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Poésie libre
Davide : Port de larmes
 Publié le 18/04/20  -  15 commentaires  -  1645 caractères  -  303 lectures    Autres textes du même auteur

La traversée du désert.


Port de larmes




les baisers de la mer
n’abreuveront plus
mes aubes grenadine

soleil à l’oraison

cent nuages de maux

dans mon coup
sur mes jougs
d’heure en heurt
les cils d’hiver n’ont plu
que des larmes de sans

oreilles coquillages

oh plage de silence

mer de sable et de mots assoiffés
mer des jours à vide
c’est toi que j’ai bue sang compté

longue traversée des nuits

ans des aires à rides

j’ai tant crû en mon courage

peu

‘ .         \           :           /         . ‘
‘ .        \        :        /        . ‘
‘ .      \     :     /      . ‘
- - - - - - - - ____                 ____ - - - - - - - -
_________________(_)_________________
~ ~ ~  à  ~ ~ ~

peux

les ciels d’hier ont laissé grâce
à mes deux mains avides
aux averses d’amour
aux semailles de ris

soleil en floraison

ô plage d’opulence

dans mon cou
sur mes joues
d’heure en heur
mille baisers de pluie
abreuvent aujourd’hui
mes rêves les plus doux


 
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   Gabrielle   
1/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un message abordant le thème de l'espérance avec beaucoup de finesse et le ressenti des créateurs.

La fibre poétique se met au service de la description des émotions.

L'espoir, présent dans tout le texte, constitue une quête qui n'est pas vaine et les larmes deviennent baisers.

Le rêve constitue le moteur de tout (chute) et renvoie au "soleil en floraison" qui renvoie à son tour à une "plage d'opulence".

Merci à l'auteur(e) de proposer en partage les fruits de son talent d'écrivain.

   Queribus   
2/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

La bonne surprise du matin: une forme d'écriture que je n'avais jamais vu avec une sorte d'harmonie évidente dans la disposition des mots. Je pense que les Surréalistes et Apollinaire vous auraient reconnu comme un des leurs. Plutôt amateur de formes régulières, je suis ébahi par votre virtuosité.

En ce qui concerne le fonds, j'avoue que je n'ai pas tout saisi mais c'est normal dans ce genre d'écrit qui rappellent l'écriture automatique d'André Breton où la poésie nait de la disposition des mots et non de leur côté "réaliste" ou "naturaliste" (Excusez-moi pour les grands mots).

Pour résumer, du beau et du bon travail à renouveler dès que possible.

Bien à vous.

   chVlu   
18/4/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une poésie qui me séduit par sa forme singulière et qui me parle au fond.
Je lui ai juste trouvé un défaut majeur, je n'ai pas eu l'inspiration de la produire.
ah oui cher auteur je suis jaloux!

C'est un moment délicieux que j'ai passé à sauter de pierre, à jouer à cache-cache avec tes mots facétieux et leurs sens.
S'extraire du marais de nos jours noirs quand à l'aube d'un autre l'on arrête de se débattre et qu'alors change le gout des larmes : Voilà ce que j'ai retrouvé dans ton poème que je connais de moi même. Toutes ces émotions , ces moments, ces instants suggérés dans une peinture par taches de couleurs et hologramme ne me font que du bon heurt!

Je t'adresse une pluie scintillante d'applaudissements!

   Lirian   
18/4/2020
Bonjour Davide,

Désolé, mais la profusion de jeux de mots que je trouve très à plat vient à mon avis ternir le texte.
Plutôt qu'une recherche poétique mesurée ou réfléchie, j'y vois de la facilité bon marché et qui noie le fond. La présentation pourrait amenuiser cet effet mais elle ne résiste pas au pesant de l'écriture.
A mon avis, une expérience de rédaction qui si elle n'est pas non plus 'nain porte quoi', est à mener avec des pincettes.

   Provencao   
18/4/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Magnifique poésie avec cette construction originale, sublime qui donne éclat et délicatesse . L’ubiquité harmonieuse de la finesse renforce " ces baisers de la mer" en continuum esthétique.

