Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Forums 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie classique
Cristale : L'écume des nuits
 Publié le 04/04/26  -  14 commentaires  -  828 caractères  -  170 lectures    Autres textes du même auteur


L'écume des nuits



Le ciel interminable étend son horizon
Et l’ombre allonge au sol des flots de canicule
Où le jour étouffant alanguit la raison ;
C’est la mer qui prend feu, là-haut le soleil brûle.

Je n’ai plus qu’une envie : enfin le retrouver,
Jeter pagne et maillot pour me sentir à l’aise,
Me mettre nue et puis sous ses draps me lover,
L’épouser de mon corps, repousser ce qui pèse.

La percale nouée autour du baldaquin,
Mes cheveux sur la taie où l’été se consume,
J’éviterai l’ardeur d’un édredon taquin
Glissé sur le parquet tel un rouleau d’écume.

La torpeur de l’obscur laissera dans ses creux
Mes secrets féminins, le sel de ma peau moite ;
Offerte à l’abandon de moments bienheureux
Entre ses plis… mon lit, combien je le convoite.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Lebarde   
21/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Un poème classique magnifique, techniquement irréprochable signé à la fois par le thème développé, certes guère nouveau et un peu précoce et hors saison compte tenu du printemps à peine commencé mais surtout par la délicate sensualité au souffle torride assortie d'une discrète touche d'érotisme et par l'écriture élégante et fluide faite de mots simples et bien choisis et d'images somptueuses qui produisent une poésie superbe autant douce que stimulante.

Que dire de plus, bravo.
Ce poème est remarquable, je suis admiratif et conquis et j'en redemande.

Merci

En EL

Lebarde très enthousiaste

   Passant75   
21/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Une envie, un désir, de retrouver des jeux qui font vibrer le cœur tout autant que le corps.

J’ai lu, ou plutôt vu, le premier quatrain, comme un tableau impressionniste dans lequel les couleurs font vivre la lumière.

Le deuxième quatrain a-t-il besoin d’être commenté tant l’image suscitée d'elle-même.

Avec des mots soigneusement choisis, le troisième quatrain joue avec le décor. Il mêle le feu de la saison à un charmant clin d’œil. Je reconnais avoir souri à l’évocation de cet « édredon taquin ». Mais le « rouleau d’écume » m’a ramené à la vision du tableau peignant le premier quatrain. D’autant plus que l’écume est ce qui reste, ce qui subsiste du passé.

Enfin, c’est un corps qui s’abandonne, ou plutôt qui rêverait de s’abandonner de nouveau. On imagine aisément, mais ce n’est que mon ressenti, que ce n’est plus qu’un rêve impossible.

Un poème qui baigne dans une atmosphère onirique rappelant ce que fut l’embrasement de deux corps. Le souvenir d’une fusion qu’on aimerait bien revivre !

   Myndie   
23/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Magistralement écrit, formidablement inspiré, éclatant de lumières, étouffant de moiteurs, débordant de sensualité et surtout malicieusement roublard. Et s'il en fallait plus pour dire combien j'ai apprécié la lecture de ce poème, voici encore :

- le titre déjà, en plus d'être un clin d'oeil à l'univers fantaisiste de Vian, annonce la métaphore filée qui « baigne » tout le poème : l'eau, la mer, les flots. Après les « flots de canicule » , après la «  mer qui prend feu », la volupté, c'est retrouver ce lit/océan avec son édredon/rouleau d'écume et plonger dans une « nuit d'écume » ;
- la sensualité des images délicieusement suggestives mais si roublardes: le deuxième quatrain particulièrement ambigu (« le retrouver », « l'épouser de mon corps ») nous met habilement sur la piste d'un homme, du désir et de la passion amoureuse.
Ainsi donc, à l'instar d'une peinture en trompe-l'oeil, ce poème entretient sans faillir la confusion du début à la fin et c'est un réussite, voire un exploit.
Mes vers préférés :
«  Et l’ombre allonge au sol des flots de canicule »
« Mes cheveux sur la taie où l’été se consume ».
Bravo !

   LeChevalier   
28/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Un poème très sensuel, avec tout ce qu'il faut des éléments que sont le feu et l'eau. Je trouve que le choix des strophes, qui se terminent par une rime féminine, est très judicieux, surtout que la féminité se manifeste clairement par cet adjectif « nue » dans le deuxième quatrain et « mes secrets féminins » dans la dernière.

Derrière cette sensualité, par contre, se lit très clairement une mélancolie profonde, pour ne pas dire une dépression provoquée par le manque impossible à combler.

J'ai bien aimé la paronomase « épouser » -- « repousser », deux termes que les sonorités rapprochent en dépit de la distance que met le sens ! Excellente trouvaille !

   Vincent   
4/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Chère dame Poésie

Je suis incapable de commenter votre texte

Tant je reste sans voix devant sa beauté

   Luron   
4/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Cristale,
La perfection du classique toujours recommencée : cette capacité à habiter aisément les règles et à les utiliser pour se "mettre à nue" avec la noblesse d’une statue de marbre et exprimer une envie de liberté depuis la mer et son horizon jusqu’au lit à baldaquin. Il y a une pointe de refus des conventions sociales mais les mots élégants (percale, baldaquin) et la forme classique donnent à ce refus un petit air de rébellion aristocratique.
Ce poème nourrit encore ma fascination de potache de la poésie pour le classique parfait.
Bravo !

   Provencao   
4/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Cristale,

Merci pour ces divines images que vous nous offrez.

