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Poésie classique
Gemini : Le prince et le rossignol
 Publié le 06/01/18  -  17 commentaires  -  662 caractères  -  330 lectures    Autres textes du même auteur

La forme est-elle une cage ?


Le prince et le rossignol



Qu’importe tous les ors dont brille la maison ;
La cage, même belle, est toujours une cage.

« Qu’importe tous les ors dont brille la maison. »
Disait le rossignol non sans bonne raison
Au prince qui, conquis par son charmant ramage,
Proposait en échange avec sa pâmoison
Un abri somptueux et du luxe à foison.
Et le Sire insistait en faisant étalage
Du faste de ses nids recouverts de grillage.
« Eh bien, répond l’oiseau, quelle insigne cloison !
Ton réduit, Monseigneur, réduit à l’esclavage.
Quel cœur peut-il chanter au fond d’une prison ?
La cage, même belle, est toujours une cage. »


 
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   Mokhtar   
21/12/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Très jolie petite fable, habilement versifiée par un auteur dont on sent l'aisance, et la bonne connaissance de l'art poétique.
C'est à la fois gouleyant et raffiné, bien dans l'esprit grand siècle, avec des élégances classiques.
"Pas la moindre réticence technique ou artistique" grommelle le commentateur désœuvré.
Thème éternel de la liberté, traité un peu comme Pierre Perret dans "la cage aux oiseaux", ou La Fontaine dans "le chien et le loup".
Quel fatras ! On en redemande.

   Miguel   
23/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime bien ce texte, même si "non sans bonne raison" me semble un peu cheville (le mot "raison" est à sa place, mais c'est la construction qui me semble pécher), et "pâmoison" un peu obscur. Il y a de beaux vers et les deux reprises sont d'un bel effet. Une petite fable bien agréable, au ton léger et au contenu qui l'est moins.
Quant à la question de savoir si la forme est une cage, nous en discuterons ailleurs, j'espère.

   solo974   
25/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
J'aime beaucoup votre poésie néo-classique aux allures de fable, comme l'indiquent d'emblée son titre et l'apologue des deux premiers vers.
Voici par ailleurs ce qui m'a particulièrement plu :
- votre exergue, car elle est ambivalente et souligne (de mon point de vue) le fait que toute forme poétique codifiée peut être une cage en elle-même ;
- la maîtrise technique de l'alexandrin, bien sûr ;
- le lexique aux accents tantôt moyenâgeux ("Prince", "pâmoison", "ramage", "Sire", "Monseigneur"), tantôt prosaïque ("maison", "cage", "abri", "étalage", "grillage", "cloison", "réduit").
Bien à vous.

   Anonyme   
6/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quelle maîtrise de la versification ! Des alexandrins frottés dans les" ors dont brille la maison"... Ce poème soulève également une réflexion sur le rôle de la contrainte. N'est-elle pas source de liberté ? Votre poème semble le prouver : et si le rossignol avait bel et bien chanté ? Merci pour le partage.

   leni   
6/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
c'est court et c'est une belle manière d'illustrer le propos
Quel cœur peut-il chanter au fond d’une prison ?
La cage, même belle, est toujours une cage. »

Excellent moment de lecture MERCI
Salut cordial LENI

   Hananke   
6/1/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour

La fable est belle mais j'en trouve la construction bien laborieuse.
Déjà, le fait que le poème soit construit sur 2 rimes en ruine
le message et alourdit la prosodie : sur 13 vers, inévitablement
vous aurez des rimes forcées.
Les vers, contrairement à vos textes précédents, manque singulièrement de fluidité et ces :

Au prince qui, conquis par son charmant ramage,
Ton réduit, Monseigneur, réduit à l’esclavage

ne passe pas vraiment bien à l'oreille.

Et cette répétition du premier vers s'imposait-elle ?

Non, à coté de la Belle libellule, ce texte est pour moi
une déception.
A la question que vous posez en incipit, je réponds ici, oui,
sans aucun doute.

