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Poésie contemporaine
Dyonisos : Les yeux…
 Publié le 06/06/14  -  13 commentaires  -  780 caractères  -  295 lectures    Autres textes du même auteur

Poème écrit au lendemain d'une visite à ma mère, qui souffrant de la maladie d'Alzheimer devient de surcroît aveugle.


Les yeux…



Ce soir sur mes yeux un voile se dépose
Le bleu de mon regard semble se délaver
Je ne reverrai plus le monde et ses beautés
Ni le blanc du lilas, ni le rouge des roses

De ces enfants rieurs qui enchantaient mes jours
Je n’aurai plus en moi qu’un vague souvenir
Se perdant dans ma tête et venant y mourir
Sans la moindre lueur d’un espoir de retour

Puis viendra la terreur un jour de cécité
Me levant un matin sans savoir où aller
Finies les promenades dans mon jardin boisé
Finis livres en cuir qu’avant je dévorais

Je laisserai la mort me venir un beau soir
Et fermerai mes yeux désormais inutiles
Caresserai mon chat d’une main malhabile
Tout en laissant ma porte ouverte au désespoir


 
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   Robot   
6/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce texte ne peut qu' émouvoir. Il est d'une écriture simple qui convient bien au thème.
Je lui ferai cependant un reproche: Le dernier quatrain qui me semble composé à l'envers est d'une construction illogique:
"Je laisserai la mort me venir un beau soir
ELLE MEURT

Et fermerai mes yeux désormais inutiles
Elle aurait du fermer les yeux AVANT DE MOURIR

Caresserai mon chat d’une main malhabile
ELLE EST MORTE Comment peut elle caresser le chat

Tout en laissant ma porte ouverte au désespoir
MORTE il est évident qu'elle n'a plus d'espoir"

Ce quatrain devrait être renversé et personnellement je le construirais ainsi sans nuire à votre propre écriture:
Tout en laissant ma porte ouverte au désespoir
En caressant mon chat d’une main malhabile
Je fermerais mes yeux désormais inutiles
Et laisserais la mort me venir un beau soir

J'ajouterai cependant que le vers "Tout en laissant ma porte ouverte au désespoir" me paraît grandiloquent, mais là ce n'est qu'une interprétation toute personnelle.

EDITION: C'est le "et" de "et fermerai les yeux" qui me donne le sentiment qu'elle ferme les yeux après sa mort.

   newman   
6/6/2014
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
bonjour,
certes,votre poésie est émouvante,mais il se présente quelques maladresses d'écriture et un manque de tournure poétique dans plusieurs vers:
le bleu de mon regard semble se délaver:pas très joli
le mot terreur peut-être remplacé par le mot chagrin.
fini les livres en cuir qu'avant je dévorais:trop lourd
je fermerais mes yeux,c'est mieux que "et fermerai"

mais le sujet abordé est prenant.

   myndie   
6/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Dyonisos,

C'est un thème qui me touche profondément et que vous abordez ici avec une infinie délicatesse. Votre poème, dénué de tout lyrisme inopportun, raconte avec beaucoup de douceur ce dernier cheminement, et le flot de sentiments qui l'accompagne : le regret de tout ce qui est perdu, la tristesse et la résignation non pas apaisée mais désespérée...
Tous ceux qui ont vécu semblable drame savent bien avec quelle douleur nous cherchons à percer le flux des pensées de cette maman qui se meurt et qui le sait...
Je me suis fait moi aussi la même réflexion que Robot sur la construction de la dernière strophe mais y ai quand même trouvé, après réflexion, une interprétation différente. Je vous la livre et peut-être nous direz-vous ce que vous en pensez :
Si l'on considère que le premier vers «  Je laisserai la mort me venir un beau soir"
signifie non pas LA MORT mais le sentiment de son arrivée imminente, l'impression de se sentir glisser tout doucement vers elle, alors, le reste est crédible.
Quoi qu'il en soit, j e vous remercie d'avoir partagé tout cela avec nous.

   Anonyme   
6/6/2014
Bonjour Dyonisos

Fondé sur un vécu qui te touche de très près (et dont j'ai eu la tragique expérience), ce poème est incontestablement émouvant.
Il n'y est fait mention que de la cécité qui s'installe et non de l'autre mal mentionné dans l'incipit. Dés lors le recours à la première personne est tout à fait légitime.

L'harmonie du premier quatrain laisse à penser que la personne accepte son mal avec sérénité.
Au second, ce sentiment s'effrite et les vers 7 et 8 sont empreints de gravité;
Gravité que vient accentuer le mot "terreur" .
Au quatrième, la personne se résigne, elle accepte la mort, caresse son chat d'une main malhabile, mais laisse la porte ouverte au désespoir.

Merci Dyonisos et bon courage.

   Hananke   
6/6/2014
Bonjour

Malgré tout le respect que je dois à l'auteur pour le message triste
de son poème, je trouve que l'on ne sort guère des sentiers battus
du sujet.
Personnellement, j'aurais préféré une plus grande force dans
ces mots, une force à la hauteur de cette tristesse.
Ici, les clichés sont alignés.
Je ne parlerai pas de la forme.

Bien à vous.

Hananké

   Francis   
6/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sujet difficile, abordé avec pudeur et simplicité mais qui ne laisse pas le lecteur insensible !
La construction du dernier quatrain et le mot "terreur" peuvent être discutés.

   chVlu   
6/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Dans une forme qui a ses contraintes, les ressentis sont venus bien posés, et chaque état d'âme trouve une juste place.

