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Poésie en prose
eeeephmr : Rendez-vous [Sélection GL]
 Publié le 18/08/18  -  20 commentaires  -  1865 caractères  -  215 lectures    Autres textes du même auteur

Un texte écrit lors d'un long exil.


Rendez-vous [Sélection GL]



Je suis encore debout, scrutant la plaine et la colline au coin de ce carrefour alors que mon regard se brouille à trop vous voir surgir.

Chacun de ces passants, qui vont et viennent en bande, se déguisent en vous.

Et puis vous arrivez. Plus vraie que ces plagiaires qui fuient vers d'autres tours en nous laissant songeurs sur le choix des poursuites…

Vos yeux parlent en premier. Ils rient de mon émoi, et moi je ris de les voir là.
Alors vous enchaînez d'une voix aussi gaie :

"Non je n'ai pas attendu, je viens juste d'arriver… C'est une bonne idée que ce petit bistrot… Vous avez bien raison, il a l'air chaleureux."

Café et chocolat, nous voilà attablés.

Les souvenirs s'étalent et la vie se partage.
Trois émotions d'enfant contre un vieux chef de gare, je vous laisse mon âme et prends ce grand rire d'éclat.

Et les heures s'envolent en formation serrée.
Elles filent vers le sud pour aller s'y marier alors que, moins pressés, nous allons juste marcher.

Deux mains s'échappent alors, trompant la surveillance.
Les voilà qui s'effleurent, s’enlacent et puis se pressent.
Les tendres émissaires de pays enflammés commencent à négocier en des mots seuls connus des peuples cutanés.

Mille et une caresses contre cent mots d'amour, elles disent que nos corps vont connaître la liesse et danser sans pudeur dans la douce moiteur d'une nuit d'allégresse…

Je suis encore debout, scrutant la plaine et la colline au coin de ce carrefour alors que mon regard se brouille à trop vous voir surgir.

Chacun de ces passants, qui vont et viennent en bande, se déguise en vous.

Et vous n'arriverez pas, me laissant tout songeur aux mains de ces plagiaires qui s'amusent ensemble du tour que vous m'avez joué…


 
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   Eclaircie   
2/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Très jouissif de lire ce rendez-vous manqué, ou cette attente lorsqu'un seul membre d'un couple attend.
Car il n'attend pas n'importe où, mais là où les souvenirs l'envahissent le mieux, le plus.
"Je suis encore debout, scrutant la plaine et la colline au coin de ce carrefour alors que mon regard se brouille à trop vous voir surgir." très bonne entame, que l'on retrouve en fin de poème sous un tout autre éclairage.

Le premier rendez-vous, l'entente passée, la genèse de cette histoire sont si délicatement évoquées, les images en sont si belles, que je me sens voyeur de ce bonheur.
"Les souvenirs s'étalent et la vie se partage. ", fantastique !

La chute est magique aussi.

De plus, nous assistons dans cette prose à ce qui peut ressembler une rupture, sans jamais tomber dans la sensiblerie, l'apitoiement sur soi-même, ce qui est bien trop souvent le cas en poésie.
Ce narrateur n'est pas heureux ou malheureux, il conte poétiquement ce qu'il est, où et pourquoi.

Bravo et merci du partage,
Éclaircie

   papipoete   
5/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
prose
je vous attend tellement, que chaque être qui débouche au coin de la rue, semble être Vous !
Et vous voici enfin ; nous parlons, rions et bientôt, nos mains qui se lient laissent envisager des moments merveilleux !
Mais j'ouvre soudain les yeux, j'ai dû rêver ! vous n'êtes pas là et chaque être qui parait au coin de la rue, semble être Vous !
NB j'ai beaucoup aimé cette rencontre avec un fantôme, celui de celle que vous espérez tant, qui semble habiter ces " plagiaires " de votre aimée, des personnages du musée Grévin !
Des phrases se détachent du lot, telle " vos yeux parlent en premiers " // " deux mains s'échappent alors, trompant la surveillance " .
Je comprend maintenant, le sens de votre entame ( écrit lors d'un long exil )
papipoète

