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Poésie en prose
Dunkelheit : Fille de joie
 Publié le 01/10/10  -  13 commentaires  -  2252 caractères  -  151 lectures    Autres textes du même auteur

Je suis… la folie… la meurtrie… l’assassinée… la suicidée… la disparue… la volatilisée… je suis.


Fille de joie



Je suis la fille qu'on ne peut pas sauver.


Celle qui s'enfonce lentement dans ses angoisses. Étrangère de chacun qu’on ne voit pas sombrer. L’ignorée qui vous sait, présente à votre insu au détour d’une humeur. Celle qui arborera jusqu'à la fin les couleurs d'un monde assassin.



Je suis la mort qu'on ne voit pas venir.


L'hypocrisie dissimulée derrière la tyrannie de la bienséance. Créature de cette époque. Inconnue haïssant ses semblables. Un masque sans âme. Une faux sans porteur. La souriante aux pensées vaporeuses. L’insaisissable à l’acte insensé. La douleur sans nom dont vous connaissez le visage.



Je suis produit de leurs erreurs.


Victime de ces bourreaux qui s'ignorent. Elle a la larme au coin du miroir et la lame au bout de la langue. Les lèvres couturées, un sourire dessiné par-dessus. Vous êtes la torture de son quotidien. Son pain rassis sur lequel elle vient briser ses rêves. Son histoire naît de votre indifférence et s’éteint sur votre curiosité déplacée.



Je suis celle au voile.


Ce voile qui ne protège que les yeux. Un voile de mépris. Dissimulé par l'apparence de l'indifférence. Obstrué par un semblant d'humanité. C’est votre jeu de société favori. Jeu de rôles aux dés volés. Elle est personnage abandonné. Qui reprend son souffle pour mieux déclarer forfait.



Je suis épave de ce monde.


Épave qu'on envoie voguer sans pitié sur un océan d'écueils. Les voiles hautes en couleur hissées sur le pont. Et dans les cales, déjà on s'évertue à évacuer l'eau qui s'infiltre de toutes parts. Sauver les apparences, il n’y a pas de coupable. La faute au temps qui emporte les plus faibles.



Je suis votre plus grande honte.


Celle que vous avez croisée sans la remarquer. La fille d’à côté. Et son image vient fleurir sur le tronc des arbres. Puis tombe à l’automne avec les feuilles, déjà mortes avant de toucher le sol. Celle dont tout le monde connaît le sort une fois qu’il vous est crié à l’oreille. La poupée inarticulée qui ne s’est pas relevée.



Je suis fille d'aujourd'hui.


 
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   kamel   
14/9/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Un appel de détresse,d'angoisse traverse cette poésie en prose par des mots pleins de sens. Une façon de parvenir à enlever le masque des apparences. Un cri de douleur s'enfonce profondément dans son âme déchirée.
La 1ere personne énonce parfaitement l'état de son auteur qui essaie de dévoiler le secret de l'apparence de Fille de joie.
La forme encadrée par de courtes phrases,expliquées ensuite pour marquer en détail la charge sémantique contenu dans ce mot.

Bonne continuation

   shanne   
24/9/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,
J'aime beaucoup la description de la fille de joie, la présentation donne de la profondeur.
Je suis sensible à victime de ces bourreaux qui s'ignorent...épave qu'on envoie voguer sans pitié sur un océan d'écueils...La poupée inarticulée qui ne sait pas relevée
Je suis fille d'aujourd'hui...sans avenir. Ce n'est pas la joie
Merci à vous

   jamesbebeart   
29/9/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai été vraiment séduit par ce texte où des vérités sont assénées sans coup férir. Qui font mal dans un monde terriblement contemporain. Merci pour cette lecture qui nous fait un peu mieux comprendre la réalité du temps avec un sentiment poètique très fort.