Pas de grandes envolées, ni de révolution dans les mots mais de la sobriété. Le risque de sur faire était là , il a été bien évité.
Tout est dit sans froisser la pudeur.

Le dernier vers ouvre une fenêtre sur le vécu et le vécu à venir de l'auteur-narrateur avec la même retenue.

Pour moi du joli travail, un sujet bien traité.

Une question me titille :
le choix d'annoncer, dans la présentation, l'état de fait qui a présidé à la rédaction ne bride t'il pas la capacité du lecteur, en tout cas la mienne, à faire sien, à se saisir du texte ? A la lumière d'une réalité très ( question : trop ?) claire (par l'annonce) la lecture est peut être plus terre à terre.

   Anonyme   
6/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjours Dyonisos,

Il peut y avoir un gouffre entre les sentiments d’un fils pour sa mère, et la poésie. Les mots vous sont venus, simples et vrais, pour dire votre amour et le vide qu’il va créer. Je ne changerais pas un mot de votre poème s'il était un dialogue entre elle et moi. Le problème, c’est que le lecteur de passage est un cruel visiteur, qui ne se laisse pas entraîner aussi facilement dans ce courant de tendresse et de fatalité que vous essayez de faire passer. Il manque un peu de végétation, de mauvaises herbes, de rocailles où s’accrocher. Votre mère semble avoir aimé la vie avec une totale sérénité. C’est ce que vous avez choisi de lui faire dire. C’est aussi un peu ce lac tranquille que le lecteur passif contemple.

Ludi
apaisé

   troupi   
6/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Dionysos.

Le fait de pouvoir écrire sur un tel sujet aide peut-être à amortir le choc. On ne peut que vous le souhaiter.

Ceci dit ce poème ne peut être que désolation, une acceptation devant l'inéluctable aux deux premiers quatrains.
La terreur marque au troisième une gradation mais je me demande si c'est bien choisi. Quand on sait ce qui nous attend, et manifestement c'est expliqué au premier quatrain, peut-on être terrorisé ?
Je trouve un peu surprenant ce vers :"Finis livres en cuir qu’avant je dévorais". Même si je saisis tout à fait le sens c'est dans ce poème qu'il me semble incongru surtout parce-qu'il est tentant de rapprocher le cuir - partie animale quasiment comestible - de dévorais. Cela me gène un peu.
La mort me semble plus inquiétante que la cécité pourtant le dernier quatrain nous apparait plus apaisé que le précédent. Tout au moins plus résigné. C'est en ce sens que je trouve la terreur de la cécité déplacée.
Reste un poème que je trouve plutôt bien écrit.

   Anonyme   
6/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Cher Dyonisos,

Il est vrai que sans votre exergue, il m’eut été relativement difficile de comprendre le sens profond de votre poème - que je trouve personnellement très touchant - mais peu importe. Une des raisons de mon attachement à votre poésie est sans nul doute le fait que j’ai moi-même vécu ces durs moments, tout comme vous avec ma mère. Fort « heureusement » - si j'ose dire -, après les premiers symptômes, elle a expiré pour une toute autre raison. J’ai un ami en revanche, qui a vécu cette situation jusqu’au bout. Ne pas être reconnu par sa propre mère, je pense qu’il n’y a rien de plus déchirant dans la vie d'un enfant, quel que soit son âge.

Tout d’abord, écrire une poésie pour sa maman, je trouve que c'est la plus belle preuve d'Amour que nous puissions avoir à son égard. Et pas besoin d'être poéte pour l'écrire. Il suffit tout simplement de laisser parler son coeur. J’ai bien aimé le crescendo qui se dégage de votre texte. Ce côté nostalgique dans un premier temps qui nous entraine de façon succincte dans un passé relativement proche, puis un présent douloureux à vivre avec de fortes images et pour finir, un futur hélas, déjà prévisible. Contrairement à ce qui a été écrit par mes braves petits camarades de classe :-), je trouve que cette douceur - teintée d’une certaine dureté dans la 2ème partie - qui se dégage de votre poésie ainsi que le vocabulaire choisi, ne sont pas le fruit du hasard. Je peux bien évidemment me tromper mais j’ai ce profond sentiment que vous avez voulu laisser transparaitre à travers votre cri de douleur en sachant votre maman ainsi, combien son amour à votre égard a toujours été tendre, sincère et viscéral. L’usage d’un vocabulaire plus fort aurait peut-être faussé votre rapport avec elle.
Je ne sais pourquoi mais je vous perçois comme une personne pudique et plutôt réservée. Grande qualité selon moi pour un poète !

Merci pour nous avoir autorisé à pénétrer dans votre intimité à travers la lecture de ce texte !

Olivier
touché

   Lyl_mystic   
6/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Voilà un poème émouvant avec une expression simple et directe, rien de très novateur mais de la musique et de l'émotion et j'aime beaucoup la fin qui s'ouvre sur cette porte, comme si l'on se contentait de montrer le seuil du pathos que l'on ne franchit pas, très bien de s'être arrêté ici. =)

"Le bleu de mon regard semble se délaver" Joli

   Anonyme   
6/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Je partage avec l'auteur le choix du mot terreur pour parler de cette plongée dans le vide du noir et de plus voir les gens, les expressions, les objets, les images, bref tout ce qui rend la vie vivable jusqu'à la fin de ses jours.

Emouvant et respectable texte qui n'en fait pas trop.
Merci.

   margueritec   
20/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Texte qui ose mettre en mots ce que tout le monde redoute. De fort jolis mots pour une maladie violente et qui nous hante tous. Belle catharsis.


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