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| A2L9
15/2/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
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Les amoureux. J'adore les six premiers vers, les amoureux ne sont pas là. Puis ils font irruption et je perds la densité peu à peu et totalement sur les trois derniers.
Il y a matière. |
| EtienneNorvins
16/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Un texte qui décrit un mouvement réussi de retrait : de la ruine de tous à la renaissance de quelques-uns, de l’enfer solaire à l’oasis intérieure, du collectif brisé au couple qui recrée un monde. Il tient par cette tension constante entre destruction et douceur, et par une écriture sensorielle qui donne à voir, à entendre et presque à toucher ce qui, pourtant, pourrait n’être qu’indicible.
Après le chaos primitif, où la matière parle à la place des humains (le métal ploie, la pierre est éventrée, le béton réduit à l’amas) et compose un paysage de catastrophe sans que jamais l’événement soit nommé, le rythme s’accélère par l’anaphore (« c’est sirènes / c’est désert / c’est frayeur »), presque haletant, comme pour mimer une sidération : « C’est l’enfer au soleil », la lumière est désormais trop crue pour être salvatrice, le soleil ne révèle plus, il expose et consume. Puis s’opère un basculement subtil. Sous la « tente de fortune », un espace fragile, précaire, mais humain, se crée, bien que l’incise « – mais c’est folie – » introduise une conscience aiguë de l’absurdité ou du danger qu’il y a à espérer. Cette lucidité renforce la beauté du moment au lieu de l’affaiblir. Le poème se concentre sur deux corps. Les verbes sont délicats, presque plastiques : « dessine », « déplie », « ovale », « arrondit ». Le langage devient tactile pour dire une intimité qui semble reconstruire le monde à petite échelle. L’expression « la joie qui craquelle en vernis ravissant » est particulièrement bien trouvée pour suggérer la précarité de ce bonheur. Mais s’ouvre un espace intérieur qui contraste avec la sécheresse initiale. L’oasis, les dattes, les cyprès, le vent : ces images orientales ou méditerranéennes apportent une dimension édénique. Le « vent si visible des balcons » est une belle trouvaille poétique : rendre visible l’invisible, c’est affirmer le pouvoir de l’imaginaire face à la ruine. La clausule, « Ils sont le sel, la mer, la lumière et le feu », élève les amants à une dimension élémentaire. Après le chaos initial de la matière inerte, deux êtres vivants se voient confier la charge des éléments. C’est un geste d’affirmation : l’amour ou la complicité humaine deviennent forces primordiales. Si l’on devait formuler une réserve, elle tiendrait peut-être à certaines images un peu trop envahissantes, presque surchargées (« la terre aux mille dattes, la soif de toutes les sources »), qui frôlent l’emphase et pourraient gagner à être légèrement épurées pour laisser davantage de place au silence. Mais il est vrai que cette abondance participe aussi à l’élan vital qui traverse la seconde moitié du poème… [en EL] |
| Ornicar
22/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Un camp de réfugiés dans un territoire en guerre ? Gaza ? Spontanément, c'est à cette bande de terre que je pense. Plusieurs indices dans ce texte m'y poussent, notamment vers la fin : "jardins luxuriants perdus au fond de leurs mémoires", "la terre aux mille dattes". Mais il y en a d'autres comme cette "trêve souhaitée" mais jamais totalement respectée jusqu'à présent.
A l'abri d'une tente de fortune, l'inattendu surgit : un moment et un mouvement d'intimité et d'humanité, d'émerveillement et de réenchantement du monde au milieu d'un enfer de ruines : "Il dessine sa peau / elle déplie ses doigts / ovale son visage / il arrondit son coeur". Improbable ? Too much ? Trop facile de tirer ainsi sur la corde sensible ? Je n'en sais rien, ne veux pas répondre à ces questions et je m'en fiche. Et puis vient la fin. La focale s'élargit, prend de la hauteur et les corps et les âmes se dissolvent en devenant les éléments d'une immensité qui les engloutit et nous dépasse : "Ils sont le sel, la mer, la lumière et le feu". J'aime beaucoup cette façon de clore le poème. |
| Provencao
27/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour Eskisse,
"Sous la tente de fortune dans la trêve souhaitée ils allongent un sourire berceau d’un acquiescement ils disent oui de leurs yeux vifs ressuscitent – mais c’est folie – de leurs gestes aériens la douceur endormie sous les armes et les larmes" J'aime beaucoup ce passage où se dessinent à mon sens des éveilleurs, des sources de lumières vers lesquels, il me semble important de comprendre l’insaisissable avec la netteté nécessaire, et surtout ressentir et sentir ce qui sourd en nous ... Au plaisir de vous lire, Cordialement |
| papipoete
27/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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bonjour Eskisse
Sous un soleil de plomb, les sirènes hurlantes, sous la tente des pleurs des visages horrifiés ; parmi cette apocalypse, il la regarde et dessine en l'air ses traits, son coeur et ses doigts, qui peu à peu reprennent vie... NB nous ne sommes pas dans cet eldorado, que nous promit le Grand Blond peroxydé, mais ici ou ailleurs dans un champ de ruines, où l'on vit survit coûte que coûte. Ils rêvent de cet endroit qu'ils connurent...il y avait la paix, de l'eau et des sourires partout, aux visages et au rebord des fenêtres... dans une écriture, au rythme graduant, on se dit " qu'est-ce qu'on est bien en France, malgré ses râleurs, ses y'a ca ! " " il dessine sa peau...ravissant " est mon passage préféré. |
| Uyimbube
27/2/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
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Un vase / petite fleur écrasée sur la dune / de l’eau pour elle / un berceau pour elle /
ce monde cruel / folie nos mains pour elle / que pourrions-nous défendre encore / mon amour dissoudre le sel / dissoudre nos corps / à jamais dissout, l’insensé « résurrection » ! mais vous y croyez, vous ? Vos paysages me sont familiers, de vos mots il me manque parfois un peu de folie ! Et puis quoi encore ! Autour de la table nous partagerons ce qui nous reste… Ce sera bien ! Merci, Eskisse |





