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Poésie contemporaine
Quidonc : Il était une fois dans le jardin d’Éden
 Publié le 21/01/21  -  8 commentaires  -  1609 caractères  -  146 lectures    Autres textes du même auteur


Il était une fois dans le jardin d’Éden



Mon Dieu que l’on s’emmerde en votre paradis !
En m'exprimant ainsi je n’avais pas envie
De commettre un péché de peur qu’Il me convie
À quitter cet endroit sans autre préavis.

Mais, je m’empoussiérais lassé par l’angélus,
Avec ses compagnons, lui soupirait sans âme,
Il ignorait comment épeler le mot femme
Et se savait à peine affublé d’un phallus.

Or un matin brumeux, Ève, façon mystique,
Apparue travestie d’un cumulonimbus.
D’un arbre, Elle cueillit, arbre genre « Malus », (*)
Un fruit et lui offrit l’alléguant non toxique.

Au bord d’elle, je veux dire à son alentour,
Après m’être lové jusqu’en haut de sa cuisse,
Je susurrai sifflant : « Vois ! son sein se hérisse. »
Adam mordit alors dans la pomme à son tour.

Consumés tout entiers aux feux de leurs caresses,
Ils découvrirent que l’un et l’autre étaient nus.
J’eus beau geindre, brailler qu’ils m’étaient inconnus,
L’Autre me sermonna leur faisant trois promesses.

Pour le prix de l’Amour vos cheveux blanchiront,
De mon éternité vous perdrez toute trace,
Pour que cette promesse à jamais ne s’efface
Les femmes en douleur, demain, enfanteront.

Depuis ces jours anciens au cœur de l’homme j’erre
Enviant les contours des ventres arrondis.
Si parfois une voix le hante, « quo vadis ? »,
De vivre Adam jouit se sachant éphémère.


(*) La pomme est un fruit (en fait un faux fruit ou fruit complexe) des arbres du genre Malus (Malus domestica).


 
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   fugace   
6/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien
L'histoire ne dit pas qui a croqué la pomme en premier: Eve ou le serpent?
Au final, le seul gagnant reste Adam, puisque bien que se sachant éphémère il continue à jouir de la vie.
C'est très bien écrit, ça suscite le sourire.

   papipoete   
21/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Quidonc
" comment osez-vous ! " dirait mademoiselle Le Lonbec, devant de telles horreurs ! Dieu n'a pas de sexe ! Oh !
Il est vrai que tout personnage animant le tableau du jardin d'Eden, est couvert par un voile pudique au niveau de... non, je n'ose pas prononcer ce mot satanique !
Ce pauvre serpent qui depuis lors l'on honnit, ne fit que " montrer " à Adam ce chemin à suivre, pour en savourer les délices...
NB non, mais je blague ! comme peut-être blague l'auteur en fait Père Supérieur d'un monastère, austère, sévère ?
Cette vision coquine de la " première " fois est mignonne, presque tendre, et ses calembours gourmands ( au bord d'elle, je veux dire à son alentour ) c'est d'ailleurs ma strophe préférée !
la seconde est croustillante aussi !
vous prononcez en diérèse, et ne vois que " anciens " dans l'ultime strophe, qui se lisait " an/ci/ens " autrefois, qui puisse fausser la métrique ? je suis circonspect

   Miguel   
21/1/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
J'ai assisté il y a quelque temps à une conférence de mon archevêque sur le thème : "La Bible dit-elle vrai ?"
Or, de l'aveu même de ce digne prélat, la Bible est parfois Histoire, parfois fiction, parfois poésie ... c'est un ouvrage multiple, et il est aujourd'hui convenu que les premiers livres de la Bible relèvent du mythe (sauf pour le courant dit "créationniste"). Donc il n'y a guère de sacrilège à en parler sur le mode humoristique (Quidonc, si vous pensiez offusquer les culs-bénits, c'est raté !) Ce qui me gêne un peu, c'est ce "lui"-"il" du second quatrain, dont on ne sait qui il représente puisque Adam n'est pas encore apparu. Serait-ce Dieu lui-même ? Ce serait alors le ravaler à une dimension bien humaine, presque un dieu de la mythologie grecque. Au reste, dans ce paradis il ne saurait y avoir d'angélus ; à ce moment-là le christianisme n'existait pas encore. Mais je me plais à voir que notre ami Quidonc associe inconsciemment, même dans son désir de galéjer, le paradis et le christianisme (lol, comme disent nos jeunes).
Ce n'est pas pour avoir fait l'amour que le couple est puni : Dieu les a créés exprès pour se reproduire ("croissez et multipliez") et ne leur a pas donné d'autre moyen, les pauvres : ils sont bien obligés d'en passer par là.
Quant au participe "affublé", concernant le phallus, je le considère comme insultant pour cet organe : re-lol.