Ce ne sont pas de simples images, feuilletées.. Elles s'invitent, jaillissent et s'embellissent dans une écume charmée par sa lecture, mais aussi par tous les sens : dans cette torpeur de l'obscur, la perception s'enflamme, l'ouïe s'aiguise, l'odorat enjôle des fragrances ailées.
C'est dans cet abandon entre allégorie et spiritualisation de l'image que se dessine ce délicat et délicieux imaginaire en fête...que vous seule pouvez nous offrir.

Merci .

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   papipoete   
4/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
bonjour Cristale
Je ne pense qu'à lui ; rien d'autre n'a d'importance que lui ; quand je le rejoindrai, je me mettrai toute nue pour qu'il m'ait toute à lui ; ah, si vous saviez comme j'ai envie de lui...
Des vers bien prudes, sous la plume de Cristale pour lesquels ce jour, Eros ne fut point mandé, mais on sourit au final quand l'objet de tous ces désirs, n'est qu'un bon lit...
NB une fois encore, les complices de l'auteure lui ont aménagé un décor, qui donne envie de se grimer en Belle de Jour
- veux-tu bien de moi mon alcôve ?
- oui ?, j'arrive !
J'apprend un nouveau mot, avec " percale " genre de drapeau blanc, pour dire " je me rend "
Le premier quatrain où la mer " prend feu " est mon passage préféré, dans ce poème où notre auteure nous apparait bien sage !
Ce n'est pas encore cette fois, que j'aurai l'outrecuidance de remarquer
une faute de prosodie !
j'l'aurai, j'vous dis qu'un jour j'l'aurai !

   Boutet   
4/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
Un poème érotiquement léger et bien écrit. Que dire de + , l'auteur excelle dans ce genre et l'on se régale à chaque fois même si cette fois je ne comprends pas bien le vers ultime.

   Polza   
4/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
J’ai voulu commenter cette poésie en EL, mais je n’ai pas eu le temps. Je savais de qui elle émanait de toute façon.

Rien que le titre me prend par les sentiments, moi le fan absolu de Boris Vian, Baron Visi, Bison Ravi, Vernon Sullivan, etc.

D’ailleurs, c’est curieux et je ne pense pas que vous l’ayez fait exprès, mais si l’on prend le premier quatrain et qu’on le secoue un peu, ça donne Cloe (Chloé) en acrostiche.

Inutile que je m’attarde sur la prosodie, les rimes, un hiatus à me mettre sous la main, tant je sais d’avance qu’il n’y aura aucun impair, aucune bavure.

Il y a de la sensualité, presque de l’érotisme, de la nostalgie mêlés à un esprit espiègle qui s’amuse du lecteur avec sa malicieuse clausule.

Que dire de plus quand tout est déjà parfait ?

   EtienneNorvins   
4/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
Sans surprise, ce n'est pas la forme classique qui m'amène à vous lire - je pourrais même préciser facétieusement que je vous lis en dépit de cette forme :) - mais votre talent à partager ce que Rilke a nommé "la montée nocturne du désir", fût-ce comme ici en plein jour.

Corps amoureux, corps érotique - la chair aux prises avec ce mystère de feu, et qui ridiculise la réflexion masculine rapportée par Camille Laurens : "Les femmes n'ont pas besoin d'écrire des poèmes - puisque les femmes sont des poèmes."

On sent derrière la création de papier une femme qui refuse cet anéantissement passif : vous devenez votre propre Ronsard, n'attendant pas d'un autre, plus tard, la louange de vos amours si sensuelles. Et pour moi, lecteur masculin - c'est une belle émotion d'accéder par la lecture à cette autre moitié (moite) du 7ème ciel, qui m'est autrement barré à jamais - de me retrouver dans une position "féminine", prolongeant les sensations éprouvées dans d'autres circonstances intimes... Vous êtes ainsi dans une lignée qui passe par Louise Labbé et Emmanuelle Arsan...

Avouerais-je néanmoins que je vous trouve ici moins audacieuse, moins hardie, peut-être plus "attendue" que dans d'autres textes ? Mais il y a cet édredon "glissé sur le parquet tel un rouleau d’écume"... Ah ! ... lignée de Fragonard aussi ! :)

   Laurent-Paul   
4/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Cristale,
c'est toujours un émerveillement de lire vos vers. La poésie est limpide, facile d'accès et pourtant surprenante. Je suis admiratif, voire jaloux. Mais je crois vous l'avoir déjà écrit.
Quant à l'évocation de la nuit caniculaire, on y est, on la partage. Le bonheur de retrouver son lit quand l'épuisement et la lassitude vous assomment me parle on ne peut mieux.
L'adjectif "taquin" qui surgit à la rime m'a surpris, agréablement, donnant une touche de légèreté à votre propos, voire d'humour, qui relance la lecture.
Mon hémistiche préféré, celui que j'aurais (le plus) avoir voulu écrit : "repousser ce que me pèse."
C'est pour moi l'un des principaux buts de la poésie, et vous y parvenez si bien...
Bref, c'est parfait !

   GiL   
6/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Comment , partant d'un sujet somme toute très ténu – fuir la canicule et retrouver la fraîcheur de son lit – concevoir et déployer en seize vers un tableau luxuriant, à la fois coquin et malicieux, foisonnant d’images, de sensations, de regrets et d’envies. Et tout cela dans une langue classique parfaite.

Je suis admiratif et sous le charme.

   Cristale   
9/4/2026
Mes remerciements... ICI


Oniris Copyright © 2007-2025