J'en ai aimé l'illustration du silence, de la nuit , de l'opulence du gille et du spontané faisant écho à la sérénité du rêve.

Un bonheur de lecture. Merci et Bravo pour cette originalité.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   papipoete   
18/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Davide
votre poème d'espoir me fait penser au parcours d'une via ferrata, on croit que l'on va tomber, et puis il y a cette prise là, et une autre un peu plus haut ; ou bien une marelle au sol où les cases deviennent de plus en plus difficiles à atteindre ; ou bien une scène d'Indiana Jones quand il faut chercher durant un millième de seconde, où poser les pieds sur une mare de serpents !
NB mais je dois avouer que le message, que vos vers véhiculent en acrobates, ne frappent pas mon esprit !
mais on ressort éreinté de notre lecture, avec ce cocktail de mots lancés en l'air, mais toujours rattrapés, jamais tombés par terre !

   jfmoods   
18/4/2020
Insensiblement, le regard du lecteur tend vers le point d'appui du poème : ce coucher / lever de soleil que figure l'image. Sur la plage métaphorique de l'existence, l'âme humaine oscille, tel un pendule, entre crépuscule et aube, larmes de désespoir et larmes de bonheur, spleen et idéal. Cette dualité qui nous constitue est suggérée, au fil du poème, par le jeu des doubles-sens.

"Il n'est pas de fardeau que je ne puisse jeter chaque soir.
Chaque matin renaissent mes deux poings" ("Le limon", Mano Solo)

   Cristale   
18/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Joaillier, horloger, miroitier, funambule sur son fil, souffleur de vers, marcheur sur braise, fakir à la pointe des mots, le poète aventurier voyage sur sa page muni d'une boussole qui ne perd pas le nord tant elle est réglée avec minutie.

Images, sons, couleurs, le mouvement dans l'inertie, les mots jouent les imposteurs comme un compositeur qui dérange l'ordre établi de sa partition.
La musique interpelle l'oreille et réveille les sens, la toile se fait mouvante pour les yeux.

L'auteur est un artiste pointilleux, travailleur, (un peu trop mais puis-je oser une telle réflexion ?), et rien n'est laissé au hasard dans son art de l'écriture et de la poésie.

Merci Davide.

Cristale

   Vincente   
19/4/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une traversée du désert… oui, mais pas pour le lecteur.
Le narrateur revient d'un lieu impossible d'apparence et de dureté intrinsèque mais d'où l'on sort grandi. Nul doute que cet esprit-là a pris de la bouteille dans cette épreuve-là. Il le prouve. Il nous le raconte en nous faisant découvrir, sous les sécheresses cyniques qu'imposent parfois la vie, les richesses d'une histoire et de son verbe enrichi. Chaque vers, vraiment chaque vers, présente sous le sens premier, celui qui se voit presque primairement, un sens plus profond qui draine le breuvage poétique. Par les jeux (je regrette ce terme "jeu", car l'on est ici dans le grave) d'assonances ou les jeux de mots diffractant la compréhension initiale, comme la chaleur troublant le lointain dans l'espace désertique, faisant apparaître quelques mirages en images signifiantes (l'on sait qu'elles sont des transpositions perceptives), chaque vers fait œuvre de transcription explosive. Ainsi chacun, comme dans cet univers dépouillé qu'est le désert, marque un pas de réminiscence, jusqu'au basculement qui s'articule sur le joli graphisme en soleil couchant sur horizon marin (une sorte de dessin d'enfant par son aspect sommaire mais soulignant une bien belle attention), et puis un pas de renaissance jusqu'à la fin… qui n'est pas une fin puisqu'elle s'infinit en rêve.

Quel parcours auquel se trouve convié le lecteur ! C'est un accompagnement initiatique. Nous sommes les regardants, les appréciants face à celui qui reconsidère l'épreuve impensable. Passés les moments où l'esprit, l'espoir même, ne savent plus où donner de la tête, où les mots partent en tous sens, il fallait reprendre le chemin, de la mémoire en particulier, pour reconstruire la démarche, et réinscrire le sentier dans plus grand que lui, comme un fleuve justifie sa source et ses rus.

