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Poésie libre
EtienneNorvins : Memento quia pulvis es…
 Publié le 12/04/22  -  11 commentaires  -  861 caractères  -  228 lectures    Autres textes du même auteur

… c'est-à-dire « souviens-toi que tu es poussière ». (Liturgie catholique du mercredi des Cendres)
On pourrait lire aussi en exergue : ‘Was spricht die tiefe Mitternacht ?’ (« Que dit minuit profond ? » – in Gustav Mahler, Symphonie n° 3)


Memento quia pulvis es…



tiède et tendre l’air
ce soir
à la fenêtre où tu t’appuies ;
le bon vieux réverbère
tache de rue la nuit
– mais tout ce noir entre les étoiles

autant que de silence

ou de sang sous les pas de l’Histoire
que nul encens ne peut adoucir…

« cueille cueille la fleur
donne donne ta rime »
si risible ici ton beau souci
miette de viande !
à qui brève chandelle
suffit pour se sentir une âme

– et tu contemples ta fumée
de cigarette après l’amour…

Prends garde :

poussière allais-tu dire
poussière tout ça – oui
mais sidérale
et combien plus sidérante
combien plus écrasante
si

pour chaque grain
tout l’univers

quel poids soudain
ce trait de lumière
dans le creux de ta main


 
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   Miguel   
29/3/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une poésie du ressenti, qui se vit à travers la lecture. Une vision, une émotion. Ces petites touches imagées sous cette forme éthérée, aérienne, ramènent à l'exergue, mais cette valorisation de la poussière me semble donner à l'Humain tout son prix. Il ne suffit pas d'être poussière pour n'être rien.

Miguel, en EL

   Pouet   
3/4/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut,

j'aime bien le découpage un peu saccadé qui donne du rythme et de l'enlevé.

Je préfère la première moitié, après "Prend garde", je décroche un brin - peut-être le côté explicatif - mais j'aime bien quand même.

Un peu comme une prépondérante désinvolture dans ce texte.
Et puis comme une histoire de "ponctuer" l'existence aussi.
Un rien de squelette qui tintinabule un verre de bloody mary aux phalanges, le cohiba éteint.
Et puis la suie de la passion qu'on essuie à main nue sur un vieux jean délavé.
Du dandysme de feu de cheminée ou poster sa chambre à coucher au milieu de l'Univers.

En gros, quoi.

Pouet

   Cyrill   
5/4/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pas sur d’avoir compris grand-chose à ce poème mais il m’a emballé dès les premiers vers. Un réverbère éclairant une rue qui tâche la nuit, c’est le contraire de ce à quoi on est sensé s’attendre, et ça me plaît, ça me colle une image assez burlesque devant les yeux, qui ressemble à un décor de théâtre.
Pour le reste c’est l’ambiance que je retiens, et je reste dans le théâtre avec les apostrophes au lecteur-spectateur. Et j’allais dire poussière mais on me dit oui mais… et je demeure, m’interrogeant, interloqué, je me surprends à prendre garde, puis à regarder au creux de ma main. Bref, je suis immergé dans cette poésie ouverte à l’interprétation, qui réfléchit peut-être tout simplement à la condition humaine. Ça me plaît vraiment.
Et puis j’aime le latin.

   AnnaPanizzi   
12/4/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour EtienneNorvins,

Je crois que je n'avais encore rien lu de vous, je découvre. Première impression, comme pour un autre commentateur, je n'ai pas capté grand-chose. J'ai relu, j'ai encore moins compris. Et puis cette écriture est si particulière, aventureuse par moment (tache de rue la nuit) très belle en fait, que j'ai recommencé, et là j'ai cru comprendre que le ou la protagoniste qui fume à la fenêtre face à l"univers" ressent le poids de son existence par la métaphore du bout incandescent de sa cigarette... La lumière a un poids, paraît-il.

Alors peut-être que je raconte n'importe quoi mais j'ai grave aimé

Anna

   EtienneNorvins   
12/4/2022

   socque   
12/4/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je pense que c'est au thème que je vous ai reconnu en Espace Lecture, EtienneNorvins, celui du vertige devant la mortalité. Cette fois les vers apostrophent la personne face à ce fait indépassable (comme a dit je ne sais plus qui et j'ai la flemme de vérifier : « La mort et le soleil ne se peuvent regarder en face. »), lui rappellent à quel point elle est dérisoire.

Plusieurs belles formules, je trouve, notamment
ou de sang sous les pas de l’Histoire
que nul encens ne peut adoucir…
et ces trois derniers vers fulgurants. Je pense aussi que c'est une bonne idée d'avoir complètement évité les majuscules, cela correspond bien à la petitesse de la « miette de viande ». Du coup je me demande si cela ne serait pas intéressant d'aller plus loin en supprimant toute ponctuation ; les mots nus. À vous de voir, bien sûr… ou non.

   Eskisse   
12/4/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour EtienneNorvins,

Une poésie qui par son titre et certains de ses éléments ( encens, chandelle, la mort ) me rappelle les vanités ou bien l'auteur les revisite avec tout ce qui se consume et en ajoutant le couple mis en scène ...

Notre finitude est évoquée paradoxalement avec légèreté et originalité.

Merci du partage

   papipoete   
13/4/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour EtinneNorvins
J'essaie de ne pas trouver la traduction de " memento quia... ", simplement en lisant entre vos lignes.
Se tenir à la fenêtre, pour ne voir que le noir de la nuit, même pas l'étoile du berger, qui éclaire la route des mages en route, ou réjouit l'amant après l'amour... Non, seulement la rue éclairée qui parasite une oeuvre de Soulage... et une cigarette fumée jusqu'au filtre pour ne rien perdre.
NB je vois dans ces lignes, un être maléfique que la lumière divine rebute ; seule sa propre aura compte pour lui ( j'imagine Hitler à la fenêtre du Berghof, ou ce tsar de Vladimir rêvant à un flot de sang... )
Et dans sa main " un trait de lumière " ... la trace d'un missile dans la nuit, filant vers son objectif, ou un laser prêt à frapper !
Ceci n'est bien sûr que mon interprétation.

   Vasistas   
20/4/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Ce poème réveille tous mes sens, la tiédeur de l’air sur la peau, le silence et les couleurs de la nuit, l’odeur de l’encens.
Il y a le poids des mots face à la futilité de la vie et cette façon de dire les choses, de tailler des images sur une page. Poussières, oui mais d’étoile.
Magnifique

   Bodelere   
31/7/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour EtienneNorvins,
Eh ben là, j'ai pris une bonne claque.
Je sais pas ce qu'il a ce poème mais il est construit d'une telle façon qu'on est emporté jusqu'à la dernière ligne pour finir dans le creux de votre main. Comme cueilli en fait.
Bravo

   Jemabi   
2/8/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Pas facile de faire ressentir en quelques mots la petitesse de l'homme perdu dans l'immensité de l'univers, sa fragilité aussi. Vous y réussissez à merveille. On est pris dans un va-et-vient vertigineux qui nous ramène toujours, au final, à notre pauvre condition sur cette terre et à notre impossibilité à en sortir, condamnés au destin que l'on sait et qui est rappelé dans le titre.


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