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Poésie contemporaine
Edgard : La mer
 Publié le 22/01/21  -  19 commentaires  -  1006 caractères  -  297 lectures    Autres textes du même auteur

« Je dis toujours la vérité : pas toute, parce que toute la dire, on n'y arrive pas… Les mots y manquent… C'est même par cet impossible que la vérité tient au réel. » (Jacques Lacan)
À Margot, toujours si petite… le temps s’est figé.


La mer



Et Margot murmure : elle est loin la mer ?
Et dans ses pupilles, ce brasillement, ce feu qui s’obstine…
Bien sûr, je t’emporte, allons mon enfant, on part c’est matines,
Au soleil naissant le ciel est si clair.

Vois-tu les falaises ? c’est Honfleur là-bas… ?
Les dunes, bien sûr, au souffle léger où fluent les oyats.
Le silence opaque invente un murmure : la mer c’est si grand.
Vois les longs trois-mâts et leurs sillons blancs…

Sur des vaguelettes saupoudrées d’étoiles
De tes yeux noisette aux rais zinzolin, je crus voir leurs voiles ;
Caressée de lait, cette brise tiède, elle réchauffe un peu,
Et les goélands… ils jouent dans l’air bleu.

La brume en passant ombre mes images
Et Margot s’évade et Margot se brise, on dirait du verre,
Comme le cœur serre ! Garde bien ma main, elle est là la mer…
Une ondée souvent pleura sur la plage.


 
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   Gemini   
8/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Touché.

La réminiscence s'impose dès le départ. Le lecteur s'évade dans cette balade en bord de mer, balade banale avec ses falaises, dunes, vagues, bateaux et goélands.
On sourit de tendresse à l'évocation de l'enfant (qu'on a été) qui découvre ce spectacle, peut-être pour la première fois.
Et puis la brume, comme une éponge, vient effacer le tableau, malgré les efforts pour entretenir le rêve.
J’ai bien aimé la justesse de ton de cette poésie douce amère dont le sujet vogue dans l'imaginaire, cette manière fine et délicate d’éclairer les non-dits, d’évoquer une perte avec grâce et dignité. Et j'ai aimé le passé de la dernière phrase qui accentue à mon sens le terme du récit.
On vient parfois se recueillir en bord de mer sur les cendres qu'on y a jeté. Pourquoi pas sur des souvenirs ?

Touché.

   fugace   
9/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Margot, toujours si petite, dont le temps s'est figé, reste tellement présente dans ce voyage vers la mer qu'elle souhaitait faire.
Mais la brume ombre les images du souvenir et Margot se brise comme un verre fragile, ne laissant pleurer que des ondées fréquentes sur la plage.
Tout est en suggestions, en images fortes et délicates.
La peine reste aussi vive et brûlante qu'au premier jour, et même si l'on souhaite garder sa main, la douloureuse séparation est ici revécue avec une intensité infinie.
C'est du grand art que de pouvoir écrire une telle poésie, elle est bouleversante.

   socque   
22/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
D'emblée le rythme de ce poème m'a charmée sans que je susse bien pourquoi ; à la fin de ma lecture j'ai compris : les vers se présentent en quatrains hétérométriques 10/15/15/10, dont la scansion parlée (élision des "e" muets) fait apparaître systématiquement des unités de cinq syllabes. Cela donne à la fois une régularité et une variété qui, à mon sens, conviennent à merveille à une évocation de bord de mer où la vague flue et reflue paisiblement... Chapeau pour cette trouvaille ! L'effet de balancement me paraît renforcé par le choix d'un schéma de rimes et assonances élégamment varié ; embrassées dans les premier et dernier quatrain, plates dans les deux quatrains intermédiaires.

Je me dis qu'au propos que je pressens tragique le brasillement, la couleur zinzolin, les oyats qui fluent, apportent à mes yeux une touche d'afféterie quelque peu dommageable. Heureusement ils sont épars, tels quelques bouts de plastique malvenus sur une plage dans l'ensemble épargnée. À part ce point, pour moi votre poème est réussi. En tout cas sa forme me paraît très bien pensée !

   Absolue   
22/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
On a tous une petite Margot au fond de nous...
Quel beau texte rempli d'écume et d'iode!
"Zinzolin"? Qu'est-ce que ce mot de mon oreille inconnu? Une nuance de violet, une couleur de plus pour illuminer le regard sur ce poème scintillant!
Merci pour l'évasion!

   Robot   
22/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
On ne nous dit pas qui est Margot mais le lecteur ressent à la fois la tendresse et la compassion du narrateur.

