Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie libre
emju : Voyage au bout de la nuit
 Publié le 19/12/18  -  15 commentaires  -  1325 caractères  -  243 lectures    Autres textes du même auteur

« La mort d'une mère est le premier chagrin qu'on pleure sans elle. »
John Petit-Senn


Voyage au bout de la nuit



Me baigner dans l'eau de tes yeux
Qui laisse échapper
Une perle, un diamant
Glissant doucement
Sur l'arête de ton nez presque bleu
Boire la goutte de cristal
Au goût salé
Qui me rappelle nos câlins d'antan
Quand nous riions aux larmes, enlacées
Aimantes et insouciantes.
Ta bouche répond
Fait un drôle de rictus puis,
Se fait muette, condamnée
À ne plus dire
Les mots que j'aimais.
Je vois tes yeux fermés sur moi
Qui te regarde
Tes paupières frémissent
Comme un papillon agonisant
Tes lèvres si pâles dressent un barrage
Entre toi et moi, indestructible.
Tu pars en voyage quelque part
Où je ne serai pas.
Respirer ta bouche qui s'épuise
Embrasser tes yeux qui ne me voient plus
Effleurer ton nez qui s'essouffle
Dans l'air confiné de la chambre d'hôpital.
Ta main se crispe sur le drap blanc
Ton visage est blanc, tout est blanc
Tes doigts se détendent puis restent là
Sans vie.
Ton visage est un paysage
Où je ne me promènerai plus.
Un jour, moi aussi je partirai
Et tu seras là, comme avant.
J'embrasserai tes yeux, ton nez et ta bouche
Et, près de toi, m'allongerai sur la couche
De l'amour éternel
D'une fille pour sa mère.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   papipoete   
21/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
libre
Le grand Ordonnateur est entré dans cette chambre, où tu t'éteins doucement Maman ; et je te regarde partir, je vois cette ultime larme couler et son puits se tarir, mais mon amour pour toi déborde, tant je t'aime ... Viendra ce jour où je te rejoindrai, et ton visage sur moi se penchera, et nous ferons ensemble un voyage éternel .
NB nous avons connu ce grand départ, où Maman fait sa dernière valise, et nous laisse sur ce quai, désemparés ... pour un " au-revoir " puisque on se retrouvera un jour ... ( je veillai la mienne des nuits durant, et lorsque je décidai d'abandonner, arrivé chez moi l'hôpital appela pour dire que Maman venait de mourir ... )
l'ultime strophe me touche particulièrement
papipoète

   lucilius   
30/11/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Je puise beaucoup d'amour et d'émotion dans ce texte, avec en prédominance une quête vers l'infini "de l'amour éternel d'une fille pour sa mère".
Quelques expressions ressassées comme "me baigner dans l'eau de tes yeux", "respirer ta bouche" mériteraient d'être reformulées.

   bipol   
19/12/2018
Bonjour

il me fraudais écrire tant de poèmes

pour dire à ma mère tout l'enfer qu'elle m'a fait subir

et qu'elle est à l'origine de l'handicap que je subirais

jusqu'à la fin de mes jours, que je ne peux lire

vos mots sans souffrir

   Annick   
19/12/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Votre poème correspond si justement à ce que j'ai ressenti lors de la mort de ma mère qu'il m'a touchée en plein cœur.
Cet amour là est indélébile. Pour ma part, j'ai fait le deuil de la personne parce qu'il le faut bien, mais pas de la mère qu'elle était. Qu'on soit fille (c'est le cas dans votre poème) ou garçon, on perd la femme de sa vie. Il y a quelque chose d'extraordinairement intime dans votre poème, en ce sens que vous êtes liées corps et âme.

Me baigner dans l'eau de tes yeux
Qui laisse échapper
Une perle, un diamant
Glissant doucement
Sur l'arête de ton nez presque bleu
Boire la goutte de cristal
Au goût salé
Qui me rappelle nos câlins d'antan
Quand nous riions aux larmes, enlacées
Aimantes et insouciantes.

   Stephane   
19/12/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour emju,

Comment expliquer qu'un texte vous émeuve autant et le commenter ensuite en employant des mots qui ne seront pas assez forts pour décrire ce que vous ressentez ?

Vous avez su peindre ce tableau avec une telle délicatesse que le regarder se suffit à lui-même.

Cordialement,

Stéphane

   Francois   
19/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Texte émouvant et sensible, sur la disparition d'un proche.

J'aime beaucoup, par exemple :
"Tu pars en voyage quelque part
Où je ne serai pas."
Ou encore :
"J'embrasserai tes yeux, ton nez et ta bouche
Et, près de toi, m'allongerai sur la couche
De l'amour éternel
D'une fille pour sa mère."

C'est dit simplement, avec pudeur.
Bravo.

   Zorino   
19/12/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour em(j)u,
Selon moi, l'émotion - lorsqu'elle est trop forte et vraiment sincère - ne se transmet pas avec des mots, elle se transmet par le biais du langage corporel.
Votre magnifique poème me rappelle tant de tristes souvenirs qu'il me semble que seul mes larmes suffisent à vous témoigner le sentiment qu'il m'évoque.
Merci pour ce touchant et précieux partage. Je reviendrai vous relire avec grand plaisir, histoire de me faire un peu de mal...