   inconnu1   
21/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quand poésie rime avec esprit (qui peut être parfois mauvais mais pas ici). C'est délectable autant qu'intelligent. Un seul bémol sur la première strophe. La répétition des rimes en i me semble personnellement un peu lourde, surtout qu'elle se conjugue à un hémistiche en i (ainsi) et c'est aussi (encore un) à ce niveau qu'on trouve la seule rime pauvre (paradis-préavis). C'est moins grave dans du contemporain, mais comme vous avez fait l'effort de rimes au moins suffisantes pour le reste, c'est dommage.

   ferrandeix   
22/1/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
Après avoir lu 3 fois attentivement ce poème, je n'ai pas compris son sens général. Au départ, l'auteur (je) se trouve au Paradis (pourquoi pas) ou la personne qu'il fait parler (qui pourrait représenter le je). Ensuite vient le vers sibyllin:

Il ignorait comment épeler le mot femme

Qui il? l'angelus cité avant (?), qui serait alors un personnage. Bizarre. Ensuite apparaît on ne sait trop pourquoi Éve, puis "je" revient bien qu'on ne sache toujours pas qui il est (?). Ensuite semble apparaître Adam, à moins qu'Adam soit "je" (?) Ensuite vient le sermon à l'ncontre d'Adam et Éve prononcé par "Autre", qui serait la Divinité (pourquoi pas). Quant au dernier quatrain, bien difficile de le comprendre.

Si l'on fait abstraction de ce déroulement incompréhensible, le poème possède des qualités: d'abord le 1er quatrain qui est à mon avis parfait, mais il induirait un poème de style humoristique, ce que la suite ne confirme pas suffisammentt. Le Péché Originel et le sermon ne sont pas si mal traités.

Sur le plan de la prosodie, attention aux virgules suivant un e post-accentuel. Dans le vers suivant par exemple:

Au bord d’elle, je veux dire à son alentour,

Inévitablement, les lecteurs créer une pause après elle à cause de la virgule et donc occasionner un e ammui au milieu du vers, ce qui me paraît gênant. Il y a peut-être d'autres solutions. En tous cas, je ne comprends pas comment on peut lire ce vers.

Et dans le vers suivant:

Ils découvrirent que l’un et l’autre étaient nus.

Attention à la syllabe "re" qu'il vaut mieux éviter, surtout suivie d'un mot comportant le son e (que).

   Castelmore   
22/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Quidonc,

Eh voilà, je suis pris de vitesse par votre impatience à répondre à vos commentateurs ... et vous dire que j’ai beaucoup aimé le ton et la perspective que vous avez donné à votre poème en faisant du serpent (très belle allitération “je susurrais sifflant”) le locuteur de ce récit blblico, poético, cynique.

J’ai tardé à m’exprimer car, si j’avais bien noté que l’Autre ne pouvait être que l’opposé du serpent (le mal toujours vivant), je souhaitais, avant de m’exprimer, résoudre l’allusion aux “compagnons” ... que je n’ai toujours pas formellement identifiés ... sont-ils uniquement des anges -affublés d’un sexe qui fera beaucoup parler plus tard durant les siestes conciliaires... et même les séances plénières ! à Constantinople et ailleurs ) ou bien Adam est il partie à ce groupe de créatures divines ... lui aussi ignorant de son sexe jusqu’à ce que Ève descende le grand escalier...?
Plein de références voilées ou suggérées et pleines d’humour... j’ai beaucoup aimé !

PS... oui Ève m’est apparue descendant un grand escalier de music-hall car vous l’avez (dé)vêtue d’un tutu froufroutant...

   Cristale   
23/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour à vous,

Le genèse contée par Quidonc ça remet en question toutes les idées préconçues. Vous avez dû vous amuser en réécrivant cette aventure unique^-^dont on parle encore dans les chaumières où le comportement des deux nudistes s'est dupliqué à l'infini, tant et si bien que les serpents ont proliféré également, par dépit sans doute.

L'écriture et vive, riche, enjouée, du n'importe quoi bien agencé et ça j'adore !

Merci pour ce souriant partage,
Cristale

p.s; vous réciterez trois avé, deux pater noster pour avoir osé :)

   Dolybela   
23/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai pour ma part adoré ce poème ! Je n'ai que des notions très basiques de prosodie, alors je vais plutôt parler du sens. Je me suis demandé après ma première lecture qui était le narrateur, j'ai compris à la deuxième, un peu par élimination. D'après ma mémoire, ils étaient 4 dans l'histoire : Eve, Adam, Dieu et le Serpent. Les trois premiers ont été évoqués à la troisième personne, donc j'en déduis que le 4e est le narrateur. Son ton moqueur envers "l'Autre", l'image de la cuisse d'Éve, l'idée que peut-être, il n'a pas fait chuter l'homme que pour le pire m'ont bien plu. La réécriture est donc plaisante et d'une efficacité digne de La Fontaine pour ce qui est du sermon de Dieu. Merci pour ce moment.


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