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| Passant75
24/3/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
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Depuis que le principe de Dieu a été pulvérisé en une multitude de « petits moi », chacun d’eux peut se prendre pour un petit dieu et cela ne peut que conduire à la guerre. Quand l’individualisme prend le dessus, la recherche de la domination ne peut avoir pour conséquence qu’une violence collective. On touche ici du doigt l’absurdité de la multiplicité des pouvoirs qui se voudraient tous absolus, donc nécessairement rivaux.
Le poème alterne des registres volontairement très différents. On passe du lyrisme quasi cosmique, « Périphérie de galaxie » à un langage familier, voire trivial, « ben tiens », « ça s’voit, ducon », « Ta Gueule », pour finir sur un langage enfantin ou de bandes dessinées, « pif ! paf ! clic ! splash ! ». Il ne peut s’agir que d’un choix stylistique, peut-être pour rendre la violence ridicule et grotesque. Si tel était bien le cas, l’intention serait alors bien claire, mais l’exécution pourrait paraître trop appuyée. Certaines images sont réussies, la Terre est une plage (avec d'ailleurs un clin d'œil à Paul Éluard), les grains de sable personnifient très bien les individus mégalomanes, et « Sa Majesté l’Auguste Monarque du Sable » apparaît comme une satire du pouvoir que l’auteur alors cherche à ridiculiser. La chute, assez forte, se veut inéluctable ; pendant que les grains se battent entre eux, une force plus grande les efface tous. Les conflits entre humains paraissent alors ridicules à l’échelle de la planète. Quelle est cette force ? La nature, Gaïa, voire, pourquoi pas, Dieu lui-même punissant les hommes en les noyant sous le Déluge ! La référence biblique ne peut aucunement être exclue du message de l’auteur. En fait, elle s’est particulièrement imposée à moi ! Ajoutons que le titre choisi, « Enfablement », est un néologisme qui pourrait noter la volonté de l’auteur de mettre en fable une allégorie de ce que peut devenir l’humanité quand l'homme se prend pour Dieu. Mais, qu’on me pardonne cette comparaison avec laquelle il est très difficile de rivaliser, la Bible a fait bien mieux. Au final, le texte est intéressant, mais la forme choisie rend le message un peu trop appuyé ; le poème explique beaucoup, il use d’une satire parfois pesante et démonstrative. |
| papipoete
5/4/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
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bonjour EtienneNorvins
" depuis que Dieu fut pulvérisé, c'est la guerre sur la Terre " et toi qui avais ton bout de planète, en voulus davantage - tu n'étais que valet, voulus devenir petit Duc - oh, trop pâle majesté - Roi, ça te plairait ce poste ? - roi de ton pays, ça limite un peu... - de l'Univers, ce serait mieux ! NB c'est ainsi que j'interprète vos lignes, dont mon voisin, le chef de région, le Président ou Tsar conjuguent leur place sur la planète bleue... mais au-dessus d'eux viendra un freluquet aux dents longues, qui jalousera le chêne d'être si fort, l'océan d'accaparer l'eau et même un grain de sable, qui peut gripper le grand Ordonnateur ! Dieu sur Terre personnifié sous les traits d'un blond peroxydé, donne matière à votre texte...( dont la clarté est quelque peu alambiquée ) où quand t'as faim, comme un ogre, tu dévorerais même ta mère ! Votre style ici joue entre le cérémonieux et le rap ; " car il est bien su..." est mon passage préféré. |
| Polza
5/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Citer du Trump en exergue est d’actualité, malheureusement pour les trop humains que nous sommes.
J’ai beaucoup aimé le titre en néologisme se servant d’ensablement, pour créer une fable, un enfablement. Franchement, ma première réflexion après vous avoir lu fut : « il faut être audacieux pour proposer un poème de la sorte ! ». Il y a de l’originalité, de différents styles, c’est carrément clivant, je pense. Moi j’ai beaucoup aimé en tout cas. Les images sont percutantes, comme ce Dieu pulvérisé en myriades de petit moi. le « imaginez » interpelle directement le lecteur, j’aime ça. Petit clin d’œil à Paul Éluard bien senti. Je trouve ça marrant que votre poème soit publié aujourd’hui, pasque la Pasque des juifs… « Ô mâle vacarme de cris qui pif ! en coups qui paf ! chaînes clic ! clic ! ou sang qui splash ! » j’ai pensé à Comic Strip, bien vu. « Tu manques de grain, mon gars. » j’ai souri, à la limite de rire franchement ! « Sa Majesté l’Auguste Monarque du Sable. » avec Majesté, je n’ai pu m’empêcher de penser à « Sa majesté des mouches ». « Un océan qui montait là Jusqu’au dernier nous avala. » image apocalyptique sous forme de déluge, Trump, Dieu, les petits moi, le déluge, la boucle est bouclée. Ce n’est pas la poésie qui m’aurait attiré au premier regard (je ne l’ai même pas vue passer en EL d’ailleurs), mais en y consacrant un peu plus de temps, je me dis qu’il aurait vraiment été dommage de passer à côté ! |
| Boutet
5/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Un poème libre qui remet chaque chose à sa place, ce n'est pas pour me déplaire. Comparer la Terre à un grain de sable est d'une triste réalité : dommage qu'elle est habité par une espèce qui se prétend être
un très très très gros grain de sable et c'est là que le bat blesse. Contempler un ciel d'été et ses étoiles devrait suffire à le remettre à sa juste valeur mais non, rien à faire. C'est pour ça que je l'ai qualifié d'erreur de l'Évolution dans mon poème Héritage. |
| Corto
5/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Voilà un poème qui respire l'actualité des rapports entre humains, évidemment si on regarde surtout du côté de la Floride, de l'Argentine, de multiples pays de tous horizons ... ce qui fait vraiment beaucoup de monde.