   FrenchKiss   
19/12/2018
Bonjour Emju,

Le témoignage est émouvant, sans doute même poignant pour cette fille qui parle de sa mère. Reste le lecteur, en tout cas celui que je suis, face au dilemme de l’expression poétique. Pour moi, votre texte n’est que le canevas, le brouillon du poème à écrire. Vous en êtes au premier degré de la composition. Je n’attends pas des mots comme « Ton visage est un paysage/Où je ne me promènerai plus. » Tous les visages sont des paysages, et donc j’attends plutôt le mot qui distinguera celui du visage de votre mère. Le mot « paysage » fait partie des mots généralistes qui devraient être interdits en poésie. Le poème entier souffre de cette universalité des sentiments, réduite à une spontanéité trop prosaïque. La poésie c’est l’inverse du clonage des mots et des émotions.

« Me baigner dans l'eau de tes yeux » : j’avoue que ce n’est pas très engageant pour poursuivre la lecture. Mais ne vous formalisez pas, j’ai aussi abandonné Katherine Pancol à la dixième page d’un de ses romans, alors qu’elle croyait sublimer le regard d’un personnage en écrivant : « Elle avait les yeux bleus comme un lac. »
Vous avez des idées, le sens du rythme, reste à élaborer votre propre langage.

Mais peut-être que l’important est juste de trouver un écho dans le public, et je ne doute pas que celui-ci revienne favorablement à vos oreilles.

FrencKiss

   plumette   
19/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Emju,

les mots sont simples pour décrire " le passage": saisir cet instant et leur donner vie, un paradoxe réussi.

Je me serai bien passée de la chambre d'hôpital qui est triviale, et dit ce que le lecteur a deviné.

Une belle émotion se dégage de ce poème parce qu'elle est partagée.

Certaines phrases sont un peu convenues ( l'eau de tes yeux, ton visage est un paysage) parce qu'il faut ici apprécier la langue choisie
par le poète !

Plumette

   Corto   
19/12/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Voici un texte bien émouvant. Vos descriptions sont très bien formulées, détaillées, avec le ton juste.

Petite réserve pour une phrase brutale et inutile à la compréhension: "Dans l'air confiné de la chambre d'hôpital."

On frémit au silence définitif avec "Ta bouche répond fait un drôle de rictus puis, se fait muette, condamnée à ne plus dire les mots que j'aimais."

Qui n'a jamais contemplé un visage aimé comme dans:"Ton visage est un paysage où je ne me promènerai plus."?

Les deux dernières lignes viennent comme une récompense après un moment si éprouvant.
Bravo.

   PIZZICATO   
19/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quel que soit l'âge ou cela se produt, c'est un très grand chagrin de voir s'en aller la maman.

Beaucoup de sensibilité exprimée dans ce texte, sans pathos aucun.
Des images belles parcequ'elles sont vraies.

"Tes lèvres si pâles dressent un barrage
Entre toi et moi, indestructible."

" Ton visage est un paysage
Où je ne me promènerai plus."

Un texte émouvant.

   domi   
19/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème très émouvant, les mots servent comme ils peuvent cette émotion, et on dirait presque qu'ils deviennent "secondaires"...
Le début est magnifique et tragique : comparer cette larme de douleur agonisante aux larmes des anciens fous- rires est poignant.

   Vincente   
19/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Difficile de ne pas se laisser emporter par l'émotion débordant des mots de l'auteur. J'ai pour ma part très vite oublié les mots, ceux-là même qui doivent dire en s'effaçant, en se fondant dans la narration. Si très vite, j'ai abandonné le regard critique, c'est aussi parce que l'expression était attentive et délicate, les métaphores étaient inspirées, la forme bien écrite. Dès "l'eau de tes yeux" et "la goutte de cristal", images évoquant un champ au flux immense, j'étais acquis à votre intention.
J'ai un instant regretté une certaine chronologie (elle arrive dans la chute), j'ai craint la sensation de description, mais j'ai préféré ne pas me crisper par quelques rigueurs. J'ai préféré suivre votre regard épanché pour atténuer l'éperdue douleur qui laisse hagarde la petite fille démunie. Il est bon que la poésie parle comme le cœur dans une forme qui respire comme elle pense.

   Castelmore   
21/12/2018
Mathieu Molé a dit de Chateaubriand qu’il avait l’art «  d’exprimer les émotions qu’il ne ressent pas »...!

Alors l’art pour l’art ?

Rien de faux , d’artificiel, de surjoué...
Ce poème dit vrai cela me suffit.

   INGOA   
21/12/2018
 a aimé ce texte 
Pas
Je trouve l'écriture de ce texte très linéaire, parfois légère, voire condescendante, alors que le sujet particulièrement grave et poignant justifierait une alternance de force et de faiblesse.
Des répétitions sans plus-value : ton nez presque bleu… ton nez qui s'essouffle, j'embrasserai ton nez…
Des poncifs : une perle, un diamant… boire la goutte de cristal… les yeux, les paupières, la bouche, le nez, le visage.
Et le cœur dans tout cela ? Et la pudeur des mots trop endoloris par la tristesse ? Votre archet ne parvient pas à faire vibrer ma corde sensible.


Oniris Copyright © 2007-2019