J'ai pensé à une enfant autiste ou handicapée. Est elle encore là ou est-ce une réminiscence ?
Peu importe, la poésie elle, est bien présente dans une écriture originale.

   apierre   
22/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un très beau poème,plein d'émotions retenues ,très touchant.J'ai beaucoup aimé sa tonalité douce-amère , son rythme musical et
particulièrement apprécié le quatrain final.
Bravo et merci pour cette belle lecture!

   Bellini   
22/1/2021
Bonjour Edgard,
Je ne sais pas, plus je lis ce poème et plus j’y lis le deuil de Margot. En tout cas une forme de deuil. « Garde bien ma main, elle est là la mer… » m’apparait soudain comme un sombre présage. Doit-il nous ramener vers le sens profond de l’exergue ?

Du coup, je reprends ma lecture, qui devient douce-amère, d’une beauté tragique. Et ce brasillement de la mer est déjà dans les yeux de Margot comme une fusion fatale. Les matines sonnent alors comme la liturgie de son destin. Je veux croire à la transcendance du poème en même temps qu’à sa fiction.
Il me semble que dans les deux derniers quatrains Margot n’est plus que dans le souvenir du narrateur. On quitte le champ de la beauté des vers pour celui d’une gorge serrée.
Et puis cette cadence 5/5/5 qui martèle le fatum…
Oui, Edgard, la poésie est parfois sublime.
Bellini

   Davide   
22/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Edgard,

Une petite fille emportée par la mer ? La mer et son infini, c'est l'étendue de la tristesse et le berceau des souvenirs.

Il est rare qu'un souvenir se raconte au présent, mais ici, le présent est celui de la narration ; pourquoi raconter au passé quand le souvenir amer est si prégnant, si présent ?

L'énonciation, toujours juste, en vers presque libres, bercés par l'onde océane, a la forme erratique des images qui se succèdent, un lyrisme saupoudré de rires d'enfants, touchantes familiarités que ces "Et", très enfantins, qui entament les deux premiers vers, ou l'exclamation "la mer c’est si grand"...

Dans la fluence des mots, j'ai trouvé très expressifs les deux vers suivants, écueil de la mémoire :

"La brume en passant ombre mes images
Et Margot s’évade et Margot se brise, on dirait du verre,"

Voici quelques remarques ponctuelles :

"Bien sûr, je t’emporte"
Le vocabulaire courant oblige un "Bien sûr, je t'emmène", mais c'est vrai que la complicité qui unit les personnages me fait comprendre - et apprécier - cet "emporte" spontané.

"De tes yeux noisette aux rais zinzolin, je crus voir leurs voiles ;"
Je n'ai pas compris ce vers : premièrement, "zinzolin" s'accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte ; il devrait donc être au pluriel, non ? Deuxièmement, le verbe croire aurait dû, si l'on respecte la narration, être conjugué au présent : "je crois". Troisièmement, je ne comprends pas la syntaxe des vers 9 et 10 ; il faudrait soit remplacer "des vaguelettes" par "les vaguelettes" (1), soit "De" par "Dans" (2) pour que j'en saisisse vraiment le sens :

(1) "Sur les vaguelettes saupoudrées d’étoiles
De tes yeux noisette..."

(2) "Sur des vaguelettes saupoudrées d’étoiles
Dans tes yeux noisette..."

"Une ondée souvent pleura sur la plage."
Vers que j'aurais bien vu isolé des autres, comme pour figurer la solitude du narrateur. L'emploi du passé simple, ici, déclare une action terminée, une tristesse enfin endiguée, malgré la perpétuité du manque éprouvé. C'est subtil.

   papipoete   
23/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
bonsoir Edgard
" ne lâche pas ma main Margot, ce matin on va marcher le long de la mer, la regarder envoyer ses vagues, et les ramener comme un filet de pêche ! regarde là-bas les trois-mâts qui prennent la haute-mer, dis tu les vois ? c'est beau hein ? "
je serre mes doigts qui se referment sur... rien ; ma main ne tient plus la tienne... je te devine au-delà de cette brume sur la mer, cette brume sur mon coeur...
NB j'imagine une ballade entre papa et sa fille, une ballade qu'ils faisaient ensemble... Margot ne tiendra plus jamais la main de son père, mais celles tendues des anges... Et entre ces êtres un dialogue à un, continuera tant que " les goélands joueront dans l'air bleu "
Selon mon esprit, un moment de grande tristesse que vient rompre l'instant d'une promenade, cette marche de réconfort.
A aucun moment, l'on ne parle de mort, et l'auteur avec délicatesse nous prend par la main, de l'autre Margot...

   ANIMAL   
22/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très beau poème plein de pudeur et de retenue.

Pour moi, il évoque une enfant qui se meurt dans un hôpital et qui aurait tant voulu voir la mer... Alors son père/sa mère lui raconte l'océan, jusqu'au moment où la petite flamme de vie de Margot s'éteint, afin de lui donner de beaux rêves pour l'au-delà.

