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Poésie néo-classique
Fanch : Avec un chant de nulle part...
 Publié le 16/07/10  -  6 commentaires  -  1175 caractères  -  96 lectures    Autres textes du même auteur

Des raisons d'espérer d'un chant, de l'inconscient, de nos actes discrets et parfois oubliés pour peut-être parfois se révéler aux autres et à nous-mêmes...


Avec un chant de nulle part...



Avec un chant de nulle part pour quelques êtres en déshérence
L'on se pare de sortilèges qui sont ouvragés de confiance,
Et l'aube qui parfois s'éclaire, en un brouillard de matin triste,
En est la prière constante exaucée d'un geste d'artiste.

Avec ces mots que l'on échange si peu de fois en nos mille ans
L'on vient ancrer dans les mémoires l'humanité de l'inconscient,
Et l'incertain de nos bonheurs, au calme rare d'un ailleurs,
Nous est alors au firmament l'étoile qui brûle nos peurs.

Avec un rêve qui s'épanche à l'infini de nos rengaines
S'élève aux années dérisoires un essentiel qui nous entraîne,
Et dans les fleurs des cimetières, offertes à ceux que l'on enterre,
L'on devine alors les fragrances exhalées par les âmes fières.

Avec ces jours que l'on étire pour que vieillir nous soit propice
Les fils qui lentement se brisent en dévoilent trop de sévices,
Et l'esprit qu'on sait volatile, en fuyant les pensées de l'âge,
Rejoindra en ses paysages, une paix qu'il sait sans partage…

… Et qui s'efface dans l'oubli, aux heures lentes du naufrage…


 
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   tibullicarmina   
3/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ce texte présente incontestablement des qualités. La structure soulignée par l'anaphore « avec » est au service de pensées riches quoique difficiles à saisir. Je ne détaillerai pas la pertinence certaine des propos de ce texte et m'attacherai à en étudier la forme et l'écriture: travail ingrat de « grammairien » mais que je crois nécessaire: les idées ne pourront que gagner en clarté et en force expressive et persuasive si l'écriture est soignée.

Je déplore l'arythmie de certains vers. Ils restent généralement peu nombreux: le poème dans son ensemble est bien rythmé. Les petits « couac » n'en sont que plus décevants. Ce vers
« L'on se pare de sortilèges qui sont ouvragés de confiance, » compterait, selon les pures règles classiques, 17 ou 18 syllabes. Si l'on supprime certains « e » (« par' », « sortilèg' »), on conserve encore 15 syllabes. Or le mètre employé principalement dans ce poème est l'alexandrin. Ce vers de 15, mal rythmé de surcroit (il a un petit air prosaïque) détonne et gêne à la lecture. Il faudrait peut-être le retravailler de façon à ce qu'il s'harmonise mieux avec le reste, sans pour autant le buriner à la manière classique: restons dans la catégorie choisie.
Autre exemple intéressant:
« L'on devine alors les fragrances exhalées par les âmes fières. » Ce vers compterait 17 syllabes, 16 si l'on saute le « e » de « fragrances ». Pourtant celui-ci est très bien rythmé: il associe deux vers de 8 en un seul long vers de 16. Le deuxième vers pourrait être refait sur ce modèle...
En règle générale, ce poème se lit plutôt facilement à voix haute.

Plus problématique: la syntaxe, d'une lourdeur sans pareille. Je le répète, les remarques qui suivent peuvent sembler ingrates, mais je suis convaincu qu'une syntaxe légère donnerait plus de force et de clarté aux idées exprimées.

« en déshérence »
« en un brouillard de matin triste »
« En est la prière constante »
« En dévoilent trop de sévices »
« en fuyant les pensées de l'âge »
« en ses paysages »

« au calme d'un ailleurs »
« au firmament »
« à l'infinie »
« aux années dérisoires »
« à ceux que l'on enterre »
« aux heures lentes du naufrage ».

Enfin, je ne relèverai pas les 12 propositions relatives sur 17 vers: sauf votre respect, elles me donnent vaguement l'impression d'une casserole à la queue d'un chien.
Ces structures syntaxiques doivent être utilisées avec prudence et méfiance, et seulement lorsqu'elles sont vraiment légitimes. Leur répétition inopportune entraîne lourdeurs et monotonie. Je suis sûr que la plupart des structures répertoriées un peu plus haut pourraient être évités au profit d'autres structures plus variées, plus légères, moins monotones. Le rythme du poème s'en trouverait accru. Je dois avouer que je suis moi-même en poésie sujet à ces difficultés: il faut se remettre en question et accepter parfois d'abandonner des vers trop lourds au profit d'autres syntaxiquement plus fluides.

Passons aux points forts:
- la profondeur évidente des idées,
- la beauté de nombreuses images: je ne veux plus m'amuser à opérer un long relevé, d'autres plus sensibles que moi à ces beautés s'en chargeront. J'aime beaucoup ce parfum des fleurs d'un cimetière, exhalant la fierté des âmes des défunts.

