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Poésie contemporaine
Edgard : Effacement
 Publié le 23/09/14  -  12 commentaires  -  1322 caractères  -  297 lectures    Autres textes du même auteur

Texte inachevé, trouvé par des promeneurs. On n’en sait pas plus.
Il est possible que l’auteur ne lise pas les commentaires… s’il y en a.


Effacement



Assis sur l’air du temps je regarde la plaine,
De loin, qui pourrait voir les lapins de garenne ?
Voilà la nuit, en plus !
Soudain, ce noir de chien, si moche, sans allure,
C’est un coup à pleurer d’ennui sur mes chaussures…
Mais ? J’avais les pieds nus !
Histoire de perpétuer une habitude acquise,
Je me dis : « Rien de grave, j’en ai dans ma valise. »
Elle avait disparu.
Pas de vols de raseurs en croisière dans la brise,
Pourtant j’en ai connu qui ne lâchent pas prise…
Ce silence têtu…
Je crie : « Étonne-toi, debout vieille pelure,
Parchemin démodé dont fuient les écritures ! »
Obstination. Perdu.
J’essaie bien d’attraper une musique ancienne,
Un souvenir ténu, le rire de ma sirène…
Absente. Rien n’est venu.
Je me suis raisonné : tant pis pour mon exquise…
Va pour toucher mon cœur, au chaud sous la chemise,
Bon Dieu ! Je n’en ai plus.
C’est un peu fort enfin !… et mon alexandrin… ?
Pour tenir ce crayon, il faudrait une main :
Où s’est-elle perdue ?
Ma larme cherche en vain une joue pour glisser,
S’il me reste un sourire à qui donc l’adresser ?
À vous ? bien entendu…
Tout vide et l’air de rien, vite ! ma rime en U !
On voudrait me faire croire que je n’existe pl…


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Anonyme   
5/9/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

J'aime lire ce genre d'humour, votre poème est délirant.
Le narrateur dans l'incompréhension au départ se rend compte en même temps que le lecteur qu'il est invisible.
Et sa façon de s'exprimer est un régal:

"C’est un peu fort enfin !… et mon alexandrin… ?"

genre assez maniéré.

Un vrai coup de cœur, une histoire qui fait du bien.
Les ponctuations font ressortir toutes les différentes émotions. Le héros passe de l'état de contemplation à l'incompréhension en passant par l'étonnement au désarroi pour arriver à la stupéfaction.
Autant d'émotions dans une poésie c'est très rare, je trouve votre poème génial.

Ce monologue est vraiment pleine de vie, drôle, classe et mélodieux. C'est fluide et je ne constate aucune lourdeur et maladresse au niveau du phrasé et le héros a de la consistance, il est attachant.

   Robot   
5/9/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai apprécié cette dérision empreinte me semble-t-il d'un peu de regrets. Du contemporain qui sait ce qu'il dit et l'exprime sans ambiguïté.
Il y a un peu de la fable dans ce texte que j'ai relu plusieurs fois tant il m'a pris dans le filet de ses vers.

C’est un coup à pleurer d’ennui sur mes chaussures…
Un vers tellement expressif parmi d'autres

   margueritec   
6/9/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je fais une double lecture de ce poème.

Belle fantaisie qui efface l'ennui pour une histoire rondement menée, mais aussi réalité rendue joliment et qui résonne comme une pointe de rire pour un fait grave et douloureux, la perte de mémoire et de repères.

J'apprécie ce ballet entre l'objet, l'écriture et la personne. Toutes les perceptions disparaissent, s'égarent au point que le "je" ne cerne plus le réel, que le monde devient un univers de vide et que l'écrit, peut-être l'ancrage le plus certain dans la réalité, prend les chemins buissonniers.

Du reste, ce n'est pas un hasard si le texte inachevé a été retrouvé par des promeneurs.

Une étoile d'or pour la rime "pelure/écriture" particulièrement réussie.

Merci de rendre aérien un sujet délicat.

   Francis   
23/9/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Lu, sourire aux lèvres et relu avec plaisir ! La panne d'inspiration, le désert des émotions, le cauchemar du poète devant la page blanche !
J'ai particulièrement apprécié : "le vol des raseurs, assis sur l'air du temps, pleurer d'ennui sur mes chaussures " Vous avez perdu vos chaussures, votre valise, votre main...mais pas votre talent !

   Pimpette   
23/9/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est très réjouissant et talenteux!
On rit ...Mais pas seulement...ce n'est pas du tout un comique de potache...

