Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie libre
Eskisse : Don de l'abîme
 Publié le 19/10/21  -  7 commentaires  -  820 caractères  -  185 lectures    Autres textes du même auteur

"Oh my mama,
she gave me these feathered breaths"
Alela Diane


Don de l'abîme



Elle m’a fait don du jour et des mots de la nuit
Les mots ont traversé l’épaisseur de ma peau

Elle a dit aux étoiles d’orner ma fenêtre
Même sous un ciel lourd de rixes et de fougue

Elle a puisé au fond des écrins des montagnes
Les cristaux translucides de sa propre mémoire

Puis elle m’a offert les bottes de sept dieux
Les pull-overs fée main

Elle a fait des colliers d’améthystes diaphanes
Pour conjurer les brumes

Et quand l’abîme aux doigts de braise est revenu
Dans son entrelacs de peurs avides
Son cortège insensé d’illusions inouïes
Ses rimes à rien son étau étonnant
Sa face crachée de pensées illicites

Elle a posé sa main sur l’Innommable
Et l’abîme m’a donné un œil couleur de ciels


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Arsinor   
12/10/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Le dernier vers semble par mal mais il manque la cohérence. J'aime bien "conjurer les brumes" et "rimes à rien". Vu la première partie du premier vers, "elle" désigne la mère du poète, mais ce n'est pas sûr. Mais quel est donc cet abîme, dont le personnage s'oppose à celui de la mère-fée ?

   Vincent   
19/10/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour

J'ai été envouté par l'ambiance de votre texte

il y a quelque chose d'indéfinissable

et très attirant par la puissance de vos mots

qui m'a mené dans un ailleurs où je me suis senti bien

et c'st ça qui me plait dans l'art

quand je vais dans une exposition de peinture

j'ai l'impression d'être dans l'espace de l'inconscient de l'artiste peintre

et c'est exactement ce qui se dégage de votre poésie

alors je vous remercie et je vous dit bravo

   papipoete   
19/10/2021
 a aimé ce texte 
Bien
bonsoir Eskisse
Me mettant au monde, elle m'a fait don du jour, mais du néant furent teintés mes nuits et mes jours, de cette nourriture dont l'on meurt un peu plus chaque jour...
NB une génitrice davantage qu'une mère aimante, donne la vie, une avance sur la mort, au milieu de poudre aux yeux qu'étaient les " colliers d'améthystes chasseurs de brumes et tourments "
Des vers semblant les caresses d'un roncier, qui finit par donner le coup de grâce...
le 4e distique était pourtant mignon, dans ce corridor à l'issue funeste !

   Pouet   
20/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut,

Il semble que le sujet, peut-être douloureux, se cache par instant derrière les jeux de mots, des cœurs et artifices - pudeur de l'esthétique.

La figure de la mère - visage angélique et démons intérieurs est évidemment un thème important, portant en sa sentimentale pesanteur.
Le poème que j'entends à travers mon regard propre, fait certainement écho à mon expérience, ou plus exactement à l'idée que j'en ai. Les souvenirs ne sont que des mensonges vrais, de la peinture dégoulinante figée en notre esprit.
Les traces se suivent peu, mais s'imposent à nos pas.

Est-ce que le "don des mots" passe forcément par l'abîme en héritage ? Je ne sais. Savoir c'est perdre, encore.

Comme un semblant d'éclat par le truchement du gouffre. Et puis aussi ce "dire" qui nous parle comme une évasion dont on ne sait que faire. Alors tentons des signes sur du papier froissé... Ça nous prend tôt du coup, au sortir de l'enfance ou à son commencement, où est la différence ? Faut-il de la matière, du gris à modeler ? Du sentiment furtif de ressentir la terre lorsque nous jetons l'encre. D'entrer un peu au monde en le grimant de songes. Comme un essai de but, une justification à la douleur diffuse. La recherche du sens en syllabes oniriques.
Plus tard nous "comprendrons" ce partage de l'abîme en notre unicité.

Quoi qu'Elle en soit nous serons redevables. Toujours. Malgré nous. Malgré tout.

L'âme et l'amer.

Merci pour ce très beau texte.

   Luz   
20/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Eskisse,

Un très bel hommage à sa mère, et jusqu’à la fin : "l'œil couleur de ciels" reçu de l’abîme, du moins c’est ainsi que j’interprète ce poème. Aucun passage à citer en particulier, la poésie que j’aime est dans chaque vers.
Bravo et merci !

Luz

   Vincente   
20/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai bien aimé la formule "mots de la nuit" très suggestive, de même dans le vers suivant cette idée de l'identification sous des traits signifiés de ce qui vient des l'extérieur de l'être et qui de fait le gagne et puis en partie le constituera ("Les mots ont traversé l'épaisseur de ma peau"). Par contre, je trouve dommage d'avoir à 5 termes d'intervalle répété l'entité "mot[s]", je ne vois aucun bénéfice à cela sachant que ces mots de la nuit ne sont pas particulièrement ceux qui par un phénomène osmotique pénètrent le sujet, il ne s'agit donc d'utiliser ce rapprochement en vu de quelque insistance stylistique.

J'ai bien aimé "Elle a dit aux étoiles d'orner ma fenêtre",
ainsi que "Les cristaux translucides de sa propre mémoire", d'une superbe consistance…
Ensuite ces deux vers avec chacun leur paronymie inspirée, "sept dieux/lieues" et "fée/fait main". Comme deux sourires qui s'invitent avec une volonté de signifiance peu anodine.

Ode en reconnaissance à sa maman où le narrateur replace les étapes marquantes de sa vie, tout d'abord en cinq distiques du temps de l'enfance, dans cette époque où au travers de l'insouciance se construit une capacité à comprendre, à se saisir, à se défendre, "Et quand l'abîme aux doigts de braise…" se présente, comme "revenu" du dépouillement prénatal et originel, cet "abîme" à l'adversité terrible impose ses exigences aux jours adultes, alors la main maternelle se rappelle et prolonge son aide même aux pires moments, y compris celui ultime. À l'instant de mourir, l'appel à "Maman" n'est-il pas le dernier qui apparaît ?

Ce "don de l'abîme" semble ainsi représenter l'invitation maternelle à passer de l'inexistant au vivant, grâce à une métamorphose d'une alchimie folle.
J'ai vraiment bien aimé le ton, et la volonté que transportent ces mots soucieux de reconnaissance, de soi mais aussi envers "l'incubateur" ontologique que représente cette mère attitrée et symbolique.

   Lirian   
22/10/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Eskisse,

j'aime tout particulièrement l'entame, les deux premiers vers et me disais à la première lecture que c'était sans doute un de ces poèmes 'à l'os' que j'apprécie sans raison limpide. Ensuite, ce qui est venu gâcher un peu la fête, c'est l'accumulation de jeux de mots commodes ou faciles, qui, s'ils synthétisent votre pensée, me laissent un peu seul devant de grosses ficelles qu'on me tend. Cela dit, l'ensemble est touchant et la sincérité de l'autrice se décèle dans sa recherche d'écriture. Merci.


Oniris Copyright © 2007-2020