   framato   
29/9/2010
 a aimé ce texte 
Pas ↓
Une bombe humaine, la fille de joie, je ne sais pas trop où mène ce texte. La faute à quelques imprécisions... Il y a les voiles, mais je ne comprends pas la honte. Un peu trop de lourdeurs et un manque de force par moment aussi : il faudrait resserrer les boulons de ce poème (surtout si l'option 1 est celle voulue par l'auteur). En l'état, c'est un rien trop flou et il y a trop de mots pour m'emporter vraiment. Boum ! Il manque le boum ! (et puis c'est simpliste, dans l'hypothèse 1 de prétendre que les terroristes ne sont que le produit de nos erreurs - enfin de leurs erreurs, comme le dit l'auteur, qui de ce fait choisit un camp, et ça c'est franchement regrettable en regard du thème). Les victimes seraient donc les bombes humaines ? En ce qui concerne la deuxième interprétation, elle ne tient pas vraiment la route (à cause du flou sans doute volontaire des images). J'ai une impression bizarre, celle qu'on essaye de me faire croire à quelque chose à quoi je ne veux pas croire. Cette somme de je me renvoie à une autre piste, celle ou chaque portrait serait différent, une autre sorte de jeux... Mais là non plus je ne suis pas convaincu, il me manque un peu de rigueur dans le traitement de tout cela. Bref, convaincu de m'être fait manipuler au fil de ma lecture, mais pas convaincu par le traitement...

   Arielle   
1/10/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Si le but de l'auteur est de jeter le trouble dans l'esprit du lecteur, en ce qui me concerne c'est parfaitement réussi.
Ce portrait qui oscille entre pute et terroriste ne parvient cependant pas à m'émouvoir : "un masque sans âme" trop "jeu de rôles" pour que je sache à qui offrir un peu de compassion.
J'ai l'impression désagréable que l'auteur joue au chat et à la souris avec les bons sentiments du lecteur, tente de lui tirer une larme alors que lui-même s'applique à rester à distance de son sujet.

   brabant   
1/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Dunkelheit,

Voilà un texte qui ne peut pas laisser indifférent, qui ne me laisse en tout cas pas, moi, indifférent.
Un bien curieux texte qui relate l'indifférence, l'abandon, une tragique transparence, la mort. L'insignifiance et la souffrance qui l'accompagne. La révolte.
Un texte qui cependant est redoutablement serein, comme si l'inéluctable était à la fois dit et sous-entendu, dits et non-dits, comme s'il n'y avait plus que la sérénité pour échapper à l'inéluctable, inconfort, tragédie.
Voilà un texte d'une très grande richesse, qui dit toutes les directions, toutes les fautes (même celles que l'on n'a éventuellement pas commises), tout ce qui fait que l'on en est arrivé là.
Et voilà un texte qui me pointe du doigt, car cette fille de joie, qui habite au coin de ma rue, je ne la connais pas; ça n'est pas que je l'ignore, je ne la reconnais pas. J'ai beau regarder, je ne la vois pas. Qui est-elle ? Qu'y a-t-il donc que je n'ai pas fait ? Aveuglément coupable, re-connaître, coupable d'aveuglement.
Apparemment monstrueuse société qui produit de telles monstresses. Quel monstre suis-je ? Indifférence, Incompréhension, Egoïsme... ?... Non-assistance à personne en danger.

Pourquoi tant d'horreur sous tant de beauté ? (beauté tranquille du texte qui laisse présager d'une beauté particulière et générale) Cette fille de joie reste une énigme. Reste-t-il de l'amour à donner ? Est-on capable de recevoir encore, de l'amour ? Il est clair qu'il est trop tard. Les dés sont jetés. Irrémédiablement. Pourquoi ? On est ici devant un constat.

Ce texte m'interroge. Vraiment !

Je vois de la solitude, une immense solitude; je ne sens pas d'embrigadement; "fille de joie" est employé a contrario. Ce texte est un nihilisme, non pas un engagement mais un désengagement, une mise en avant par une mise en retrait. Ce texte est la mort tout simplement, ou une certaine idée de la mort. Incommunicabilité et renoncement.

En tout cas, il me fait bien élucubrer, mais sans panique. Bon ressenti d'une catastrophe imminente, je mourrai indifférent, ni heureux ni malheureux.

Curieux !


Beaucoup de formulations heureuses :
"... présente à votre insu au détour d'une humeur."
"Une faux sans porteur."
"Elle a la larme au coin de l'oeil et la lame au bout de la langue."
"Je suis celle au voile.
Ce voile ne protège que les yeux." Excellent ça !
"La fille d'à côté. Et son image vient fleurir le tronc des arbres. Puis tombe à l'automne avec les feuilles..." Je bois du petit lait. Merci ! Vraiment merci pour tout ça !


Mais pourquoi fille d'aujourd'hui ? Cette fille-là est marginale, qu'elle soit fille de joie : peu de choses pour l'indiquer si c'est le cas (vous avez sans doute joué sur le mot "joie", la joie est ailleurs, dans une intériorité... conscience d'une différence/indifférence, revancharde ?) bon, il y a notre "honte"; ou bien qu'elle soit terroriste : toute la dernière strophe plaide en ce sens.