De superbes descriptions de la nature et surtout beaucoup de pureté et d'émotion dans ces vers.

   inconnu1   
22/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai hésité pour le passionnément. Comme Soques, j'ai rapidement ressenti le rythme en bouts de vers 5 pieds, ce qui fait que j'ai rapidement pu me sentir bercé par la prosodie. J'ai aussi beaucoup aimé le choix du lexique des mots, des adjectifs. Mais patatras, j'ai achoppé sur le 11 vers. Alors que tous les e muets se trouvaient en fin de 5eme pied, si on lit comme le reste, on glisse sur "elle réchauffe un peu" (6 pieds car si on suit votre logique, on n'élide pas le e de elle). Cela a brisé le charme et je ne peux plus m'en détacher. Corrigez le vite

bien à vous

   Miguel   
22/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La citation de Lacan, en exergue, nous donne à penser qu'il y a là une vérité si dure à dire qu'elle ne peut qu'être suggérée, d'où, j'imagine, le voile que jettent ces vers sur le destin de Margot. Cette mesure et ce rythme de vers me sont inconnus, et me charment ; les sonorités douces semblent nous peindre une aquarelle. Tout est douceur, et dès le début même, par une sorte de pressentiment qu'éveille en nous le texte, tout est chagrin.

   Angieblue   
22/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
C'est bouleversant!
Avec ce mélange de récit et de discours indirect libre où l'on entend un père s'adresser à sa fille.

Tout s'entremêle, présent, passé et futur dans une tension mystérieuse et vertigineuse.
Présent de narration, présent d'énonciation, passé simple...


ça tangue de poésie.

Superbe les sonorités en "ère" dans le dernier quatrain jusqu'à la chute finale où l'on comprend la tragédie, une noyade...et des flashs d'images qui se brisent...comme des embruns...

Une puissance poétique et émotionnelle incroyable!
C'est sublime!

   Cristale   
23/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Dix quinze quinze dix, quelques "e" apocopés pour garder le rythme, des sons à la rime, embrassés, suivis, suivis, embrassés...comment ne pas être submergés par ces vagues en mots ?

La forme originale est bien contemporaine, on la sent volontaire et fracturée dans son martèlement ondulatoire.

Forcement, ce poème ne peut que me toucher tant je sais ce que l'auteur vit, ressent, souffre.

La poésie sublime le souvenir, la douleur, avec élégance, originalité, respect envers soi-même, les lecteurs et la chair de sa chère disparue.

"Une ondée souvent pleura sur la plage."

Merci Edgard.
Cristale

   Castelmore   
23/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je ne peux ni ne veux analyser ce poème... il m’a emporté dans l’intimité de deux êtres aujourd’hui séparés et j’en suis encore trop ému.
Un grand merci pour ce partage.

   Pouet   
24/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

très belle est forte poésie qui évoque (je crois) le souvenir d'une enfant disparue.

Avec la mer en filigrane, le narrateur nous ouvre avec talent les vannes de son coeur-océan.

   Quidonc   
25/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Edgard,

Une scène d'adieu tout en douceur et bienveillance et de ce fait amplifie la douleur. Abnégation devant l'inéluctable mais sans exagération de l'émotion.
Je n'ai pas vraiment de mots pour décrire mon ressenti, d'autant plus que cela doit être vécu pour être aussi vrai.
Merci pour ce partage

   myndie   
25/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Edgard,

j'ai le souvenir de votre style poétique et c'est avec un plaisir infini que je retrouve votre musique et vos images magnifiques, autant que ces fulgurances qui subliment vos vers et la force d'émotion qu'elles distillent.
Avec quelle délicatesse vous traitez ce sujet sensible et terrible à la fois ! Quelle grâce, quelle dignité et quelle retenue dans la souffrance !

J'ai beaucoup aimé les sonorités des « pupilles » qui « brasillent » et au passage, découvert ce si joli mot « zinzolin ».
Que dire d'autre à part ça ? Les yeux qui piquent à la lecture, je suis comblée au-delà de toute attente.
Je mettrais un « passionnément »++++ rien que pour les 4 derniers vers qui sont d'une beauté et d'un poignant...

Merci pour ce moment de grâce.

myndie

   hersen   
24/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La mer c'est si grand...

c'est un très beau poème, où la poésie transcende sans effort un pathos qui plomberait.
Il y a ici une légèreté, du paysage, de la petite Margot, et il fait si bon regarder la mer. juste regarder la mer...

J'aime beaucoup le vocabulaire recherché sans qu'il soit abscon, tout au contraire est lumineux.
C'est ce que je retiens des images : lumineuses.

Merci de ce très beau poème.


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