En changeant de focale me sont revenus des souvenirs de service militaire et par élargissement de toutes ces armées où le jeu consiste par principe par tirer avant d'éviter de penser. Bref il y a dans ce poème une apocalypse qui n'en finit pas, qui n'a aucune raison d'en finir surtout si l'on s'arrête trop sur ce vers: "nous n’avons plus le choix". L'ambiance est très réussie dans sa tension, sa déraison, son inhumanité. Plutôt que la Bible c'est l'ambiance de "DUNE" qui s'est invitée. Sans doute parce que "Dieu fut pulvérisé"... Beau texte, concis et porteur de multiples appels à l'introspection avant... la raison (?) Bravo. |
| Laurent-Paul
5/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
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Bonjour,
si j'adhère sans réserve au propos, je suis beaucoup plus réservé quant au traitement que je trouve trop appuyé ; l'idée de passer de ce bon vieux Dieu qui ne fait pas grand chose à l'insignifiance des grains de sable se croyant tout puissant est une belle idée, mais finir par ce "nous" transforme le pastiche rigolard en démonstration. Quant à l'océan qui passait par là, il ramène Dieu (ou les mots à la mode qui le remplacent) sur la table et amoindrit, à mon avis, la belle virulence du propos. Au plaisir de vous lire. |
| Marite
5/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
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Très amusant cet "enfablement" et la comparaison des humains avec les grains de sable d'une plage est très pertinente. Pouvons-nous même imaginer "l'issue des combats" de ces Grains qui, chacun dans leur coin, à l'affût pour certains, observent et attendent, en préparant leurs armes, le moment propice pour entrer en lice.
La conclusion me séduit particulièrement car elle nous rappelle notre condition humaine en toute modestie : " Un océan qui montait là Jusqu'au dernier nous avala." Les différents registres d'écriture sont judicieusement choisis pour nous transmettre l'outrecuidance de ces "grains de sable" qui cherchent à gagner la place de " Sa Majesté l'Auguste Monarque du Sable". |
| Ramana
6/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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"Depuis que Dieu fut pulvérisé en des myriades de petits moi,". Cette phrase demanderait tout un livre pour en exposer toutes les conséquences. "Au commencement était le Verbe", à la fin le déluge, et l'illusion de la multitude qui retourne de nouveau dans l'unité primordiale, laquelle n'a jamais été affectée par cette production indéfinie (lire René Guénon). Et nous qui ne sommes que poussière, et confondons notre petit moi transitoire avec l'étincelle immuable qui se trouve en chacun de nous...
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| Eloaire
6/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Étonnant... et très réussi. Le mélange d'images poétiques et de passages façon BD fonctionne vraiment bien. Et surtout il y a dans tout cela une musicalité constante qui atteint son apothéose dans les deux derniers vers.
Bravo |
| Lariviere
8/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour EtienneNorvins,
Ah, ca fait du bien de lire un texte comme ça ! Je salue le travail, l'audace et la fantaisie de ce poème. J'aime bien le fond du propos... aurais je moi aussi un "grain" de loup alpha refoulé, parmi tous ces grains de moi intersidéraux, métaphysiques, physiques et pataphysiques ?... ;) J'aime bien sur la forme, fluide et musicale, jubilatoire, surprenante à chaque "vers", qui donne le peps et booste moral et zygomatiques... Bref, le ton et la réalisation me séduisent complètement, entre comics et dada, ce texte ne me laisse pas indifférent et me procure beaucoup de plaisir ! Merci pour cette lecture et bonne continuation ! |
| Eskisse
8/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour Etienne,
Ca m'a fait penser au Grand combat de Henri Michaux ( mais je suis déformée) avec les onomatopées, la violence et la dérision. Un poème pêchu qui ne pêche pas par manque de rythme et qui montre par la métaphore combien la soif de pouvoir est dérisoire. Entre l'infiniment petit et l'infiniment grand. Merci. |