Quand après avoir lu ce poème, l'on revient à son titre, "Port de larmes" l'on peut constater toute son ambivalente portée, justifiée. Les "larmes" "incontinentes" auront tant coulé, se seront tant recroquevillées qu'elles se seront agglomérées en une masse fluide, désormais endiguée dans un port. Des larmes abrités, conservées, reliques originelles, aujourd'hui dans ce "port" "continent", comme une base à partir de laquelle l'on peut s'établir.

Je ne vais pas proposer ma lecture sous-marine ou souterraine de chacun de ces vers, leurs singuliers "dédoublements" prennent sens dans le déroulé de leurs découvertes, mais je voudrais tout de même citer mes préférés.

" les baisers de la mer
n’abreuveront plus
mes aubes grenadine

soleil à l’oraison
"
(Avec ce double sens de "mer/mère", et j'adore ces "aubes grenadine" et ce "soleil à l'oraison" !)

" les cils d’hiver n’ont plu
que des larmes de sans
"
(Sans commentaire, n'est-ce pas ? Limpide, beau et si chargé…)

"aux semailles de ris" (belle trouvaille)

" mille baisers de pluie
abreuvent aujourd’hui
mes rêves les plus doux
"
(trois vers pleins de grâce dont les "baisers" "finaux" viennent répondre aux "baisers" initiaux de la maman, pour qu'ils gardent bonne place dans le cœur apaisé.)

Le geste d'écriture, au-delà d'un rythme épousant le dévoilement du propos où la scansion peut chanter avivement la déclamation (il faut se laisser emporter dans une lecture à haute voix, l'on se sent alors "orateur" par la simple adresse du texte), est appuyé d'une volonté déterminée. Pourtant, à ma première lecture, j'ai été séduit, conquit par l'expression claire, la complexité des deux niveaux de lecture sautant aux yeux en synchronie l'un avec l'autre. Les "jeux" de sens me sont parus si imbriqués qu'ils se sont vraiment bien "entendus" pour offrir la saisie et le saisissement de l'évocation. Cette adéquation est ce qui rend ce poème exceptionnel ; original, et bien plus que cela…

   Robertus   
18/4/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
À la lumière du commentaire pertinent et expérimenté de Vincente j'ai relu le poême et me suis retrouvé face à une oeuvre tout à fait étonnante et travaillée.

Le poème qui forme le dessin tout d'abord de la fumée noire d'une lampe huile et qui correspond à la dureté de l'épreuve, vient ensuite la flamme / coucher de soleil, puis la base de la lampe qui regorge de consolation liquide.

J'ai beaucoup aimé le kidnapping du mot " sang " par le mot " sans " qui crée deux phrases terriblement évocatrices et créatives.

Bravo.

   Hiraeth   
19/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien
A vous lire, j'ai eu ces vers de W.H. Auden en tête (désolé pour l'absence de traduction), dans lesquels il livre avec humour et non sans ironie de sa part (mais c'est un autre sujet qui ne vous intéresse sûrement pas) son ars poetica :

"Be subtle, various, ornamental, clever,
And do not listen to those critics ever
Whose crude provincial gullets crave in books
Plain cooking made still plainer by plain cooks
As though the Muse preferred her half-wit sons:
Good poets have a weakness for bad puns."

Les bons poètes ont en effet un faible pour les mauvais jeux de mots (mais pourquoi ai-je l'impression qu'un jeu de mots est toujours mauvais dans l'esprit des gens, presque par définition ?).

Je remarque cependant que le reproche du "trop" revient souvent, à intensité variable, dans la plume des internautes qui commentent vos poèmes : c'est tout de même le signe qu'il faut peut-être vous remettre en question sur ce point-là !

Le texte ici est bon et témoigne d'un travail intelligent et méritoire, fonctionnant comme une caisse de résonance savamment construite. Les échos omniprésents d'un vers à l'autre tissent un monde intime et étrange, qui éveille assez notre curiosité pour nous pousser à l'explorer. Le lecteur se prend au jeu, se met à chercher et à essayer de comprendre (si tant est qu'il y ait quelque chose à comprendre) les autres jeux de langage qui lui auraient échappé, profitant au passage d'images parfois très belles.