Je ne répète pas les com de mes camarades, je pressens que ça vous raserait!
J'aime, en plus des images, les phrases presque volontairement prosaïques comme:...je me dis rien de grave, elle est dans ma valise
Elle avait disparu

Rassurez-vous: Vous existez bel et bien!

   LeopoldPartisan   
23/9/2014
 a aimé ce texte 
Passionnément
oh oh me dis-je à cette lecture, comment ai-je pu laisser passer cela en lecture sans le commenter... Comme de quoi ! Super surprise que ce texte d'une sacré intelligence et d'un humour bon enfant très "comedia d'el arte"... En effet cela part d'une situation pour le moins morne plaine où le narrateur est plutôt du genre qui-suis-je ? ou vais-je ? dans quel état j'erre ? pour se réveiller et la suite lisez là surtout. J'aime cet humour sans cynisme mais tellement moqueur dans son auto dérision, un must...

   aldenor   
23/9/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L’idée de cet homme qui disparait progressivement - avec sa valise !- est superbe. On croirait un tableau de Magritte.
Surréaliste en tous cas. Avec cette forme d’humour absurde qui s’y associe naturellement.
Le milieu du poème (vers 10 à 18) me semble pourtant s’éloigner de son thème.

   Arielle   
24/9/2014
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai adoré cette double lecture qui glisse son angoisse dans le sourire de la fable.
On se laisse emporter par le conte avec jubilation. Les images, le monologue sont très cinématographiques, dignes d'un film fantastique. Le doute puis l'effroi se profilent et s'installent, effaçant le sourire ...
Celui du narrateur devient cette pauvre chose sans signification, plus effrayante que nature :

"S’il me reste un sourire à qui donc l’adresser ?
À vous ? bien entendu…
Tout vide et l’air de rien ..., "

La rime en U qui s'incruste, enfonce son clou pointu dans l'oreille, nous vrille les tympans ajoutant au malaise.

Une magnifique réussite sur tous les plans

   myndie   
24/9/2014
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Edgard,

Je suis soufflée par l'intelligence et la spiritualité de votre poème (enfin celui de l'inconnu qui regarde la plaine).
Bien sûr, ce que l'on reçoit au premier coup d'oeil, c'est le brin d'humour surréaliste qui fait sourire, mais très vite apparaît en filigrane une émotion qui touche et qui poigne.
Il est magnifique cet homme perdu, ahuri, « assis sur l'air du temps » et qui nous fait culbuter dans l'imaginaire, voire le kafkaïen.
J'aime particulièrement la fin : sous son « air de rien », je la trouve sublime.

J'espère que vous saurez faire passer le message au disparu:))

myndie

   David   
24/9/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Edgard,

C'est un bel effet que cette disparition, une idée assez géniale. Il y a aussi un jeu d'écho, de rimes, qui rend le tout assez chantant. Je me dis que la narration n'est pas parfaite, les enchainement d'une disparition à l'autre pourraient peut-être être plus fluides, plus aiguisés, mais c'est quand même loin du brouillon, ou du poème qui se traine vers sa fin.

   Anonyme   
24/9/2014
Commentaire modéré

   Ioledane   
26/9/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Plutôt rafraîchissant comme texte, même si cette prise de conscience progressive a quelque chose d’inquiétant ! J’en apprécie l’humour et certains passages particulièrement bien trouvés :
« Assis sur l’air du temps »
« C’est un coup à pleurer d’ennui sur mes chaussures… Mais ? J’avais les pieds nus ! »
« Ce silence têtu »
« S’il me reste un sourire à qui donc l’adresser ? A vous ? bien entendu… »
et l’autodérision de l’auteur sur la recherche de sa rime en U, mystérieusement dispar…
J’ai moins aimé :
« Parchemin démodé dont fuient les écritures ! » : l’inversion paraît artificielle au regard du style employé dans tout le reste du texte
« Obstination. Perdu. » : de même, ce passage heurté tranche un peu trop avec le reste.

   Pussicat   
27/9/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quel titre et quelle tenue de bout en bout.
Une construction parfaite, une musique posée sur une partition alexandrine en distique où vient s'intercaler ce vers en hexasyllabe à rime unique, et ces rimes intérieures que l'on ne compte plus...
Dans cette architecture se déploie comme une fable de la vie contemporaine, un regard à la fois désabusé et enchanté sur le monde : "Assis sur l’air du temps..." / "J’essaie bien d’attraper une musique ancienne,"...
C'est aussi la petite musique des amours perdues, une musique universelle, et c'est peut-être en cela que ce texte touche sa cible.
Ah oui, pas mal la fin ;)
Merci pour la lecture !


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