Oui ! Mais ! Ce texte nous laisse cependant sur notre indifférence. Me laisse car je suis démuni.
C'est la raison du ( - ) de l'évaluation. Pour me punir ! Na !

   Reggio   
2/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Belle structure qui donne un rythme et un respiration très appréciable.

J'aime le fond, malgré un aspect "cliché" qui dérange un peu.

Fait est que le "je suis" répété plusieurs fois me donne l'impression d'une confession ok, mais aussi d'un fatalisme grossier. Un style "adolescent qui se lamente", qui à mon sens doit se parer de génie pour pouvoir surmonter ce cliché.

Bref, je pense que c'est le genre de texte qui fait énormément de bien à écrire, mais qui a besoin d'être exceptionnel pour pouvoir être publié, étant donné le nombre d'autres pareils.

Je résume donc les qualités: Structure solide, recherche d'images intéressante (mais parfois trop poussée à mon goût, les "dés volés", je n'ai pas adoré.) et franchise.

Pour ce qui est des défauts, j'ai donc déjà dit "cliché", et une impression de recherche vers le milieu et la fin qui manque de naturel à mon sens. Ça a beau être fluide dans l'oreille le plus souvent, ça ne coule pas facilement dans la tête et dans le cœur.

   ANIMAL   
2/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un texte profond, à lire et à relire pour les vérités qu'il assène sous des dehors tranquilles, à un rythme presque hypnotique.

J'aime beaucoup la structure, avec cette répétition insistante de "je suis". Constatation sans complaisance des travers de notre monde, dont mépris, indifférence, voyeurisme.

Vie misérable et mort d'une pauvre fille, mais ne sont-elles pas des milliers à vivre le même calvaire...

Merci pour ce poème puissant.

   nico84   
3/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Je suis réceptif à ces cris, à ces prises de risques aussi dans le message et dans les thèmes utilisés. Mais j'ai touours la sensation qu'avec ce style je n'arrive pas à comprendre le sens. Et encore pire, j'ai l'impression que l'auteur le rend flou volontairement et je n'apprécie pas vraiment les voiles justement, j'ai besoin de tout ressentir et comprendre pour totalement apprécier alors que beaucoup veulent surtout ressentir sans logique ou raison.

C'est mon sentiment. Pourtant ici tout n'est pas voilé et ce que je vois me plait. Merci !

   odkali   
4/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir,
Ce « je suis » est très fort en images, il est très touchant et cette répétition est comme une expiration de peine après la vision d’un tableau. Très belle répétition.

Juste, les sonorités dans « peut pas » « la lame » « la larme », simplement ôter « pas », et utiliser un autre article que « la ». Ceci est juste un avis "sonore".

   Azurelle   
6/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ah le jeu du rythme, des images riches oui j'ai apprécié cette lecture, un grand merci pour ce texte.

   machin   
11/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Mon âme aime se lancer pour aller sauver même le plus petit espoir. Commencer ton texte par une impossibilité m’a donc fermer une porte. Heureusement d’autres se sont ouvertes: rythme, syntaxe, vocabulaire, images souvent originales.
Pour poser un personnage, que ce soit un “je” ou un “vous”, il faut lui assurer une base, construire un socle sur lequel assurer entre autre, les contradictions que tu désires lui apporter.
Or, souvent, tu te limites à énumérer des traits opposés. Si bien que le lecteur que je suis, est balloté d’un extrême à un autre sans saisir la volonté qui devrait s’y trouver. Je ne réussi finalement, à ne croire ni à la “fille de joie”, ni au monde qui l’entoure. Jamais non plus, je ne me sens interpellé par ce “vous”.
C’est dommage, car ton texte présente de nombreuses qualités car il aborde un sujet palpitant.
Offrir peu à peu, les traits de caractères de la “fille de joie“ et dénoncer par étape, la société qui la modèle, me semblerait plus efficace. Tu donnerais ainsi de la solidité et de la crédibilité à tes propos.

   Anonyme   
6/1/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Quand j'ai lu "fille de joie", j'ai de suite penser au film "les jolies choses" avec Marion Cotillard: du coup, le fond du poème m'a touchée.
Il y a beaucoup de potentiel dans ce texte: les images telles que "jeu de société favoris" et "fille d'aujourd'hui" sont excellentes et dénonciatrices!
Je pense quand même qu'au niveau de la forme il y a des choses à travailler car ce poème a la prétention de pouvoir être excellent.


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