J'aime particulièrement la strophe de l'apostrophe à la mer (mère ?), quasi biblique dans sa vibration incantatoire.

Dommage que l'orthographe du troisième vers de ladite strophe vienne un peu tout gâcher avec ce jeu de mots surfait. J'ai eu l'impression que vous vouliez en faire à chaque vers, pour vous tourner ensuite vers le lecteur et lui dire : "t'as vu, t'as vu ? héhé, c'est bien joué non ?". Le résultat est parfois bien trop artificiel à mon goût, et vous rendez les ficelles de votre art trop visibles, comme si vous vouliez sans cesse prendre le lecteur par la main. Les jeux homonymiques et paronomastiques que je trouve les plus réussis sont aussi les plus simples : "mer" / "mère", et à la rigueur "oraison / floraison" par sensibilité personnelle car mon amour de Dieu n'a d'égal que mon amour des fleurs.

Deux choses m'ont particulièrement irrité : ce "oh" prosaïque devant "plage de silence" à la place du "ô" d'emphase (alors que vous le mettez bien ensuite dans l'écho), et le vers "j'ai tant crû en mon courage", qui malgré le jeu de mots plutôt sympa pour le coup, a le malheur de faire de la voix poétique une espèce de fanfaron ayant trop lu Psycho et autres magazines de développement personnel.

Dommage donc ; que ce soit vrai ou non, vous donnez l'impression de vouloir impressionner à tout prix, au détriment d'autres valeurs poétiques plus importantes (la simplicité, surtout). Je crains que mes notes plafonneront à Bien+ tant que vous n'aurez pas épuré votre style.

Au plaisir toutefois de vous relire.

   emilia   
19/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Même si le titre m’interroge (peut-être en lien avec la triste actualité), le narrateur se plaît à jongler avec les mots, tressant habilement un lexique maritime (port/ mer/coquillage/plage/traversée…) à celui de la météo et du temps :(soleil/nuages/averse/pluie… heure/hiver/jours/nuits/ans/hier/aujourd’hui/demain(deux mains)/semailles/floraison/aubes/ peu à peu…), sans oublier les parties du corps (cou/joues/cils/oreilles) et les sentiments (amour et baisers/maux et larmes/heur pour bonheur/courage) avec une volonté d’originalité, à la fois en jouant avec les homonymies (cou/coup, joues/jougs ,sans/sang, peu/peux, des aires/désert, aride/à ride, avide/à vide, riz/ris, heure/heur/heurt…) ainsi que le jeu de mots patiemment illustré par le rayonnement de traits calligraphiques formant une composition visuelle : horizon/oraison, au centre du poème, à valeur méditative, de même que la forme de sablier en calligramme inversé… ; une lecture d’ensemble riche en matières…

   sauvage   
22/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un joli texte, très travaillé, presque trop.

Certaines choses fonctionnent vraiment bien comme "soleil à l'oraison / soleil en floraison", deux vers magnifiques! J'ai aussi apprécié la progression et la construction suivant une forme de symétrie.

C'est sur d'autres "jeux de mots" que j'émets quelques objections, non qu'ils ne soient pas bien trouvés ou pensés, mais ils affaiblissent au final la force du message ou tout simplement sa direction ; par exemple j'aurais préféré retrouver deux fois le "dans mon cou / sur mes joues / d'heure en heur". Le "oh plage de silence" où le "oh" m'a égaré, tout comme le "peu à peux".

Malgré mes réserves, j'ai beaucoup apprécié la lecture de votre poésie.

   BlaseSaintLuc   
23/4/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Déjà,l'écriture est une prouesse architecturale, bien construite, les sens sont sans dessus, dessous, rien ne part de travers, j'adore l'entame, elle donne "l'eau à la bouche " et puis ça tape derrière, histoire de s’accrocher.
Ah, dessine-moi une poésie, petit prince !
C'est beau comme un soleil couchant !

   Davide   
12/7/2020


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