   PIZZICATO   
6/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une écriture élégante pour cette fort jolie fable que l'on peut analyser au premier et second degré.
Quoi de plus triste que la vision d'un oiseau en cage.
Tout l'or du monde ne paiera jamais la liberté.

"Qu’importe tous les ors dont brille la maison ;
La cage, même belle, est toujours une cage.

"Ton réduit, Monseigneur, réduit à l’esclavage.
Quel cœur peut-il chanter au fond d’une prison ? "


Sans oublier l'allusion contenue dans l'exergue...

   papipoete   
6/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Gemini
Il chantait si bien ce rossignol, mais dehors, pour seigneur et manant ! Le prince le désira pour lui-seul et lui promit une cage dorée, à l'intérieur ! Rien n'y fit et l'oiseau continua de chanter, pour tout le monde, en liberté ...
NB on peut chanter en cage, pour se donner du courage, mais pour le plaisir, certes non point !
" eh bien, répond l'oiseau " // j'aurais plutôt dit " eh bien, répon/dit/ l'oiseau "

   Ananas   
6/1/2018
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,

Pour moi, les répétitions (cage, réduit, cage...) et le langage suranné m'ont gâché la lecture sur un aussi court format.

Certes, une petite fabliote, ça fait plaisir, mais là, je trouve l'exercice poussif, bossé pour la rime pauvrette et un fond qui se veut profond mais reste terriblement artificiel.
C'est comme de humer un sapin en plastique.
C'est trop approximatif pour susciter chez moi une quelconque forme de possibilité d'adhérer.

Désolée, je n'y ai rien trouvé qui m'arrête ou me retienne.
Il ya un pas entre ce que je vois et ce que je considère comme de la poétique, sans offenser l'auteur dont j'avais beaucoup aimé le Concombre masqué par exemple.

Et pour une fois, la seule, surement, je vais rejoindre Hananke, et répondre juste pareil que lui à la question en exergue.

Une prochaine fois, surement !

   jfmoods   
7/1/2018
Ce poème en alexandrins, à rimes embrassées, croisées et suivies, suffisantes et riches, majoritairement masculines, est composé d'un distique et d'un onzain.

Les deux vers de l'entame (vers qui ouvrent et ferment l'autre partie du récit) énoncent, au présent de vérité générale, la morale de cette petite fable qui s'apparente à celle de La Fontaine intitulée "Le loup et le chien".

L'élement le plus significatif de ce texte (dépourvu d'action et reposant sur un double argumentaire) est la manière dont le poète distribue la parole entre les personnages.

Le rossignol intervient exclusivement au discours direct (vers 3, 10, 11, 12, 13), ce qui apporte une certaine crédibilité à son propos.

C'est le discours narrativisé qui prend en charge les interventions du prince ("proposait" au vers 6, "insistait en faisant étalage" au vers 8). Ce choix de mise en forme entraîne une distanciation, une démonétisation de sa parole.

D'autres éléments soutiennent, de manière plus ou moins explicite, l'argumentation du rossignol...

- la locution verbale marquant l'indifférence ("Qu'importe")
- l'hyperbole ("tous les ors")
- le jeu des adverbes ("même", "toujours")
- la litote ("non sans bonne raison")
- les périphrases dépréciatives désignant l'habitat de l'oiseau ("cage" x 4, "cloison", double sens de "réduit", "prison")
- le vocabulaire de l'excès ("abri somptueux", "luxe à foison", " Du faste")
- le chiasme ("Du faste de ses nids recouverts de grillage")
- le terme à visée ironique ("sa pâmoison")
- l'effet comique du marchandage proposé, de l'échange abstrait / concret ("sa pâmoison" / "Un abri somptueux")
- l'antiphrase ("quelle insigne cloison !")
- des majuscules faussement laudatives ("Sire", "Monseigneur")
- le recours au tutoiement ("Ton réduit")
- la question rhétorique ("Quel cœur peut-il chanter au fond d’une prison ?")
- le mélange du style noble ("les ors", "ramage", "pâmoison", "à foison") et d'un style plus commun ("maison", "cage", "grillage", "cloison")
- le glissement, au fil de l'échange, de l'imparfait ("Disait", "Proposait", "insistait") au présent de narration ("répond")

Cette suite, évidemment non-exhaustive, de repérages, rend pour ainsi dire caduque la question formulée dans l'entête ("La forme est-elle une cage ?").

