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Poésie libre
Eskisse : La nouvelle ère
 Publié le 01/06/26  -  8 commentaires  -  573 caractères  -  146 lectures    Autres textes du même auteur


La nouvelle ère



Dans tes mains

Mes mots, timides, patiemment recueillis
ma foi en ton chant de désespéré
une arbalète ciblant le ruban du malheur
mon regard assouvi de ton âme

et peut-être
le rivage à venir des sables de ta demeure

Les contraintes s’étaient tues
aux seuils ivres de nos chemins

J’ai hissé mon exil sur la voile de ton nom
j’ai migré égrenant les grelots de l’espoir
délaissant mon autre moi-même

Et le monde s’est levé idylliquement
sur le rire cyan de notre entente.


 
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   Passant75   
16/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Cherchant bien plus à faire ressentir qu’à faire comprendre, le poème évoque une transformation intérieure consécutive à une rencontre nouvelle.

Le texte repose surtout sur des images symboliques telles que « une arbalète ciblant le ruban du malheur » ou « la voile de ton nom », sans oublier un vers aux allitérations intéressantes, « j’ai migré égrenant les grelots de l’espoir ». Rien que ce vers rend positive mon évaluation !

Le poème transmet une impression d’élan, d’apaisement et d’espérance retrouvée. Au final, malgré certaines expressions plutôt abstraites, voire quelquefois obscures, le poème dégage une certaine cohérence d’atmosphère.

   Polza   
18/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Il y a des poèmes, comme, je ne trouve pas les mots, où je n’arrive pas à exprimer mon ressenti…

Je veux dire, ça m’a énormément plu, l’espoir et l’amour retrouvés, c’est parfaitement écrit en peu de mots, mais cela me rappelle la naissance de mes petits enfants par alliance (je ne dis jamais ce mot, c’est pour que vous compreniez pourquoi cela ne m’a pas provoqué cela chez mon ou mes propres enfants que je n’ai jamais eus).

Quand leur mère m’a dit « tu peux les prendre dans tes bras si tu veux » (ils ont trois ans d’écart, ce ne sont pas des jumelles ou jumeaux), j’étais si heureux devant la puissance de la vie, devant une telle beauté et en même temps, ils avaient l’air si fragiles que j’avais peur de leur faire du mal bien involontairement…

Votre poème me fait le même effet, vous me l’offrez et me dites : « tiens, prends-le, c’est pour toi », mais je ne sais qu’en faire, j’ai si peur de l’abîmer…

   Provencao   
1/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Eskisse,

"Et le monde s’est levé idylliquement"

J'aime ce vers qui n’exige pas l'inquiétude des réalités humaines.
Elle se solidifie sur ce rire qui accompagne cette nouvelle ère, depuis son émersion, à un perpétuel dépassement d’elle-même.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Myndie   
1/6/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Eskisse,

c'est un beau poème qui tire sa force et son expressivité de ses images originales et audacieuses. De belles trouvailles comme ici :
«  le rivage à venir des sables de ta demeure »
«  J’ai hissé mon exil sur la voile de ton nom »
Il exprime avec finesse le passage à cette « nouvelle ère » », c'est à dire d'une solitude malheureuse (l'« arbalète ciblant le ruban du malheur » )à l'apaisement, la sérénité d'une communion avec l'autre.
Je ferai juste cette petite remarque : je trouve que l'adverbe « idylliquement » casse un peu la fluidité de la lecture. Il pourrait être idéalement placé en début de phrase ou tout simplement remplacé par l'adjectif idyllique. Ce n'est qu'une suggestion.

Mais bravo à toi Eskisse.

   Cyrill   
1/6/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Salut Eskisse.
J’ai trouvé dans ce poème beaucoup de fraîcheur et d’espoir, bien que le deuxième vers évoque un « chant de désespéré ». Il semble vouloir conjurer le mal, et le titre à cet égard sonne comme une renaissance.
J’ai été touché par bien des images singulières, loin des lieux communs, je citerai en premier lieu les belles allitérations de :
«j’ai migré égrenant les grelots de l’espoir », un vers qui grignote – timidement – sa petite part de bonheur sur le «ruban du malheur ».
Un poème tout en légèreté et petits pas de danse, talon-pointe.
Merci pour le partage. 

   tome15545   
1/6/2026
Ces vers sont élégants, fragiles.

Je pense à Gide : "Je ne saisirai plus les mots que par les ailes.".

Je sens davantage la gomme que le crayon, et de la bravoure pour que le texte soit encore, vive, batte du cœur, comme par miracle.

Et, malgré les menaces de l'arbalète et le ruban du malheur, je rencontre des enchantements dans cet exil, dans cette fuite, et le rire cyan de votre entente.

Ivresse, Espoir

   LeChevalier   
1/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Je ne prétends pas avoir tout compris mais j'ai bien aimé l'image du ton nom comme une voile. Je la trouve assez romantique. Cela m'a fait penser au christogramme que les Byzantins mettaient sur les voiles de leurs bateaux.

J'ai également apprécié la triple occurrence du groupe « gr » dans l'alexandrin suivant :

« j'ai migré égrenant les grelots de l'espoir ».

Il y a évidemment une qualité figurative, mimétique : on entend les grelots, comme le tintement dans ce vers de Mallarmé que j'aime bien :

« n'entend descendre à lui qu'un tintement lointain ».

D'ailleurs, en relisant avec une attention aiguisée pour les allitérations, j'en vois d'autres, comme celle en « m » tout au début.

Le « cyan » au dernier vers me surprend car j'y vois une couleur et une évocation du cyanure. C'est sans doute voulu.

   Cristale   
2/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Des mots confiés, fragiles, passant de l'enfermement de l'intime à un horizon partagé, comme si les doutes s'effaçaient devant une confiance retrouvée, ou nouvellement trouvée.

Une métamorphose du soi vers l'autre.

Ce poème est un souffle d'air nouveau pétri d'optimisme.

Joli !

Merci Eskisse.


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