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Poésie en prose
EtienneNorvins : Vocation
 Publié le 28/02/26  -  9 commentaires  -  796 caractères  -  114 lectures    Autres textes du même auteur

Pareille à une lampe dont l’auréole de clarté serait de parfum…
René Char (1938)


Vocation



Lucille est une fille dans le corps d’un garçon, et ce garçon c’est moi. En vrai, je ne sais pas son nom, ni sa langue, ni son visage, mais où que j’aille, je sens sa voix qui chantonne au revers de mes pas.

Un jour, ai-je eu peur ? ai-je eu honte ? – il fallait se faire honnête homme.

J’ai fermé notre porte, brûlé mes notes, jeté la clé dans le premier puits, pour m’enfouir dans une vie morte.

Et me fis le serment de n’avoir plus de temps, ni de mots qu’à sabots ou grelots.

D’un bruit secret pourtant, d’un bruissement qui me transperce, n’importe où, n’importe quand, un ange sans colère me rappelle la vigueur trahie de son aile…


___________________________________
Texte avec un mot changé avant publication.


 
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   A2L9   
15/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Labeur et bouffonnerie, marcher les pieds lourds dans la terre qui embourbe et faire sonner une clochette sur un chapeau de clown. Etre soi-même dans un monde de faux semblants.
Un texte de souffrance qu'un ange accueille dans le creux de ses ailes au repos, derrière la nuque, un parfum de tendresse, celui du Daphné, ce parfum qui guérit l'âme (tout comme celui du pamplemousse d'ailleurs).

   papipoete   
18/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
prose
Lucille est une fille...dans mon corps, que je m'interdis de montrer, quand il faudrait que je me fasse " honnête homme "
Alors, plutôt que de tricher, je " m'enfouis dans une vie morte ".
NB les meurs, les us et coutumes ont évolué, mais il reste encore des tabous, que l'on ne saurait bafouer !
Enfermé en soi-même est cette réclusion à perpet', que l'auteur nous conte à travers ces lignes pudiques.
l'ultime phrase a ma préférence.
papipoète

   Myndie   
19/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Magnifique.
Rien que pour ceci, j'ai eu un véritable coup de cœur :
« Et me fis le serment de n’avoir plus de temps, ni de mots qu’à sabots ou grelots.
D’un bruit secret pourtant, – d’un bruissement qui me transperce, n’importe où, n’importe quand, un ange sans colère me rappelle la vigueur trahie de ses ailes… »

Un texte terriblement efficace grâce à une écriture simple et élégante à, la fois, un rythme fluide, et beaucoup d'émotion.
Tout ce que j'aime. Ce poème a une âme.

   Ornicar   
22/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Le thème de l'identité - celle, intime, enfouie au fond de soi, pas celle que revendiquent avec bruit et fureur les "identitaires" - est rarement abordé. Et que ce soit dans la vie ou une simple prose il n'est pas facile de l'évoquer.
Ici, c'est fait sans détour mais sobrement, délicatement, posément, poétiquement. Très belles images que celles-ci pour évoquer le poids de la norme : "J’ai fermé notre porte, brûlé mes notes, jeté la clé dans le premier puits, pour m’enfouir dans une vie morte". Le texte est bref mais frappe fort, l'écriture est soignée, les mots restent simples mais sont choisis pour s'accorder entre eux dans une harmonie retrouvée. Je trouve que ce texte introspectif est émouvant et très réussi.

   Provencao   
28/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour EtienneNorvins,

J'aime beaucoup cette Vocation qui tient à ce que l'étoffe qui l'afflige n’est pas une étoffe capricieuse, dotée de circonstanciés liés à son histoire physiologique, psychologique et sociologique, mais une étoffe désintéressée, en une élégante et épurée virtualité de ressentir émotions et sentiments.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Robot   
28/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Le texte semble nous dire que lorsque l'identité ressentie ne concorde pas avec le regard social on peut être condamné à effacer sa personnalité pour pouvoir "survivre".

Un récit court qui exprime beaucoup.

   Polza   
28/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
« J’en profite pour remercier celles et ceux qui d’aventure pourraient avoir commenté ou viendraient à le faire. » Merci

J’ai d’emblée bien aimé le rapport exergue et prénom de cette fille, Lucille, symbole de lumière. L’opposition et la contradiction qui suivent sont intéressantes également, elle s’appelle Lucille, mais en vrai, je ne sais pas son nom…

« Et me fis le serment de n’avoir plus le temps, ni de mots qu’à sabots ou grelots » j’ai mis un certain temps à comprendre ce passage et puis en réfléchissant bien, je me suis aperçu que les sabots et les grelots ça faisait beaucoup de bruit !

J’en ai conclu qu’il fallait lire en ellipse, je me fis le serment de ne plus avoir de temps pour écrire mes mots, mes pensées les plus intimes, secrets, ceux que l’on garde uniquement pour soi…

La dernière phrase comme tout le poème est somptueuse. Pourtant, il est plutôt laconique, on pourrait y reprocher une forme de paresse ou de facilité, mais en ce qui me concerne, c’est tout le contraire, tout est dit, suggéré en peu de mots. Cela laisse même la place au lecteur de compléter cette histoire sur une quête d’identité écrite tout en pudeur et poésie…

   Passant75   
28/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Corps de garçon, âme de fille, mais, face aux regards des autres, il fallait être ce que l’on paraissait.

Il fallait, mais iel ne le veut plus ! Iel a mis un terme à sa vie d’avant pour ne plus y revenir et décida de ne plus s’exprimer, sinon de telle sorte que ses propos fassent du bruit.

Mais faut-il que ce soit un ange, donc un être asexué, qui, d’un son à peine audible, transperce cet être en quête d’identité ?

   Eskisse   
28/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Etienne,

Le poème dit avec sobriété et subtilité comme il est difficile d'être soi.


Bravo pour cette réussite sur un sujet peu traité.


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