Résumons donc: de petits problèmes de rythme, des difficultés majeures pour moi de fluidité dans la syntaxe, des idées superbes et des images magnifiques que d'autres auront plaisir à commenter (faut bien en laisser pour les autres, non?) Je regrette simplement que ces beautés ne soient pas servies par une construction plus légère et plus fluide.
Bonne continuation à l'auteur.

   brabant   
16/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce texte touchant semble avoir été écrit en vers de seize pieds, nombre à partir duquel le rythme poétique devient malaisément identifiable, ce qui n'est pas le cas ici. A la limite, je dirais que ce choix est audacieux, l'ennui pourrait en découler; ça n'est toujours pas le cas.

Je ne chercherai pas les raisons pour lesquelles l'auteur n'a pas choisi la catégorie néo-classique. Le tout est ici parfaitement cadencé, au service d'une nostalgie apaisée, quoique fataliste, au service d'un constat impitoyable, quoique serein.

J'aime beaucoup sa qualité d'écriture qui évite les excès aussi bien sémantiques qu'emphatiques. Qui a écrit cela a mené sa barque de rame de maître, sans se laisser emporter par les mots, ni quelque courant ou remous souvent tentateurs pour un tel thème. Celui de la déchéance, de la peur qui s'instille en nous, d'un esprit qui clignote, signe annonciateur d'une prochaine claudication. "Mais vieillir ! Oh ! Vieillir !" chantait Brel.

Cet esprit-ci est cependant bien réglé; je ne sais si la comparaison est opportune, mais j'ai à l'esprit l'image d'un cheval du Cadre Noir avançant au pas cadencé, métronome tout en grâce et équilibre.


Quelques bémols: "en nos mille ans", homophone de "en nos milans" (lol), période trop longue ou trop courte pour "l'humanité de l'inconscient", pas assez ou trop précis/délimité à mon avis.

"en" qui reprend "Avec ces jours", pas très adroit. "en" est lourd de toute façon. J'aurais mis: "De ces jours que..." et "en" n'était plus utile. Bon, avez-vous voulu ou non respecter 16 pieds néo-classiques...(?)... Puis vous avez: "en fuyant.../en ses paysages..."

Pareil pour " Et l'aube.., en un brouillard...
En est..." (plus haut)
""Dont l'aube... en un brouillard...
Est..."

A mon avis, il y a un petit problème avec ces "en".


J'aime beaucoup les deux premiers vers.
J'aime beaucoup: "l'incertain de nos bonheurs"
Et beaucoup, beaucoup d'autres choses...

Voilà, ce texte me parle, ce texte me touche à coeur, au coeur, en (lol) plein coeur. Je suis en grande empathie avec celui-ci.

   Marite   
10/7/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'aime le titre et certains vers. La dernière strophe me plaît. Pourquoi ce poème est-il en poésie libre? Je ne suis pas spécialiste de la forme, mais il me semble qu'avec quelques conseils de spécialistes du "classique", l'auteur pourrait en faire un très beau poème, si ce n'est classique, au moins du néo-classique.

   Lunastrelle   
11/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Un poème avec une empreinte musicale, celle du 16 pieds je crois... Associé à des images fortes, je le trouve très sensoriel, et aussi visuel quelque part...

Ce qui m'a plu en premier lieu, c'est la longueur de ce chant, et la forme adoptée. Elle va bien avec le thème, et je ne trouve pas ça lourd, bien au contraire. Bien sûr, parfois la forme souffre de quelques maladresses, comme ici:

"En est la prière constante exaucée d'un geste d'artiste." : ici, c'est la formulation qui me paraît moyenne. C'est le "d'" employé deux fois en si peu de temps je crois.

"Nous est alors au firmament l'étoile qui brûle nos peurs.": l'inversion entre "au firmament" et "l'étoile qui brûle nos peurs" me gêne pas mal, cela casse la fluidité du récit...

Le poème dans son ensemble contient un peu trop de "que", de "qui", de "qu'", de "en"... Pour moi. Mais après, là c'est plus un avis perso...

Mais autrement, ma lecture fut très agréable... Et j'ai été touchée par l'essence de ce chant...

   Arielle   
16/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Profondément touchée par la belle musique grave de cette chanson que j'ai lue plutôt comme une suite d'octosyllabes sans qu'elle perde son noble balancement qui n'est pas qu'une affaire de rythme. Le vocabulaire, les images concourent à lui assurer cette ampleur sans emphase qui épouse si parfaitement la mélancolie de son propos.
Le dernier vers est un constat poignant et résigné "Avec le temps, va, tout s'en va" qui me va droit au coeur.

   Anonyme   
19/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte sans conteste très musical, avec ses vers découpés "phonétiquement" (pour la plupart) en 4+4+4+4.

Réflexion sur la vie, ses illusions, désillusions ... dans un style que j'apprécie, avec de belles images telles que "un chant de nulle part", "exaucée d'un geste d'artiste", "à l'infini de nos rengaines", "ces jours que l'on étire", et ces "heures lentes du naufrage".

Une belle lecture douce-amère.


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