prometteurs... plus risqués qu'un gentil bac.
Bon, tout ça c'est bien.
par contre, même si je comprends "l'actualisation", je pense que ce poème est réservé à ceux qui suivent de près le 20h.
Pour te dire, Kerviel, je ne me rappelais plus...
Il faut avoir la culture du nain et de la Rolex... j'ai un peu flotté...
Disons que c'est géographique. Qu'il faut une immersion.

Sans ces éléments d'actualité, j'adhérais à fond. Et tu vas me répondre, ben oui, hersen, mais justement, le truc c'est ça !

je te promets de suivre un peu plus les infos française et de prendre des notes :)

   Zeste   
19/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un texte, remise à l'heure. Bien plus profond qu'il n' y parait, sur un ton un tantinet désinvolte et qui est une leçon de véritable pédagogie sur le sens de la vie qu'on finit toujours par entrevoir; " tôt ou tard", sous forme de la question éternelle de qui suis-je vraiment et où une esquisse de réponse se profile grâce à un procédé habile et dont l'auteur en a peut-être le secret et qui vous laisse prendre possession du texte de telle sorte que l'on se reconnaisse dans ses questionnements de façon naturellement inconsciente. On ne saurait être bien sûr, au bout du chemin, qu'un esprit libre et débridé! Une lecture vivante et une grande leçon d'authenticité et d'humilité.

   Lariviere   
19/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Don,

Je ne rentrerai pas dans des détails inutiles mais ce petit commentaire pour te dire que j'ai apprécié cette lecture, de l'exergue des plus "parlante" à la forme baladeuse très agréable de cette "Rolex-blues", pour ces images (et ces personnages qui s'invitent avec malice pour illustrer le récit, à la fois en crédibilité mais aussi et surtout en fantaisie bienvenue vu le sujet.

Bref, sans dire plus, j'ai aimé ce poème pour son ton, son fond, sa fluidité de lecture et ses impressions, alors merci pour ça et au plaisir d'une autre lecture !

   Stephane   
21/4/2020
Donaldo75, le taux obligataire des obligations d'Etat OCDE étant durablement négatif (à moins que la BCE n'en décide autrement, mais je ne vois pas pourquoi), nous ne sommes pas près de nous offrir une Rolex mais sommes bons pour un blues d'enfer qui ne risque pas de nous quitter de si peu. Ceci étant - et en toute franchise - je préfère vous lire dans la catégorie nouvelles où je trouve que votre plume est un vrai régal, que dans celle consacrée à la poésie ; tout ça pour dire que je n'ai pas vraiment accroché avec ce "Rolex blues". Disons que Bolt/volt, course/bourse, Kerviel, chômage/fromage, Rolex/ex, maton/Platon et obligataire ne font pas très poétique mais servent tout de même la rime.

Bon, j'espère que vous ne m'en voudrez pas trop.

Au plaisir de vous lire,

Stéphane

   Pouet   
20/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Slt,

monsieur et madame Marolex ont une fille: Eléonore.

Mais je me souviens de ce gars-là, Jacques je crois, qui avait commis cette petite saillie pétrie d'intelligence... *

J'ai trouvé l'ensemble bien traité, léger pour un sujet plus lourd; eh oui ça pèse un bracelet de Rolex.

Mais c'est vrai ça, est-ce que Dieu a le Bac?

* edit: pardon pas lu la présentation du texte.

   wancyrs   
22/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Don !

Je suis un piètre commentateur tu le sais ; le ressenti a toujours été mon meilleur ami. Et ici ce que je ressens me fait sourire. De jolis jeux de mots comme cette strophe sur Usain Bolt... Un parcours d'avant et après bac qui ne manque pas d'humour, mais aussi cette façon remarquable de partager son érudition. Au final la mater avait tort : Avoir le bac ne nous rend ni éternel, ou encore ne nous garantis une situation meilleure.

Merci pour le partage !

Wan

   BlaseSaintLuc   
23/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Mais oui, moi, je vote pour le style, c'est carrément effronté, ce coté prince sans rire, anar sans filtre, du colvert de papier en col blanc de boulevard.
Sainte mère, prie pour ton fils, il va sonner les cloches pour mieux leur faire les poches.
Quand sonne l'heure, pas de montre à cent balles, faut du clinquant tic-tac pour dire l'heure aux enfers !

   Robot   
8/5/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La composition des quatrains m'a paru un peu répétitive dans la forme. Heureusement le fond est ce qui est le plus intéressant dans ce texte au rythme et au ton un peu monocordes.

Un texte que j'aurais certainement préféré rédigé sous la forme d'une fable afin de le soutenir par une matière poétique et une rythmique plus évidentes.


Oniris Copyright © 2007-2020