   BlaseSaintLuc   
6/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Exercice difficile, mais plutôt très réussit que cette description d'un rendez-vous manqué (ou pas) le final est inattendu, mais fort astucieux.
Le corps du poème ne s'enlise pas, dans un descriptif qui pus être ennuyeux, mais par d'habiles tournures, nous disent une rencontre, (souvenir , rêve, ) ou loupée, attendu la haut sur la colline avec son petit bouquet d'églantines ...

https://youtu.be/_IY1fNs0Tps

   MonsieurF   
18/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un beau texte agréable à lire. C'est tout à la fois très écrit et très simple (à lire), mutin et enjoué.
Je suis désolé de ce commentaire qui ne va certainement pas vous aider, mais je n'ai pas grand chose à reprocher à votre texte.
Merci pour cette lecture.

   eskisse   
18/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Eeephmr,

Que cette attente deceptive est traitée avec habileté...

J'ai aimé la façon dont l'être aimée apparaît dans le fantasme : par le corps mais de manière fragmentée ( yeux, voix, mains etc) comme si elle était inaccessible.
Des formules qui font mouche aussi : " se déguisent en vous", " vos yeux parlent" , "elles filent vers le sud pour aller s'y marier" .
J'ai moins aimé " peuples cutanés" mais c'est une vétille.

Merci pour le partage.

   Coeurdeloup   
18/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Et vous n'arriverez pas, me laissant tout songeur aux mains de ces plagiaires qui s'amusent ensemble du tour que vous m'avez joué"... Je ne m'attendais pas à cette "chute"... Le rendez-vous était si bien narré que je n'ai pas songé un seul instant que c'était un rêve pour "combler" l'attente…

Agréable à lire et bien "construit"...

   Marite   
18/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très belle lecture matinale avec ce texte. Tout est si justement conté qu'il n'est pas difficile de percevoir les émotions du narrateur. J'aime particulièrement la partie qui nous transpose dans les souvenirs :
" Café et chocolat ... la nuit d'allégresse."
La construction est parfaitement adaptée avec les trois premières phrases qui ouvrent la porte des souvenirs et les trois dernières qui, elles, ferment cette porte ...

   SaintEmoi   
18/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
A vous lire, j'ai fini par me persuader que cette rencontre imaginaire avait vraiment eu lieu et le fin du texte arrive avec toute sa violence édulcorée.
Alors j'ai relu le texte, en évitant les 3 dernières lignes.
Et je l'ai relu une troisième fois, jusqu'à la fin, grisé encore par l'intime déception.
Merci

   PIZZICATO   
18/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L'espoir de cette rencontre est tellement fort qu'il plonge le narrateur dans une atmosphère onirique au milieu de laquelle se construit tout un scénario ; mais ça, nous ne le découvrons qu'a la chute.

Un texte fort bien mené, à l'allure d'une mini nouvelle.

" Deux mains s'échappent alors, trompant la surveillance.
Les voilà qui s'effleurent, s’enlacent et puis se pressent." beau passage.

   Zoe-Pivers   
18/8/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un rendez-vous éphémère...
J'adore cette façon de jongler avec les mots et les images qui transforme l’ordinaire en extraordinaire.
Il y a la vie, il y a le rêve et les tours qu'ils nous jouent.
Beaucoup de plaisir à lire ce poème, merci

   jfmoods   
18/8/2018
Le rythme, quasi-permanent, de périodes paires (hexasyllabes, octosyllabes, alexandrins) n'est pas tout à fait étranger au charme qui émane de ce poème en prose.

Le cadre citadin de l'évocation ouvre en grand le champ amoureux des possibles ("Chacun de ces passants, qui vont et viennent en bande, se déguisent en vous.").

La pensée, qui anticipe la rencontre avec une femme inconnue (adjectif qualificatif : "vraie"), a tôt fait de fixer les étapes d'un coup de foudre, de le construire pièce par pièce, de la base jusqu'au sommet (parallélisme : "Ils rient", "je ris", utilisation du discours direct, métonymies : "vos yeux parlent", "Deux mains s'échappent", présentatifs : "Nous voilà attablés", "Les voilà", allégories : "les heures s'envolent en formation serrée", "Elles filent vers le sud pour aller s'y marier", gradation : "s'effleurent, s’enlacent et puis se pressent", périphrase sensuelle désignant les lèvres : "Les tendres émissaires de pays enflammés commencent à négocier en des mots seuls connus des peuples cutanés.", hyperboles : "Mille et une caresses contre cent mots d'amour").