Si le rossignol fuit, à juste titre, l'enfermement qui le ferait lentement dépérir, le poète peut trouver, dans le corsetage exigeant que lui impose l'alexandrin, une source de voluptés.

Merci pour ce partage !

   EricD   
7/1/2018
Une variation autour de la fameuse locution : vivre dans une prison dorée, que j'ai appréciée.
La forme, qui semble obéir à des lois particulières, est peut-être une veille forme classique que je ne connais pas.

"Ton réduit, Monseigneur, réduit à l’esclavage.
Quel cœur peut-il chanter au fond d’une prison ?"

Le premier vers est assez spirituel et le second simple et beau.

   Bidis   
7/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très joliment et poétiquement dite, cette critique des règles en poésie, si par extraordinaire, grâce à l'exergue, j'ai compris de quoi il retourne. Quoiqu'il en soit, ici, pour moi, le fond est riche et la forme tout à fait délicate et plaisante.

   Hiraeth   
7/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je n'ajouterais rien aux éloges des autres. Mais pour répondre à la question en exergue du texte, la forme est une contrainte effectivement, mais pas une cage au sens d'une privation de liberté. C'est paradoxalement une augmentation de la puissance créatrice, la serrure qui permet le jeu de l'esprit. "Parce que la forme est contraignante, l'idée jaillit plus intense." (Baudelaire)

   Gemini   
8/1/2018

   Capricorne   
8/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Gemini,
Cette fable fort plaisante, traitée sous forme de fatras, nous démontre que l’auteur ne craint pas la difficulté. La limitation à deux rimes le prive de plus de liberté dans son expression, bien que l’emploi des alexandrins adoucisse la mélodie du poème, même s’ils ne sont pas très usités pour cette forme fixe.
Au sixième vers, le terme « pâmoison » pour qualifier l’habitat naturel du rossignol ne me paraît pas adapté.
J’aurais plutôt vu : « Proposait d’échanger contre sa frondaison
«Son palais somptueux orné d’un beau blason ».
Néanmoins cette fable possède un charme particulier dont la moralité trouve toujours un écho favorable dans le cœur.
Une écriture qui ne manque pas d’élégance ni même de charme.
La liberté n’a pas de prix et pour répondre à la question posée, je dirai que la forme n’est pas obligatoirement une cage si la plume possède assez d’adresse pour s’en échapper.
J’ai aimé cet instant poétique.
Merci.

   Queribus   
19/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Tout d'abord, merci et bravo d'avoir choisi le fatras, cette vieille forme, moi qui en suis friand, pour écrire une fable éternelle; toutefois, je ne suis pas sûr que cette forme était la bonne pour le sujet traité (deux rimes me semblent un vrai carcan); la prosodie est quasi parfaite et témoigne d'un grand métier avec, certains pourront le regretter, un certain côté retro ("les ors", pâmoison?"Sire" "Monseigneur"); à ce sujet, pourquoi avoir mis des capitales d'imprimerie à ces deux mots?

Le sujet, classique des classiques, est traité de façon originale de par l'emploi du fatras; le tout se laisse lire (et comprendre) sans difficulté.

En conclusion, avec les quelques réserves émises au début, je dirai quand même que j'ai passé un bon moment à vous lire.

Bien à vous.

   erratum   
4/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir, Gemini !

Agréable courte fable qui me heurte un peu par son début "Qu'importe tous les ors..." : j'aurais écrit "Qu'importent.." puisque les ors sont plusieurs, sauf erreur..
La concordance des temps me semble quelque peu malmenée dans ce poème...
Amicalement, D.G.


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