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Poésie contemporaine
Francis : Matricule 376
 Publié le 28/07/14  -  12 commentaires  -  701 caractères  -  249 lectures    Autres textes du même auteur

Francis, ton fantôme rôdait dans la blanche chaumine où je suis né. Le jour de ma naissance, l'oncle Émile pleura quand mes parents lui annoncèrent que je m'appellerais Francis en mémoire de son fils unique que la Grande Guerre faucha.


Matricule 376



À quoi as-tu pensé au fond de l'entonnoir,
Petit soldat tombé au front, sous la mitraille ?
Quand ton sang a rougi la glaise, l'avaloir,
Savais-tu que c'était ton ultime bataille ?

Finis les poux, les rats, barbelés et ratas !
Les souvenirs défilent. Tu es las, si fragile,
Attendant le trépas. C'était à Maurepas,
Un matin de juillet. L'assaut fut inutile !

Devant le monument, l'enfant est immobile.
Il porte ton prénom ; c'était le vœu d'Émile,
Le père qui guettait le retour de son fils.

Je garde ta photo, visage juvénile.
Le petit fantassin se prénommait Francis.
Il n'avait que vingt ans. L'assaut fut inutile.


 
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   Anonyme   
28/7/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Francis

L'avaloir. Terme choisi que j'ai lu comme "à valoir". Pas facile pour un petit garçon de porter le nom d'un gars de la famille disparu sur un champ de bataille quand en plus ce lieu s'appelle Maurepas (meurepas).

"Devant le monument, l'enfant est immobile.
Il porte ton prénom ; c'était le vœu d'Émile,
Le père qui guettait le retour de son fils."
Ce que je retiendrai, pour la délicatesse du dire.

   Anonyme   
28/7/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Francis. Un sonnet contemporain qui pourrait aussi bien s'appeler néo-classique mais ce n'est qu'une remarque en passant.
Le thème est d'actualité, le sujet globalement bien traité avec toutefois quelques bémols dont (avis perso ) la lourdeur du premier vers. Je suis persuadé que vous auriez pu trouver mieux...
L'avaloir est sans doute ici considéré comme le fond de la tranchée ou d'un trou d'obus...

j'ai quand même relevé trois hiatus dans les deux premiers vers mais il est vrai que nous ne sommes pas en poésie classique et je vous donne si nécessaire mon absolution pour ce péché qui dans le cas présent n'en est pas un

Par contre, j'ai un faible pour le premier tercet...

Devant le monument, l'enfant est immobile.
Il porte ton prénom ; c'était le vœu d'Émile,
Le père qui guettait le retour de son fils.

ainsi que pour la répétition de "L'assaut fut inutile !"

Un bon texte même si perfectible... Merci

   Hananke   
28/7/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

Les boucheries inutiles, Dieu sait qu'il y en eut ! Qui n'a pas
un mort dans ces terribles guerres ?
Dommage, beaucoup de hiatus qui bien que tolérés gênent
la lecture.
J'aime bien les deux tercets, ils expriment bien cette désespérance
qui rongeaient les parents d'alors.

   Anonyme   
28/7/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut c'est TOTO qui n'aime pas les guerres mais trouve ce poème bien écrit et bien triste à la fois.Ce père qui attend vainement le retour du fils, combien de familles ont vécu cette attente.Et ce fils qui se bat dans des conditions épouvantables et bien décrites : les poux, les rats, toutes ces bêtes qui prolifèrent dans ces périodes.
TOTO le sensible en pleurerait aussi s'il avait un fils.L'inutilité de l'assaut est désastreux mais tellement réel.

   Purana   
28/7/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Oui, un beau poème qui aurait pu être un sonnet classique si certaines règles classiques n'avaient pas été négligées.
Cela dit, je dois avouer que j'aime ce poème qui porte cette veste contemporaine.

L'effort et le travail mis sous une forme assez précise ont enrichi le fond et donne à la pensée du narrateur une voix qui est bien entendue, haute et claire.

Bonne continuation !

   Cat   
28/7/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Francis,

Beau et triste poème sur cette saleté de guerre qui pris tant d’enfants et de pères.
Et toujours ce sang qui vient rougir la terre.