Cependant, la retombée brutale dans le réel (anaphore des deux premières phrases du texte) impose un triste constat : celui du classique "lapin" (antithèse : "Et puis vous arrivez" / "Et vous n'arriverez pas") dont tous ces figurants, tous ces anonymes, apparaissent, à l'individu frustré, comme de tacites complices ("ces plagiaires qui s'amusent ensemble du tour que vous m'avez joué…").

Merci pour ce partage !

   izabouille   
19/8/2018
Modéré : commentaire trop peu argumenté.

   Adienog   
18/8/2018
Comme elle est belle cette poésie en prose !
J'ai aimé sa douceur, et cette légère sensation de trouble, de tête qui tourne à force de chercher à apercevoir l'espérée au milieu de la foule. Les deux vers qui se reflètent puis se complètent n'y sont pas étrangers.
Parfois la poésie en prose est plus proche de la prose. Ici, tout est poésie.

Merci.

   Adienog   
19/8/2018
Modéré : commentaire hors-charte (se référer au paragraphe 6 de la charte).

   Vanessa   
19/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Ce que j'ai aimé dans votre texte c'est la capacité que vous avez eu à faire vivre vivre l'instant présent avec pudeur et 'humilité.
Le vouvoiement en témoigne.
Et si vous vous éloignez un peu de la scène avec ces passants, vous ne manquez pas de nous ramener aussitôt à cet instant d'attente en la voyant en eux.
Dans l'attente, vous remplissez l'espace d'elle.
La rencontre et le partage sont forts en émotion.
Et puis l'absence avec cette dernière phrase qui n'est pas une rupture brutale et nous laisse encore emplis d'émotion.
Bravo.

   Willis   
19/8/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Cet "et puis" (vous arrivez) me gêne. "Vous arrivez" tout court, aurait
justifié l'imagination du narrateur, sans m'embarquer dans ce
" mensonge ".
J'ai apprécié l'image des plagiaires. Elle indique l'impatience,
( l'angoisse ?) qui étreint le narrateur, croyant voir en chaque femme, son Arlésienne.
Le texte est poétique, car dotée de sensibilité, la plume nous entraîne, nous captive.
J'ai pris beaucoup de plaisir, à vous lire ... et à vous relire.

   Queribus   
19/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Une superbe réussite pour ce poème en prose (tout le monde sait qu'il est bien plus difficile de réussir un bon poème en prose que d’écrire de la poésie classique ou néoclassique qui ont des règles propres sur les quelles on peut s'appuyer). Le tout est fait de simplicité, se lit et se comprend facilement; les phrases sont disposées avec gout et finesse avec un petit côté rétro dû au vouvoiement.

Enfin que du bonheur à vous lire. Refaites-nous vite d'autres poèmes de ce tonneau-là.

Bien à vous.

   Eki   
8/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Etes-vous l'Il des songes dans ce rendez-vous manqué où l'émotion est palpable.
Bulle poétique, vos mots nous encerclent, nous étions bien là au milieu de l'attente dans cet instant d'éternité lorsque le coeur peut rompre après avoir battu de tant d'espérance...
Avec ce bel écrit, c'est comme un goût de secret qu nous partageons avec vous.

Eki contemplative

   Castelmore   
14/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Vous nous offrez une belle promenade dans l'imaginaire d'un premier rendez-vous...dont on resent qu'il est peut-être plus que ceux qui l'ont précédé, bercés au rythme d'une prose "alexandrine"...
Ah combien l'attente peut être belle !

   Ombhre   
6/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour eeeephmr,

j'ai aimé ce texte, finalement plein d'un humour triste, et où on ne sait plus très bien où se trouve la limite entre le réel et le rêve. La chute incite à relire l'ensemble, pour mieux le savourer.
L'image "des peuples cutanés" est savoureuse et m'a fait sourire.

Une réserve sur : "Non je n'ai pas attendu, je viens juste d'arriver… C'est une bonne idée que ce petit bistrot… Vous avez bien raison, il a l'air chaleureux." J'ai trouvé la tournure un peu lourde, et détonnant avec le reste du texte, beaucoup plus rythmé et musical. Elle est pour moi trop terre à terre avec cette teinte mi réem mi rêve du reste du poème.

Merci pour cette belle lecture.


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