Oui, « à quoi as-tu pensé au fond de l’entonnoir ? »

un très bien pour tout ce qu'il soulève de mémoire

Cat

   Anonyme   
28/7/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Considéré dans sa globalité, ce poème bien catégorisé en contemporain, est porteur d'émotion, tans par le fond (l'histoire vécue qu'il évoque) que par l'usage d'expressions comme :
"Quand ton sang a rougi la glaise, l'avaloir...
C'était à Maurepas,
Un matin de juillet. L'assaut fut inutile !...ou
Le petit fantassin se prénommait Francis.
Il n'avait que vingt ans. L'assaut fut inutile..." qui offre une vraie présence à ce petit soldat et résume en un vers toute la stupidité et la cruauté de la guerre.
Je suis plus réservé sur le second quatrain, dont le poids me paraît peu proportionné au drame qui se joue, et la rupture abrupte entre quatrains et tercets qui ne prend sa dimension émotionnelle que grâce à l'incipit où vous livrez l'explication.
Il n'en reste pas moins un beau poème émouvant à défaut d'être à proprement parler poétique. C'est juste mon ressenti ; je pense que vous pouvez encore renforcer cette émotion, sans toutefois tomber dans le pathos.
Bravo.

   Cox   
29/7/2014
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour !

Je n'ai pas réussi à être vraiment emballé; le poème ne m'a pas touché, il m'est resté très extérieur.

Je lui trouve un côté un peu trop "soldat inconnu", si vous voyez ce que je veux dire; on ne connaît du mort que son prénom et son âge, ce qui n'aide pas à l'individualiser. Cela peut permettre d'éviter l'écueil du pathos excessif et laborieux, mais je pense que c'est pour une bonne part responsable de mon peu d'adhésion.

Le message -pour louable qu'il soit- est loin d'être neuf, et je ne trouve pas que son traitement soit suffisamment personnel ou original pour contrebalancer, et me permettre d'apprécier pleinement.

Le tout est assez bien écrit, même s'il y a quelques moments où le plaisir retombe; ce vers par exemple m'a paru un peu maladroit, trop attendu peut-être "Savais-tu que c'était ton ultime bataille ?", de même que l'énumération du début du deuxième quatrain est un peu lourde.

En bref, c'est un texte qui est honorable en soi, mais sur ce genre de thèmes éternels, je crois que l'on est condamné à faire mieux que ça pour "sortir du lot".

   newman   
30/7/2014
 a aimé ce texte 
Un peu
un poème assez bien écrit sur un sujet très classique,poétisé des milliers de fois par de nombreux auteurs sur le thème de guerre,donc sans surprise,et peut-être pour cette raison sans émotion particulière.

   Arielle   
30/7/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je l'ai trouvé touchant ce petit fantassin de la grande guerre qui, certes, n'a pas eu un sort bien différent de celui de milliers d'autres mais dont le visage sépia et le prénom s'inscrivent dans le souvenir de ce gamin au bord d'une tombe.

Les hiatus qui ont été reprochés au premier quatrain me paraissent une habile façon d'évoquer les hoquets de l'existence soumise à la mitraille. Elle ne coulait pas lisse et sans heurts la vie dans les tranchées et hacher son texte de cette manière n'est-ce pas une excellente façon de le faire sentir au lecteur ?

"C'était à Maurepas, l'assaut fut inutile" Quelle intensité dans la concision de ces quelques mots qui résument tant de drames !
Je ne pense pas qu'on puisse dire en poésie avec plus de noblesse, de pudeur et de simplicité ce que fut le sort de ces soldats de vingt ans qui sont morts dans cet avaloir.

   Raoul   
30/7/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Beau texte qui, malgré le sujet, reste d'une grande dignité en évitant tout pathos.
Beaucoup de choses ayant été dites déjà, je ne m'attarderai que sur le fantastique de "l'avaloir" (qui n'entend pas l'à valoir ?) à la fois image des villages disparaissant entièrement, engloutis tout entier dans un gouffre créé à l'explosif, image aussi de l'araignée, qui s'est façonnée un terrier à l'entrée entonnoir pour que les proies y glissent, et le droit, à valoir plus tard, après la guerre, procédé banquier aussi misérable qu'un emprunt russe.
La seule chose qui me gène, c'est l'utilisation du très cornélien "trépas". Je sais bien que selon Littré : "Trépas est poétique et emporte dans son idée le passage d'une vie à l'autre. Mort est du style ordinaire et signifie précisément la cessation de la vie. Le second de ces mots se dit à l'égard de toutes sortes d'animaux, et trépas ne se dit qu'à l'égard de l'homme." mais aujourd'hui, et le poème s'est écrit aujourd'hui, c'est un langage tellement soutenu, suranné et daté que ça donne une notion très XVIIIième de la mort, une idée de "guerre en dentelle" qui ne va pas avec la "boucherie" -et c'en fut une- de 14-18.
Au final, merci pour ce beau texte touchant par sa retenue.

   Bidis   
24/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce poème m’a beaucoup émue parce que mon père à dix-sept ans combattait lui aussi dans les tranchées et parce que c’est très bien écrit, sobrement et avec infiniment de sensibilité. Merci.


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